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Fondement pour la
métaphysique des murs, Kant Analyse : Ole
Hansen-Löve, professeur de Première supérieure au lycée d'État de Sèvres. Résumé Dans la Critique de la raison pure, Kant a posé la question: " Que dois-je faire?", annonçant ainsi une philosophie morale à venir. Le Fondement de la métaphysique des murs est la première étape de la réalisation de ce projet; la seconde étape sera mise en uvre dans la Métaphysique des murs. Il sagit, dans un premier temps, de donner une assise, un " fondement", aux règles morales de la conduite de la vie. Ces règles, et les principes dont elles sont tirées, nont pas à être " inventés", " créés", ils sont impliqués dans lexpérience morale et doivent être mis à jour, élucidés par la réflexion et lanalyse. Le fil directeur de la démarche se trouve dans lidée daprès laquelle le propre de lobligation morale, ce qui la distingue de toutes les autres formes dobligation, réside dans le fait quelle est inconditionnelle: elle ne vaut pas seulement si et dans la mesure où , mais absolument. Telle est la marque de limpératif catégorique. Est bonne la volonté qui se détermine à partir de la représentation de la loi morale et ne met aucune condition particulière à la réalisation de celle-ci. Ce nest pas le but visé qui est bon au point de vue moral, car toutes sortes de mobiles et dinclinations peuvent nous y conduire; ni laction accomplie, car lexécution de celle-ci peut être favorisée ou entravée par toutes sortes de facteurs extérieurs à la volonté: la moralité consiste à agir par devoir et non conformément au devoir. Comment peut-on alors caractériser lentière conformité de la volonté à la loi morale, hors de toute condition particulière? La réponse de Kant se trouve dans linjonction suivante: " Agis comme si la maxime de ton action devait devenir par ta volonté une loi universelle de la nature". Puis-je vouloir que tous les êtres raisonnables agissent selon la même maxime que moi? La volonté qui agit daprès cette règle est bonne. La volonté qui se détermine de cette manière est libre: elle est dégagée de laction des mobiles sensibles et des inclinations. Toutefois, cette liberté ne peut être démontrée, ni établie à partir de lexpérience; elle est une idée de la raison. La volonté libre est le propre dun être raisonnable. Lhomme est un tel être, mais il a aussi une nature sensible, et cest pourquoi sa volonté nest pas toujours déterminée par le respect de la loi morale. Nous supposons seulement que nous sommes libres, mais cette supposition est constitutive de notre volonté et manifeste par là notre destination morale. |