Le langage et la communication

Citations
(par ordre chronologique)

Platon

"Ce n'est pas des mots qu'il faut partir mais [...], et pour apprendre et pour chercher le réel, c'est du réel lui même qu'il faut partir, bien plutôt que des noms." > Platon, Cratyle, 439 b, trad. Robin et Moreaux, Gallimard, coll. "Pléiade", 1950, p. 688.

Pascal

"En amour un silence vaut mieux qu'un langage. Il est bon d'être interdit ; il y a une éloquence de silence qui pénètre plus que la langue ne saurait faire." > Pascal, Discours sur les passions de l'amour (1652).

Malebranche

"Il faut distinguer la force et la beauté des paroles, de la force et de l'évidence des raisons." > Malebranche, De la recherche de la vérité (1674), livre II, 3e partie, chap. IV.

Rousseau

"Tels sont les hommes : ils changent de langage comme d'habits : ils ne disent la vérité qu'en robe de chambre; en habit de parade ils ne savent que mentir [...]." > Rousseau, Lettre à Mgr de Beaumont, 1763.

Auguste Comte

"Au milieu des luttes les plus acharnées, l'homme éprouvera toujours une répugnance involontaire à détruire l'ennemi qui lui demanderait merci [pitié] dans sa propre langue." > Auguste Comte, Système de politique positive (1852), t. II, Statique sociale, chap. IV, chez l'auteur, 10 rue Monsieur le Prince, p. 261.

Stéphane Mallarmé

"À quoi bon la merveille de transposer un fait de nature en sa presque disparition vibratoire, cependant ; si ce n'est pour qu'en émane, sans le gêne d'un proche ou concret rappel, la notion pure.

Je dis : une fleur ! et, hors de l'oubli où ma voix relègue aucun contour, en tant que quelque chose d'autre que les calices sus, musicalement se lève, idée même et suave, l'absente de tous les bouquets." > Stéphane Mallarmé, Divagations (1897), in OEuvres complètes, Gallimard, coll. "Pléiade", 1945, p. 858.

Alain

"Toutes les idées, même les plus sublimes, ne sont pas à inventer, mais se trouvent inscrites dans le vocabulaire consacré par l'usage. [...] Le plus difficile au monde est de dire en y pensant ce que tout le monde dit sans y penser." > Alain, Histoire de mes pensées, Gallimard, 1936, p. 77.

Ludwig Wittgenstein

"Les limites de mon langage signifient les limites de mon monde." > Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus (1921), proposition 5.6, trad. P. Klossowski, Gallimard, coll. "Idées", p. 141.

Joseph Vendryes

"Le langage [...] est un acte physiologique en ce qu'il met en oeuvre plusieurs organes du corps humain. C'est un acte psychologique en ce qu'il suppose l'activité volontaire de l'esprit. C'est un acte social en ce qu'il répond à un besoin de communication entre les hommes. Enfin, c'est un fait historique, attesté sous des formes très variées [...]." > Joseph Vendryes, Le Langage, introduction linguistique à l'histoire, Albin Michel, 1968, coll. "L'Évolution de l'humanité", pp. 1-2.

Nicolas Grimaldi

"Cette puissance magique du langage, qui consiste à se substituer à la réalité en faisant exister ce qu'elle nomme, est également le fondement de toute calomnie comme de toute flatterie." > Nicolas Grimaldi, Le désir et le temps, PUF, 1971, p.427.

Roger Caillois

"Je trouve que le langage actuel a perdu son sens. [...] C'est cela, l'hypertélie : une inflation mortelle, l'épuisement du sens par l'accroissement du signe, bref, c'est quelque chose qui dépasse sa propre finalité. Eh bien ! c'est ce qui est arrivé, c'est ce qui est en train d'arriver au langage humain, et je l'observe plus spécialement dans le vocabulaire de la science et de la philosophie. [Le moyen d'y échapper est de] se convaincre que la profondeur ne peut résider que dans la simplicité. [...] Dès qu'un énoncé se complique, ou bien il est inexact, ou bien il est insignifiant." > Roger Caillois, Entretien avec J.-L Ezine, in Les cahiers de Chronos : Roger Caillois, Éd. de la Différence, 1991, p. 139.

Roland Barthes

"La voie bouddhiste est très précisément celle du sens obstrué [...]. Tout le Zen [...] apparaît ainsi comme une immense pratique destinée à arrêter le langage, [...] à assécher le bavardage incoercible de l'âme ; et peut-être ce qu'on appelle, dans le Zen, satori [perfection libératrice], [...] n'est-il qu'une suspension panique du langage, le blanc qui efface en nous le règne des Codes, la cassure de cette récitation intérieure qui constitue notre personne [...]." > Roland Barthes, L'empire des signes, Flammarion, coll. "Champs", 1970, pp. 95-97

Au sommaire de ce dossier :

Introduction
Le langage et la communication
Citations
Sujets problématisés
Extraits de textes