Le programme et l'épreuve de français en 3e

En quoi consiste le programme de français en 3e ?

Le programme de français de 3e (cycle d’orientation) actuellement en vigueur est défini de manière détaillée par des instructions officielles de 1999, que l’on peut retrouver sur le site du CNDP (www.cndp.fr/doc_administrative/programmes/secondaire/ francais/accueil.htm). Il s’inscrit dans la continuité du programme du cycle central (5e/4e) et poursuit un double objectif : faire pratiquer, à un rythme soutenu, la lecture, l’écriture, l’expression orale, et faire acquérir la maîtrise des outils de la langue nécessaires à ces pratiques.

DEVELOPPER LA CAPACITE DE LIRE DES TEXTES VARIES

Les enseignants de français font pratiquer trois formes de lecture :
– la lecture cursive d’ouvrages parfois encore empruntés à la littérature pour la jeunesse, mais de plus en plus appartenant aux grandes œuvres littéraires (entre 4 et 6 par an) ;
– la lecture analytique d’œuvres classiques ou contemporaines, adaptées aux élèves de collège ;
– la découverte, sous forme d’extraits, d’ouvrages « particulièrement porteurs de références culturelles ».
À travers ces lectures, l'élève développe sa connaissance des genres littéraires : l’autobiographie, la poésie lyrique ou engagée, le roman, la nouvelle, le théâtre sont ainsi au programme de 3e. Il travaille par ailleurs sur les différentes formes de « discours » : l’accent est mis, à ce niveau, sur l’argumentation, même si les autres formes de discours (narratif, descriptif, explicatif) sont également pratiquées. L’observation du traitement de l’information selon les journaux permet de développer l’esprit critique de l’élève.
Lui sont également proposés des exercices de lecture d’images (images publicitaires, dessins humoristiques) et d’analyse de films.

FAVORISER L’APPRENTISSAGE DE L’ECRITURE

Cet apprentissage se poursuit bien évidemment en 3e avec deux objectifs essentiel :
– l’écriture de textes narratifs complexes comprenant, selon le cas, un dialogue, des descriptions, des passages argumentatifs, etc. ;
– la maîtrise de l’exposé écrit d’une opinion personnelle.

LA PRISE DE PAROLE DEVANT UN AUDITOIRE

En 3e, l’élève doit prendre de l’aisance dans les différentes situations de communication : écoute, dialogue, exposé. Le compte rendu oral et le débat (en situation de groupe) deviennent des exercices fréquents. L’exposé oral d’une opinion personnelle est privilégié. Il s’agit d’adapter l’attitude, la gestuelle, la voix ; de choisir le registre de langue adapté à la situation, d’écouter et de  reformuler les propos d’autrui.

FAIRE ETUDIER LA LANGUE DE MANIERE DECLOISONNEE
L’étude de la langue est associée à la lecture, l’écriture et l’expression orale ; elle est menée à partir des lectures et des productions des élèves. Le but du cycle est que les élèves enrichissent leur vocabulaire et maîtrisent les marques syntaxiques des discours complexes ; cet apprentissage inclut un entraînement systématique en orthographe.

ZOOMS SUR LE PROGRAMME DE 3e

1. Les textes à lire
• La littérature jeunesse
La lecture d’œuvres empruntés à la littérature jeunesse peut se poursuivre en 3e, sous forme de lectures cursives. Les titres sont choisis librement par les élèves avec l’aide du professeur.
• Textes des XIXe et XXe siècles
Français ou étrangers, ils sont choisis pour leur portée culturelle et étudiés en totalité ou par extraits. On lira :
– une œuvre à dominante argumentative (ex. : Les confessions de Rousseau, livres I et II) ;
– une œuvre autobiographique française ;
– un groupement de textes poétiques pris dans des œuvres classiques (Apollinaire, Baudelaire, Hugo…) ou plus contemporaines (Aragon, Queneau…) ;
– une pièce de théâtre (ex. : La Cantatrice chauve de Ionesco) ;
– deux romans, ou un roman et un recueil de nouvelles (ex. : Le Colonel Chabert de Balzac).
• Textes documentaires
Les élèves de 3e sont de plus en plus habitués à utiliser des ouvrages de références, des banques de données informatiques. Ils doivent, avant l’entrée en seconde, devenir autonomes dans ces pratiques.

2. Les textes à écrire
• Pour soi
Prise de notes en cours ou d’après un support écrit en vue d’un réemploi (apprentissage, exposé) ; travail sur le brouillon ; usage du traitement de texte.
• Pour autrui
Écriture de récits complexes avec changement de point de vue, modification de la chronologie, insertion d’autres discours ; pratique de l’argumentation. La production d’écrit doit être organisée en paragraphes agencés dans un devoir d’une à deux pages, avec introduction et conclusion.

3. Les notions de grammaire : du discours à la phrase
• Grammaire du discours et du texte
• Énoncé et énonciation ; les deux types d’énoncés ; les fonctions des discours : raconter, décrire, expliquer, argumenter ; le point de vue de l’énonciateur ; les paroles rapportées ; les mises en relief ; l’explicite et l’implicite.
• Thème et propos ; les formes de progression dans un texte ; les procédés de reprise et les substituts grammaticaux et lexicaux ; les connecteurs (mots de liaison) spatio-temporels et logiques ; la ponctuation.
• Grammaire de la phrase
• Types et formes de phrase.
• Phrase simple et phrase complexe : les principales classes de mots ; les principales fonctions par rapport au nom, au verbe, à la phrase.
• Conjugaison des verbes aux différents modes et temps. Valeurs de ces modes et temps.

4. Les notions d’orthographe et de vocabulaire
• Orthographe lexicale
Étude, en liaison avec les textes lus, des familles de mots ; des différentes formes de dérivation ; des homonymes et des paronymes.
• Orthographe grammaticale
Marques du genre et du nombre ; accords dans la phrase et dans le texte ; segmentation et homophonie (ex. : sait/s’est/ses/ces/c’est) ; terminaisons verbales.
• Vocabulaire
On s’attache à organiser l’enseignement du lexique selon différents niveaux d’analyse : la structuration lexicale (préfixe, suffixe, radical, etc.) ; les relations lexicales (antonymie, synonymie, etc.) ; les champs lexicaux ; les champs sémantiques ; dénotation et connotation ; les figures de rhétorique.

LE CHOIX DES OBJECTIFS GENERAUX
Les objectifs généraux sont choisis à partir des instructions officielles, sur la base d’un programme noyau composé des notions incontournables pour l’année de 3e.
Ils s’organisent selon une progression annuelle. Ainsi, en 3e, une séquence sur l’argumentation (exprimer son opinion et confronter plusieurs opinions) peut suivre une séquence sur la poésie lyrique et précéder une séquence sur l’autobiographie.
 

Exemple de séquence en 3e sur la poésie engagée
 

1. Objectif général et objectifs spécifiques
• La séquence se décompose en séances dont chacune correspond à un objectif spécifique.
• Voici une liste d’objectifs spécifiques possibles dans le cadre d’une séquence sur la poésie engagée :
– repérer l’engagement d’un poète dans un texte ;
– reformuler les prises de position explicites ou implicites ;
– repérer et analyser les outils lexicaux et grammaticaux de l’engagement ;
– écrire un texte dans lequel l’énonciateur s’indigne ou dénonce.

2. Le choix de textes à lire
Une séquence comprend en général :
– la lecture analytique (en classe) d’une œuvre en texte intégral ou d’un groupement de textes (ici, sélection de poèmes engagés : Melancholia de Hugo, Le dormeur du Val, de Rimbaud, La Rose et le Réséda d’Aragon, etc.) ;
– la lecture d’extraits d’autres œuvres d’époques ou de cultures différentes (ex. : Don quichotte de Cervantès) ;
– la lecture cursive (à la maison) d’une œuvre proche de l’objectif visé (ex. : Black Boy de R. Wright).

3. L’articulation des séances
Les séances doivent permettre de pratiquer, de manière cohérente et équilibrée, la lecture, l’écriture, l’expression orale et le travail sur les outils de la langue. Par exemple :
• Séance 1. Travail oral autour de la notion « d’engagement » ; débat sur le sens de ce mot ; synthèse écrite à la maison.
• Séance 2. Lecture analytique de Melancholia de Hugo : l’indignation et la dénonciation du poète ; ouverture culturelle sur les conditions de travail au XIXe ; lecture expressive du poème.
• Séance 3. Lecture des autres textes du groupement ; travail comparatif ; synthèse sur la versification.  
• Séance 4. Recherche au CDI sur les grandes figures de l’engagement dans l’histoire, en vue d’un exposé oral en classe.
• Séance 5. Lecture analytique du Dormeur du val de Rimbaud ; étude du poème ; rapprochement avec La Rose et le Réséda d’Aragon.
• Séance 6. Outils de la langue : l’expression de la comparaison ; la comparaison et la métaphore.

4. L’évaluation finale
• La séquence fait l’objet d’une évaluation finale où les connaissances et les savoir-faire sont estimés à travers un questionnaire et un travail d’écriture qui prend en compte les éléments étudiés.
• Au fil de la séquence, des évaluations ponctuelles permettent à l’enseignant de détecter les difficultés des élèves et d’y suppléer.
 

 En quoi consiste l’étude d’une œuvre littéraire ?

Trois à quatre fois dans l’année scolaire, l’étude d’une œuvre en texte intégral – ou lecture analytique – permet aux élèves d’approfondir leur première lecture et d’étudier de manière précise ce qui peut faire la richesse et l’intérêt d’un livre.

LE CHOIX DE L’ŒUVRE
L’œuvre est choisie par l’enseignant. Il peut s’agir d’un œuvre classique ou contemporaine ; dans tous les cas, c’est bien une « œuvre littéraire » au sens où le livre présente une certaine densité textuelle, où son intérêt ne s’émousse pas après la première lecture mais au contraire s’accroît à chaque relecture. L'élève ne l’aurait pas forcément lu de lui-même mais son étude en classe va lui permettre d’en découvrir toute la richesse.
L’enseignant prend en compte différents critères, tels le genre et l’époque de l’œuvre, de manière qu’à travers le choix des différentes lectures analytiques soient traitées des œuvres les plus variées possible, dans le cadre du programme.

L’ETUDE EN CLASSE
L’œuvre est étudiée en classe, à raison d’une dizaine d’heures, dans le cadre d’une séquence dont elle constitue le principal support. Selon les objectifs des séances, l’étude porte sur des passages significatifs ou sur l’œuvre envisagée dans sa globalité.
Collectif, en groupe ou individuel, le travail peut aussi prendre la forme :
– de moments de lecture « plaisir » où le texte est lu à haute voix par les élèves ;
– de travaux d’écriture et/ou de réécriture « à la manière d’un auteur » ;
– de débats préparés en groupe et animés par l’enseignant ou par un élève ;
– de présentations d’histoire littéraire par le professeur, avec prise de notes ;
– de recherches culturelles qui élargissent le champ de l’œuvre (histoire, actualité, arts).
L’enseignant s’efforce ainsi de dépasser les analyses formelles pour faire des liens avec le monde et l’histoire, ouvrir l’espace et le temps. La finalité dernière étant, bien entendu, que les élèves prennent du plaisir dans la lecture de l’œuvre intégrale.

CONSEILS POUR TRAVAILLER SUR UN TEXTE A ETUDIER
Si possible, demandez à vos parents de lire l’œuvre étudiée. Cela vous permettra ensuite d'en discuter avec eux et de vous faire aider efficacement pour préparer un contrôle de lecture ou une explication de texte.
Par ailleurs, vous pouvez aller voir avec eux un film se rapportant à l’époque concernée ou adapté du livre lui-même.
Les enseignants font souvent préparer l’étude d’un passage en demandant aux élèves de répondre à quelques questions préparatoires. Ces questions ne sont jamais très difficiles et une lecture attentive du texte permet le plus souvent d’y répondre. Si vous êtes bloqué, n'hésitez pas :
– à relire le passage ;
– à reformuler chaque question, pour vérifier que vous en avez ompris le sens ;
– à y répondre par des phrases complètes, en vous appuyant sur les termes utilisés dans la question. Cet entraînement en expression écrite, bien que limité, peut s’avérer très utile et vous permettra d’aborder plus facilement des travaux d’écriture plus difficiles.
L’étude d’une œuvre intégrale peut aussi donner lieu à des recherches documentaires à la maison, sur Internet. Pour éviter de vous noyer dans trop d'informations, faites-vous aider par vos parents en utilisant les mots clés correspondant au sujet, puis en triant les données recueillies : d’abord les sites, sur la page qui affiche les résultats de la recherche, puis les pages des sites sélectionnés.

Quels types de travaux d’écriture sont proposés ? Comment rédiger ?

L’évaluation des élèves, à l’issue d’une séquence, prend le plus souvent la forme d’un travail d’écriture. L’écriture d’un texte est en effet un exercice très complet, qui met en jeu à la fois la réflexion, l’imagination et la maîtrise des outils de la langue. C’est également un exercice difficile.

LES DIFFERENTES TYPES D’ECRITS
En classe de 3e peuvent être proposés toutes sortes de travaux de rédaction : résumé de texte, narration fictive ou réelle, suite de récit, dialogue argumentatif, page de journal intime, etc.. Ces travaux sont le plus souvent effectués en classe ; certains, cependant, peuvent prendre la forme de devoirs à faire à la maison.

UN TRAVAIL DIFFICILE
Le travail d’écriture est, sans aucun doute, le plus difficile du cours de français, car l’élève se retrouve seul face à ses idées et avec ses outils (maîtrisés ou non) lexicaux et grammaticaux. Rappelez-vous que c'est d'abord un apprentissage et que l’erreur en fait partie.

DISCUTER EN FAMILLE
La pensée se nourrit d’exemples, d’expériences vécues, de réflexions, de lectures. Les discussions familiales constituent à cet égard les moments les plus riches de cette pensée en action.
Pour vous ouvrir au monde, journaux et débats télévisés sont de bons supports. N’hésitez pas à consulter un magazine ou un site d’informations adaptés à votre âge ou à demander une sélection d'articles à vos parents.

COMPRENDRE LA CONSIGNE
Comment vous représentez-vous la tâche à accomplir ? Il s’agit de la mettre « en projet » et de vous permettre de comprendre ce qu’on attend exactement de vous. Une vision claire du produit fini est souvent une garantie de réussite.

TRAVAILLER DANS LE TEMPS ET L’ECHANGE
Un travail écrit gagne en qualité quand il est repris plusieurs fois à quelques jours ou – à défaut – à quelques heures d’intervalle. Entre-temps, une discussion détendue sur le travail effectué permet de prendre du recul.
Progressivement, il s’agit d'apprendre :
– à relire votre production comme un « objet » séparé de vous (la difficulté vient souvent d'une trop forte implication affective dans le travail) ;
– à isoler des erreurs « fines » telles que les répétitions, les verbes passe-partout, les tournures familières, etc. ;
– à repérer des fautes d’orthographe grammaticale, à l’aide d’une grille personnalisée, constituée à partir des erreurs le plus souvent relevées sur vos copies.

En quoi consiste l’épreuve du Brevet ?

Le Brevet marque la fin de quatre années de collège. La note obtenue lors de cette épreuve vient s’ajouter à la note de contrôle continu, qui est la moyenne de l'élève en français en 3e.

L’EPREUVE DE FRANÇAIS AU BREVET

Les modalités générales
• L’épreuve se déroule en deux parties de 1 h 30 chacune. Elle est notée sur 40 points.
• La première partie vérifie l’aptitude de l’élève à comprendre et analyser un texte, sa maîtrise de l’orthographe. Elle est notée sur 25 points : 15 points pour les questions portant sur le texte, 10 points pour les exercices de réécriture et de dictée.
• La seconde partie vérifie l’aptitude de l’élève à s’exprimer clairement à l’écrit en utilisant plusieurs formes de discours. Ce travail, noté sur 15 points, met en jeu toutes les acquisitions des élèves.

La première partie
• Un texte de 20 à 30 lignes est le support d’une série de questions qui peuvent porter sur les caractéristiques du discours, l’organisation du texte, la structure de phrases, le lexique.
• Ce travail est suivi d’une courte dictée et d’un exercice de réécriture d’un passage du texte support, avec pour consigne la modification d’un paramètre (genre ou nombre d’un nom, pronom, temps d’un verbe, etc.).

La seconde partie
Le texte initial (support de la première partie) sert de point de départ à un sujet de rédaction unique. Celui-ci fait généralement appel à l’imagination et permet de combiner plusieurs formes de discours bien annoncées dans la consigne (narration, description, explication, argumentation). D’autres contraintes peuvent être spécifiées ; par exemple : l’introduction d’un dialogue, l’utilisation du discours indirect.

Les critères d’évaluation
La présentation, la lisibilité et l’orthographe entrent dans l’évaluation selon un barème déterminé par la commission de choix des sujets. L’élève a droit à un dictionnaire de langue française. L’orthographe est évaluée lors des différentes étapes de l’épreuve : dans la dictée bien sûr, mais aussi dans les questions, la réécriture et la rédaction produite. Elle est donc essentielle.

QUELQUES CONSEILS POUR L'EPREUVE
• Le texte support : la précipitation n’est jamais bénéfique : il convient donc de lire le texte attentivement deux fois pour bien s’en imprégner.
• Les questions : lire calmement l’ensemble des questions. Bien souvent, l’ordre des questions a été réfléchi et une question peut adroitement découler de la précédente. Tout lire peut donc aider.
• Les réponses : elles doivent être rédigées. Un « oui » ou un « non » ne suffit pas. Une réponse rédigée ne peut commencer par « Car » ou « Parce que », il manque alors le début de l’explication ! Une réponse doit aussi s’appuyer sur le texte et en donner des citations comme preuves de ce qui est avancé.
• La rédaction : lire deux fois la consigne. Le sujet est toujours accompagné d’explications ou de contraintes à respecter. Les oublier, c’est perdre des points à coup sûr. Choisir dans son récit un temps de référence, le garder puis adapter les autres temps en fonction de celui-ci. Par exemple : le présent comme temps de référence associé au passé composé pour les actions passées et au futur pour celles à venir.

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