Des mots et des maux (texte de Hugo, tableau de N. Rockwell)

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Annales corrigées
Classe(s) : 3e | Thème(s) : Dénoncer les travers de la société
Type : Sujet complet | Année : 2019 | Académie : Amérique du Nord

DÉNONCER

Dénoncer les travers de la société

10

fra3_1906_02_00C

Amérique du Nord • Juin 2019

100 points

Des mots et des maux

document a Texte littéraire

Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites.

Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes.

Tout, la haine et le deuil ! – Et ne m’objectez1 pas

Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas… –

Écoutez bien ceci :

Tête-à-tête, en pantoufle,

Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,

Vous dites à l’oreille au plus mystérieux

De vos amis de cœur, ou, si vous l’aimez mieux,

Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,

Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,

Un mot désagréable à quelque individu2 ;

Ce mot que vous croyez qu’on n’a pas entendu,

Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre,

Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre !

Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin.

Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,

De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;

– Au besoin, il prendrait des ailes comme l’aigle ! –

Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera.

Il suit le quai, franchit la place, et cætera3,

Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,

Et va, tout à travers un dédale de rues,

Droit chez l’individu dont vous avez parlé.

Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,

Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe,

Entre, arrive, et, railleur4, regardant l’homme en face,

Dit : – Me voilà ! je sors de la bouche d’un tel5. –

Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel.

Victor Hugo, Toute la Lyre, III, XXI, 1888.

1. Objecter : formuler une objection, opposer un argument.

2. Un mot désagréable à quelque individu : un mot désagréable à propos de quelque individu.

3. Et cætera : locution latine abrégée généralement en français par etc., qu’on emploie au terme d’une énumération et qui signifie « et ainsi de suite ».

4. Railleur : moqueur, ironique.

5. Un tel : désigne ici la personne qui a parlé.

document b Norman Rockwell, The Gossips (Les Commérages), 1948

Peinture pour une couverture du Saturday Evening (6 mars 1948), huile sur toile, collection privée.

Vous pouvez visionner cette peinture sur la page :

bit.ly/Rockwell_Gossips

travail sur le texte littéraire
et sur l’image 50 points • 1 h 10

Les réponses doivent être entièrement rédigées.

Grammaire et compétences linguistiques

▶ 1. a) Donnez le mode et le temps de : « prenez » (vers 1), « objectez » (vers 3), « Écoutez » (vers 5). (2 points)

b) Pourquoi ce mode est-il utilisé ? (2 points)

▶ 2. Vers 1 à 3 : relevez les déterminants contenus dans les trois premières phrases du texte. (2 points)

▶ 3. Réécrivez le passage suivant en remplaçant « il » par « ils ».

Faites toutes les modifications nécessaires. (10 points)

« Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera.

Il suit le quai, franchit la place, et cætera,

Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,

Et va, tout à travers un dédale de rues,

Droit chez l’individu dont vous avez parlé. » (vers 20 à 24)

▶ 4. « Et ne m’objectez pas/Que vos amis sont sûrs […] » (vers 3 et 4).

a) Quelle est la nature de « que » ? (2 points)

b) Justifiez votre réponse. (2 points)

Compréhension et compétences d’interprétation

▶ 5. Expliquez les conséquences qu’entraîne, selon ce texte, le fait de prononcer un « mot désagréable » (vers 11).

Justifiez votre réponse en vous appuyant sur deux éléments du texte. (4 points)

▶ 6. Vers 3 à 11 : quelles sont les précautions que les « jeunes gens » peuvent estimer avoir prises pour éviter que leurs paroles ne soient rapportées ? Citez au moins deux éléments en prenant appui sur le texte. (4 points)

▶ 7. Vers 12 à 27 :

a) À quel terme renvoie le pronom « il » ? (2 points)

b) Quelle figure de style est ici utilisée ? (2 points)

c) Quel effet cette figure de style produit-elle ? (2 points)

▶ 8. Vers 13 : « Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre ».

a) Quel effet sonore remarquez-vous dans ce vers ? (2 points)

b) Pourquoi le poète l’emploie-t-il ? (3 points)

▶ 9. Quel conseil le poète souhaite-t-il adresser aux « jeunes gens » dans ce texte ? Selon vous, quel passage l’illustre avec le plus de force ?

Expliquez pourquoi. (5 points)

▶ 10. a) Dans le tableau de Norman Rockwell, pourquoi chaque personnage est-il représenté deux fois ? (2 points)

b) Comparez le texte et le tableau de Norman Rockwell. Dans les deux documents, comment la parole prononcée se retourne-t-elle contre son locuteur ? (4 points)

dictée 10 points • 20 min

Le nom « la Croix-de-Colbas », ainsi que le nom de l’auteur et le titre de l’œuvre sont écrits au tableau.

Victor Hugo

Les Misérables, 1862

L’homme baissa la tête, ramassa le sac qu’il avait déposé à terre, et s’en alla.

Il prit la grande rue. Il marchait devant lui au hasard, rasant de près les maisons comme un homme humilié et triste. Il ne se retourna pas une seule fois. S’il s’était retourné, il aurait vu l’aubergiste de la Croix-de-­Colbas sur le seuil de sa porte, entouré de tous les voyageurs de son auberge et de tous les passants de la rue, parlant vivement et le désignant du doigt ; et, aux regards de défiance et d’effroi du groupe, il aurait deviné qu’avant peu son arrivée serait l’événement de toute la ville.

Il ne vit rien de tout cela. Les gens accablés ne regardent pas derrière eux. Ils ne savent que trop que le mauvais sort les suit.

rédaction 40 points • 1 h 30

Vous traiterez au choix le sujet d’imagination ou le sujet de réflexion.

Sujet d’imagination

Dans votre quartier, les habitants s’interrogent sur la soudaine fortune d’un voisin.

Les rumeurs les plus extravagantes circulent.

Imaginez les conversations qui s’ensuivent, jusqu’à ce que la vérité éclate.

Vous veillerez à caractériser les personnages et à mêler récit et dialogue. Votre texte produira un effet comique.

Sujet de réflexion

« Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites. » (vers 1)

Selon vous, faut-il redouter, rechercher ou même désirer le pouvoir de la parole ?

Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur votre expérience, sur les textes étudiés en classe ainsi que sur votre culture personnelle.

Les clés du sujet

Les documents

Le texte littéraire (document A)

Auteur majeur, Victor Hugo a pratiqué tous les genres littéraires : roman, théâtre, littérature d’idées, poésie. Le poème en alexandrins se présente ici comme un conseil donné aux jeunes gens : évitez les médisances.

L’image (document B)

Norman Rockwell est un peintre américain dont les tableaux possèdent un rendu photographique. L’œuvre présentée possède une tonalité comique, proche de la caricature : la diffusion des commérages est ainsi illustrée par une série de visages très expressifs, jusqu’à revenir à la figure de celle qui en est à l’origine.

Rédaction (sujet d’imagination)

Recherche d’idées

La fortune du voisin est aussi soudaine qu’inattendue ; imagine les causes plausibles d’un tel événement : héritage, promotion professionnelle ou vente d’un bien.

Formule ensuite les explications les plus extravagantes à cette fortune : meurtre, chantage, trafic, détournement de fonds, découverte d’un trésor… Chaque habitant mentionnera une hypothèse proche de ses préoccupations : le détournement de fonds pour un banquier, le trésor pour un jeune garçon féru d’aventures romanesques, etc.

Conseils de rédaction

Le sujet n’impose pas une situation d’énonciation précise : tu peux écrire un récit à la première comme à la troisième personne.

Les conversations et rumeurs occupent une place importante dans le devoir. Efforce-toi de varier les manières de rapporter les paroles : discours direct, indirect, indirect libre.

Rédaction (sujet de réflexion)

Recherche d’idées

Pars du constat souligné par le sujet : le pouvoir de la parole. Réfléchis aux cas où la puissance des mots est dangereuse : pense aux discours de certains dictateurs qui ont su obtenir l’adhésion des foules.

Trouve ensuite des situations où il serait souhaitable d’utiliser le pouvoir de la parole, comme lorsqu’on veut défendre une cause qui nous est chère.

Conseils de rédaction

Tu peux répondre à la question posée de manière univoque : il faut redouter (ou au contraire rechercher) le pouvoir de la parole ; mais tu peux aussi proposer une réponse nuancée.

Illustre tes arguments par des exemples tirés de tes lectures (textes contre la peine de mort), de ta culture (discours d’Hitler), de tes expériences (désir de convaincre un ami).

Corrigé

Corrigé

travail sur le texte littéraire et sur l’image

Grammaire et compétences linguistiques

▶ 1. a) Les trois verbes sont conjugués à l’impératif présent.

b) L’impératif est le mode de l’ordre. Le poète utilise ce mode pour s’adresser aux « jeunes gens » : il leur donne des conseils ayant valeur d’injonctions.

info +

« Aux » est la contraction de la préposition « à » et du déterminant défini « les ».

▶ 2. Les déterminants présents dans les trois premiers vers sont « aux (choses) », « un (mot) », « la (haine) », « le (deuil) ».

attention !

Le mot « droit » n’est pas un adjectif ici, mais un adverbe, que l’on reconnaît en le remplaçant par « directement ». Il reste donc invariable.

▶ 3. Les modifications sont en couleur.

« Ils vous échappent, ils fuient, rien ne les arrêtera.

Ils suivent le quai, franchissent la place, et cætera,

Passent l’eau sans bateau dans la saison des crues,

Et vont, tout à travers un dédale de rues,

Droit chez l’individu dont vous avez parlé. »

▶ 4. a) Le mot « que » est une conjonction de subordination.

b) La proposition principale « Et ne m’objectez pas » est en effet suivie d’une proposition subordonnée conjonctive « que vos amis sont sûrs », qui a une fonction essentielle dans la phrase : COD du verbe « objecter ».

Compréhension et compétences d’interprétation

▶ 5. Le fait de prononcer un « mot désagréable » entraîne des conséquences. Même prononcé en secret, le mot se propagera : il « court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre ». On ne pourra pas le ravaler : « il vous échappe », et parviendra forcément aux oreilles de l’intéressé, qui vous en tiendra rigueur : « Vous avez un ennemi mortel. »

▶ 6. Les jeunes gens peuvent prendre certaines précautions. Ils peuvent chuchoter (« parler bas, à l’oreille, murmurez »), dans un lieu privé (« portes closes, chez vous, dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre »), ne s’adresser qu’à une personne de confiance (« au plus mystérieux de vos amis de cœur »), voire même être seul (« tout seul »). Mais la médisance se propagera pourtant malgré ces précautions.

▶ 7. a) Le pronom « il » désigne le mot désagréable prononcé au sujet de quelque individu.

b) Ce mot désagréable possède des caractéristiques propres à un être humain : « marche, un bâton à la main, il a la clé, ouvre la porte… ». Il s’agit ici d’une personnification.

c) La figure de style souligne l’idée que le mot, une fois lâché, a une existence autonome et échappe au contrôle de celui qui l’a prononcé.

info +

Le vers présente aussi des allitérations en d, b et z, et une assonance en i.

▶ 8. a) Le vers 13 est marqué par de nombreuses répétions de sons. On relève ainsi une allitération en s : « si, sourd, sombre ».

b) L’allitération en s met en valeur les mots qui évoquent le secret et la dissimulation. Le son lui-même évoque celui que ferait le secret susurré à l’oreille.

▶ 9. Le poète conseille aux jeunes gens d’éviter de médire d’un individu. Quelles que soient les circonstances dans lesquelles les paroles seront prononcées, elles parviendront aux oreilles de l’intéressé.

Ce conseil de sagesse est illustré avec force dans le dernier vers de l’extrait : « Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel. » Le commérage anodin du début a pris de l’ampleur et accouche d’une haine véritable. Cette dernière phrase fonctionne comme une chute, à la fois brutale et inattendue, ce qui est souligné par l’espace qui isole ce vers des précédents.

▶ 10. a) Chaque personnage est représenté une fois quand il entend le commérage et une autre fois lorsqu’il le répète.

b) Dans les deux documents, la parole une fois prononcée se propage vite (la personnification de « il marche » dans le poème ou le téléphone dans l’image), et parvient à la personne visée. Contrairement à tous les intermédiaires, cette parole ne l’amuse pas : « l’ennemi mortel » dont parle le texte se reconnaît dans le dernier personnage masculin du tableau, dont la colère et la rancune envers la femme à l’origine du commérage sont manifestes.

dictée

Point méthode

1 Plusieurs verbes du 1er groupe sont conjugués à la 3e personne du singulier au passé simple, dont la terminaison est –a.

2 Le participe passé employé avec être s’accorde avec le sujet. Avec avoir, il ne s’accorde qu’avec le COD si celui-ci précède le verbe.

Employé sans auxiliaire, il fonctionne comme un adjectif.

3 Sois attentif au mot tout. Suivi d’un groupe nominal ou d’un pronom, il en prend les caractéristiques de genre et de nombre : tout le monde, tous les gens, toutes celles.

L’homme baissa la tête, ramassa le sac qu’il avait déposé à terre, et s’en alla.

Il prit la grande rue. Il marchait devant lui au hasard, rasant de près les maisons comme un homme humilié et triste. Il ne se retourna pas une seule fois. S’il s’était retourné, il aurait vu l’aubergiste de la Croix-de-Colbas sur le seuil de sa porte, entouré de tous les voyageurs de son auberge et de tous les passants de la rue, parlant vivement et le désignant du doigt ; et, aux regards de défiance et d’effroi du groupe, il aurait deviné qu’avant peu son arrivée serait l’événement de toute la ville.

Il ne vit rien de tout cela. Les gens accablés ne regardent pas derrière eux. Ils ne savent que trop que le mauvais sort les suit.

rédaction

Sujet d’imagination

info +

L’abréviation de « Monsieur » est « M. », et non « Mr. » qui correspond à l’abréviation du terme anglais Mister.

[Une richesse inexpliquée] Un vendredi, alors que je rentrais de l’école avec mon frère, une Ferrari nous dépassa, faisant rugir son moteur, et se gara un peu plus loin : rouge, étincelante, et décapotable ! Au comble de la stupeur, nous vîmes M. Blancar en sortir pour pénétrer dans son petit pavillon, tout semblable au nôtre. M. Blancar était professeur d’histoire au lycée voisin ; nous l’apercevions toujours plongé dans les livres.

[Des suppositions fantasques] « Ça alors ! Mais ça vaut une fortune ! dis-je

– Ce n’est pas normal ! Je n’ai jamais vu un prof posséder une voiture pareille, reprit Mathis.

– Peut-être qu’il l’a volée ? » suggérai-je plein d’espoir.

Le soir à table, M. Blancar fut l’unique sujet de conversation :

« C’est bizarre, affirma mon père. À mon avis, il y a quelque chose de pas net dans cette affaire. En plus, il a toujours été du genre sournois…

– Il a dû vendre des sujets d’examen ! Les sujets du bac, ça doit en faire des gens prêts à payer pour les connaître à l’avance, lança mon frère, qui était en classe de première. Est-ce que l’année prochaine… » Ma mère l’obligea alors à se taire.

Les jours suivants, on ne parla que de ça. Boris, qui travaillait au garage, racontait que c’était l’argent de la drogue : plus jeune, il avait fait quelques bêtises et fréquenté des revendeurs, alors depuis, il savait les reconnaître, ça oui ! La mère de ma copine Marie faisait des suppositions plus noires encore :

« Il a été marié autrefois. Je parie qu’il a tué son ex-femme, qui venait d’une grande famille et qui n’avait pas modifié son testament. Il a réussi à faire croire à un accident, mais il a dû laisser un indice et il se fera prendre, forcément. » Forcément, car c’était une grande lectrice de romans policiers.

[L’explication] La vérité nous parvint peu après, lorsque mon frère alla lui demander effrontément d’où lui venait tout cet argent.

Amusé, M. Blancar répondit : « Des livres. »

Devant l’air interloqué de mon frère, il ajouta :

« J’écris, sous pseudonyme, des récits de science-fiction. J’ai toujours eu des lecteurs fidèles, mais jamais de grand succès. Récemment, un producteur de cinéma a lu mon dernier roman et en a acheté les droits.

Et toi l’école, ça marche bien ? »

Sujet de réflexion

conseil

Évite les répétitions en remplaçant « le pouvoir de la parole » par des substituts : l’éloquence, l’art oratoire, la force de conviction, etc.

[Introduction] Dans l’Antiquité, l’art de l’éloquence était enseigné selon des règles précises. Si cet enseignement n’est plus vraiment dispensé aujourd’hui, tout le monde reconnaît le pouvoir de la parole. On peut le trouver effrayant, mais aussi utile ou séduisant.

[Le danger d’une parole puissante] La parole publique est souvent faite pour convaincre les auditeurs. Les hommes politiques travaillent leurs qualités d’orateurs et s’efforcent en prononçant leurs discours de se montrer persuasifs. Ils y parviennent parfois très bien, ce qui peut représenter un danger, si la parole est mise au service d’idées périlleuses. On s’accorde en effet à dire que Hitler était un très bon orateur, qui savait susciter l’adhésion des foules…

[L’utilité d’une parole puissante] Pourtant, maîtriser l’art de la parole peut se révéler indispensable dans certains cas. Qui ne s’est jamais retrouvé dans une situation où il devait défendre efficacement son opinion, mobilisé par des enjeux importants ? Dans la sphère privée, il faut savoir se montrer convaincant pour dissuader un proche de commettre une action que l’on estime mauvaise. De même, la peine de mort n’aurait peut-être pas été abolie, si certains hommes maîtrisant le pouvoir de la parole ne s’étaient pas exprimés pour son abolition. Les œuvres de Victor Hugo ou les discours de Robert Badinter révèlent leur grande maîtrise de l’art oratoire.

[Conclusion] La parole est une arme, qu’il peut être nécessaire d’utiliser ; mais il faut savoir aussi s’en méfier, quand elle sert à véhiculer des idées dangereuses. Maîtriser l’art oratoire permet alors d’être moins subjugué par l’éloquence de certains.