Brevet blanc de français, histoire, géographie et EMC n° 2

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Annales corrigées
Classe(s) : 3e | Thème(s) : Sujets complets de français, histoire-géo, EMC
Type : Sujet complet | Année : 2016 | Académie : Inédit


Sujet inédit

Sujet complet

1re partie • Analyse et interprétation de textes et documents, maîtrise des différents langages

1re période (2 heures)

1. analyser des documents • géographie 20 points

Document 1 Croquis de localisation de Disneyland Paris

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Document 2 Marne-la-Vallée : implantation de Disneyland Paris

Extraits issus du SCAN 25® – © IGN – 2016 – Autorisation n° 80-1631

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1. À l’aide du document 1, relevez les différentes façons de se rendre à Disneyland Paris pour un visiteur venant de Paris, venant d’Allemagne et venant du Brésil.

▶ 2. À l’aide du document 1, expliquez les critères de localisation qui ont présidé à l’implantation de Disneyland Paris à cet endroit.

▶ 3. D’après le document 2, dans quel type d’espace (rural, urbain, périurbain) Disneyland Paris s’est-il implanté ? Justifiez votre réponse. Pourquoi l’implantation n’est-elle pas plus proche de Paris ?

▶ 4. Quels aménagements montrent sur le document 2 les efforts d’infrastructures entrepris pour le fonctionnement de cet espace ?

▶ 5. Quel type d’espace productif est ici représenté ? D’après vos réponses aux questions et vos connaissances, quels sont les critères déterminants pour la rentabilité de ce type d’espace productif ?

2. maîtriser différents langages • histoire 20 points

▶ 1. Sous la forme d’un développement construit d’une vingtaine de lignes, décrivez et expliquez quel fut le rôle de l’arrière durant la Première Guerre mondiale.

▶ 2. Sur la frise chronologique ci-dessous, délimitez les trois grandes phases de la Première Guerre mondiale, et indiquez pour chacune le type d’affrontement qui la caractérise : guerre de mouvement ou guerre de position. Puis, placez l’une des batailles emblématiques du conflit.

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3. enseignement moral et civique 10 points

Document 1 Résultats électoraux des élections législatives de 2012

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Source : Le Monde.

Document 2 Extraits de la Constitution de la Ve République

Art. 1er. La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. […]

Art. 3. La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice. […]

Art. 4. Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. […] La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation. […]

Art. 20. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. […]

Art. 24. Le Parlement vote la loi. Il contrôle l’action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques. Il comprend l’Assemblée nationale et le Sénat. […]

Art. 34. La loi fixe les règles concernant :

les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques ; la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias ; […]

la détermination des crimes et délits ainsi que les peines qui leur sont applicables.

1. Citez les différents acteurs évoqués dans ces documents, qui permettent à la démocratie de fonctionner.

▶ 2. Expliquez à l’aide des documents quel est le rôle des citoyens. Pourquoi est-il important qu’ils participent aux élections ?

▶ 3. Vous participez à un voyage scolaire à l’étranger. La famille dans laquelle vous êtes logé aimerait en savoir plus sur la France. À l’aide des documents et de vos connaissances, rédigez quelques lignes pour lui expliquer que la France est une démocratie.

2e période (1 heure)

4. questions • français 20 points

Document A Texte littéraire

Pendant la Première Guerre mondiale, Morlac, un soldat français, et ses camarades, fraternisent avec des soldats ennemis : ils décident ensemble de se révolter pour faire cesser la guerre. Mais au signal de rassemblement convenu, Guillaume, le chien de Morlac, saute à la gorge d’un ennemi venu faire la paix. Les soldats croient à un piège et recommencent à s’affronter. Morlac, blessé cette nuit-là, a reçu la Légion d’honneur. Après la fin de la guerre, il se retrouve en prison pour avoir manqué de respect aux autorités lors d’une cérémonie de commémoration. Le juge Lantier vient l’interroger.

« Voilà comment je suis devenu un héros. »

Morlac, pour ponctuer cette conclusion, avait mordu méchamment dans sa pomme.

« À cause d’un chien, en somme », avança le juge.

Le prisonnier acquiesça en mâchouillant.

« C’est pour ça que vous en voulez à Guillaume ?

– Je ne lui en veux plus, dit-il en crachant un pépin. D’accord en me réveillant à l’hôpital, c’était autre chose : quand je me suis rendu compte de ce qui s’était passé, j’ai eu envie de le tuer. Dès que j’ai pu me lever, je l’ai vu en bas, dans la cour, qui m’attendait. Et pendant des nuits entières, jusqu’à ma convalescence1, j’ai imaginé comment je m’en débarrasserais. »

Morlac lança le trognon sur la table.

« Mais je ne pouvais pas faire ça. D’abord, j’étais cloué au lit. Et surtout, j’étais un héros, vous comprenez ? Des officiers m’avaient apporté ma citation signée par Sarrail en personne. […] Tout le monde me parlait de mon chien. Les gens savaient qu’il avait été au front avec moi. Les infirmières le nourrissaient dans la cour et me donnaient de ses nouvelles. Personne n’aurait compris que je l’abatte d’un coup de revolver. Et pourtant, c’est à ça que je pensais jour et nuit. […]

– Mais ce chien, vous ne pouvez pas lui en vouloir…

– C’est ce que j’ai fini par me dire. Il m’a fallu presque six mois. […] »

Il se leva et marcha jusqu’au fond de la cellule. Puis, se retournant brutalement :

« C’était lui, le héros. C’est ça que j’ai pensé, voyez-vous. Pas seulement parce qu’il m’avait suivi au front et qu’il avait été blessé. Non, c’était plus profond, plus radical. Il avait toutes les qualités qu’on attendait d’un soldat. Il était loyal jusqu’à la mort, courageux, sans pitié avec les ennemis. Pour lui, le monde était fait de bons et de méchants. Il y avait un mot pour dire ça : il n’avait aucune humanité. Bien sûr, c’était un chien… Mais nous qui n’étions pas des chiens, on nous demandait la même chose. Les distinctions, médailles, citations, avancements, tout cela était fait pour récompenser des actes de bêtes. »

Il était maintenant debout face à Lantier, mais il regardait plus loin, plus haut, ce qui, dans cette étroite cellule, revenait à fixer le mur.

« Au contraire, la seule manifestation d’humanité, celle qui aurait consisté à faire fraterniser des ennemis, à décider la grève de la guerre, à forcer les gouvernements à la paix, cet acte-là était le plus condamnable de tous et nous aurait valu la mort, si nous avions été découverts. »

Il attendit un instant, se calma et alla se rasseoir.

« Quand j’ai compris ça, j’ai cessé de détester Guillaume. Je n’avais aucune raison de l’aimer non plus. Il avait obéi à sa nature et sa nature n’était pas humaine. C’était la seule excuse qu’il avait. Tandis que ceux qui nous envoyaient au massacre n’en avaient aucune. »

Jean-Christophe Rufin, Le Collier rouge, 2014, © Éditions Gallimard.

1. Convalescence : rétablissement.

Document B Une attaque française

ph © Warner Bros./The Kobal Collection/
Calvo, Bruno/Aurimages

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Extrait du film Un long dimanche de fiançailles (2004), de Jean-Pierre Jeunet. www.dailymotion.com/video/x939ag_un-long-dimanche-de-fiançailles-at_shortfilms (durée : 3’07)

Les réponses doivent être entièrement rédigées.

Sur le texte littéraire (document A)

▶ 1. Qui sont les deux interlocuteurs et quel est le sujet de leur conversation ? (3 points)

▶ 2. a) Comment sont rapportées les paroles des personnages ?

b) Pourquoi, à votre avis ? (2 points)

▶ 3. Quels sont les qualités d’un bon soldat selon Morlac ? Qui les possède ? Est-ce habituel ? (3 points)

▶ 4. Quelle est l’opinion de Morlac sur la guerre ? Avez-vous l’impression que le juge la partage ? (2 points)

▶ 5. « […] j’ai imaginé comment je m’en débarrasserais » (lignes 11-12).

a) Quel est le temps employé pour le verbe en gras ? (1 point)

futur

conditionnel présent

imparfait

b) Justifiez son emploi. (1 point)

▶ 6. Comment comprenez-vous l’expression « la grève de la guerre » (lignes 41-42) ? (2 points)

▶ 7. Dans l’ensemble du texte, pouvez-vous nommer les sentiments successifs éprouvés par Morlac ? Appuyez-vous sur les gestes et les déplacements du personnage pour justifier votre interprétation. (2 points)

Sur le texte et l’image (documents A et B)

▶ 8. Selon vous, quels sont les éléments qui rapprochent le document audiovisuel et le texte ? (2 points)

▶ 9. Quelles impressions suscite en vous ce film ? Le texte a-t-il produit en vous les mêmes impressions ? Pourquoi ? (2 points)

2e partie • Français, rédaction et maîtrise de la langue (2 heures)

5. dictée 5 points

Le titre, la source de l’extrait et le nom « Lantier » sont écrits au tableau au début de la dictée.

Une décision difficile

Le prisonnier était épuisé par cette confession. Assis au bord de sa couche, il gardait les bras ballants et les yeux vagues. Son juge n’était pas plus alerte. Il éprouvait le besoin de sortir de cette pièce sans air, de marcher, de mettre de l’ordre dans ses idées. Depuis quatre jours qu’il enquêtait sur cette affaire, il était temps qu’il aboutisse à une conclusion ferme. Après tout, il ne fallait pas accorder à ce personnage et à son geste plus d’importance qu’ils n’en avaient.

Lantier était connu pour son aptitude à trancher, même dans les dossiers les plus délicats. Cette fois cependant, il n’y parvenait pas.

Jean-Christophe Rufin, Le Collier rouge, 2014, © Éditions Gallimard.

6. réécriture 5 points

« C’était lui, le héros. C’est ça que j’ai pensé, voyez-vous. Pas seulement parce qu’il m’avait suivi au front et qu’il avait été blessé. Non, c’était plus profond, plus radical. Il avait toutes les qualités qu’on attendait d’un soldat. »

Réécrivez ce passage en remplaçant « lui » par « eux ». Vous ferez toutes les modifications nécessaires.

7. travail d’écriture 20 points

Vous traiterez au choix le sujet A ou le sujet B. Votre rédaction sera d’une longueur minimale d’une soixantaine de lignes (300 mots environ).

Sujet A

Le juge Lantier a été touché par les paroles de Morlac. Imaginez la lettre que le juge, le soir même, va écrire à sa femme pour lui raconter son entrevue avec le prisonnier. Vous rendrez compte des faits et des réflexions personnelles du juge.

Sujet B

Vous avez dû, un jour, prendre une décision difficile. Racontez les circonstances qui rendaient ce choix malaisé, et expliquez les raisons pour lesquelles vous avez finalement choisi l’une des voies qui s’offraient à vous. Vous penserez à mentionner vos sentiments.

Les Clés du sujet

Analyser des documents • Géographie

Comprendre les documents

Les deux documents présentent le même phénomène à deux échelles différentes. Le document 1, à plus petite échelle, situe Disneyland Paris dans son environnement régional ; le document 2, à plus grande échelle, permet de voir le détail du phénomène. Fais attention à bien repérer, sur le document 1, où se situe ce qui est représenté sur le document 2.

Répondre aux questions

 2. et 3. Quels sont les atouts de l’espace où se localise Disneyland Paris ? Pourquoi ce parc d’attractions s’est-il installé là plutôt qu’ailleurs ?

 5. Que te faudrait-il pour aller passer un week-end à Disneyland Paris ? Du temps libre, de l’argent, un moyen de transport ?

Maîtriser différents langages • Histoire

 1. Définis le terme « arrière » et les bornes chronologiques du sujet. Tu peux d’abord expliquer le rôle des populations, puis celui des autres ressources mobilisées. Efforce-toi de prendre en compte tout ce que recouvre le terme « arrière » : civils, gouvernements, presse, etc. Précise par qui et pourquoi il est mobilisé, et montre pourquoi c’est la première fois qu’il joue un rôle important.

Enseignement moral et civique

 1. et 2. Les députés de l’Assemblée nationale sont élus au suffrage universel direct au cours des élections législatives organisées en France tous les cinq ans. Ils sont affiliés à des partis politiques. La Constitution de la Ve République fixe l’organisation et le fonctionnement de l’État français.

 3. Tu dois montrer que les grands principes de la démocratie sont respectés en France. Certains sont mentionnés dans les documents (souveraineté du peuple, Constitution…). N’oublie pas les autres : séparation des pouvoirs, liberté de la presse, etc.

Questions • Français

Le texte littéraire (document A)

Le roman de J.-C. Rufin raconte le difficile retour à la vie civile des soldats de la guerre de 1914-1918. Morlac, considéré par erreur comme un héros, ne se remet pas de ses années de guerre. Dans ce passage clé, il explique son dégoût pour les honneurs militaires et les valeurs guerrières.

L’image (document B)

L’extrait du film Un long dimanche de fiançailles montre une scène de bataille, racontée par un soldat ayant eu la chance d’en réchapper. La mise en scène insiste sur la violence de l’affrontement entre les deux camps : les obus explosent, les soldats ont peur, la confusion règne. Survivre semble être une simple affaire de chance.

Travail d’écriture (sujet A)

Recherche d’idées

Tu dois raconter cette scène en changeant de point de vue : c’est le juge qui joue maintenant le rôle du narrateur dans une lettre à sa femme. On peut imaginer que le juge est en proie à un conflit intérieur : d’abord froid et impartial, il se prend peu à peu de sympathie pour le prisonnier.

Conseils de rédaction

Ne recopie pas telles quelles des phrases du texte : résume les paroles et rajoute les commentaires du juge sur ce qu’il a vu et ce qu’il a entendu. N’oublie pas qu’il s’agit d’une lettre privée, intime : donne des détails personnels pour créer l’illusion d’un véritable échange entre époux. Pense à mêler récit et réflexions personnelles : au fur et à mesure de la lettre, ces réflexions seront plus présentes.

Travail d’écriture (sujet B)

Recherche d’idées

Tu dois écrire un texte à la première personne, sans qu’il s’agisse forcément de raconter une expérience réellement vécue. Imagine simplement un épisode qui corresponde à ta situation : une décision d’orientation difficile ou un conflit de loyauté avec tes camarades, par exemple. Exprime d’abord ton malaise face à ce choix difficile, puis ton angoisse devant les conséquences de ta décision. Tu peux aussi mentionner un mélange d’espoir et de crainte.

Conseils de rédaction

Fais appel au vocabulaire des émotions et des sentiments : tu peux recourir au champ lexical de la peur, de la tristesse, mais aussi à celui de l’espoir. Emploie à la fois des noms (malaise, détresse, optimisme…), des adjectifs (angoissé, accablé, confiant…), des expressions (je ressentais un profond malaise, l’angoisse m’étreignait…). Ton texte sera écrit au passé, mais tu peux, dans une dernière phrase au présent, dire quel jugement tu portes aujourd’hui sur ces événements.

Corrigé

Corrigé

1re partie • Analyse et interprétation de textes et documents, maîtrise des différents langages

1re période

1. analyser des documents • géographie

▶ 1. Un visiteur venant de Paris utilisera la ligne de RER ou l’autoroute A4 ; un visiteur venant d’Allemagne profitera de l’interconnexion TGV ou de l’autoroute de l’Est ; un visiteur venant du Brésil arrivera à Paris par les aéroports internationaux de Roissy et d’Orly. Autrement dit, en fonction de la distance, chaque visiteur privilégiera un mode de transport différent.

▶ 2. Disneyland Paris s’est installé à Marne-la-Vallée pour profiter de la présence d’une ville mondiale, à forte accessibilité, et donc d’un marché de clients potentiels à haut niveau de vie. La région parisienne compte 12 millions d’habitants. En outre, le parc profite de l’image mondiale de Paris qui figure chaque année parmi les trois villes les plus visitées au monde.

▶ 3. L’espacement du bâti et la présence d’espaces verts montrent que Disneyland s’est implanté dans la grande couronne périurbaine de Paris. Une implantation plus proche de Paris n’aurait pas offert de telles réserves foncières à faible coût. On voit en effet sur la carte des espaces en blanc, c’est-à-dire encore disponibles pour d’éventuelles futures extensions.

Gagne des points

Tu dois exploiter le document : repère sur la carte les infrastructures dont tu parles.

▶ 4. Les infrastructures de transport sont déterminantes dans le fonctionnement de cet espace : on voit que l’autoroute de l’Est est connectée au sud via un échangeur spécialement construit, dont le péage se trouve à l’intérieur du parc d’attraction, ce qui est également le cas de la gare TGV de Chessy-Marne-la-­Vallée. Un parking géant, au nord, permet le stockage des véhicules à proximité immédiate des attractions.

Rappel

L’adjectif « multimodal » renvoie aux différents modes de transport utilisés, chacun étant privilégié à une échelle donnée, par exemple l’aérien pour l’international (voir question 1).

▶ 5. L’espace productif ici représenté est un espace productif touristique. Les deux critères déterminants pour le fonctionnement et la rentabilité de cet espace touristique sont la présence d’un marché de consommateurs à haut niveau de vie et l’accessibilité multimodale à haute performance du lieu (autoroute, LGV, RER, aéroports).

2. maîtriser différents langages • histoire

▶ 1. Le terme « arrière » désigne, durant la Première Guerre mondiale, les espaces et populations qui ne sont pas en contact direct avec le front. Durant les quatre années (1914-1918) d’un conflit que tous les états-majors avaient annoncé court, mais qui s’éternise, les gouvernements des pays belligérants doivent, pour la première fois, mobiliser les civiles, d’une part, les ressources économiques, financières et politiques, d’autre part, pour soutenir le front.

Les civils jouent un rôle fondamental, non seulement pour nourrir et armer le front, mais aussi pour soutenir le moral des soldats. Les femmes et les travailleurs coloniaux remplacent dans les usines reconverties en industries d’armement les hommes partis au front. Les munitionnettes deviennent ainsi l’un des symboles de la mobilisation de l’arrière.

Conseil

Termine ton développement par une phrase de conclusion.

Les ressources agricoles sont réquisitionnées pour être acheminées sur le front, tandis que des emprunts sont lancés pour financer l’effort de guerre. Afin d’affermir le patriotisme de l’arrière, qui aide aussi les soldats à « tenir », les gouvernements utilisent le bourrage de crâne et la propagande qui diabolise l’ennemi.

Ainsi, l’arrière apparaît comme un élément essentiel de la guerre totale.

▶ 2.

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3. enseignement moral et civique

▶ 1. Les acteurs de la démocratie évoqués ici sont les électeurs, les partis politiques, le gouvernement et le Parlement (Assemblée nationale).

▶ 2. Les citoyens jouent un rôle fondamental en élisant des représentants chargés de prendre les grandes décisions (gouverner le pays, décider de la loi). Leur participation est nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie (des taux d’abstention trop élevés aux élections nuisent à la légitimité des élus) et permet aussi aux citoyens de se sentir impliqués dans la vie civique.

Gagne des points

Tu peux aussi préciser ici que la France est une démocratie représentative, mais qu’il existe des mécanismes relevant de la démocratie directe (ex. : le référendum évoqué dans l’article 3 de la Constitution).

▶ 3. La France est une démocratie, car les citoyens détiennent la souveraineté qu’ils expriment au moment des élections. Le pays est doté d’une Constitution qui organise la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire). Elle garantit aussi l’existence des partis politiques et l’indépendance des médias pour permettre à toutes les opinions de s’exprimer. Les citoyens sont tous traités de la même façon et toutes les formes de discrimination sont interdites. Ils possèdent des droits (comme le droit de vote) et des devoirs (comme celui de payer leurs impôts).

2e période

4. questions • français

▶ 1. Un juge nommé Lantier interroge un prisonnier, Morlac, dans sa cellule. Morlac évoque son chien, le désir qu’il a eu de l’abattre, puis donne son opinion sur la guerre.

▶ 2. a) Les paroles des personnages sont rapportées au discours direct. Les propos sont présentés tels qu’ils ont été prononcés.

b) Le discours direct provoque un effet de réel : le lecteur a l’impression d’assister directement à la conversation.

▶ 3. Pour être un bon soldat, il est nécessaire d’être « loyal jusqu’à la mort, courageux, sans pitié avec les ennemis ». Or, selon Morlac, c’est Guillaume, son chien, qui possède toutes ces qualités, ce qui est bien sûr inhabituel. Un retournement est opéré : ces « qualités » n’existent que chez les bêtes ; en temps de guerre, pourtant, on attend la même chose des hommes.

▶ 4. L’opinion de Morlac sur la guerre est très négative. Il déclare qu’être un bon soldat, c’est se comporter comme un animal. La guerre est donc vue comme une atrocité. Il est difficile de savoir si le juge partage son opinion. En tant que représentant de l’autorité militaire, il devrait condamner les propos de Morlac. Néanmoins, à aucun moment il ne contredit le prisonnier.

▶ 5. a) Le verbe est conjugué au conditionnel présent.

b) Ce temps est employé pour exprimer le futur du passé : pendant sa convalescence (moment passé), Morlac a imaginé ce qu’il ferait au chien (moment futur).

Rappel

On appelle « allitération » la répétition d’un son dû à la présence de la même consonne.

▶ 6. L’expression désigne le refus de combattre de la part des soldats dans les deux camps. Si les soldats refusent de s’affronter, leurs gouvernements devraient renoncer à la guerre. Les allitérations en g et r donnent de la force à l’expression.

▶ 7. Au début, Morlac semble en colère, ce dont ses actes témoignent : il mord « méchamment » sa pomme, puis lance le trognon. La colère s’amplifie lorsqu’il expose précisément ses pensées (« C’était lui, le héros ») : il se déplace et se retourne « brutalement ». Cette agressivité se change en concentration quand il développe ses réflexions : il arrête de se déplacer, regarde un point fixe. La résignation l’emporte enfin lorsqu’il retourne s’asseoir.

▶ 8. Le texte et le film font référence à la Première Guerre mondiale. Les deux documents insistent sur la violence des combats. Dans le film, les hommes se terrent dans les tranchées, terrifiés par les bruits d’obus, et tentent comme ils peuvent de se cacher ou de se protéger. La règle à laquelle ils obéissent relève de l’instinct : comme le dit le capitaine, il s’agit de tuer ou d’être tué. L’attaque montre alors des soldats massacrés comme des animaux à l’abattoir, idée reprise dans le texte de Rufin.

Info +

On appelle « travelling » le déplacement de la caméra de cinéma placée sur un chariot glissant sur des rails. Dans l’extrait, la caméra recule pour montrer à quel point les hommes sont entassés dans des tranchées interminables.

▶ 9. Dans cette scène de film, c’est l’horreur qui domine, car les images sont fortes et cruelles : le bruit est assourdissant et les cadavres se multiplient. Le travelling dans les tranchées montre la multitude des hommes impliqués dans l’attaque. Le texte ne produit pas une impression d’horreur aussi immédiate. Mais on peut néanmoins ressentir, comme ­Morlac, un certain désespoir, puisque les hommes sont amenés à se conduire comme des bêtes.

2e partie • Français, rédaction et maîtrise de la langue

5. dictée

Point de méthode

1 Attention aux formes verbales terminées par le son [e] ou [ε]. Choisis la terminaison –er pour un verbe à l’infinitif (que l’on peut remplacer, en cas d’hésitation, par l’infinitif d’un verbe du 3e groupe comme prendre) ; la terminaison –ait ou –aient s’il s’agit d’un verbe à l’imparfait (que l’on peut conjuguer à une autre personne pour le reconnaître : Il éprouvait nous éprouvions) ; la terminaison –é s’il s’agit d’un participe passé (que l’on peut remplacer par celui d’un verbe du 3e groupe comme vu).

2 Repère la forme difficile qu’ils n’en avaient : le pronom ils est au pluriel, car il reprend ce personnage et son geste ; la négation ne se place avant le pronom en ; il n’y a pas de négation entre en et avaient (la prononciation s’explique par la simple liaison).

 

Le prisonnier était épuisé par cette confession. Assis au bord de sa couche, il gardait les bras ballants et les yeux vagues. Son juge n’était pas plus alerte. Il éprouvait le besoin de sortir de cette pièce sans air, de marcher, de mettre de l’ordre dans ses idées. Depuis quatre jours qu’il enquêtait sur cette affaire, il était temps qu’il aboutisse à une conclusion ferme. Après tout, il ne fallait pas accorder à ce personnage et à son geste plus d’importance qu’ils n’en avaient.

Lantier était connu pour son aptitude à trancher, même dans les dossiers les plus délicats. Cette fois cependant, il n’y parvenait pas.

6. réécriture

Les termes modifiés sont en couleur.

« C’était eux, les héros. C’est ça que j’ai pensé, voyez-vous. Pas seulement parce qu’ils m’avaient suivi au front et qu’ils avaient été blessés. Non, c’était plus profond, plus radical. Ils avaient toutes les qualités qu’on attendait d’un soldat. »

7. travail d’écriture

Voici un exemple de rédaction sur chacun des deux sujets.

Attention les indications entre crochets ne doivent pas figurer sur ta copie.

Sujet A

Beauval, le 20 août 1919

Ma chère Marie,

[Mise en contexte] Je me réjouis de savoir que je serai bientôt de retour près de toi. Je dois conclure l’affaire qui m’a amené ici dans deux jours au plus tard.

[Récit des faits] C’est un drôle de cas que celui qui m’occupe actuellement. Sans trahir le secret de l’instruction, laisse-moi te raconter ce dont il s’agit. Je me suis rendu à la prison pour interroger un certain Morlac, ancien combattant décoré de la Légion d’honneur. Je pensais rencontrer un héros. J’ai découvert un homme farouchement opposé à la guerre. Il m’a expliqué qu’il avait essayé de fraterniser avec l’ennemi, mais que par la faute de son chien sa tentative avait tourné au massacre. Morlac a pardonné son chien d’avoir fait échouer ses efforts de paix, car on ne peut pas en vouloir à une bête d’agir selon sa nature. Mais il n’a pas pardonné au gouvernement de nous avoir obligés à nous comporter, nous, des humains, en bêtes, pendant cette terrible guerre.

Conseil

Pense à utiliser des connecteurs temporels pour montrer les réflexions successives qu’inspirent au juge les propos de Morlac.

[Réflexions personnelles] Au début je ne voulais qu’une chose : le faire parler et terminer mon interrogatoire au plus vite. Mais ce parallèle entre les hommes et les animaux m’a profondément troublé. Petit à petit j’ai compris sa position, et je te l’avoue, j’ai même partagé son amertume. Pendant qu’il parlait et déambulait dans sa cellule, j’ai moi aussi ressenti cette désillusion profonde, au souvenir de tous mes camarades tombés dans les tranchées. Mais je suis juge, j’incarne la loi, je représente l’autorité militaire. Pourtant, aujourd’hui, comment pourrais-je juger, et encore moins condamner, un homme en qui je reconnais un frère ? Je n’ai jamais reculé devant une décision difficile, tu le sais bien, mais j’ai besoin de te confier ces pensées qui me tourmentent tant.

Ton époux bien-aimé,

Louis

Sujet B

[Présentation de la situation] Il y a quelques mois, j’ai dû prendre une décision difficile concernant mon orientation. Deux solutions étaient possibles : faire une seconde générale dans mon lycée de secteur, ou intégrer le conservatoire de musique et faire un double cursus scolaire et artistique. C’était mon professeur de batterie qui m’avait parlé de cette possibilité. Ça faisait longtemps que j’en jouais, et j’aimais vraiment cela.

[Exposition du dilemme] J’étais très indécis, car des deux côtés il y avait des avantages et des inconvénients. Plus j’y réfléchissais, plus l’angoisse montait. Je connaissais déjà le lycée d’à côté et je savais que j’y retrouverais mes meilleurs amis. Seulement je tournais déjà un peu en rond dans ma petite ville. Mais choisir le conservatoire, cela signifiait partir en internat, ne connaître personne là-bas… Peut-être aurais-je du mal à m’y faire des amis. Le cœur serré, je m’imaginais déambulant d’un air triste dans les couloirs, pendant qu’on chuchoterait sur mon passage : « Regarde, c’est le nouveau ! » Et puis bien sûr, si je choisissais l’internat, il faudrait travailler deux fois plus.

J’avais donc le choix entre une solution séduisante mais effrayante, et une solution rassurante mais ennuyeuse. Totalement paniqué, j’avais désormais du mal à trouver le sommeil.

Note bien

Pour raconter cette expérience, tu dois utiliser principalement les temps du passé : en plus de l’imparfait, privilégie le passé composé plutôt que le passé simple.

[Solution choisie] Un matin, pourtant, tout m’a semblé beaucoup plus clair : ce choix dont je me faisais une montagne, n’était pas forcément définitif. Je pouvais intégrer le conservatoire l’année prochaine… et revenir à la maison l’année suivante si c’était trop dur. J’ai donc annoncé ma décision à mes parents : le conservatoire ! Je sais, même si je suis mort de peur, que j’ai fait le bon choix.