Annale corrigée Épreuve composée

Consommation engagée • Mobilité sociale • Commerce international et inégalités

sesT_2000_14_01C

Sujet complet

Sujet zéro • Épreuve composée

2

Épreuve composée

Sujet zéro

Consommation engagée • Mobilité sociale • Commerce international et inégalités

4 heures

20 points

Intérêt du sujet • Ce sujet vous permet de vous entraîner à une épreuve complète dont les trois exercices portent sur des parties différentes du programme : ici regards croisés (mobilisation des connaissances), sociologie et science politique (étude d'un document) et économie (raisonnement).

 

Mobilisation des connaissances (4 points)

En quoi la consommation engagée peut-elle être comprise comme une forme d'engagement politique ?

Étude d'un document (6 points)

1. Dans le document, comparez la mobilité observée des femmes et des hommes par rapport à leur père pour l'année 2015.

2. À l'aide du document et de vos connaissances, expliquez l'évolution des situations de déclassement.

DocumentDécomposition de la mobilité sociale observée entre 1977 et 2015 pour les femmes et les hommes par rapport à leur père (en %)

Tableau de 7 lignes, 11 colonnes ;Tetière de 2 lignes ;Ligne 1 : ;1977;1985;1993;2003;2015;Ligne 2 : Femmes;Hommes;Femmes;Hommes;Femmes;Hommes;Femmes;Hommes;Femmes;Hommes;Corps du tableau de 5 lignes ;Ligne 1 : Immobilité sociale; 36,0; 36,2; 34,0; 33,8; 31,5; 32,6; 30,2; 33,6; 29,9; 34,8; Ligne 2 : Mobilité non verticale1; 33,7; 33,2; 30,6; 31,9; 28,6; 27,4; 25,7; 24,7; 23,3; 22,6; Ligne 3 : Mobilité verticale2; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; Ligne 4 : Mobilité ascendante; 12,7; 23,5; 15,7; 26,6; 19,0; 30,3; 21,0; 30,8; 21,8; 27,6; Ligne 5 : Mobilité descendante; 17,5; 7,2; 19,6; 7,7; 20,9; 9,7; 23,2; 10,9; 25,0; 15,0;

Source : Insee, « La mobilité sociale des femmes et des hommes : évolutions entre 1977 et 2015 », France, Portrait social, édition 2019.

1. La mobilité non verticale correspond soit à une mobilité entre une catégorie de salariés et une catégorie de non-salariés, soit à une mobilité entre des catégories de non-salariés.

2. La mobilité verticale correspond aux trajectoires, ascendantes ou descendantes, entre catégories salariées.

Raisonnement (10 points)

 À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que le commerce international a des effets sur les inégalités entre les pays et au sein des pays.

Document 1Évolution du PIB par habitant pour quelques pays entre 1980 et 2018 (indice base 100 = monde)

Tableau de 7 lignes, 10 colonnes ;Tetière de 1 lignes ;Ligne 1 : ;1980;1985;1990;1995;2000;2005;2010;2015;2018;Corps du tableau de 6 lignes ;Ligne 1 : France; 231; 235; 252; 261; 269; 255; 234; 215; 206; Ligne 2 : Japon; 194; 221; 256; 267; 247; 235; 215; 205; 198; Ligne 3 : Corée du Sud; 63; 83; 114; 156; 172; 184; 193; 188; n.r.; Ligne 4 : Chine; 14; 23; 22; 29; 32; 43; 63; 82; 99; Ligne 5 : Brésil; 147; 133; 121; 126; 114; 106; 109; 95; 83; Ligne 6 : Monde; 100; 100; 100; 100; 100; 100; 100; 100; 100;

Source : WID.world (Base de données mondiale sur les inégalités), mars 2020.

n.r. : non renseigné.

Document 2Inégalités nationales, inégalité mondiale

Un double retournement est en cours. D'une part, après deux siècles de hausse continue, l'inégalité des niveaux de vie entre pays a commencé à décroître : si l'on vivait vingt fois mieux en France ou en Allemagne qu'en Chine et en Inde il y a vingt ans, l'écart a aujourd'hui diminué plus que de moitié. D'autre part, l'inégalité a augmenté au sein de nombreux pays, souvent après plusieurs décennies de stabilité. Ainsi aux États-Unis, l'inégalité est revenue aujourd'hui à un niveau jamais observé depuis un siècle. […] Parce que l'on a tendance à regarder autour de soi plutôt qu'au-delà des frontières, la montée des inégalités nationales a tendance à éclipser la baisse – pourtant incontestable – de l'inégalité mondiale. […] Dès qu'on l'aborde sous ce double aspect national et international, la relation entre mondialisation et inégalités se révèle plus complexe qu'il n'y paraît. […] Bien sûr, ces deux perspectives ne sont pas indépendantes. L'extension des échanges internationaux, la mobilité du capital et de la main-d'œuvre, la diffusion des innovations technologiques comblent peu à peu le fossé entre pays riches et pays en développement. Mais, en même temps, elles contribuent à modifier la répartition des revenus au sein même de ces économies. La croissance du commerce mondial explique que certaines lignes de production émigrent des pays les plus développés vers les pays émergents, que la demande de main-d'œuvre non qualifiée diminue dans les pays les plus avancés – entraînant une chute des rémunérations relatives –, que, partout dans le monde, le haut de la distribution des salaires s'aligne sur le pays où l'élite économique est la mieux rémunérée et que, partout aussi, les revenus du capital s'accroissent plus vite que ceux du travail.

Source : François Bourguignon, La Mondialisation de l'inégalité, Seuil, 2012.

Document 3Évolution de la part du décile supérieur dans le revenu national dans quelques pays (1980-2018, en %)

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Source : http://piketty.pse.ens.fr/files/ideologie/pdf/G0.3.pdf.

Lecture : La part du décile supérieur (les 10 % des revenus les plus élevés) dans le revenu national total était de 26 % en 1980 en Russie.

 

Les clés du sujet

Mobilisation des connaissances

Définir les mots clés

La consommation engagée désigne la prise en compte de principes éthiques, sociaux ou politiques dans le cadre de la consommation de biens et de services ainsi que les actions visant à les faire valoir auprès de l'opinion et des pouvoirs publics.

L'engagement politique revêt les différentes formes de participation individuelle et collective à une activité politique en vue d'influencer les décisions politiques et les règles de fonctionnement de la société.

Structurer la réponse

Dans un premier temps, il s'agit de montrer quels sont les enjeux de la consommation engagée.

Dans un second temps, on mettra en évidence ses acteurs et leurs modalités d'action.

Étude d'un document

Définir les mots clés

Le déclassement social désigne les situations de mobilité intra ou intergénérationnelle descendante, c'est-à-dire le fait que la position sociale atteinte par un individu est inférieure à sa position d'origine.

Dans le document, il s'agit de mobilité descendante par rapport à son père.

Comprendre le document

Le tableau indique l'évolution entre 1977 et 2015 du poids respectif des individus (femmes et hommes) mobiles et immobiles socialement par rapport à leur père. Par exemple, sur 100 femmes en 1977, 36 occupent la même position sociale (mesurée par la catégorie socioprofessionnelle) que leur père, et 64 (100 - 36) une position différente.

Structurer la réponse à la seconde question

On montrera dans un premier temps, données à l'appui, l'augmentation des situations de déclassement.

Puis il s'agira de proposer une explication à cette observation statistique en mobilisant le cours.

Raisonnement

Analyser les termes du sujet et mobiliser ses connaissances

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Exploiter les documents

Document 1. Ce tableau présente l'évolution du produit intérieur brut (PIB) par habitant de quelques pays de 1980 à 2018 relativement au PIB par habitant au niveau mondial. Quelle en est la tendance ? Va-t-on vers une réduction ou une augmentation des écarts de niveau de vie entre pays ?

Document 2. Ce texte d'un économiste dresse un bilan contrasté de l'effet du commerce international sur les inégalités. Mettez en évidence le double mouvement à l'œuvre, entre les pays et au sein de ceux les plus développés.

Document 3. Ce graphique montre les évolutions de la part du décile supérieur dans le revenu national de quelques pays et de l'Europe depuis 1980. Quel mouvement général peut-on observer ? Quelles en sont les conséquences en termes d'inégalités ?

Définir les arguments

Tableau de 2 lignes, 2 colonnes ;Corps du tableau de 2 lignes ;Ligne 1 : Argument 1; Les inégalités entre pays ont tendance à se réduire dans un contexte de mondialisation croissante.; Ligne 2 : Argument 2; Les inégalités au sein des pays insérés dans le commerce mondial s'accroissent.;

Mobilisation des connaissances

Les titres des parties ne doivent pas figurer sur votre copie.

Introduction

La consommation engagée désigne la prise en compte de principes éthiques, sociaux ou politiques dans le cadre de la consommation de biens et de services, visant à influencer l'opinion publique et l'action des décideurs politiques. Elle se développe dans un contexte de prise de conscience des enjeux environnementaux et sociaux de notre mode de développement.

Développement

La consommation engagée va de pair avec l'observation, de plus en plus flagrante, des conséquences environnementales et sociales de nos modes de production et des choix de consommation qui les orientent, générant pollutions, déforestation ou encore alimentation de mauvaise qualité. Des citoyens en viennent alors à modifier leurs manières de consommer en cherchant à encourager, au travers de leurs achats, le respect par les producteurs de l'environnement (cultures sans pesticide par exemple) et de normes sociales. Il s'agit également de mobiliser l'opinion publique par des pratiques militantes et de protestation afin d'obtenir des décideurs politiques qu'ils prennent en compte certaines revendications en matière de consommation.

mot clé

Les normes sociales désignent en particulier les règles de droit qui protègent les salariés dans l'exercice de leur travail.

La consommation engagée s'appuie sur différents acteurs : des associations et collectifs de consommateurs, des groupements de producteurs (les associations pour le maintien d'une agriculture paysanne, ou AMAP, par exemple), des entreprises de l'économie sociale et solidaire, des militants. Défendant des causes aussi diverses que le refus de l'obsolescence programmée ou la défense du bien-être animal, elle mobilise un répertoire d'actions également diversifié, de la consommation issue de circuits courts à des actions plus protestataires tels que le boycott de produits. Le collectif Éthique sur l'étiquette dénonce ainsi les conditions de production de vêtements distribués par de grandes enseignes multinationales, incitant les consommateurs à ne pas acheter ces produits et les magasins à leur substituer des biens plus respectueux des droits humains.

Conclusion

La consommation engagée, portée par des acteurs fort divers et mobilisant de nombreuses actions, est bien une forme d'engagement politique qui contribue à modifier la prise de décision politique et le fonctionnement de nos sociétés afin de mieux prendre en compte les préoccupations, notamment environnementales.

Étude d'un document

conseil

Pour montrer des écarts, vous pouvez calculer les différences et les exprimer en points de pourcentage. Ici, vous devez comparer la colonne des hommes avec celle des femmes, puis les lignes entre elles.

1. En 2015, les femmes sont globalement plus mobiles socialement que les hommes : 29,9 % des premières sont immobiles alors que c'est le cas pour 34,8 % des seconds. Les hommes connaissent une mobilité ascendante plus importante que les femmes (+ 5,8 points de pourcentage) et une mobilité descendante plus faible (- 10 points de pourcentage).

2. Les titres des parties ne doivent pas figurer sur votre copie.

Introduction

Les situations de déclassement, que l'on peut associer à la mobilité sociale descendante – c'est-à-dire que la position acquise par l'individu est considérée comme inférieure à celle de son père –, connaissent une fréquence accrue depuis 1977. Comment expliquer ce phénomène ?

Développement

Les situations de déclassement, chez les hommes comme chez les femmes, progressent de façon continue au cours de la période 1977-2015. Ainsi la part des femmes connaissant une mobilité sociale descendante passe de 17,5 % à 25 %, soit une augmentation de 7,5 points de pourcentage. La part des hommes touchés par ce phénomène est quant à elle multipliée par deux, passant de 7,2 % en 1977 à 15 % en 2015.

La hausse de la fréquence des déclassements pour les hommes comme pour les femmes peut s'expliquer par une structure des emplois qui n'évolue pas au même rythme que celle des niveaux de formation. Ainsi avec un diplôme supérieur en moyenne à celui de leur père, une proportion croissante d'individus accède à des positions sociales moins élevées : la « rentabilité » des diplômes se réduit donc. La hausse des déclassements peut aussi s'expliquer plus mécaniquement par la hausse de la proportion de cadres dans la structure sociale, celle-ci étant par ailleurs plus fluide. La probabilité pour les enfants de cadres d'avoir une position sociale inférieure à celle de leur père tend ainsi à augmenter – même si elle reste forte.

mot clé

L'augmentation de la fluidité sociale signifie que la position sociale occupée est moins liée à l'origine sociale de l'individu.

Conclusion

La mobilité sociale des hommes et des femmes augmente depuis 1977, plus fortement pour les femmes que pour les hommes. Or, cette hausse est principalement liée à une mobilité descendante qui s'accroît.

Raisonnement

Les titres des parties ne doivent pas figurer sur votre copie.

Introduction

Le commerce international, c'est-à-dire les échanges de biens et de services au niveau mondial, est en progression constante depuis la seconde moitié du xxe siècle. Quelles en sont les conséquences sur les inégalités ? Notre analyse se déploiera sur deux échelles. Nous montrerons que le commerce international conduit à une réduction des inégalités entre les pays, mais qu'il a tendance à accroître celles à l'intérieur des États.

I. Le commerce international, facteur de baisse des inégalités entre pays

Le secret de fabrication

Dans cette partie, il ne faut mettre en évidence que les arguments favorables au libre-échange montrant que la plupart des économies voient leurs écarts de niveau de vie et de développement se réduire du fait de l'essor du commerce international.

Conformément aux thèses favorables au libre-échange, le commerce international permet aux pays de se spécialiser dans la production pour laquelle ils ont un avantage comparatif ou utilisant intensément les facteurs de production abondants. Cette spécialisation est ainsi source de gains de productivité. Conjugués aux économies d'échelle liées à la hausse des débouchés, ces gains de productivité sont facteurs de profit et de croissance.

La croissance permet une hausse du niveau de vie, mesuré par le produit intérieur brut (PIB) par habitant. Alors qu'il était environ cinq fois plus faible en Chine que le niveau de vie moyen mondial en 1990, il lui est comparable en 2018 (document 1). Cette hausse va ainsi contribuer à augmenter l'espérance de vie ou encore le degré d'éducation. Ce phénomène de rattrapage, commun aux économies émergentes depuis une trentaine d'années – cela a été le cas également de la Corée du Sud –, participe à diminuer les inégalités de niveaux de vie et de développement entre pays.

II. Insertion dans le commerce international et augmentation des inégalités de revenus

L'insertion dans le commerce international profite inégalement aux firmes. Si la pression concurrentielle peut nuire aux industries insuffisamment compétitives, les plus productives peuvent, au contraire, à la fois mieux résister à la concurrence sur leur marché intérieur et augmenter leurs débouchés à l'international. La conséquence en est une hausse de leur chiffre d'affaires et des revenus d'activité et du capital des actionnaires et des dirigeants. En Inde, les 10 % des revenus les plus élevés représentent 55 % du revenu national en 2018 contre 32 % en 1980 (document 3). Dans une moindre mesure, les inégalités de revenus s'accroissent également dans les pays développés : 34 % du revenu national sont détenus par le décile supérieur contre 28 % en Europe entre les mêmes dates.

mot clé

Les revenus qui rémunèrent les facteurs de production sont dits « primaires ». Ils englobent les revenus d'activité (salariée ou non) et les revenus du capital (dividendes, loyers, intérêts).

Les effets sur les salariés sont contrastés. Les plus qualifiés, plus polyvalents et plus productifs, recherchés par les firmes multinationales, voient leurs revenus augmenter. A contrario, les peu qualifiés, dans les pays développés, peuvent subir du chômage en raison de la concurrence des pays émergents ou encore être condamnés à des emplois faiblement rémunérateurs. Cette polarisation des emplois favorise la hausse des inégalités internes de revenus (document 2).

à noter

La polarisation des emplois renvoie à l'accroissement de la part des emplois plus qualifiés et de ceux moins qualifiés, et à la baisse de la proportion des emplois au milieu de l'échelle des qualifications.

Conclusion

Les effets du commerce international sur la réduction des inégalités sont contradictoires : s'il y a une diminution des différences de niveaux de vie entre les pays, l'inégal partage du supplément de richesses accroît les inégalités intérieures. Néanmoins le repli sur soi ne peut être la solution : les effets du protectionnisme peuvent être délétères sur les économies (mesures de rétorsion, perte de débouchés, hausse des prix, etc.).

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