Écrivez un dialogue entre deux lecteurs en désaccord sur l'importance de la réussite des personnages romanesques

Merci !

Annales corrigées
Classe(s) : 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde - L'écriture d'invention
Type : Écriture d'invention | Année : 2011 | Académie : Inédit
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Faire son chemin
 
 

Faire son chemin

Corrigé

8

Le roman

fra1_1100_00_43C

 

Sujet inédit

Le personnage de roman • 14 points

Écriture d’invention

> Deux lecteurs de romans discutent : l’un soutient que les personnages les plus intéressants sont ceux qui réussissent, l’autre est en désaccord avec lui. Écrivez ce dialogue, dans lequel les interlocuteurs appuieront leur argumentation sur des références romanesques précises.

Se reporter aux textes du corpus.

Comprendre le sujet

Analysez précisément les mots de la consigne. Cela vous permettra de cerner les contraintes et de faire la « définition » du texte à produire.

  • « discutent » et « dialogue » indiquent la forme du texte : vous devez respecter les caractéristiques du dialogue (succession de répliques, ponctuation…) ;
  • Thème du texte : « les personnages de roman ».
  • Type du texte : « soutient que » / « est en désaccord » indiquent que le texte est argumentatif.
  • Thèses soutenues : l’une est : « Les personnages de roman sont intéressants s’ils réussissent. » L’autre est à déduire de la première, par opposition : « Les personnages qui ne réussissent pas sont aussi (voire plus) intéressants ».
  • Situation d’énonciation : qui ? Un « lecteur de roman » à un autre et vice-versa.
  • Niveau de langue : courant ou soutenu, car il s’agit d’une discussion entre personnes relativement cultivées.
  • Registre : il n’est pas précisé ; vous avez donc le choix.

Définition du texte à produire

Dialogue (genre) argumentatif (type de texte) pour déterminer si la réussite est un élément indispensable à l’intérêt d’un personnage de roman (thème), pour cerner ce qui rend un personnage de roman intéressant (but).

Chercher des idées

Les choix à faire

  • Le registre : comme les deux interlocuteurs sont « en désaccord », le dialogue peut être polémique.
  • L’identité des interlocuteurs : des adolescents, des élèves, des adultes ? Leur personnalité doit transparaître dans leurs propos.

Le fond : thèses, arguments, exemples

Le sujet est très proche du sujet de dissertation (sujet précédent) : la partie I de la dissertation correspond à la thèse du premier interlocuteur, la partie II à celle de son contradicteur. Tous les arguments et exemples fournis dans le corrigé précédent peuvent être repris dans ce dialogue.

La forme (l’écriture) : le naturel d’une conversation

Mais attention ! On ne vous demande pas de rédiger une dissertation. Donc pas de plan rigoureux mais des arguments « habillés » avec le ton naturel d’une conversation construite sur une succession de répliques (argument/contre-argument) spontanées. La dynamique doit être celle du dialogue. N’utilisez pas non plus le vocabulaire littéraire de la dissertation ou du commentaire, mais celui de la conversation courante.

> Pour réussir l’écriture d’invention : voir guide méthodologique.

> Convaincre, persuader : voir lexique des notions.

> Le roman : voir lexique des notions.

Corrigé

Cet extrait de corrigé reprend quelques arguments utilisés dans la dissertation (sujet 7), mais sous la forme naturelle et la dynamique d’un dialogue.

[…]

Raphaël. – Tu comprends, moi, j’ai besoin de m’évader un peu de mon quotidien ! Il me faut un personnage hors norme, à la destinée exceptionnelle, pour lequel j’éprouve de l’admiration. Peu importe qu’il réussisse dans le bien ou dans le mal, mais qu’il réussisse ! Tu vois, je peux me passionner aussi bien pour Kyo qui, dans La Condition humaine, se sacrifie pour sauver la vie de deux jeunes révolutionnaires, que pour Raskolnikov qui veut éprouver les limites de sa liberté par la pratique du mal et la transgression de l’ordre moral. La vie est trop insipide, médiocre, décevante… Eux, ils sont exaltants, ils dépassent notre misérable condition humaine ! Ils me permettent de vivre une vie que je n’aurai sans doute jamais.

Ambre. – D’accord, mais, moi, je n’arrive pas y croire, à ces personnages exceptionnels ! Quand je lis un roman, mon plaisir, c’est de pouvoir entrer dans la vie du personnage, même humble et médiocre. Et, en fait, je me sens plus proche de quelqu’un d’ordinaire, d’imparfait que de ces héros dont tu parles, gâtés par le sort. Par exemple Meursault, tu sais, l’Étranger ? Hé bien, il ressent des émotions dans lesquelles je me reconnais : cette sensation que la vie n’a pas de sens, que l’on ne se comprend pas… tout cela me permet de m’identifier à lui. Il est humain, lui, pas surhumain ! Les super-héros, c’est bon pour les contes ! Un roman est censé me donner une vision de la réalité, pas d’un monde merveilleux. Je crois que c’est Zola qui disait – et je suis bien d’accord avec lui : « Le premier personnage qui passe est un héros suffisant. »

Raphaël. – Alors, là, non, je t’arrête ! Zola, non ! Il donne de la vie une image vraiment trop désespérante ! Rappelle-toi la mort – et la vie – de Gervaise ! Cela ne donne vraiment pas envie de s’identifier à elle ! […]