Du G8 au G20 : quelle gouvernance économique mondiale ?

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle L - Tle ES | Thème(s) : Gouverner à l'échelle mondiale : la gouvernance économique depuis 1944
Type : Composition | Année : 2012 | Académie : Inédit
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Du G8 au G20 : quelle gouvernance économique mondiale ?

L’échelle mondiale

Corrigé

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Histoire

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Sujet inédit

composition

Entrer dans le sujet, définir les mots clés

  • Présenter le concept de gouvernance est indispensable. Il faut montrer comment ce dernier s’est imposé progressivement dans les débats économiques internationaux.
  • Il importe de montrer dans quels contextes les groupes G8 et G20 ont été créés et quel est leur objet. Précisez la différence entre des organisations instituées internationales et les groupes informels que sont les G8 et G20. Différenciez également le G20 du G8 par le fait qu’il n’intègre plus uniquement des pays riches du Nord.
  • Les pays industrialisés, dits aussi développés, sont des pays où la majorité de la population accède à un certain confort et à tous ses besoins vitaux (IDH élevé). Les pays émergents sont des pays à croissance économique rapide et où le niveau progresse rapidement pour se rapprocher des pays développés, mais dont le PIB/habitant reste inférieur.

Dégager la problématique

La problématique doit montrer que la question est un sujet de débat actuel. L’histoire et les évolutions récentes peuvent remettre en cause l’actuelle répartition des pouvoirs économiques dans le monde.

Définir le plan

  • Un plan thématique est préférable à un plan chronologique, car les événements se chevauchent et il importe de montrer la nature des mouvements de contestation envers ces groupes.
  • Précisez seulement en introduction dans quelle période historique la réflexion se place, car le sujet porte sur une partie restreinte du programme.

I. Deux groupes complémentaires de pays pour organiser une coopération économique mondiale ?

II. Une contestation quasi immédiate d’un monopole de la gestion du monde

III. Des défis à relever pour réguler l’économie mondiale

Corrigé

Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Contexte] Le terme de « gouvernance économique mondiale » s’est imposé récemment dans le débat international. Il cherche à définir un certain nombre de pratiques et de règles permettant de réguler la mondialisation alors que, jusque dans les années 1990, cela était l’affaire des seules puissances et des relations entre les États. Dans le contexte de l’après-guerre froide, la perspective change et montre l’importance du transfert vers le niveau mondial d’instruments de régulation économique.

[Problématique et annonce du plan] Les groupes informels de réflexion et de concertation entre pays que constituent les G8 et G20 tentent d’organiser une forme de gouvernance économique mondiale. Dans quelle mesure les décisions prises dans ce cadre ont-elles débouché sur des résultats concrets ? Ont-elles pu peser sur les évolutions économiques et les rapports entre les États du monde ? Leurs créations se placent dans deux contextes historiques différents : tout d’abord celui des chocs pétroliers au milieu des années 1970 (pour le G8) puis des crises financières des années 1990 (pour le G20). La contestation naît très rapidement en parallèle de l’émergence économique d’autres États et d’une opinion publique internationale.

Deux groupes complémentaires de pays pour organiser une coopération économique mondiale ?

1. Le G8, une réaction des puissances industrielles au premier choc pétrolier

  • À la suite du premier choc pétrolier, un petit groupe de pays décide de se réunir pour traiter les questions économiques et financières de façon informelle. Le futur G8, d’abord G7 (il devient G8 en 1994 avec l’intégration de la Russie), n’est donc pas une administration comme l’ONU ou la Banque mondiale.
  • Le G8 (« Groupe des huit ») est un groupe de discussion et de partenariat économique. Il est constitué d’États parmi les plus puissants du monde (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie) et concentre à lui seul 65 % des richesses mondiales et les deux tiers du commerce international pour seulement 15 % de la population mondiale. Les réunions sont annuelles et portent sur des questions économiques et financières, mais aussi de défense et de sécurité internationale, d’éducation et de développement…

2. Le G20, une création d’un groupe élargi face aux dérives d’un système financier mondial ?

  • L’existence du G20 remonte à 1999. Il s’agit alors de favoriser la stabilité financière internationale à la suite des crises financières des années 1990. Contrairement au G8, le G20 a pour finalité de faciliter le dialogue entre pays industrialisés et pays émergents.
  • Le G20 est un groupe élargi. Aux membres du G8 sont également associés les autres États de l’ALENA, deux États du MERCOSUR (Brésil et Argentine), ainsi que les États asiatiques les plus puissants (Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie). Le continent africain est représenté par la seule Afrique du Sud. Le G20 est plus représentatif des réalités économiques d’aujourd’hui : 85 % du PIB mondial pour 2/3 de la population, 10 % des bassins de croissance se trouvent en Chine, 8,6 % en Inde, 4,6 % au Brésil…

Une contestation quasi immédiate d’un monopole de la gestion du monde

Les G8 et G20 sont loin de faire l’unanimité. Ils sont notamment rendus responsables d’un renforcement des inégalités mondiales au lieu de chercher à les réduire. Les contestataires jugent par ailleurs qu’ils représentent un système inadapté aux évolutions économiques du monde.

1. Une contestation contre des groupes qui confortent les inégalités mondiales ?

  • Des manifestations en marge des sommets du G8 éclatent régulièrement (en 2001 à Gênes). En 2009, des milliers de personnes manifestent à Londres pour s’opposer au G20. Les manifestants constituent une population hétéroclite : anarchistes, chômeurs, écologistes, pacifistes, membres de mouvements altermondialistes ou d’ONG.
  • La contestation, relayée par l’opinion publique internationale, porte sur les Droits de l’homme, le mépris des riches envers les pauvres, la « dictature » imposée par la finance mondiale dans des domaines aussi variés que le logement, le travail, l’éducation, l’agriculture, le climat, les retraites, la connaissance, la biodiversité…

2. Une contestation qui réclame un autre système économique pour le monde

  • Les normes et les institutions internationales sont contestées par les pays en développement qui acceptent mal que les pays industriels privilégient leurs propres intérêts (au travers des réunions du G20 notamment).
  • Les contestations visent également l’idée selon laquelle les frontières doivent de plus en plus s’effacer pour faciliter la mobilité des flux de capitaux. Si la mondialisation est une évidence, elle ne doit pas être synonyme de dérégulation totale des échanges. En 1972, le lauréat du prix Nobel d’économie, James Tobin, propose une taxation des transactions monétaires internationales afin de limiter la volatilité du taux de change. Aujourd’hui, le terme signifie une taxe sur les transactions financières. Toute gouvernance mondiale doit alors reposer sur les règles nécessaires permettant d’équilibrer les échanges.

Des défis à relever pour réguler l’économie mondiale

1. La montée des problèmes globaux

De nombreuses questions émergent à l’échelle internationale que des groupes d’États comme le G8 ou G20 seuls ne peuvent régler. Ainsi, la remise en cause du leadership américain, la préoccupation de l’environnement à un niveau global, la mise en place de normes internationales (commerce, santé, droits sociaux…) encouragent à une organisation de l’action collective pour gérer ces questions.

2. Les différents acteurs de la régulation économique

  • Malgré l’ouverture accrue des économies, l’économie mondiale est encore très fragmentée. Les frontières nationales demeurent actives. Les États, avec les organisations économiques régionales (UE, ALENA, ASEAN…), demeurent des espaces pertinents de régulation économique avant toute organisation internationale.
  • L’ONU et le FMI sont des institutions internationales qui ont pour objet de définir des règles internationales. Elles font aussi l’objet de contestations. Elles ne sont pas cependant les seules à organiser la gestion du monde même si, là encore, elles fonctionnent en cercle fermé.

Conclusion

[Reprise des idées principales] Les G8 et G20 ont été créés à la suite d’événements économiques majeurs dans l’histoire de la fin du xxe siècle. L’élargissement des membres qui composent le G20, en intégrant des pays émergents, est jugé encore insuffisant pour de nombreux opposants à ces groupes. La gouvernance économique mondiale reste incomplète et éclatée.

[Réponse à la problématique] L’établissement d’une instance politique plus légitime de gouvernance mondiale, qui associerait un nombre plus important de pays, est donc réclamé. Une plus grande implication des sociétés civiles, d’un nombre croissant d’acteurs de l’économie mondiale, peuvent aussi constituer une solution plus durable face aux déséquilibres créés par les G8 et G20.

[Ouverture] L’aggravation de la situation économique mondiale semble encore renforcer la contestation et la demande d’une nouvelle architecture de la gouvernance économique mondiale.