Brevet blanc de français, histoire, géographie et EMC n° 1

Merci !

Annales corrigées
Classe(s) : 3e | Thème(s) : Sujets complets de français, histoire-géo, EMC
Type : Sujet complet | Année : 2016 | Académie : Sujet zéro


Sujet zéro

Sujet complet

1re partie • Analyse et interprétation de textes et documents, maîtrise des différents langages

1re période (2 heures)

1. analyser un document • histoire 20 points

Document Programme du Conseil national de la Résistance, 15 mars 1944

Le texte a été diffusé au printemps 1944 dans la clandestinité, par les journaux des mouvements de la Résistance.

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. […]

Aussi les représentants des organisations de Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du CNR délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la libération du territoire, un ordre social plus juste.

I. Plan d’action immédiate

Les représentants des organisations de Résistance des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du CNR […] proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940. […]

II. Mesures à appliquer dès la libération du territoire

[...]

4) Afin d’assurer :

l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;

la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ;

la liberté d’association, de réunion et de manifestation […] ;

l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables : […]

Sur le plan social :

le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ; […]

un plan complet de Sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail ; […]

une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ; […]

En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du CFLN1 et de son président, le général de Gaulle ! En avant pour le combat, en avant pour la victoire, afin que vive la France !

1. Comité français de libération nationale, remplacé le 3 juin 1944 par le Gouvernement provisoire de la République française.

1. Identifiez les auteurs du texte.

▶ 2. Pourquoi le programme d’action du Comité national de la Résistance daté du 15 mars 1944 a-t-il été adopté dans la clandestinité ? Expliquez la phrase soulignée en quelques lignes en faisant appel à vos connaissances.

▶ 3. Comment expliquer que le général de Gaulle soit mentionné dans le dernier paragraphe ?

▶ 4. Relevez et classez les réformes prévues par le CNR dans le tableau suivant.

Les projets de réformes du CNR après la libération du territoire

Sur le plan des droits et des libertés

Sur le plan social

▶ 5. À partir de deux exemples précis, relevés dans le texte, montrez que le programme du CNR a été appliqué à partir de 1944.

2. maîtriser différents langages • géographie 20 points

▶ 1. Sous la forme d’un développement construit d’une vingtaine de lignes et en vous appuyant sur un ou des exemples d’aires urbaines étudiés en classe, décrivez les espaces et les dynamiques des villes françaises.

▶ 2. Localisez et nommez sur le fond de carte ci-dessous Paris et quatre aires urbaines de votre choix.

Les principales aires urbaines de la France métropolitaine

fra3_1600_14_00C_01

3. enseignement moral et civique 10 points

Document 1 Affiche 2015 de la commune de Floirac (Gironde)

fra3_1600_14_00C_02

© Boulevard des potes

« Boulevard des potes » : association de lutte contre les discriminations et d’éducation populaire.

Source : www.ville-floirac33.fr

Document 2 Extraits de la Charte de laïcité à l’école (2013)

Article 3La laïcité garantit la liberté de conscience à tous. Chacun est libre de croire ou de ne pas croire […].

Article 4 – La laïcité permet l’exercice de la citoyenneté, en conciliant la liberté de chacun avec l’égalité et la fraternité de tous dans le souci de l’intérêt général. […]

Article 8La laïcité permet l’exercice de la liberté d’expression des élèves dans la limite du bon fonctionnement de l’École comme du respect des valeurs républicaines et du pluralisme des convictions.

Article 9 – La laïcité implique le rejet de toutes les violences et de toutes les discriminations, garantit l’égalité entre les filles et les garçons et repose sur une culture du respect et de la compréhension de l’autre. […]

Article 13 – Nul ne peut se prévaloir de son appartenance religieuse pour refuser de se conformer aux règles applicables dans l’École de la République.

1. Citez trois valeurs et deux symboles de la République française présents dans les documents.

▶ 2. Expliquez les phrases soulignées dans le document 2 pour montrer que la laïcité garantit les libertés à l’école.

▶ 3. Vous êtes chargé de présenter la laïcité à l’école à un correspondant étranger en visite dans votre établissement, en vous aidant des documents et de vos connaissances. En quelques lignes, comment lui expliquez-vous que la laïcité favorise le « vivre ensemble » à l’école ?

2e période (1 heure)

4. questions • français 20 points

Document A Texte littéraire

John Johnson, dit le Boa, a été élu maire de Coca, ville imaginaire des États-Unis. Il a de grands projets pour sa ville. Quelques semaines après son élection, il fait un séjour à Dubaï. C’est son premier voyage hors du continent américain.

Ce qu’il voit entre l’aéroport et la ville provoque chez lui une sensation ambivalente d’euphorie1 et d’écrasement.

Les grues d’abord lui éberluent2 la tête : agglutinées par centaines, elles surpeuplent le ciel, leurs bras comme des sabres laser plus fluorescents que ceux des guerriers du Jedi, leur halo blafard auréolant la ville chantier d’une coupole de nuit blanche. Le Boa se tord le cou à les compter toutes, et l’homme en dishdash3 blanche qui le coudoie sur la banquette, le voyant faire, lui signale qu’un tiers des grues existant à la surface du globe est réquisitionné en ces lieux : une sur trois répète-t-il, une sur trois est ici, chez nous. Sa toute petite bouche soulignée d’un trait de moustache articule très doucement nous construisons la cité du futur, une entreprise pharaonique. Le Boa ne dit plus rien. Il salive, émerveillé. La prolifération des tours le sidère, si nombreuses qu’on les croit multipliées par un œil malade, si hautes qu’on se frotte les paupières, craignant d’halluciner, leurs fenêtres blanches comme des milliers de petits parallélogrammes aveuglants, comme des milliers de pastilles de Vichy effervescentes dans la nuit délavée ; ici on travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les ouvriers sont logés à l’extérieur de la ville, les rotations se font par navette – l’homme susurre chaque information, escortant l’étonnement de Boa avec délicatesse. Plus loin, il pointe d’un index cireux un édifice en construction, déjà haut d’une centaine d’étages, et précise : celle-ci sera haute de sept cents mètres. Le Boa hoche la tête, s’enquiert soudain des hauteurs de l’Empire State Building de New York, ou du Hancok Center de Chicago, questionne sur les tours de Shanghai, de Cape Town, de Moscou, il est euphorique et médusé4. À Dubaï donc, le ciel est solide, massif : de la terre à bâtir. Le trajet est long dans la longue voiture, la mer tarde à venir, le Boa l’attend plate, inaffectée, lourde nappe noire comme le pétrole dont le pourtour s’effacerait dans la nuit, et il sursaute à la découvrir construite elle aussi, rendue solide, croûteuse, et apte à faire socle pour un archipel artificiel qui reproduirait un planisphère – la Grande-Bretagne y est à vendre trois millions de dollars – ou un complexe d’habitations de luxe en forme de palmier : elle aussi, donc, de la terre à bâtir.

Le Boa arrive à l’hôtel bouleversé, les joues rouges et les yeux exorbités, il peine à s’endormir, la nuit est trop claire, comme filtrée par une gaze5 chaude, lui-même trop excité – le Burj Al-Arab est l’hôtel le plus haut du monde, une immense voile de verre et de Teflon gonflée face au golfe Persique qui est absolument noir à cette heure, et clos comme un coffre […]. Au réveil, le Boa est convaincu d’avoir trouvé l’inspiration qui manquait à son mandat. C’est un espace maîtrisé qui s’offre à ses yeux, un espace, pense-t-il, où la maîtrise se combine à l’audace, et là est la marque de la puissance.

Maylis de Kerangal, Naissance d’un pont, 2010, © Éditions Gallimard.

1. Euphorie : sensation intense de bien-être, de joie, d’optimisme.

2. Éberluer : étonner vivement, stupéfier.

3. Dishdash : longue robe blanche, vêtement traditionnel.

4. Médusé : qui manifeste un grand étonnement, de la stupeur.

5. Gaze : tissu léger, utilisé en couture ou pour faire des compresses et des pansements.

Document B Travailleurs sur un site de construction à Dubaï

fra3_1600_14_00C_03

ph © STR New/Reuters

Les réponses aux questions doivent être entièrement rédigées.

Sur le texte littéraire (document A)

▶ 1. Quelles sont les caractéristiques principales de la ville décrite dans le texte ? (2 points)

▶ 2. Étudiez précisément la progression des émotions et sensations ressenties par le personnage principal au fil de l’extrait. (3 points)

▶ 3. À quel temps les verbes sont-ils majoritairement conjugués dans le texte ? Comment comprenez-vous ce choix de l’auteure ? (2 points)

▶ 4. « Sa toute petite bouche soulignée d’un trait de moustache articule très doucement nous construisons la cité du futur, une entreprise pharaonique » (l. 11-13) : comment, dans cette phrase, les propos tenus par le personnage sont-ils rapportés ? Est-ce une manière de faire habituelle ? À votre avis, pourquoi l’auteure procède-t-elle ainsi ? (2,5 points)

▶ 5. « une entreprise pharaonique. » (1,5 point)

a) Comment le mot souligné est-il construit ?

b) Que signifie-t-il généralement ?

c) Le contexte lui donne-t-il une valeur particulière ?

▶ 6. « […] un espace, pense-t-il, où la maîtrise se combine à l’audace, et là est la marque de la puissance. » (l. 43-44)

a) Expliquez le sens de cette phrase en vous aidant de ce qui la précède. (2 points)

b) À votre avis, l’auteure partage-t-elle ici la pensée du personnage ? (1 point)

▶ 7. Proposez un titre pour ce texte, puis expliquez vos intentions et ce qui justifie votre proposition. (2 points)

Sur le texte et l’image (documents A et B)

▶ 8. Quels sont les éléments qui rapprochent l’image et le texte ? (2 points)

▶ 9. Quelles impressions suscite en vous cette photographie ? Sont-elles comparables à celles produites par le texte ? Pourquoi ? (2 points)

2e partie • Français, rédaction et maîtrise de la langue (2 heures)

5. dictée 5 points

Le titre et la source de l’extrait sont écrits au tableau au début de la dictée.

Au-delà

Les Parisiens n’ont jamais de leur ville le plaisir qu’en prennent les provinciaux. D’abord, pour eux, Paris se limite à la taille de leurs habitudes et de leurs curiosités. Un Parisien réduit sa ville à quelques quartiers, il ignore tout ce qui est au-delà qui cesse d’être Paris pour lui. Puis il n’y a pas ce sentiment presque continu de se perdre qui est un grand charme. Cette sécurité de ne connaître personne, de ne pouvoir être rencontré par hasard. Il lui arrive d’avoir cette sensation bizarre au contraire dans de toutes petites villes où il est de passage, et le seul à ne pas connaître tous les autres.

Louis Aragon, Aurélien, 1944, © Éditions Gallimard.

6. réécriture 5 points

« Le Boa arrive à l’hôtel bouleversé, les joues rouges et les yeux exorbités, il peine à s’endormir, la nuit est trop claire, comme filtrée par une gaze chaude, lui-même trop excité […]» (l. 36-38).

Réécrivez cette phrase en remplaçant « Le Boa » par « Ils » et en procédant à toutes les transformations nécessaires.

7. travail d’écriture 20 points

Vous traiterez au choix le sujet A ou B. Votre rédaction sera d’une longueur minimale d’une soixantaine de lignes (300 mots environ).

Sujet A

Selon vous, la vie au sein d’une ville moderne est-elle source de bonheur et d’épanouissement ?

Vous répondrez à cette question dans un développement argumenté en vous appuyant sur votre expérience, sur vos lectures, votre culture person­nelle et les connaissances acquises dans l’ensemble des disciplines.

Sujet B

Vous êtes architecte et vous proposez au pays imaginaire d’Utopia la fondation d’une ville idéale. Écrivez la lettre que vous adressez aux dirigeants d’Utopia pour expliquer votre vision de la ville, justifier vos choix et les inviter à retenir votre projet.

Les Clés du sujet

Analyser un document • Histoire

Comprendre le document

Ce document est un programme qui fixe à la fois l’action immédiate et la reconstruction politique et sociale qui devra suivre la fin de la guerre. Il a été adopté à l’unanimité par les membres du CNR le 15 mars 1944. Tu dois donc mobiliser tes connaissances sur deux thèmes du programme : la France défaite et occupée durant la Seconde Guerre mondiale, et la refondation républicaine entre 1944 et 1947.

Répondre aux questions

 1. Rappelle ce qu’est le CNR et dans quel but il a été mis en place.

 2. Repère la date précise (jour, mois) du document. Quelle est la situation à ce moment-là en France ? Quels événements sont encore à venir ?

 5. La réponse n’est pas dans le texte, elle fait appel à tes connaissances sur les grandes réformes adoptées en France dans l’immédiat après-guerre. Tes réponses à la question 4 devraient te mettre sur la piste.

Maîtriser les différents langages • Géographie

 1. Le développement construit est centré sur les aires urbaines. On te demande d’abord de décrire les espaces urbains. Tu profiteras de cette première partie pour présenter la composition d’une aire urbaine et définir correctement les différents termes clés (pôle urbain, couronne périurbaine).

Tu consacreras ta seconde partie à la description des dynamiques urbaines, c’est-à-dire les évolutions des villes à différentes échelles. Ici, tu peux te contenter d’une dynamique à l’échelle urbaine (l’étalement) et à l’échelle nationale (la métropolisation).

Enseignement moral et civique

Comprendre les documents

Le document 1 est une affiche invitant les citoyens à participer à un débat organisé par une association luttant contre les discriminations.

Adoptée en 2013, la Charte de la laïcité (document 2) doit être affichée dans tous les établissements scolaires et figurer dans les carnets de correspondance des élèves. Elle explique ce qu’est la laïcité et la manière dont elle doit être appliquée à l’école.

Répondre aux questions

 3. Tu dois montrer ce que la laïcité apporte aux élèves (plus de libertés et plus d’égalité) en donnant des exemples concrets que tu peux puiser dans tes connaissances personnelles.

Questions • Français

Le texte littéraire (document A)

Le roman Naissance d’un pont raconte le chantier de la construction d’un pont dans la ville imaginaire de Coca, aux États-Unis. Dans l’extrait présenté, le maire de Coca est impressionné par ce qu’il découvre dans la ville de Dubaï, aux Émirats arabes unis : les chantiers et les projets décrits semblent repousser les limites de la réalité, mais sont pourtant bien réels.

L’image (document B)

La photographie, prise en légère plongée, montre des ouvriers travaillant à la construction des fondations d’une tour comme celles qu’on voit en arrière-plan. On fait ainsi facilement la différence entre les ouvriers, qui creusent la terre, et les tours, qui touchent le ciel.

Travail d’écriture (sujet A)

Recherche d’idées

Ton point de vue doit être nuancé. Tu peux d’abord souligner l’attrait de la ville moderne : elle offre des possibilités d’emploi variées ; les plaisirs et les distractions y sont plus nombreux. Comme arguments opposés, tu peux signaler que les grandes villes accroissent parfois le sentiment d’isolement, et que les nuisances y sont nombreuses.

Conseils de rédaction

Pense à utiliser des connecteurs logiques pour organiser ta réflexion : tout d’abord, ensuite, par exemple, toutefois, c’est pourquoi, cependant… Dans le développement, tu mentionneras en dernier les arguments qui te semblent les plus convaincants.

Travail d’écriture (sujet B)

Recherche d’idées

Fais la liste de ce qui te semble négatif dans les villes que tu connais : l’absence d’espaces verts, le bruit incessant, les embouteillages, le sentiment d’anonymat, etc. Ensuite, cherche des solutions pour que ces problèmes disparaissent : privilégier les transports en commun, préférer les maisons individuelles aux immeubles collectifs, créer un cadre de vie convivial, etc.

Conseils de rédaction

Tu dois écrire une lettre officielle, avec tous les impératifs que cela comporte : en-tête, objet, formule de politesse, etc. N’hésite pas à inventer des détails sur l’expéditeur que tu incarnes : je suis un excellent architecte, j’ai dessiné les plans de l’écoquartier de…, je pense à ce projet depuis longtemps… Enfin, n’oublie pas que ta description est au service d’une argumentation : tu dois convaincre les destinataires.

Corrigé

Corrigé

1re partie • Analyse et interprétation de textes et documents, maîtrise des différents langages

1re période

1. analyser un document • histoire

Gagne des points

N’hésite pas à citer quelques noms de mouvements de résistance, si tu en connais : Libération Nord, Franc-tireur, Défense de la France…

▶ 1. Ce texte est extrait du programme du Conseil national de la Résistance (CNR). Mis en place grâce à l’action de Jean ­Moulin en mai 1943, le CNR réunit, sous l’autorité du général de Gaulle, les représentants des huit grands mouvements de la Résistance intérieure française, toutes tendances politiques confondues, ainsi que les leaders des deux grands syndicats d’avant-guerre (CGT et CFTC) et des six partis politiques de la IIIe République.

▶ 2. À la date de parution du programme du CNR, le 15 mars 1944, la guerre n’est pas terminée et la France vit toujours sous occupation allemande. Les résistants agissent dans la clandestinité. Leur but premier est de libérer le territoire en appuyant la résistance extérieure, dont les instances ont quitté Londres pour Alger, et les Alliés qui progressent sur tous les fronts, dans l’attente d’un débarquement.

Info +

La constitution du CNR a été lente et difficile, car de nombreux résistants ne souhaitaient pas s’engager derrière de Gaulle. Pourtant, c’est leur union qui a permis la rédaction d’un programme ambitieux de reconstruction politique et sociale.

▶ 3. La constitution du CNR avait pour but d’unir la Résistance française derrière le général de Gaulle, installé à Londres depuis le 17 juin 1940 et reconnu par les autorités britanniques.

▶ 4.

Les projets de réformes du CNR après la libération du territoire

Sur le plan des droits et des libertés

Sur le plan social

Rétablissement du suffrage universel

Droit au travail et au repos

Liberté de pensée, de conscience et d’expression

Établissement d’une Sécurité sociale

Liberté de la presse

Retraite

Liberté de réunion, d’association et de manifestation

Égalité devant la loi

▶ 5. Une fois le territoire libéré et la légitimité républicaine rétablie, des élections municipales sont organisées les 26 avril et 13 mai 1945. Pour la première fois, les Françaises y participent. Ainsi, conformément au programme du CNR, le suffrage universel a été non seulement rétabli, mais aussi élargi aux femmes.

Une ordonnance du 4 octobre 1945 institue la Sécurité sociale. Dans l’esprit des rédacteurs du programme du CNR, elle vise à « assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail ».

2. maîtriser différents langages • géographie

Conseil

Tu peux illustrer ta réponse à l’aide d’un schéma simple, sur lequel tu porteras le nom de l’aire urbaine étudiée en classe.

Schéma d’une aire urbaine

fra3_1600_14_00C_04

▶ 1. Les villes françaises – en fait les aires urbaines – rassemblent aujourd’hui 85 % de la population totale. Une aire urbaine est constituée d’un pôle urbain et de sa couronne périurbaine, lesquels s’opposent à l’espace rural environnant. Le pôle urbain peut être divisé en deux espaces de morphologies différentes : la ville-centre, à l’habitat très dense, et les banlieues, moins denses et composées soit d’habitats collectifs, soit d’habitats individuels. Ce pôle urbain rassemble au moins 5 000 emplois. Autour de lui, la couronne périurbaine, qui peut être très étendue, compte des communes qui ne sont pas contiguës, mais dont au moins 40 % des actifs vont travailler dans l’aire urbaine.

C’est la première dynamique manifeste des villes françaises : l’étalement des aires urbaines, qui entraîne une explosion des mobilités, notamment des migrations pendulaires domicile-travail. Une deuxième dynamique, à l’échelle nationale cette fois, est la métropolisation : plus une aire urbaine est élevée dans la hiérarchie urbaine nationale, plus elle tend à se renforcer, à concentrer les hommes et les activités. Paris, ville mondiale, profite le plus de cette dynamique, suivie par les autres grandes métropoles de rang national, voire européen : Lille, Lyon, Marseille, Toulouse notamment. À l’inverse, les villes petites et moyennes, surtout dans les régions les moins dynamiques, connaissent davantage de difficultés.

▶ 2.

fra3_1600_14_00C_05

Sur la carte ci-dessus, toutes les aires urbaines repérées ont été nommées. Mais, le jour de l’examen, contente-toi de faire ce qui est demandé pour ne pas perdre de temps.

3. enseignement moral et civique

▶ 1. Les principales valeurs républicaines figurant dans les documents sont la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité. Les symboles visibles sont la devise, Marianne et les couleurs du drapeau national.

▶ 2. D’une part, « la laïcité garantit la liberté de conscience » : en effet, selon le principe de laïcité, chacun est libre de croire (ou de ne pas croire) en ce qu’il veut sans subir les pressions d’autres personnes qui chercheraient à imposer leurs croyances. D’autre part, « la laïcité permet l’exercice de la liberté d’expression des élèves », puisqu’il ne leur est pas interdit de parler des religions et des croyances, à partir du moment où les échanges se font dans le respect des convictions de chacun.

Conseil

Commence par rédiger une phrase introductive reprenant les termes du sujet, ici l’expression « vivre ensemble ».

▶ 3. Des élèves de religions différentes, athées ou sans religion, se côtoient dans les écoles où la laïcité leur permet de travailler sereinement et de mieux « vivre ensemble ». C’est une valeur qui garantit leurs libertés de conscience et d’expression et assure l’égalité entre eux : quelle que soit leur religion, les élèves sont tous traités de la même façon et aucune discrimination liée aux convictions religieuses n’est tolérée. Les croyances doivent donc rester personnelles ; il est par exemple interdit de porter des signes religieux trop visibles dans les écoles françaises. La laïcité est donc bien une valeur essentielle au bon fonctionnement des établissements scolaires.

2e période

4. questions • français

▶ 1. Il s’agit avant tout d’une ville en chantier, ce dont témoigne le champ lexical de la construction. Cette ville se caractérise également par le gigantisme (les centaines de grues, la prolifération des tours, un édifice haut de sept cents mètres), la lumière permanente (« le halo blafard » des grues, « une coupole de nuit blanche », les fenêtres sont « aveuglantes », « la nuit est trop claire »), et l’absence de limites, puisqu’elle s’étend dans le ciel comme sur la mer.

▶ 2. Au début, le personnage est partagé entre une joie intense et une impression d’accablement (« une sensation ambivalente d’euphorie et d’écrasement »). On retrouve cette ambiguïté dans la suite du texte : la joie (« il salive », « émerveillé », « euphorique ») alterne avec la plus grande stupéfaction (« éberluent », « se tord le cou », « le sidère », « l’étonnement », « médusé »). Ce choc amène une révélation pour le personnage, convaincu d’avoir trouvé l’inspiration.

▶ 3. Les verbes sont majoritairement conjugués au présent de l’indicatif. Il s’agit de rendre plus vivantes, plus proches du lecteur les actions racontées dans le récit. On parle alors de présent de narration.

▶ 4. Les propos tenus dans cette phrase semblent rapportés au discours direct : le pronom employé (« nous ») le prouve. Mais, contrairement à l’usage, la ponctuation attendue n’est pas respectée : les deux-points et les guillemets sont omis. La limite entre narration et dialogue s’estompe. Le narrateur procède ainsi pour souligner la grande douceur avec laquelle les paroles sont prononcées, qui n’interrompent ni les pensées du personnage ni le fil de la lecture.

▶ 5. a) Le mot est construit par dérivation : le radical pharaon est suivi du suffixe –ique.

b) « Pharaonique » est un adjectif qui signifie « gigantesque, démesuré ».

Info +

La pyramide de Khéops fut ainsi pendant des millénaires le bâtiment le plus haut et le plus massif jamais construit, suscitant, comme les tours de Dubaï chez le Boa, l’étonnement et l’admiration.

c) Par l’emploi de cet adjectif, l’auteur rapproche les constructions de la ville de Dubaï des pyramides monumentales construites par les pharaons.

▶ 6. a) Le Boa est fasciné par ce qu’il vient de découvrir de la ville de Dubaï. C’est un lieu où la maîtrise (le savoir-faire technique) est accompagnée d’audace, c’est-à-dire d’idées nouvelles et courageuses. En effet, les limites traditionnelles à l’expansion de la ville disparaissent : le ciel et la mer sont devenus constructibles.

b) Il s’agit ici d’une pensée rapportée, comme le souligne l’incise « pense-t-il ». Cette précision semble indiquer que le narrateur ne partage pas les réflexions de son personnage.

Conseil

Beaucoup de réponses sont possibles, pour peu qu’elles soulignent un aspect important du texte : le gigantisme architectural, l’étonnement du personnage… Seule contrainte : le titre doit prendre la forme d’un groupe nominal.

▶ 7. L’extrait pourrait s’intituler : « Une ville au-delà des limites ». Ce titre insiste sur la démesure de la ville visitée par le personnage, où des ouvriers travaillent sans relâche à l’édification de tours toujours plus hautes, où l’on bâtit dans le ciel et sur la mer.

▶ 8. De nombreux éléments sont communs au texte et à l’image, qui s’attachent tous deux à montrer le quotidien de la ville de Dubaï : les gratte-ciels, les grues, la ville en chantier, les ouvriers travaillant à une nouvelle construction…

▶ 9. La photographie ne transmet pas une impression de joie : les ouvriers sont dans un trou, surveillés par un contremaître. Les machines et les constructions occupent les deux tiers supérieurs de l’image. Les hommes sont au service d’un projet qui les dépasse, mais ils ne manifestent aucun entrain. Dans le texte, au contraire, le lecteur peut comprendre l’étonnement médusé du personnage. Les impressions sont différentes : le texte offre une vision d’ensemble du projet, quand l’image montre une réalité moins grandiose, celle du quotidien des travailleurs.

2e partie • Français, rédaction et maîtrise de la langue

5. dictée

Point méthode

1 Accorde bien les déterminants : quelques quartiers, cette sécurité, etc.

2 Dans la première phrase, le sujet du verbe prendre est inversé. Repère-le pour choisir la bonne terminaison.

3 Attention aux homophones ! Veille à distinguer ce (déterminant démonstratif, suivi d’un nom), ce (pronom démonstratif, que l’on peut remplacer par cela) et se (pronom réfléchi, qui n’est jamais le sujet d’un verbe). En outre, tu ne dois pas confondre qu’en (queen) avec quand (qui signifie lorsque).

 

Les Parisiens n’ont jamais de leur ville le plaisir qu’en prennent les provinciaux. D’abord, pour eux, Paris se limite à la taille de leurs habitudes et de leurs curiosités. Un Parisien réduit sa ville à quelques quartiers, il ignore tout ce qui est au-delà qui cesse d’être Paris pour lui. Puis il n’y a pas ce sentiment presque continu de se perdre qui est un grand charme. Cette sécurité de ne connaître personne, de ne pouvoir être rencontré par hasard. Il lui arrive d’avoir cette sensation bizarre au contraire dans de toutes petites villes où il est de passage, et le seul à ne pas connaître tous les autres.

6. réécriture

Les termes modifiés sont en couleur.

« Ils arrivent à l’hôtel bouleversés, les joues rouges et les yeux exorbités, ils peinent à s’endormir, la nuit est trop claire, comme filtrée par une gaze chaude, eux-mêmes trop excités. »

7. travail d’écriture

Voici un exemple de rédaction sur chacun des deux sujets.

Attention les indications entre crochets ne doivent pas figurer sur ta copie.

Sujet A

[Introduction] Tout au long du xxe siècle, les campagnes ont été de plus en plus délaissées au profit des grandes villes : vivre en ville permettait d’améliorer sa situation économique et d’éviter la misère. Mais le bonheur et l’épanouissement individuel sont-ils aujourd’hui possibles dans ces cités modernes, où réside désormais la majorité de la population ?

[La ville moderne offre des avantages et des commodités…] Vivre dans une ville moderne peut procurer certains avantages : il est plus facile d’y trouver un emploi par exemple. La ville moderne offre aussi des facilités qui rendent le quotidien plus agréable : les distractions sont nombreuses, les transports bien développés, les commerces ouverts tous les jours. Et il est certain que l’épanouissement personnel passe aussi par ces commodités.

Conseil

Démarre ta seconde partie par un connecteur logique d’opposition, pour montrer que tu vas maintenant mentionner les arguments « contre ».

[… mais elle n’est pas pour autant source de bonheur] Cependant la vie au sein d’une grande ville présente aussi des inconvénients : les logements sont plus chers et plus petits ; on peut vite se sentir isolé dans un lieu où l’on ne connaît personne ; le bruit et la pollution sont inévitables. Ainsi, de ma chambre en ville, j’entends en permanence les bruits des travaux, du métro et des voitures, même la nuit.

[Conclusion] Si la vie au sein de la ville moderne présente des avantages certains, ces avantages ne sont pas forcément source d’épanouissement. Les progrès technologiques rendent de plus en plus ces avantages accessibles partout, même dans des campagnes isolées. Pour ma part, je considère donc que les inconvénients présentés par la vie dans une grande ville sont très nombreux et peuvent dans bien des cas être des obstacles au bonheur.

Sujet B

Frédéric Pirès

14, rue du Stand

75009 Paris

À l’attention des dirigeants d’Utopia

Paris, le 15 septembre 2016

Objet : projet pour la fondation d’une ville idéale

Madame, Monsieur,

Remarque

Le premier paragraphe rappelle la situation d’énonciation : qui est l’émetteur, à qui il s’adresse et dans quel but.

[Introduction] Cela fait longtemps que j’admire le pays d’Utopia. Architecte de formation, je suis particulièrement sensible au défi que pose aujourd’hui l’édification d’une ville moderne. C’est pourquoi je voudrais vous soumettre mon projet pour la fondation d’une ville idéale, que votre pays pourrait accueillir.

[Avantages du projet] La cité idéale doit essayer de préserver le contact de l’homme avec la nature, en réduisant au maximum les nuisances visuelles et les nuisances sonores liées au trafic permanent. J’ai donc songé à un projet fabuleux pour l’immense vallée qui se trouve au sud d’Utopia. Chaque habitant pourra disposer d’une maison individuelle et d’un jardin. Les équipements de loisirs, parcs, gymnases, plans d’eau, y seront nombreux, afin de favoriser les contacts entre les gens. Pour que le confort de vie soit total, les activités professionnelles seront interdites dans cette zone. C’est seulement dans le centre-ville que le travail sera autorisé, où de hauts édifices seront construits, de manière à concentrer toutes les activités. Il sera interdit aux habitants de se rendre à leur travail en voiture. Ils devront utiliser les transports en commun. Afin de ne pas défigurer l’espace, ces transports seront uniquement souterrains. La surface de la terre sera donc libérée de la pollution que produisent les véhicules motorisés.

[Conclusion] Si vous retenez mon projet, les habitants de cette ville pourront à juste titre se sentir les citoyens les plus privilégiés d’Utopia.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes sincères salutations.

Frédéric Pirès