Dans le sillage du Nouveau Roman : Duras, Perec

Merci !

Annales corrigées
Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
Corpus Corpus 1
Dans le sillage du Nouveau Roman : Duras, Perec

FB_Bac_99066_Lit1_F92

92

173

6

Marguerite Duras et Georges Perec sont proches du Nouveau Roman par la façon dont ils remettent en question les règles romanesques traditionnelles et renouvellent l’écriture.

1 Marguerite Duras (1914-1996) : l’art du non-dit

Profondément marquée par sa jeunesse passée en Indochine, Duras, arrivée à Paris en 1931, commence à écrire pendant la guerre.

 Dans Moderato Cantabile (1958), un homme et une femme qui ont été témoins d’un crime passionnel, se retrouvent cinq fois dans le café du meurtre. Ils tentent de reconstruire l’histoire des deux amants. Entre eux se tisse une relation où se mêlent l’amour et la mort.

 Pour le cinéaste Alain Resnais, Duras écrit le scénario et les dialogues d’Hiroshima mon amour (1959). Entre une Française et un Japonais naît un amour dans un cadre de mort, celui d’Hiroshima.

L’Amant (prix Goncourt 1984), roman autobiographique, relate la passion entre la narratrice, une Française de quinze ans, et un riche Chinois qu’elle a connu sur le bac qui traverse le Mékong.

L’homme élégant est descendu de la limousine, il fume une cigarette anglaise. Il regarde la jeune fille au feutre d’homme et aux chaussures d’or. Il vient vers elle lentement. […] Il lui dit que le chapeau lui va bien, très bien même, que c’est… original… un chapeau d’homme, pourquoi pas ? elle est si jolie, elle peut tout se permettre.

L’Amant, © Éditions de Minuit

L’essentiel sur…

l’œuvre de Marguerite Duras

  • Une écriture à la fois romanesque, théâtrale et filmique, où dominent des dialogues lourds de silences et où s’entrecroisent les thèmes de l’amour et de la mort.
  • Des personnages en proie à une douleur secrète et dont les destins demeurent inaboutis.

2 Georges Perec (1936-1982) : le jeu de l’écriture

Né à Paris, fils de juifs polonais immigrés, Perec est orphelin très jeune : son père meurt à la guerre, sa mère à Auschwitz. Après des études littéraires, il écrit son premier roman, Les Choses. Il participe à l’Oulipo (>fiche80) avec son ami Queneau.

Les Choses (1965) raconte l’histoire d’un jeune couple parisien des années 1960 obsédé par le bien-être matériel.

[…] antiquaires, libraires, marchands de disques, cartes des restaurants, agences de voyages, chemisiers, tailleurs, fromagers, chausseurs, confiseurs, charcuteries de luxe, papetiers, leurs itinéraires composaient leur véritable univers : là reposaient leurs ambitions, leurs espoirs. Là était la vraie vie […].

Les Choses, © Éditions René Julliard

L’essentiel sur…

Les Choses

  • Une observation critique de la société de consommation.
  • Une évocation angoissante de l’emprise des objets sur l’homme.

info La disparition du e pourrait résumer les absences qui ont marqué la vie de Perec : sans e, plus de « père », de « mère », de « je », de « Georges Perec ».

La Disparition (1969) est un roman d’où est exclue la lettre e. Anton Voyll (Voyelle…) souffre d’insomnie puis disparaît aussitôt. Ses amis, inquiets, enquêtent à partir de ses écrits.

Anton Voyll n’arrivait pas à dormir. Il alluma. Son Jaz marquait minuit vingt. Il poussa un profond soupir, s’assit dans son lit, s’appuyant sur son polochon. Il prit un roman, il l’ouvrit, il lut, mais il n’y saisissait qu’un ombtohlio confus […].

La Disparition, © Éditions Denoël

 Dans W ou le Souvenir d’enfance (1975), le récit autobiographique alterne avec celui d’un voyage dans une île imaginaire, W, qui se trouve être un camp de concentration.

La Vie mode d’emploi (1978) fait l’inventaire des objets et des habitants d’un immeuble parisien, dont les histoires s’entrecroisent.

 Dans Je me souviens (1978), Perec égrène 480 petits souvenirs, « morceaux du quotidien ».