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Le Banquet, Platon Classiques
Hatier de la philosophie Présentation Le Banquet mène de front le triple éloge de l'Amour, de la philosophie, et du philosophe Socrate. Le premier est le plus explicite. Les convives du banquet, fatigués de boire, ont décidé de passer la soirée à célébrer à tour de rôle le dieu de l'Amour. Phèdre commence, louant l'Amour d'être le plus ancien des dieux et le plus vénérable. De même qu'il y a une Aphrodite Céleste et une Aphrodite Populaire, réplique Pausanias, il y a deux amours et seul le premier mérite les éloges. Eryximaque reprend cette dualité, mais défend la nécessité d'une conciliation dans la tempérance réglée. Aristophane décrit l'origine de l'Amour; l'humanité primitive était faite de sphères d'une seule pièce mais doubles en tout et relevant de trois genres, masculin, féminin et androgyne. Ces sphères autosuffisantes en conçurent un si grand orgueil qu'elles s'attaquèrent aux dieux; ils les châtièrent en les coupant en deux; depuis, chacun cherche "sa moitié" pour s'y joindre. L'Amour est manque et désir. De l'avis d'Agathon, ce trait négatif ne saurait qualifier celui qu'il célèbre comme le plus jeune des dieux et le père de toutes nos trouvailles. Tout en se déclarant pétrifié par la splendeur des discours précédents, Socrate va en montrer l'insuffisance. Pour ménager les convives, il dit tenir son savoir de Diotime, prêtresse de Mantinée. Tous les orateurs donnent à l'Amour les grâces de l'être aimé, mais l'Amour manque précisément de ces grâces qu'il aspire à posséder. Il est toujours amour de quelque chose. Il n'est donc pas un dieu mais un démon qui tient de sa mère (Penia) le dénuement et la rudesse, de son père (Poros) l'habileté des inventions, l'ardeur et la vaillance. Intermédiaire entre savoir et ignorance, il est amour de la sagesse, philo-sophe. Il est désir d'immortalité et incite à une quête qui est une progressive élévation: de l'amour d'un beau corps à celui des beaux corps, de celui-là à celui des belles âmes, puis des belles occupations, des connaissances belles, jusqu'à la vision soudaine du Beau absolu, éternel. Survient alors Alcibiade ivre. Nouveau convive, nouveau discours. Si l'intrus prétend modifier la proposition en proférant un éloge non de l'Amour mais de Socrate, il s'inscrit cependant dans la continuité des éloges précédents: célébrant le philosophe, il le décrit sous les traits de ce démon qui conduit chacun à se reconnaître ignorant et désirant la sagesse, philosophe en quête de vérité. |