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Vers
la paix perpétuelle, Kant
Traduction
originale : Eric Blondel, Jean Greish, Ole Hansen-Love, Théo.
Leydenbach
Analyse : Michael Foessel.
Dossier réalisé par Elisabeth Montlahuc.
RESUME
Dans Vers la paix
perpétuelle, Kant tente de montrer que la paix est une conséquence
du droit et qu'elle découle donc presque nécessairement
de son application. En effet, le droit définit la coexistence
pacifique des libertés entre elles : est légal un rapport
entre deux individus ou deux États qui ne passe plus par la violence,
mais par la libre soumission à une loi commune. De ce point de
vue, la paix n'est pas un idéal inaccessible au sens où
elle ne pourrait être assurée qu'après la mort (au
paradis ou dans la "cité de Dieu"), mais une exigence
de la raison elle-même. Il s'agira de mettre au jour les conditions
de possibilité de la paix, qui doivent assurer à la fois
sa réalité et son caractère perpétuel.
Après avoir défini (dans les "articles préliminaires")
les règles qui rendent possible un accord de paix, Kant présente
(dans les trois "articles définitifs") les conditions
juridiques grâce auxquelles toute guerre deviendra impossible
:
1/ Seul un système "républicain" rend la guerre
improbable car c'est un système qui exige le consentement des
citoyens, et ces derniers préféreront la paix et la sécurité
au conflit.
2/ Une "alliance des peuples" est nécessaire au niveau
international, c'est-à-dire une confédération d'États
qui garantisse la sécurité de chacun de ses membres et
dispose du pouvoir d'imposer la paix aux souverains qui voudraient agrandir
leur puissance.
3/ Un "droit cosmopolitique" qui préserve le droit
des étrangers doit être institué, sinon les États
pourront interpréter la présence d'étrangers sur
leur sol comme un acte d'hostilité. Kant défend donc l'idée
d'une "citoyenneté mondiale" : un individu possède
des droits indépendamment de son appartenance à tel ou
tel État.
Mais ces conditions juridiques ne suffisent pas à garantir la
paix, puisque la violence ne cesse de resurgir entre les hommes. Kant
montrera donc, dans les "suppléments" et "appendices"
de son projet, que l'Histoire favorise la paix car la guerre apparaît
progressivement intolérable aux individus. L'excès de
mal (la guerre) favorise donc paradoxalement le bien (la paix). De plus,
il ne faut pas se fier aux discours des despotes qui affirment que l'homme
est trop mauvais pour se soumettre au droit et qu'il existe un abîme
entre la théorie et la pratique. Ce que l'homme doit faire, il
peut aussi le faire (c'est le sens même de sa liberté),
et si la paix perpétuelle désigne bien un idéal
(elle est le "souverain bien politique"), le droit est lui
une exigence parfaitement réalisable dans les conditions humaines
de l'expérience
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