Diabète et insulinothérapie

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Glycémie et diabète
Type : Pratique du raisonnement scientifique 2 | Année : 2013 | Académie : Nouvelle-Calédonie
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Diabète et insulinothérapie
 
 

Glycémie et diabète

svtT_1311_11_01C

Spécialité

45

CORRIGE

 

Nouvelle-Calédonie • Novembre 2013

pratique du raisonnement scientifique

Exercice 2 • 5 points

Le diabète de type 1 est une maladie chronique dont le seul traitement actuellement disponible est l’insulinothérapie, c’est-à-dire l’injection d’insuline. Les injections manuelles classiques sont, depuis les années 1980, de plus en plus remplacées par l’utilisation d’une pompe à insuline.

> Justifiez le traitement par insulinothérapie et l’utilisation préférentielle de la pompe à insuline dans le traitement du diabète.

Document 1

Suivi de la glycémie chez un patient atteint de diabète de type 1 traité par injections d’insuline


 

Suivi de la glycémie pendant 11 jours chez un patient atteint du ­diabète de type 1 et traité par deux injections d’insuline par jour. La glycémie a été mesurée 8 fois par jour.

D’après Lauritzen et coll., Oiabetologia, 1979, 17:291-295

Document 2

Évolution de la glycémie chez un patient diabétique traité avec une pompe à insuline continue pendant une journée


 

D’après Couper et Prins, Recent Advances in Therapy of Diabetes, MJA, 2003, vol. 179

Document 3

Effets d’une injection d’insuline sous-cutanée sur l’évolution du taux plasmatique d’insuline et de la glycémie chez des patients atteints d’un diabète de type 1


 

D’après Baden et coll., Diabetes, 2003, 52:133-137

Document 4

Évolution de la glycémie et du taux plasmatique d’insuline (insulinémie) chez une personne saine et un patient diabétique suite à l’ingestion de glucose


 

D’après G. Hennen, De Boeck Université

Comprendre le sujet

  • Remarquez qu’il y a deux questions dans l’énoncé :
  • expliquer l’intérêt de l’insuline pour soigner le diabète de type 1 ;
  • montrer que l’utilisation de la pompe à insuline est préférable aux injections espacées d’insuline.
  • Repérez les documents relatifs à chacune de ces questions (ce qui ne correspond pas à l’ordre des documents proposés) :
  • les documents 3 et 4 apportent des informations sur le rôle de l’insuline, et donc sur l’insulinothérapie ;
  • les documents 1 et 2, ainsi qu’une partie du document 3, permettent de dégager l’intérêt du traitement par la pompe à insuline.

Il faut donc construire un plan pour répondre aux deux questions plutôt qu’exploiter les documents dans l’ordre où ils sont proposés.

  • N’analysez pas les documents de façon exhaustive, mais en fonction de la question à résoudre.
  • N’imposez pas vos connaissances (en particulier en ce qui concerne le rôle de l’insuline) au détriment de l’étude des documents.

Mobiliser ses connaissances

Le diabète de type 1 résulte de la perturbation de la régulation de la glycémie, provoquée par l’arrêt ou l’insuffisance d’une production pancréatique d’insuline.

Corrigé

Introduction

Le diabète est une maladie caractérisée par une hyperglycémie (glycémie supérieure à 1,26 g/L).

Pour soigner le diabète de type 1, on utilise l’insulinothérapie. Les progrès concernent la méthode de distribution de l’insuline : injections périodiques ou utilisation d’une pompe libérant en continu l’insuline dans le sang. Nous allons utiliser les informations tirées des documents proposés pour justifier l’utilisation de l’insuline et l’intérêt de la pompe à insuline.

I. Justification de l’insulinothérapie

 

Notez bien

L’augmentation de l’insulinémie suite à l’injection de glucose, quand même assez importante chez le diabétique (de 20 à 100 mU/mL), indique que le pancréas de cette personne produit de l’insuline : on peut penser qu’il s’agit d’un début de diabète de type 1.

1. Exploitation du document 4

  • Avant l’injection de glucose : la concentration d’insuline chez la personne diabétique est de 20 mU/‌mL, et celle de la personne saine est de l’ordre de 80 mU/‌mL. Le sujet diabétique a une concentration d’insuline 4 fois plus faible que celle du sujet non diabétique. Cette différence dans l’insulinémie s’accompagne d’une différence dans la glycémie : 140 mg/100 mL chez le diabétique contre 80 mg/100 mL chez le non diabétique. Une déficience en insuline s’accompagne d’une hyperglycémie.
  • Après l’injection de glucose : il y a une augmentation importante (jusqu’à plus de 300 mg/100 mL) et durable (plus de 4 heures) de la glycémie chez la personne diabétique. Cette augmentation est beaucoup plus faible (jusqu’à 120 mg/100 mL) et plus brève (30 min à une heure) chez la personne non diabétique. Cette différence est liée à une augmentation de la concentration en insuline beaucoup plus faible chez le diabétique (jusqu’à 110 mU/mL) que chez le non diabétique (jusqu’à plus de 180 mU/mL).

Le déficit de base en insuline et l’impossibilité d’en sécréter plus suite à l’injection de glucose sont responsables de l’hyperglycémie lors d’un diabète de type 1.

2. Exploitation du document 3b

 

Attention

Les données ne permettent pas d’expliquer pourquoi la glycémie, 8 heures après l’injection, est supérieure (1,8 g/L) à sa valeur initiale (1,4 g/L). Il ne faudrait pas en conclure que l’injection d’insuline est responsable d’une hyperglycémie retardée.

L’injection d’insuline fait passer la glycémie de 1,4 g/L à 1,1 g/L en deux heures. L’insuline est donc une ­hormone hypoglycémiante.

L’insulinothérapie peut compenser l’insuffisance de la sécrétion d’insuline et donc combattre l’hyperglycémie.

II. L’intérêt de la pompe à insuline

1. Exploitation des documents 1 et 2

  • Chez le diabétique traité par injections d’insuline, la glycémie varie le plus souvent entre 0,7 et 2,7 g/L (jour 3, par exemple). Chez le diabétique porteur d’une pompe à insuline, la glycémie varie journellement entre 0,5 et 1,8 g/L au maximum.
  • Dans le premier cas, la glycémie est souvent nettement supérieure (2,7 g/L) au seuil de définition du diabète (1,26 g/L), alors qu’avec la pompe à insuline elle ne l’est que faiblement (1,8 g/L) et brièvement.

La régulation de la glycémie est mieux assurée avec la pompe à insuline qu’avec deux injections journalières d’insuline.

Remarque : avec la pompe à insuline, notez toutefois entre 0 et 4 heures une hypoglycémie qui peut être dangereuse.

 

Info

La différence d’échelle en abscisses entre les documents 1 et 2 ne permet de dégager que des conclusions générales, d’autant plus qu’on ignore tout des activités des individus suivis (alimentation, exercice physique…) qui sont sources de variation de la glycémie.

2. Exploitation du document 3

L’injection d’insuline entraîne, bien sûr, une augmentation de l’insulinémie qui retrouve son niveau initial (25 pmol/L) au bout de trois heures environ. L’action de l’insuline sur la glycémie est donc fugace comme le montre également ce document 3, qui indique que, après avoir baissé à la suite de l’injection d’insuline, la glycémie augmente à nouveau au bout de trois heures.

Conclusion

L’injection d’insuline en continu par l’intermédiaire de la pompe permet de maîtriser une concentration constante de cette hormone dans le sang, et donc d’assurerun contrôle continu de la glycémie.

Par contre, les injections séparées d’insuline s’accompagnent de périodes où la concentration en cette hormone est faible, réduite à celle produite naturellement par le diabétique, d’où une régulation moins efficace, plus chaotique de la glycémie.