Croquez des pommes… pas des pesticides !

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re ES - 1re L | Thème(s) : Qualité et innocuité des aliments : le contenu de nos assiettes
Type : Partie 1 | Année : 2012 | Académie : Nouvelle-Calédonie
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet & Corrigé
 
Croquez des pommes… pas des pesticides !
 
 

Nourrir l’humanité

Thèmes communs

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Nouvelle-Calédonie • Novembre 2012

Nourrir l’humanité • 8 points


 

Un journaliste d’investigation a recueilli la documentation suivante dans le but d’écrire un article dans la rubrique « Santé et environnement » de son journal. Il doit, en outre, illustrer son article par l’affiche ci-contre.

Document 1

Composition moyenne et vitamines dans une pomme


 

 

La peau de la pomme concentre davantage de vitamine C que la pulpe (4 à 6 fois plus). Mais étant donné que son poids relatif est faible, elle ne représente qu’une fraction limitée (environ 25 %) de l’apport global vitamine C de la pomme.

Cependant, la peau concentre davantage de pesticides que la pulpe.

APRIFEL (Agence pour la recherche et l’information en fruits et légumes frais), www.lapomme.org

Document 2

Teneur en pesticides mesurée lors du plan de surveillance 2009 des fruits et légumes

Les LMR, Limites maximales de résidus, représentent la quantité maximale de résidus de pesticides autorisée dans chaque produit.

Sur l’ensemble de l’échantillon de pomme surveillé en 2009, les LMR n’ont été dépassées que pour 1,2 % de l’échantillon.

Le tableau ci-dessous présente trois exemples de ces dépassements.

 

Substances actives trouvées dans la peau des pommes

Teneur quantifiée (mg/kg)

LMR 
(mg/kg)

Effets sur la santé

Propargite

5,6

3

Cancérogène probable

Phosalone

0,007

0,05

Neurotoxique

Fluzilazole

0,06

0,02

Nocif en cas d’ingestion, effet cancérogène probable, risques pendant la grossesse d’effet néfaste pour l’enfant

 

Source : Rapport de la DGCCRF1 (03/12/2009 et 21/07/2011) et du ministère de l’Agriculture

1 DGCCRF : Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Document 3

Rendement par culture selon l’utilisation ou non de produits phytopharmaceutiques par rapport au rendement maximal

L’Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a réalisé des estimations de l’impact de l’absence de traitements phytopharmaceutiques sur différentes productions.


 

Document FAO – 2005

> Vous êtes le journaliste chargé d’écrire l’article, illustré par l’affiche, concernant les bienfaits et les précautions éventuelles à prendre lors de la consommation de pommes. Vous choisissez d’aborder aussi la question de l’utilisation des pesticides.

Vous développerez votre argumentation en vous appuyant sur les documents et sur votre culture (qui intègre entre autres les connaissances acquises dans les différents champs disciplinaires).

Interpréter les questions

La question est explicite, utiliser les documents et vos connaissances pour démontrer :

  • les vertus nutritives des pommes ;
  • le risque pour la santé lié à l’utilisation de pesticides lors de la production, pesticides qui se retrouvent notamment dans la peau ;
  • les mesures que l’on peut prendre en tant que « consom’acteur » pour protéger sa santé : « Croquez des pommes pas des pesticides ».

Comprendre les documents

  • Le document 1 présente la teneur d’une pomme en différents éléments nutritifs. Faites ressortir les éléments les plus importants pour la santé et résumez l’idée générale. Il faut bien exploiter le paragraphe qui fait le lien entre qualité nutritive de la peau et sa teneur en vitamines : à vous de démontrer qu’on peut s’en passer et conserver quand même une bonne qualité nutritive des pommes.
  • Le document 2 présente le nerf de la controverse liée aux pesticides : les pesticides utilisés en agriculture persistent dans les fruits – « Croquez des pommes… pas des pesticides ». Citez des chiffres.
  • Le document 3 présente les rendements avec et sans pesticides. Citez des chiffres issus de cette comparaison pour montrer que l’emploi des pesticides répond à une nécessité, et utilisez vos connaissances pour proposer des alternatives qui permettraient de maintenir des rendements suffisants.

Organiser les réponses

Vous pouvez organiser l’exploitation des documents dans l’ordre qui vous paraît le plus logique : l’important est qu’on puisse suivre votre raisonnement facilement. Ainsi, vous pouvez par exemple commencer par parler des qualités nutritives des pommes puis par poser la question des pesticides et leurs alternatives. Ou, comme nous en avons fait le choix dans le corrigé, partir du problème des pesticides et démontrer que, la pomme étant un excellent aliment, il est important de trouver des solutions face à ce problème.

Corrigé

C’est l’un des fruits les plus consommés, recommandé par tous les nutritionnistes et, pourtant, la pomme pourrait bien nous empoisonner sans que nous ne nous en rendions compte.

L’agriculture intensive qui donne la plupart des fruits proposés dans les supermarchés consomme massivement des pesticides pour protéger les vergers des insectes et autres ravageurs. Cet emploi n’est pas anodin : c’est vrai, on ne risque pas de trouver de ver dans sa pomme, mais des études montrent que les pommes retrouvées sur les étals ont conservé des restes de ces traitements chimiques. Si ce phénomène n’est pas alarmant, il n’est pas à prendre à la légère : en 2009, 1,2 % d’un échantillon-test de pommes dépassait la teneur maximale autorisée en résidus.

Les pesticides sont des produits chimiques incriminés dans la survenue de maladies graves telles que certains troubles du système nerveux et les cancers ; ils sont particulièrement dangereux pour les femmes enceintes et leur enfant. Destinés à tuer la vie, et même consommés à faible dose, ils sont dangereux pour la santé.

Alors que faire ? Cesser de consommer des pommes ? Ne consommer que des pommes issues de l’agriculture biologique ?

Vous êtes nombreux à affirmer ne pas pouvoir/vouloir consommer de bio du fait de son prix élevé. Il serait pourtant dommage de se priver de pommes car c’est un fruit aux vertus innombrables et notamment énergétique car la pomme est riche en sucres et tout aussi riche en vitamine C que les agrumes – cette fameuse vitamine C qui nous protège des maladies. La pomme contient bien d’autres vitamines qui participent au bon état général de notre organisme.

Les solutions existent. La première est accessible à tous : éplucher la pomme car c’est la peau qui concentre le plus de pesticides. Certes, on y perd quelques-unes des propriétés nutritives du fruit (la peau contient le quart de vitamine C de la pomme), mais la pulpe reste très riche en vitamines et notre santé est protégée.

La deuxième est plus délicate mais nécessaire : limiter fortement l’utilisation des pesticides. Elle implique de nombreux acteurs : le consommateur, qui peut choisir grâce aux labels et aux étiquettes, les politiques, qui décident des lois, des subventions et des études à mener, les agriculteurs. Sans aucun pesticide, les productions végétales voient leurs rendements nettement diminués (de 20 à 40 % selon les productions). Les producteurs n’ont donc pas intérêt à cesser leur utilisation.

Y a-t-il là une pomme de discorde entre le consommateur et le producteur ? Non ! Car des alternatives existent pour protéger les cultures : de nombreux producteurs réintroduisent actuellement de la diversité végétale et donc animale dans leurs vergers afin de favoriser la présence d’espèces prédatrices de celles qui consomment les pommes. On appelle ça la « lutte biologique ». Ces producteurs utilisent également des systèmes de confusion sexuelle (diffuseurs de phéromones) qui perturbent la reproduction des ravageurs de culture. Au final, leurs rendements sont un peu moins élevés mais leurs coûts sont réduits (les pesticides coûtent cher), leurs pommes sont de qualité et la biodiversité est respectée.

Soyez-en convaincus, être conscient de ce que nous mangeons, de la provenance et des modes de production alimentaires, c’est protéger notre santé (imaginez : ne plus avoir à se soucier d’éplucher ses pommes !), protéger notre environnement et respecter la vie sur Terre : croquons des pommes, pas des pesticides !

Reinette Gala

Rubrique Santé et Environnement