Le droit

 

Citations
par ordre chronologique

 

Autres pays, autres lois ".

> Euripide, cité par F. Wolff, Socrate, PUF, coll. " Philosophies ", 1985, p. 87.

 

Summum jus, summa injuria " = " Comble de justice, comble d'injustice. "

> Adage latin de droit cité par Cicéron, Traité des devoirs [De officiis], I, 10, 33 : on commet souvent des injustices par une application trop rigoureuse de la loi.

Le DROIT DE NATURE, que les écrivains politiques appellent communément jus naturale, est la liberté que chacun a d'user de sa propre puissance, comme il le veut lui-même pour la préservation de sa propre nature, autrement dit de sa propre vie et, par conséquent, de faire, selon son jugement et sa raison propres, tout ce qu'il concevra être le meilleur moyen adapté à cette fin. "

> Thomas Hobbes, Léviathan (1651), chap. 14, trad. G. Mairet, coll. " Folio Essais ", Gallimard, 2000, p. 229.

 

Le droit naturel de la Nature entière et conséquemment de chaque individu s'étend jusqu'où va sa puissance, et donc tout ce que fait un homme suivant les lois de sa nature propre, il le fait en vertu d'un droit de nature souverain, et il a sur la nature autant de droit qu'il a de puissance. "

> Baruch Spinoza, Traité politique, (posthume), II, § 4, trad. Appuhn, GF-Flammarion, 1966, p. 16.

Par Droit et Institution de la Nature, je n'entends autre chose que les règles de la nature de chaque individu, règles suivant lesquelles nous concevons chaque être comme déterminé à exister et à se comporter d'une certaine manière. Par exemple, les poissons sont déterminés par la Nature à nager, les grands poissons à manger les petits ; par suite les poissons jouissent de l'eau, et les grands mangent les petits, en vertu d'un droit naturel souverain "

> Baruch Spinoza, Traité théologico-politique (1670), chap. XVI, trad. Appuhn, GF-Flammarion, 1965, p. 261.

 

Plaisante justice qu'une rivière borne ! Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà "

> Blaise Pascal, Pensées, (1670, posth.), fragment 294 de l'éd. Brunschvicg, Classiques Hachette, p. 465.

Il est juste que ce qui est juste soit suivi, il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi. La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique. [...] Il faut donc mettre ensemble la justice et la force ; et pour cela faire que ce qui est juste soit fort, ou que ce qui est fort soit juste. "

> Blaise Pascal, Pensées, (1670, posth.), fragment 298 de l'éd. Brunschvicg, Classiques Hachette, p. 470.

 

Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit, et l'obéissance en devoir. [...] La force est une puissance physique; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté ; c'est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-ce être un devoir?" "

> Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat social (1762), livre I, chap. III, Hatier, coll. " Les classiques Hatier de la philosophie ", 1999, p. 13.

 

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. "

> Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, le 26 août 1789, article 2, dans Les Droits de l'homme, Imprimerie nationale, 1989, p. 425.

 

Dans un bois aussi courbe que celui dont est fait l'homme, on ne peut rien tailler de tout à fait droit. "

> Emmanuel Kant, Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitisme (1784), trad. J.-M. Muglioni, Bordas, 1988, p. 17.

Le droit est la limitation de la liberté de chacun à la condition de son accord avec la liberté de tous, en tant que celle-ci est possible selon une loi universelle. "

> Emmanuel Kant, Théorie et pratique, 2e, partie, trad. Guillermit, Vrin, 1980, p. 30.

Par droit naturel on entend seulement [...] celui que la raison de tout homme peut concevoir a priori. "

> Emmanuel Kant, Métaphysique des moeurs (1796), Doctrine du droit, Ière partie, trad. A. Philonenko, Vrin, 1986, p. 178.

 

Le droit de la nature est [...] l'existence de la force brutale et le domaine où prévaut la violence ; un état de nature est un état où règnent la brutalité et l'injustice, sur lequel on ne saurait rien dire de mieux que : il faut en sortir. La société, au contraire, est la condition où le droit se réalise ; ce qu'il faut restreindre et sacrifier c'est précisément l'arbitraire, et la violence de l'état de nature. "

> G. W. F. Hegel, Précis de l'Encyclopédie des sciences philosophiques (dès 1817), § 502, trad. E. Fleischman, in La philosophie politique de Hegel, Gallimard, pp. 113-114.

 

Le droit = volonté d'éterniser l'équilibre de puissance présent ; à condition qu'en en soit satisfait. "

> Friedrich Nietzsche, La Volonté de puissance (posthume non vérifié par l'auteur), livre II, § 487, trad. G. Bianquis, Gallimard, coll. " Tel ", 1995, t. I, p. 349.

 

" Lorsqu'on parle de droit, il est une question qu'on se pose toujours : "Qui ou quoi me donne le droit de faire ceci ou cela ?" Réponse : "Dieu, l'Amour, la Raison, l'Humanité, etc. !" Hé non, mon ami ; ce qui te le donne, ce droit, c'est ta force, ta puissance, et rien d'autre [...]. "

> Max Stirner, L'unique et sa propriété (1845), II, 1, trad. R.L. Reclaire, Stock, " Collection Bibliothèque sociologique ", 1899, p. 224.

 

Le droit est l'intermède des forces. "

> Paul Valéry, Tel quel, Autres Rhumbs (1927), in OEuvres, t. II, Gallimard, coll. " Bibliothèque de la pléiade ", p. 693.

 

La justice est ce doute sur le droit qui sauve le droit. "

> Alain, Propos.

Posséder est un fait pur et simple ; être propriétaire est un droit reconnu par l'arbitre, sous la surveillance de l'opinion. Je puis être très légitimement et très réellement propriétaire d'une chose qui en fait est aux mains d'un voleur. [...] Tant que le droit n'est pas dit de manière solennelle et impartiale, il n'y a jamais que possession, c'est-à-dire simple fait. "

> Alain, Minerve ou de la sagesse, Hartmann, 1939, p. 226.

 

Le Droit naturel devient ce qui va de soi, ce que telle communauté considère comme obligation et droit si évidents qu'il lui semblerait ridicule de le formuler [...]. Le Droit naturel devient ainsi le droit non-écrit, supérieur au Droit écrit parce qu'il n'a pas besoin de celui-ci pour être reconnu. Il n'en est pas moins historique [...].C'est [...] lui qui, en évoluant, force le Droit écrit à évoluer. "

> Eric Weil, Philosophie politique (1956), Vrin, 1996, p. 39.

 

Comme le droit ne peut se tirer du fait, on ne peut justifier qu'à partir d'un droit préexistant. Le droit se précède toujours lui-même. "

> Marcel Conche, Orientation philosophique [1974], P.U.F., coll. " Perspectives critiques ", 1996, p. 99. Voir le texte de Kelsen.

 

 

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