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Le Crépuscule des idoles Classiques & Cie philosophie Présentation Nietzsche naît à Röche (Saxe) en 1844. Il étudie la philologie (science des langues anciennes, étude des signes) et devient professeur à Bâle à parti de 1869. Mais, à partir de 1879, il renonce à enseigner. Par la suite, il mène une existence de solitude et d'errance en Suisse et en Italie, jusqu'en 1889, date à laquelle il sombre dans la folie. Il ne s'exprimera plus pendant les onze années suivantes, jusqu'à sa mort (1900). Tourmenté, écorché vif, provocateur, Nietzsche a revisité la culture allemande qu'il a soumise à une critique radicale. Très tôt, il a déclaré faire partie des philosophes destinés à marquer profondément l'histoire de la pensée : il se trouve que la postérité lui a donné raison sur ce point. La philosophie à coups de marteauLe projet de Nietzsche dans le Crépuscule des idoles (1888) n'est pas de réfuter les thèses philosophiques antérieures mais d'instaurer une nouvelle méthode d'investigation intellectuelle. Alors que les philosophes précédents s'efforçaient d'établir la vérité (ou la fausseté) de tel ou tel système conceptuel, Nietzsche, pour sa part, invente une nouvelle manière de procéder qui n'est pas strictement spéculative. Que signifie, en effet « pratiquer la philosophie à coups de marteau » ? Il ne s'agit pas seulement de casser, de briser, de détruire les idées nocives. Le « marteau » renvoie aussi à l'outil (petit maillet d'auscultation) qui permet au médecin d'écouter ce qui se passe à l'intérieur du corps d'un malade. Nietzsche veut procéder de cette manière à l'égard des doctrines de ses prédécesseurs ; il étudiera les résonances des idées et des dogmes dont il postule qu'ils sont l'expression d'une volonté cachée. L'objectif du « philologue » est ici de traiter l'ensemble de la tradition philosophique comme le symptôme d'une pathologie et d'un déclin dont il est urgent d'établir le diagnostic correct. Tel est l'enjeu de ce texte dont le titre résume le propos. Le « crépuscule » est le déclin de la clarté du jour, ici métaphore de la philosophie classique. Celle-ci, en effet, s'est toujours représentée elle-même comme une « lumière » généreusement répandue sur toute la culture occidentale. Une « idole » est un faux dieu que l'homme a lui-même créé et auquel il se soumet, oubliant qu'il ne fait ainsi que s'aliéner à une partie de lui-même artificiellement projetée dans un objet fantasmatique. À l'encontre de toute la tradition occidentale, Nietzsche démontre donc dans cet ouvrage que le « fondement dernier » de toutes nos valeurs et de nos certitudes, à savoir l'idée de Dieu comme source de la Vérité et du Bien, n'est qu'une imposture, une construction de notre imagination, et même, plus gravement encore, le symptôme d'une volonté globalement décadente et morbide. Moments clés de l'ouvrage Le problème de Socrate : pour Nietzsche, Socrate est le grand responsable du mouvement général de décadence de l'occident.
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