CROISSANCE, PROGRÈS TECHNIQUE ET EMPLOI
Sujet
Montrez que si la rationalité peut être source de développement économique et social, elle présente aussi des limites.
Questions préalables
1. Expliquez l'expression soulignée, document 1.
2. Faites une phrase avec un chiffre du document 2.
3. Énoncez rapidement deux autres effets positifs de l'instruction des femmes à l'échelle d'un pays, document 2.
| Document 1 |
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« Le puritain voulait être un homme besogneux - et nous sommes forcés de l'être. Car lorsque l'ascétisme se trouva transféré de la cellule des moines dans la vie professionnelle et qu'il commença à dominer la moralité séculière, ce fut pour participer à l'édification du cosmos prodigieux de l'ordre économique moderne. (...)
En même temps que l'ascétisme entreprenait de transformer le monde et d'y déployer toute son influence, les biens de ce monde acquéraient sur les hommes une puissance croissante et inéluctable, puissance telle qu'on n'en avait jamais connue auparavant. Aujourd'hui, l'esprit de l'ascétisme s'est échappé de la cage - définitivement ? qui saurait le dire... Quoi qu'il en soit, le capitalisme vainqueur n'a plus besoin de ce soutien depuis qu'il repose sur une base mécanique ».
Max Weber, L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme, Agora, Éditions Plon, 1994.
| Document 2 |
Taux de mortalité infantile |
La mère a terminé des études secondaires | 58 |
La mère est illettrée | 123 |
Moyenne nationale | 95 |
Source : PNUD, Rapport mondial sur le développement humain, 2005, Économica.
*. Enfants de moins de cinq ans pour mille naissances vivantes en 2000.
Préparation
Les termes du sujet
La flexibilité du travail consiste, pour les entreprises, à adapter la quantité et le coût de travail aux fluctuations de la demande sur le marché. Cette adaptation peut être quantitative en recourant au marché du travail par des emplois précaires comme les contrats à durée déterminée (CDD), ou par des missions d'intérim (flexibilité quantitative externe), ou en faisant varier la durée du travail des salariés sous contrat (flexibilité quantitative interne). La flexibilité concerne également les salaires qui peuvent varier en fonction des résultats de l'entreprise.
Document 1
Ce texte insiste sur la nécessité de rendre plus flexible le marché du travail afin de lutter contre le chômage. Ainsi, dans une optique libérale, le chômage a comme principale cause des rigidités trop importantes sur le marché du travail : difficultés et coût pour licencier lorsque la conjoncture économique se dégrade (ralentissement de la croissance). Il faut donc rendre plus flexible le marché du travail, en agissant sur le coût du travail des moins qualifiés grâce notamment à l'allégement des cotisations sociales versées par les employeurs (il est difficile de baisser des salaires dont le pouvoir d'achat est faible), ou en ayant recours à des « formes particulières d'emplois » comme les CDD, les missions d'intérim ou les emplois à temps partiel, ces derniers étant une forme de partage du travail.
Une plus grande flexibilité du travail doit permettre de créer des emplois et donc diminuer le chômage lorsque la croissance économique s'accélère, et de baisser le volume de travail sans coût supplémentaire pour les entreprises en cas de ralentissement.
Document 2
Parmi les demandeurs d'emplois , on distingue trois catégories. La première (catégorie A), qui représente les chiffres officiels du chômage donnés par le gouvernement, rassemble les personnes sans emploi réalisant des actes positifs de recherche. Les catégories B et C regroupent des demandeurs d'emploi en recherche d'emploi et exerçant une activité réduite.
Entre décembre 2009 et décembre 2010, les entrées à Pôle emploi ont baissé de 3,6 %. Mais l'entrée dans le chômage due à la fin de contrat d'emplois précaires augmente, surtout pour les fins de CDD (+ 5,8 %), ce motif représentant près d'un quart de l'entrée à Pôle emploi. Ainsi, la précarité de l'emploi liée à la flexibilité du marché du travail peut favoriser la hausse du chômage en période de ralentissement de l'activité.
On peut en conclure que si la flexibilité est susceptible de réduire le chômage structurel , elle favorise le chômage conjoncturel . Cependant, un peu plus de 40 % des cas ne correspondent pas aux autres motifs, ce qui rend plus difficile l'analyse de ces motifs.
Présentation
Réponses attendues aux questions préalables
1. Le coût du travail intègre les salaires nets perçus par les salariés et les cotisations sociales versées à la protection sociale qui constituent un salaire différé. On peut y ajouter les frais d'embauche et de licenciement.
2. Le chômage structurel est, selon le texte, le niveau de chômage dû aux rigidités du marché du travail. Ainsi, le taux de chômage observé (12 % des actifs) aurait quasiment comme seule cause les rigidités sur le marché du travail comme la réglementation du travail, le salaire minimum, l'existence d'indemnités de chômage etc.
3. Sur 100 entrées à Pôle emploi en 2010, 24,8 étaient dues à des fins de contrat à durée déterminée.
Proposition de plan
I. Les avantages de la flexibilité du travail pour l'emploi
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Les rigidités du marché du travail sont à l'origine d'un chômage structurel (document 1).
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La baisse du coût du travail des moins qualifiés permet de revenir à un salaire d'équilibre de plein emploi.
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Une plus grande flexibilité du travail doit permettre de créer des emplois et donc diminuer le chômage lorsque la croissance économique s'accélère (document 1).
II. Les inconvénients de la flexibilité du marché du travail
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En période de ralentissement de la croissance, la flexibilité encourage la hausse du chômage conjoncturel (document 2).
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La flexibilité favorise la précarité et le développement de la pauvreté au travail.
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La précarité est un facteur d'exclusion sociale.
Entretien
Voici quelques exemples de questions complémentaires que l'examinateur pourrait vous poser lors de l'entretien.
Quel courant de pensée économique défend la nécessité de supprimer les rigidités du marché du travail ?
Pourquoi parle-t-on de « travailleurs pauvres » ?
Comment mesure-t-on le chômage ?
Peut-on baisser les salaires ?
