Conservation d’une tapisserie ancienne

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re ES - 1re L | Thème(s) : Représentation visuelle : synthèse
Type : Partie 2 | Année : 2016 | Académie : Amérique du Nord

 

 

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Amérique du Nord • Juin 2016

Représentation visuelle • 6 points

Conservation d’une tapisserie ancienne

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Psyché traversant le Styx sur la barque de Charon

Ph © Dominique Chauveau/Château de Sully-sur-Loire, Conseil général du Loiret(tapisserie, 365 × 240 cm)

En 2013, une suite de six tapisseries du début du xviie siècle illustrant l’histoire de Psyché et classées monument historique depuis 1909 a été confiée au château de Sully-sur-Loire. Le département du Loiret, propriétaire du lieu, s’est engagé en contrepartie à restaurer ces œuvres.

Au cours de l’été 2015, Margaux, élève de Terminale L ayant choisi la spécialité « Arts », visite le château pendant ses vacances et découvre ces œuvres récemment exposées au public.

document 1 Origines de l’altération des tapisseries dans le temps

Les tapisseries sont des textiles décoratifs de grandes taille qui, suspendus au mur, permettaient au Moyen Âge de mieux conserver la chaleur dans les châteaux ou les églises.

Ces œuvres sont particulièrement sensibles à la lumière, notamment aux ultraviolets, de façon cumulative1 et irréversible. La lumière décolore le tissu et affaiblit ses fibres. Toutefois, c’est l’altération des couleurs qui est sans doute la plus visible et qui indique un problème de dégradation. Les colorants jaunes et roses sont les premiers à être altérés si l’on ne prend pas de précautions.

1. Cumulatif : dont les effets s’additionnent avec le temps.

document 2 Mesures essentielles à la conservation des œuvres

Il y a trois conditions importantes à respecter pour atténuer l’effet de la lumière :

en exposition, abaisser l’éclairement à 50 lux1 et, dans les réserves, maintenir les textiles dans l’obscurité totale ;

s’assurer que le rayonnement ultraviolet soit inférieur à une valeur seuil ;

limiter l’exposition des œuvres les plus fragiles à six mois par période de cinq ans.

D’après le site Internet du Centre de conservation du Québec

1. Lux : unité de mesure d’éclairement lumineux.

document 3 Sensibilité et dose totale d’exposition

On a coutume de classer les matériaux suivant leur sensibilité à la lumière en trois catégories :

les objets « insensibles » (pierres, métaux, verres, céramiques, etc.) ;

les objets « sensibles » (cornes, os, bois polychromes, peintures à l’huile, vernis, laques, etc.) ;

les objets « de grande sensibilité » (textiles, papiers, aquarelles, pastels, photographies, etc.).

Les spécialistes ont déterminé un quota de lumière au-delà duquel l’intégrité de l’objet est en danger. La dose totale d’exposition tient compte non seulement de l’éclairement, mais aussi de la durée d’exposition. Ainsi, une exposition à 50 lux pendant dix heures a les mêmes conséquences qu’une exposition à 500 lux pendant une heure.

Catégories d’objets

Objectifs de préservation

1 000 ans

100 ans

10 ans

De grande sensibilité

50 lux pour 20 heures d’exposition par an

50 lux pour 25 jours d’exposition par an

50 lux pour 250 jours d’exposition par an

De faible sensibilité

100 lux pour 365 jours d’exposition par an

1 000 lux pour 365 jours d’exposition par an

D’après Roland May et Jean-Jacques Ezrati, Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF)

document 4 Différentes synthèses de couleurs

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Synthèse additive

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Synthèse soustractive

1. À partir du schéma ci-dessous, réalisez un schéma montrant le trajet d’un rayon lumineux qui permet à l’élève de visualiser cette tapisserie éclairée par une lampe.

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2. a) Indiquez quel mélange de colorants imprégnant la fibre permet d’obtenir la couleur verte sur la tapisserie. Justifiez votre réponse.

b) Expliquez vers quelle couleur évoluera la teinte verte après une longue exposition à la lumière.

3. Citez deux précautions nécessaires pour limiter au maximum la détérioration de la tapisserie.

4. Indiquez quelle serait la durée de préservation de la tapisserie si elle était éclairée avec une lampe de 50 lux pendant 100 jours par an. Justifiez votre réponse.

5. Dans le cadre d’une visite nocturne du château de Sully-sur-Loire, le conservateur souhaite éclairer en magenta les façades extérieures constituées de pierres blanches. L’éclairagiste possède des projecteurs de chacune des trois couleurs primaires.

a) Nommez ces couleurs.

b) Expliquez comment l’éclairagiste doit procéder pour éclairer les façades de la couleur voulue.

Les clés du sujet

Comprendre les documents

Le document 1 présente les phénomènes qui peuvent altérer dans le temps la tapisserie étudiée. Il cite les premiers colorants sujets à cette altération.

Le document 2 indique les mesures à prendre pour atténuer l’effet de la lumière afin de conserver au mieux les œuvres d’art.

Le document 3 classe les objets sensibles à la lumière en fonction des matériaux qui les constituent et donne le quota de lumière au-delà duquel l’objet peut être considéré en danger. Le tableau de ce document indique également la durée estimée de la préservation d’une œuvre en fonction de sa sensibilité et du taux d’éclairement reçu.

Le document 4 rappelle les deux synthèses de lumières étudiées en classe.

Organiser les réponses

Ce sujet est assez long, et presque toutes les réponses nécessitent une justification. Pour le traiter dans les conditions de l’examen, vous devez bien gérer votre temps.

Pour la question 1, n’oubliez pas d’expliquer le phénomène qui permet de voir un objet.

Utilisez le document 4 pour les questions 2. a), 5. a) et 5. b) ; il s’agit de restituer le cours sur les synthèses des lumières.

Les réponses aux questions 2. b) et 3. se trouvent dans les documents, qu’il faut lire attentivement.

Utilisez le tableau du document 3 pour justifier la réponse à la question 4., qui nécessite un simple calcul.

Corrigé

Corrigé

1. Nous pouvons voir un objet s’il reçoit de la lumière et la diffuse vers nos yeux.

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2. a) Pour obtenir la couleur verte sur la tapisserie, il faut mélanger un colorant cyan avec un colorant jaune car les objets colorés se comportent comme les filtres colorés. D’après la synthèse soustractive (document 4), on obtient la couleur verte en superposant un filtre cyan sur un filtre jaune. On peut schématiser la situation ainsi :

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b) D’après le document 1, les colorants jaunes sont parmi les premiers à se détériorer. Le vert étant un mélange de jaune et de cyan, seul le colorant cyan restera après une longue exposition. La teinte verte évoluera donc vers le bleu-cyan.

3. Pour limiter la détérioration de la tapisserie, on peut par exemple limiter son temps d’exposition à six mois par période de cinq ans et abaisser à 50 lux l’éclairement de la tapisserie lors des expositions.

4. Les textiles sont des objets extrêmement sensibles à la lumière. D’après le tableau du document 3, de tels objets seront préservés pendant cent ans s’ils sont exposés à un éclairement de 50 lux à raison de 25 jours par an. Si la tapisserie est exposée 100 jours par an (100 = 4 × 25 jours), elle sera préservée quatre fois moins longtemps, c’est-à-dire 100/4 = 25 ans.

5. a) Les trois couleurs primaires sont le rouge, le bleu et le vert.

b) Pour obtenir la couleur magenta sur un mur blanc, qui diffuse toutes les radiations qu’il reçoit, il faut l’éclairer avec une lumière magenta. D’après le document 4, la lumière magenta s’obtient par la synthèse additive des lumières bleue et rouge. L’éclairagiste doit donc superposer les lumières des projecteurs rouge et bleu sur le mur blanc pour obtenir une façade magenta.