Des expériences professionnelles traumatisantes (texte de A. Nothomb, extrait d'un film de C. Chaplin)

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Annales corrigées
Classe(s) : 3e | Thème(s) : Dénoncer les travers de la société
Type : Sujet complet | Année : 2016 | Académie : Inédit

 

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Sujet inédit • Dénoncer les travers de la société

50 points

Des expériences professionnelles traumatisantes

Ce sujet regroupe tous les exercices de français de la 2de épreuve écrite.

1re partie • Analyse et interprétation de textes et de documents (1 heure)

Document A Texte littéraire

La narratrice est embauchée dans une grande société japonaise et découvre les règles insolites qui la régissent.

Monsieur Saito me présenta brièvement à l’assemblée. Après quoi, il me demanda si j’aimais les défis. Il était clair que je n’avais pas le droit de répondre par la négative.

– Oui, dis-je.

Ce fut le premier mot que je prononçai dans la compagnie. Jusque-là, je m’étais contentée d’incliner la tête.

Le « défi » que me proposa monsieur Saito consistait à accepter l’invitation d’un certain Adam Johnson à jouer au golf avec lui, le dimanche suivant. Il fallait que j’écrive une lettre en anglais à ce monsieur pour le lui signifier.

– Qui est Adam Johnson ? eus-je la sottise de demander.

Mon supérieur soupira avec exaspération et ne répondit pas. Était-il aberrant d’ignorer qui était monsieur Johnson, ou alors ma question était-elle indiscrète ? Je ne le sus jamais et ne sus jamais qui était Adam Johnson.

L’exercice me parut facile. Je m’assis et écrivis une lettre cordiale : monsieur Saito se réjouissait de jouer au golf le dimanche suivant avec monsieur Johnson et lui envoyait ses amitiés. Je l’apportai à mon supérieur.

Monsieur Saito lut mon travail, poussa un petit cri méprisant et le déchira :

– Recommencez.

Je pensai que j’avais été trop aimable ou trop familière avec Adam Johnson et je rédigeai un texte froid et distant : monsieur Saito prenait acte de la décision de monsieur Johnson et conformément à ses volontés jouerait au golf avec lui.

Mon supérieur lut mon travail, poussa un petit cri méprisant et le déchira :

– Recommencez.

J’eus envie de demander où était mon erreur, mais il était clair que mon chef ne tolérait pas les questions, comme l’avait prouvé sa réaction à mon investigation au sujet du destinataire. Il fallait donc que je trouve par moi-même quel langage tenir au mystérieux Adam Johnson.

Je passai les heures qui suivirent à rédiger des missives à ce joueur de golf. Monsieur Saito rythmait ma production en la déchirant, sans autre commentaire que ce cri qui devait être un refrain. Il me fallait à chaque fois inventer une formulation nouvelle.

Il y avait à cet exercice un côté : « Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour »1 qui ne manquait pas de sel. J’explorai des catégories grammaticales en mutation : « Et si Adam Johnson devenait le verbe, dimanche prochain le sujet, jouer au golf le sujet et monsieur Saito l’adverbe ? Dimanche prochain accepte avec joie de venir adamjohnsoner un jouer au golf monsieur Saitoment. Et pan dans l’œil d’Aristote2 ! »

Je commençais à m’amuser quand mon supérieur m’interrompit. Il déchira la énième lettre sans même la lire et me dit que mademoiselle Mori était arrivée.

Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, 1999, © Albin Michel.

1. Allusion au Bourgeois gentilhomme de Molière. Monsieur Jourdain demande à son maître de philosophie de l’aider à rédiger un mot doux destiné à une marquise en employant ces seuls mots : « Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour », ce qui donne lieu à des phrases à la syntaxe déstructurée.

2. Philosophe grec qui pose les lois du raisonnement et fonde la logique comme instrument de précision du discours philosophique.

Document B Extrait du film Les Temps modernes de Charlie Chaplin (1936)

Modern Times © Roy Export S.A.S. Scan Courtesy Cineteca di Bologna

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questions 20 points

Les réponses doivent être entièrement rédigées.

Sur le texte littéraire (document A)

▶ 1. Quelle tâche la narratrice doit-elle effectuer ? (0,5 point)

▶ 2. a) En quoi les directives du supérieur sont-elles déroutantes ? (0,5 point)

b) Comment la narratrice réagit-elle ? (1 point)

c) Quel est l’effet produit ? (1 point)

▶ 3. « Monsieur Saito rythmait ma production en la déchirant, sans autre commentaire que ce cri qui devait être un refrain. » (lignes 36-37)

Pourquoi la narratrice associe-t-elle le cri à un refrain ? (1 point)

▶ 4. a) Quel registre littéraire trouve-t-on dans cet extrait ? (1 point)

Le registre dramatique.

Le registre satirique.

Le registre polémique.

b) Justifiez son emploi. (1 point)

▶ 5. « Je passai les heures qui suivirent à rédiger des missives à ce joueur de golf. » (lignes 35-36)

a) Donnez au moins deux mots de la même famille que le mot souligné. (1 point)

b) Quel est le sens commun à tous ces mots ? (0,5 point)

c) Quel synonyme de ce mot trouve-t-on dans l’extrait ? (0,5 point)

▶ 6. « Je passai les heures qui suivirent à rédiger des missives à ce joueur de golf. Monsieur Saito rythmait ma production en la déchirant, sans autre commentaire que ce cri qui devait être un refrain. Il me fallait à chaque fois inventer une formulation nouvelle. » (lignes 35 à 38)

a) Quels sont les temps des verbes soulignés ? (2 points)

b) Expliquez leur emploi. (2 points)

▶ 7. Au moyen de quels suffixes la narratrice a-t-elle transformé des noms propres en verbe et adverbe ? (lignes 43-44) (1 point)

▶ 8. Quelle image ce texte donne-t-il, selon vous, des conditions de travail dans une grande entreprise japonaise ? (2 points)

Sur le texte et la séquence filmique (documents A et B)

▶ 9. a) Après avoir regardé l’extrait du film de Charlie Chaplin, Les Temps modernes, racontez brièvement ce qui arrive au personnage de Charlot. (1,5 point)

b) Selon vous, quelle signification peut-on donner à la scène ? (1,5 point)

▶ 10. Selon vous, quels sont les éléments qui rapprochent le document audiovisuel et le texte ? (2 points)

2de partie • Rédaction et maîtrise de la langue (2 heures)

dictée 5 points

Le titre, la source de l’extrait et les noms Yumimoto et Saito sont écrits au tableau au début de la dictée.

Amélie Nothomb

Stupeur et tremblements, 1999

© Albin Michel

Premier jour de travail

Un homme d’une cinquantaine d’années, petit, maigre et laid, me regardait avec mécontentement.

– Pourquoi n’aviez-vous pas averti la réceptionniste de votre arrivée ? me demanda-t-il.

Je ne trouvai rien à répondre et ne répondis rien. J’inclinai la tête et les épaules, constatant qu’en une dizaine de minutes, sans avoir prononcé un seul mot, j’avais déjà produit une mauvaise impression, le jour de mon entrée dans la compagnie Yumimoto.

L’homme me dit qu’il s’appelait monsieur Saito. Il me conduisit à travers d’innombrables et immenses salles, dans lesquelles il me présenta à des hordes de gens, dont j’oubliais les noms au fur et à mesure qu’il les énonçait.

réécriture 5 points

« Mon supérieur lut mon travail, poussa un petit cri méprisant et le déchira :

– Recommencez.

J’eus envie de demander où était mon erreur, mais il était clair que mon chef ne tolérait pas les questions, comme l’avait prouvé sa réaction à mon investigation au sujet du destinataire. »

Réécrivez ces lignes en mettant le groupe nominal « mon supérieur » au pluriel et procédez à toutes les modifications nécessaires.

travail d’écriture 20 points

Vous traiterez au choix le sujet A ou le sujet B.

Votre rédaction sera d’une longueur minimale d’une soixantaine de lignes (300 mots environ).

Sujet A

Vous avez eu, un jour, un défi à relever. Vous raconterez votre expérience, votre réussite ou votre échec et les sentiments que vous avez éprouvés.

Sujet B

Pensez-vous que le fait de fournir un travail soit uniquement synonyme d’effort et de contrainte, ou peut-il aussi procurer un certain plaisir et un enrichissement personnel ? Vous répondrez à cette question dans un développement argumenté en vous appuyant sur votre expérience, sur vos lectures et votre culture personnelle et les connaissances acquises dans l’ensemble des disciplines.

Les clés du sujet

Les documents

Le texte littéraire (document A)

Stupeur et tremblements raconte comment Amélie, une jeune Belge amoureuse du Japon, décroche un contrat dans une prestigieuse entreprise nippone. Cette expérience va se révéler particulièrement déstabilisante.

L’image (document B)

Dans le film de Charlie Chaplin, Les Temps modernes, Charlot, le célèbre personnage créé et interprété par le cinéaste, lutte pour survivre dans le monde industrialisé. Dans la séquence, Charlie Chaplin se livre à une satire du travail à la chaîne et critique l’exploitation des ouvriers dans le contexte de la crise de 1929.

Travail d’écriture (Sujet A)

Recherche d’idées

Demande-toi dans quel domaine tu as eu à relever un défi : ce peut être dans le domaine sportif, artistique, scolaire… Rien ne t’empêche d’en inventer un : il s’agit d’un sujet d’invention qui fait appel aussi à l’imagination.

Conseils de rédaction

Commence par présenter les circonstances dans lesquelles le défi a été relevé.

Prends le temps ensuite de le raconter en faisant la part belle au suspense.

Comme Amélie Nothomb, tu peux faire preuve d’humour et chercher à rendre ton récit amusant.

Travail d’écriture (Sujet B)

Recherche d’idées

Interroge-toi sur ton rapport au travail. Est-ce pour toi uniquement une contrainte ou quelque chose qui t’apporte une certaine satisfaction, voire un sentiment d’épanouissement ?

N’envisage pas seulement le travail scolaire, réfléchis à d’autres domaines : entraînement sportif, exercices nécessaires à la pratique d’un instrument de musique, répétitions théâtrales, apprentissage des techniques du bricolage… Tu peux aussi faire appel ce que tu connais du monde professionnel.

Conseils de rédaction

Dans l’introduction, commence par présenter la question.

Tu peux organiser ton devoir en deux parties :

les aspects négatifs du travail : travail fastidieux, répétitif comme celui exercé par Charlot, travail pénible, voire dangereux…

les aspects positifs, enrichissants : le travail scolaire comme source de connaissances et de savoir-faire, la création d’un objet, d’une œuvre artistique, les emplois dans l’humanitaire…

N’oublie pas de donner des exemples pour illustrer ton propos.

Dans la conclusion, tu peux faire le bilan entre les aspects négatifs et positifs du travail.

Corrigé

Corrigé

1re partie • Analyse et interprétation de textes et de documents

questions

▶ 1. La narratrice doit écrire une lettre pour répondre à une invitation à jouer au golf adressée à son supérieur.

▶ 2. a) Les directives du supérieur de la narratrice sont déroutantes, car il se contente de lui demander de recommencer sans aucune explication sur les erreurs commises.

b) Tout d’abord, la narratrice s’étonne et s’interroge, puis elle choisit de s’en amuser et réagit avec humour.

c) L’effet produit est comique. Il s’agit d’un comique de répétition.

▶ 3. Le cri de monsieur Saito, répété après chaque nouvelle tentative infructueuse, est comme un refrain repris entre chaque couplet d’une chanson.

▶ 4. a) Il s’agit du registre satirique.

b) Amélie Nothomb se livre à une critique pleine d’humour de la société japonaise et des règles en apparence absurdes qui régissent les grandes entreprises nippones, lorsqu’elles sont vues ou vécues par des Occidentaux.

Info +

Missive vient du latin missus, participe passé de mittere, « envoyer ».

▶ 5. a) Les mots suivants appartiennent à la même famille que missive : mission, missionnaire, missile, émission, émissaire.

b) Le sens commun à tous ces mots est qu’il s’agit de choses ou de personnes que l’on envoie ou encore de l’action d’envoyer.

c) Le synonyme de missive est lettre.

▶ 6. a) Les verbes soulignés sont à l’imparfait (rythmait, devait, fallait) et au passé simple (passai, suivirent).

b) Ce sont deux temps du passé. Les verbes au passé simple expriment des actions achevées, qui ont lieu à un moment donné, « durant les heures qui suivirent ». Les verbes à l’imparfait expriment des actions qui se répètent (à chaque fois).

▶ 7. La narratrice a transformé le premier nom propre en verbe en lui adjoignant le suffixe –er (« adamjohnsoner ») et le deuxième en adverbe à l’aide du suffixe –ment (« saitoment »).

Zoom

Un suffixe s’ajoute à la racine ou au radical d’un mot pour constituer un nouveau mot appelé dérivé. Contrairement au préfixe, le suffixe modifie la catégorie grammaticale du mot de base : flatter = verbe → flatterie = nom, flatteur = adjectif → flatteusement = adverbe.

▶ 8. Ce texte donne une image dévalorisante des conditions de travail dans la grande société japonaise : la jeune narratrice se retrouve dans un univers en apparence hostile où semble régner l’absence de communication. Son supérieur se montre méprisant et refuse de lui donner la moindre directive. Il ne semble pas de bon ton de poser des questions. Son travail finit par lui sembler absurde. Elle aurait pu être gravement déstabilisée mais, dans cet extrait, elle réagit avec humour.

▶ 9. a) L’extrait du film Les Temps modernes nous montre Charlot occupé à visser des écrous sur une chaîne de production dans une usine. Le rythme s’accélère jusqu’à ce que Charlot soit avalé par la machine. Le sourire du personnage est trompeur : le travail à la chaîne l’a rendu fou.

b) La séquence du film montre la puissance de la machine qui annihile la personnalité des ouvriers contraints à des tâches répétitives et à des cadences de travail inhumaines dans le seul but de gagner en productivité et en profit pour l’entreprise.

▶ 10. Dans les deux cas, les personnages – la narratrice et Charlot – sont confrontés à des tâches morcelées et répétitives qui semblent dépourvues de sens. De même que Charlot n’a aucune idée de ce qu’il contribue à produire, de même la narratrice ne comprend pas très bien ce que l’on attend d’elle.

2de partie • Rédaction et maîtrise de la langue

dictée

POINT MÉTHODE

1 Il ne faut pas confondre l’imparfait et le passé simple lorsqu’il s’agit de verbes du premier groupe conjugués à la première personne du singulier (oubliais = imparfait, trouvai et inclinai = passé simple). Pour éviter la confusion, remplace la première personne par la troisième (il trouva, il inclina ≠ il oubliait).

2 Attention à ne pas oublier la cédille sous le c d’énonçait. Pour obtenir le son [s], il faut mettre une cédille sous le c devant un a, un o ou un u.

Un homme d’une cinquantaine d’années, petit, maigre et laid, me regardait avec mécontentement.

– Pourquoi n’aviez-vous pas averti la réceptionniste de votre arrivée ? me demanda-t-il.

Je ne trouvai rien à répondre et ne répondis rien. J’inclinai la tête et les épaules, constatant qu’en une dizaine de minutes, sans avoir prononcé un seul mot, j’avais déjà produit une mauvaise impression, le jour de mon entrée dans la compagnie Yumimoto.

L’homme me dit qu’il s’appelait monsieur Saito. Il me conduisit à travers d’innombrables et immenses salles, dans lesquelles il me présenta à des hordes de gens, dont j’oubliais les noms au fur et à mesure qu’il les énonçait.

réécriture

Les modifications sont mises en couleur.

Attention !

Il faut mettre non seulement « mon supérieur » mais aussi « mon chef » au pluriel, puisqu’il s’agit de la même personne.

Cri et réaction peuvent être mis au pluriel ou laissés au singulier.

« Mes supérieurs lurent mon travail, poussèrent un petit cri méprisant et le déchirèrent :

– Recommencez.

J’eus envie de demander où était mon erreur, mais il était clair que mes chefs ne toléraient pas les questions, comme l’avait prouvé leur réaction à mon investigation au sujet du destinataire. »

travail d’écriture

Voici un exemple de rédaction sur chacun des deux sujets.

Attention les titres en couleur ne doivent pas figurer sur ta copie.

Sujet A

[Présentation du défi] Ce matin-là, j’avais décidé de combattre ma timidité en relevant un défi en apparence insurmontable pour moi : monter sur les planches. Je décidai donc de m’inscrire à un cours de théâtre.

Attention !

Si tu choisis, comme ici, d’employer les temps du passé, sois vigilant pour la conjugaison du passé simple, en particulier pour la première personne du singulier (ai ≠ ais).

[Mise en œuvre du défi] Je me rendis dans le centre d’animation de mon quartier et je me retrouvai sur la scène d’un petit théâtre devant un personnage impressionnant qui se révéla être le professeur d’art dramatique.

– Peux-tu nous dire un texte de ton choix ? l’entendis-je me demander.

Prise de court, je balbutiai :

– Maître Corbeau sur un arbre perché…

– Parle plus fort, m’intima-t-il d’une voix de stentor. On ne t’entend pas !

Je pris mon courage à deux mains et répétai d’une voix un peu plus forte :

– Maître Corbeau sur un arbre perché…

Conseil

Tu peux utiliser le comique de répétition pour rendre ton texte plaisant à lire.

– Articule ! m’ordonna la voix de stentor.

– Maî-tre cor-beau sur un ar-bre per-ché, répétai-je en essayant de détacher les syllabes. J’étais terrorisée. J’aurais aimé m’enfuir, mais j’étais comme paralysée. Je sentais tous les regards fixés sur moi malgré les projecteurs qui m’éblouissaient.

– Reprends sans regarder tes pieds, entendis-je encore clamer la voix de stentor.

– Maître Cor…

Ma voix se brisa et mes yeux se remplirent de larmes. Je me sentais ridicule.

[Réussite du défi] Alors je me révoltai et hurlai au professeur :

– Je ne suis pas venue pour me faire humilier. Je n’ai jamais fait de théâtre. Je voulais vaincre ma timidité. Je pensais que c’était une bonne idée, mais je vois que je me suis trompée.

Étrangement, ma voix était devenue forte et je n’avais plus peur.

– Tu vois quand tu veux ! me félicita le professeur. Reprends la fable.

– Maître Corbeau sur un arbre perché…

Ma voix retentit à mes oreilles, claire et forte. Je pris plaisir à dire les vers de La Fontaine, à jouer tour à tour le vaniteux corbeau et le rusé flatteur ; je sentais la présence du public et son écoute attentive. J’étais bien dans le rond de lumière des projecteurs.

[Conclusion] Lorsque je me tus, tout le monde applaudit et je me permis un petit salut. Non seulement j’avais relevé avec succès le défi que je m’étais lancé, mais j’avais en plus trouvé ma vocation : je serai comédienne.

Sujet B

[Introduction] Le travail est généralement considéré comme une contrainte. On l’oppose souvent aux loisirs qui sont associés à la détente et au plaisir. Mais les choses sont-elles aussi simples ? Le travail n’est-il réellement qu’un effort pénible ?

[Aspects négatifs du travail] Bien sûr, si l’on songe à l’esclavage, au travail répétitif et fastidieux des ouvriers sur les chaînes de montage ou à l’exploitation révoltante des enfants dans le monde, il est impossible d’affirmer que le travail est un épanouissement. Il peut être dévalorisant, déshumanisant, voire dégradant. Dans nos sociétés occidentales, il conduit parfois à la dépression, au burn-out.

Conseil

Pour introduire un argument qui s’oppose au précédent, emploie des connecteurs logiques qui marquent l’opposition : cependant, mais, or

[Aspects positifs du travail] Cependant, le travail peut se présenter sous bien d’autres formes. Prenons le cas du travail scolaire : c’est avant tout une chance donnée aux jeunes de s’enrichir, de développer leurs capacités intellectuelles. Bien sûr, apprendre une leçon, ne pas baisser les bras devant un exercice de mathématiques difficile demande un réel effort, mais la réussite au contrôle, la découverte de la solution du problème apporte un vrai sentiment de satisfaction.

D’ailleurs, les loisirs demandent aussi leur lot d’efforts et de contraintes. Ainsi, pour réussir et s’épanouir dans un sport, ne faut-il pas de longues heures d’entraînement ? Pour prendre plaisir à courir longtemps, ne faut-il pas savoir dépasser sa douleur ? Pour jouer d’un instrument de musique, combien d’heures de répétition nécessaires ! Mais au bout de tous ces efforts, quelle jouissance que de marquer un but ou de saluer sous les applaudissements !

[Conclusion] Le travail, s’il apparaît tout d’abord comme une contrainte, peut devenir une véritable source d’épanouissement et même de plaisir.