École et mobilité sociale

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Classes, stratification et mobilité sociales
Type : Dissertation | Année : 2018 | Académie : Amérique du Nord

ENS. SPÉCIFIQUE

Classes, stratification et mobilité sociales

29

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Amérique du Nord • Mai 2018

dissertation • 20 points

École et mobilité sociale

Quel rôle joue l’école dans la mobilité sociale ?

document 1 Proportion de bacheliers dans une génération selon la voie en France (en %)

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Source : ministère de l’Éducation nationale, Repères et références statistiques, 2017.

p : données provisoires

Lecture : en 2016, la proportion de bacheliers dans une génération est de 78,8 %, avec 40,5 % de bacheliers généraux, 15,7 % de bacheliers technologiques et 22,6 % de bacheliers professionnels.

document 2 Diplômes obtenus par les jeunes sortants du système éducatif en 2013-2014-2015, en fonction du milieu social, en %

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Source : ministère de l’Éducation nationale, L’État de l’école, 2017.

Lecture : 32 % des jeunes dont le père est employé ou ouvrier sortis du système scolaire en 2013, 2014 ou 2015 sont diplômés de l’enseignement supérieur.

document 3

Lahlou, issue d’un lycée de La Courneuve [Seine-Saint-Denis], en première année (à Sciences Po) :

« Au départ, ça a été difficile. Il faut apprendre à s’organiser, à rechercher les infos pour faire son propre cours. Mais cela est vrai pour tous ceux qui passent du secondaire au supérieur. Le stage d’intégration de trois semaines et demie avant la rentrée nous a beaucoup aidés. J’ai ressenti des différences avec les autres élèves en sciences politiques notamment : ils sont très au fait de l’actualité, des institutions, sans doute parce qu’ils en parlent chez eux. C’est un peu la même chose sur les livres. Quand un prof demande “Vous avez lu tel auteur ?”, tout le monde lève la main : “pas nous”.

Sans les conventions ZEP*, je n’aurais pas tenté Sciences Po. Je connaissais son prestige […] mais je n’aurais pas essayé. Mes parents ne connaissaient pas. Pour mon père, l’objectif était d’avoir le bac et Sciences Po était une fac comme une autre : je crois qu’il a aujourd’hui pas mal de fierté et d’attente. À moi de réussir. »

Luc Bronner, Le Monde, 19 février 2004.

* Les conventions éducation prioritaire sont une des voies d’entrée à Sciences Po Paris permettant d’encourager le recrutement des élèves scolarisés dans l’un des 106 établissements partenaires situés en Zone d’Éducation Prioritaire (zones qui regroupent les écoles et établissements de territoires rencontrant les plus grandes difficultés sociales).

document 4 Table de destinée : catégorie socioprofessionnelle du fils en fonction de la catégorie socio­professionnelle du père (en %) en 2014-2015

Catégorie socioprofessionnelle du père

Catégorie socioprofessionnelle du fils

Agriculteur

ACCE1

CPIS2

Profession intermédiaire

Employé

Ouvrier

Ensemble

Agriculteur

25

8

8,8

18,6

7,1

32,5

100

ACCE1

0,8

20,3

22,2

22,9

9,5

24,3

100

CPIS2

0,2

8

47

25,7

9,1

10

100

Profession intermédiaire

0,7

7,9

25,5

31,5

11,3

23,1

100

Employé

0,5

6,8

16,3

26,1

16,6

33,6

100

Ouvrier

0,5

7,4

9,4

22,9

12,3

47,6

100

Ensemble

2,6

9,2

19,3

24,5

11,3

33

100

Source : Insee, juillet 2017.

Champ : France métropolitaine, hommes âgés de 30 à 59 ans qui travaillent ou ont déjà travaillé à la date de l’enquête.

1. Artisan, commerçant, chef d’entreprise.

2. Cadre et profession intellectuelle supérieure.

Les clés du sujet

Entrer dans le sujet

La mobilité sociale désigne le changement de position sociale d’un individu dans l’espace social soit au cours de sa vie active (mobilité intragénérationnelle) soit par rapport à la position sociale de ses parents (mobilité intergénérationnelle).

L’école représente l’ensemble du système éducatif.

Dégager la problématique

La formulation de la question incite à se demander dans quelle mesure l’école a un rôle positif ou non dans la mobilité sociale intergénérationnelle.

Exploiter les documents

Document 1

Ce document montre que la part d’une génération obtenant le baccalauréat augmente fortement entre 1970 et 2016. Cette augmentation est plus marquée au cours de la période 1985-1995 grâce, notamment, à la création du baccalauréat professionnel.

Les données statistiques permettent de montrer que la hausse du niveau de diplôme des générations accompagne la mobilité structurelle liée à l’augmentation du nombre d’emplois qualifiés.

Document 2

Le graphique met en évidence les différences de niveau de diplôme suivant l’origine sociale dans les années 2013, 2014 et 2015. En effet, la part des jeunes obtenant un diplôme du supérieur dont le père est ouvrier ou employé est plus faible que celle des jeunes ayant un père cadre supérieur, profession intermédiaire ou indépendant pour le même niveau de diplôme. C’est l’inverse pour le brevet ou aucun diplôme.

À partir de ce document, nous pouvons en déduire que le niveau de diplôme est fortement corrélé à l’origine sociale.

Document 3

L’exemple de l’étudiante en Sciences politiques illustre une modalité pour corriger les inégalités sociales face à la réussite scolaire. Il montre également que l’une des causes des différences de réussite scolaire en fonction de l’origine sociale est liée à la connaissance du système éducatif par les parents.

Le document permet de montrer comment le système éducatif peut favoriser la réussite scolaire des jeunes de milieux défavorisés et réduire ainsi les inégalités scolaires en fonction de l’origine sociale.

Document 4

Ce document présente la table de destinée des hommes actifs ou anciens actifs ayant eu un emploi et âgés de 30 à 59 ans en 2014-2015. On observe que l’immobilité sociale, indicateur de la reproduction sociale, est la plus forte pour les catégories situées au bas de la hiérarchie sociale (ouvriers, agriculteurs) et pour les fils de cadres et professions intellectuelles supérieures, catégorie ayant la position sociale la plus élevée.

Cette table de destinée permet de montrer les limites de la mobilité sociale en France.

Définir le plan

On montrera, dans une première partie, que l’école est un déterminant essentiel de la mobilité sociale intergénérationnelle, mais qu’elle est également un facteur de reproduction sociale (seconde partie).