La conscience

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COURS AUDIO Philo Tle ES et Tle L et Tle S qui se rapporte au thème : La conscience. 


La conscience

 

La conscience, c’est la faculté, c’est-à-dire le pouvoir qu’a l’esprit de se représenter quelque chose. C’est donc la conscience qui fait que l’on n’est pas seulement dans le monde comme une chose enfouie perdue par les choses, mais que nous sommes devant le monde, c’est-à-dire comme un sujet se tenant face à un objet extérieur à lui-même. La conscience implique donc une certaine séparation, une certaine distanciation par rapport à ce sur quoi elle porte, c’est-à-dire son objet. On parle en ce sens de « conscience psychologique ».

Mais par ailleurs, en se distanciant des objets sur lesquels elle porte, la conscience peut justement les juger, les évaluer, elle peut évaluer ce qui est, c’est-à-dire les faits d’après ce qui doit être, c’est-à-dire les valeurs. En ce sens on parle de « conscience morale ».

Vous voyez donc que la notion de conscience implique deux grands sens qui sont intimement liés : la conscience psychologique ou perceptive et la conscience morale ou évaluative.

 

La conscience psychologique est la faculté d’être présent à soi et au monde, elle porte sur des faits. Et la conscience morale est la faculté de juger de ce qui doit être, elle porte sur des valeurs.

 

Alors, quels sont maintenant les grands problèmes que pose cette notion de conscience ?

Eh bien, se pose tout d’abord le problème du rapport entre la conscience et la vérité. En effet, nous avons dit que la conscience est la représentation du monde mais alors comment être sûr que cette représentation est bien conforme à son objet ? Comment être sûr que la conscience que nous avons de la réalité est bien conforme à la réalité et non pas une illusion, un délire ou une fiction ?

Mais il y a plus car ce n’est peut-être pas seulement la conscience de la réalité qui est illusoire, c’est peut-être aussi et plus profondément la conscience que le sujet a de lui-même. L’évidence de la conscience de soi est-elle fiable ?

 

Venons-en au second problème. Nous avons distingué tout à l’heure la conscience psychologique de la conscience morale. Nous avons dit : la conscience psychologique émet des jugements de faits ou d’existence, elle dit « il y a ceci, il y a cela » ; tandis que la conscience morale émet des jugements de valeurs. Elle juge, elle évalue, elle est comme un juge intérieur évaluant ce qui est : les faits, les actes et même les pensées d’après ce qui doit être, c’est-à-dire d’après des valeurs ou des normes qui peuvent être morales, religieuses politiques, juridiques, esthétiques, etc.

On peut donc se demander s’il faut vraiment séparer cette conscience psychologique et cette conscience morale. Ne serait-ce pas en fait une distinction illusoire ? Toute conscience, nous avons dit, est un certain écart par rapport à ce qui est. Or toute prise de distance n’implique-t-elle pas précisément une certaine évaluation et un certain choix ? En ce sens la conscience n’est-elle pas essentiellement morale ? Et c’est sans doute pourquoi la conscience n’est jamais aussi vive que dans les moments de crise intérieure, c’est-à-dire lorsque nous devons opérer un choix. Et lorsque, dès lors, nous ne pouvons pas nous reposer sur nos habitudes, il nous faut choisir, nous hésitons. C’est pourquoi Bergson dit que « conscience est synonyme de choix ». Cela veut dire que, au fond, la conscience, c’est la liberté.

 

Examinons maintenant brièvement un sujet de baccalauréat, soit le sujet suivant :

« Suis-je ce que j’ai conscience d’être ? »

 

Commençons d’abord par reformuler la question afin de bien nous assurer de la comprendre. « Suis-je ce que j’ai conscience d’être ?», autrement dit, ce que je me représente de moi-même correspond-il à ce que je suis en vérité ou réellement ?

Ici, le problème apparaît assez facilement. Il est de savoir s’il y a oui ou non une adéquation, une correspondance entre la conscience de soi et ce que l’on est vraiment. La conscience de soi est-elle objective ou bien au contraire n’est-elle pas profondément subjective ? N’est-elle pas alors qu’une saisie superficielle, voire même trompeuse de notre identité personnelle de ce que nous sommes ? On le voit donc, le problème est de savoir si la conscience est une connaissance vraie ou, au contraire, une source d’illusions.

Voilà donc la problématique générale de ce sujet qui nous invite à jeter un regard critique sur la conscience de soi : la conscience de soi est-elle fiable ou est-elle, au contraire, particulièrement déformante ?

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