Annale corrigée Épreuve composée

Engagement politique • Tertiarisation • Innovation et écologie

Sujet spécimen 2021 • épreuve composée

Engagement politique • Tertiarisation • Innovation et écologie

4 heures

20 points

Intérêt du sujet • La société est en mutation : la structure socioprofessionnelle évolue, les formes d'engagement se transforment tandis que l'objectif d'un développement durable questionne la croissance de demain.

 

Mobilisation des connaissances (4 points)
Les formes d'engagement politique

 À l'aide de deux exemples, vous montrerez que l'engagement politique prend des formes variées.

Étude de document (6 points)
Tertiarisation de la structure socioprofessionnelle

DocumentCatégorie socioprofessionnelle des personnes en emploi de 1982 à 2019 (en %)

sesT_2100_07_03C_01

Source : « Emploi, chômage, revenus du travail », Insee Références, juillet 2020.

Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.

1. À l'aide des données du document, vous comparerez l'évolution de la part des catégories socioprofessionnelles « Cadres et professions intellectuelles supérieures » et « Ouvriers » parmi les personnes en emploi.

2. À l'aide des données du document et de vos connaissances, vous expliquerez le phénomène de tertiarisation de la population active française.

Raisonnement (10 points)
Innovation et limites écologiques de la croissance

 À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez comment l'innovation peut être une solution aux limites écologiques de la croissance économique.

Document 1Évolution des dépenses nationales de recherche et développement (R&D) relatives à la protection de l'environnement en France (indices base 100 en 2006)

sesT_2100_07_03C_02

Source : d'après www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr, 2018.

Document 2La révolution énergétique

Le consensus global qui s'est dégagé de différentes initiatives internationales comme l'Accord de Paris sur le climat en 2015 ou les Objectifs de développement durable des Nations unies (Objectif 7) a donné un nouvel élan à l'innovation dans le domaine de l'énergie à l'échelle mondiale, provoquant une tendance générale à l'abandon des combustibles fossiles au profit des énergies renouvelables en tant que source d'énergie primaire. En 2017, pour la première fois dans l'histoire, la capacité totale de production d'énergies renouvelables dans le monde a dépassé celle du charbon. Nous serions donc en pleine « révolution énergétique ». […] Le défi qui se pose aux décideurs est le suivant : comment faire face à une augmentation de la demande d'énergie et à la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en favorisant la croissance économique ? Pour trouver des solutions efficaces à ce problème complexe, il convient de revoir radicalement nos modes de production et de consommation en matière d'énergie. Aujourd'hui, la part des énergies renouvelables dans la production mondiale d'électricité est d'environ 15 %.

En 2050, environ 85 % de la consommation mondiale d'énergie primaire devront provenir de sources d'énergie renouvelables. Pour atteindre cet objectif, il conviendra d'innover à tous les stades de la chaîne de valeur énergétique, tous secteurs confondus, et d'élaborer des politiques novatrices pour soutenir le déploiement et l'adoption rapides de technologies liées aux énergies renouvelables. […] L'énergie solaire et l'énergie éolienne sont sans doute les deux formes d'énergie renouvelable les plus connues. Ces dernières années, la production d'énergie solaire photovoltaïque a fait des progrès substantiels en termes de rendement, d'accessibilité et de niveau d'utilisation, et elle représente aujourd'hui une solution de substitution concurrentielle par rapport aux combustibles fossiles. Grâce à l'innovation, l'énergie éolienne s'impose elle aussi comme une solution à la fois viable et compétitive, à tel point qu'elle compte aujourd'hui parmi les sources d'énergie renouvelable les moins onéreuses. Actuellement, quelque 24 pays comblent environ 5 % de leurs besoins énergétiques annuels grâce à l'énergie éolienne.

Source : Catherine Jewell, Division des communications, Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, août 2018.

Document 3 Émissions de CO21 des voitures neuves (gCO2/km)2, France métropolitaine, de 2007 à 20173

sesT_2100_07_03C_03

Source : d'après Services de la donnée et des études statistiques, Répertoire statistique des véhicules routiers, 2017.

1. CO2 : dioxyde de carbone ou gaz carbonique, principal gaz à effet de serre.

2. gCO2/km : gramme de CO2 par kilomètre.

3. 2017 : émissions de CO2 sur les huit premiers mois de l'année.

 

Les clés du sujet

Mobilisation des connaissances

Définir les mots clés

L'engagement politique englobe différentes formes de participation individuelle et collective à une activité politique en vue d'influencer de manière directe ou indirecte les décisions politiques et les règles de fonctionnement de la société.

Structurer la réponse

On définira l'engagement politique et on en précisera les formes.

On prendra comme premier exemple le militantisme au sein d'un parti politique.

Puis on développera un second exemple : la consommation engagée.

Étude de document

Définir les mots clés

Les catégories socioprofessionnelles (CSP) classent statistiquement les individus de la population active (population occupant ou cherchant un emploi) dans des ensembles homogènes selon plusieurs critères : le statut de l'emploi et de l'employeur, le secteur d'activité, la taille de l'entreprise, le niveau de qualification… Les CSP représentent les niveaux intermédiaire et agrégé de la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS).

Les cadres et professions intellectuelles supérieures constituent un ensemble dont l'homogénéité repose essentiellement sur le niveau élevé de diplôme, tandis que les ouvriers sont des salariés dont le niveau de diplôme est faible et exerçant des activités de transformation de la matière dans l'artisanat et l'industrie.

La tertiarisation de la population active est liée à la prépondérance des activités et des emplois de services dans l'économie. Ce phénomène se traduit par une augmentation de la part des cadres, professions intermédiaires et employés au détriment de celle des ouvriers.

Comprendre le document

Le graphique, dont la source est l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), montre l'évolution de la structure socioprofessionnelle française depuis 1982. Les données sont des pourcentages de répartition se rapportant pour chaque année à la population en emploi.

Les ouvriers représentent 30 % des personnes en emploi en 1982, 20 % en 2019.

Structurer la réponse à la seconde question

On montrera dans un premier temps les effets de la tertiarisation sur la structure socioprofessionnelle.

On expliquera ensuite que la tertiarisation est liée à une évolution sectorielle des emplois, elle-même due au progrès technique, à l'évolution de la demande et à la concurrence internationale.

Raisonnement

Analyser les termes du sujet et mobiliser ses connaissances

sesT_2100_07_03C_04

Exploiter les documents

Document 1. Les courbes du document permettent de constater l'évolution des dépenses nationales (en indices) en recherche et développement (R&D) pour la protection de l'environnement en France entre 2006 et 2015, et de la comparer avec celle des dépenses nationales en R&D. Comment se développent les dépenses de R&D en environnement ? Comment évoluent-elles comparé aux dépenses nationales de R&D ?

Document 2. Le texte porte sur les énergies renouvelables et la place de l'innovation dans leur développement. Pourquoi faut-il favoriser les énergies renouvelables ? Quel rôle joue l'innovation dans le développement de ces dernières ?

Document 3. Le diagramme en barres étudie l'évolution des émissions de CO2, principal gaz à effet de serre, des voitures neuves en France métropolitaine entre 2007 et 2017. Comment évoluent ces émissions ? Quels en sont les effets sur l'environnement ?

Définir les arguments

Tableau de 2 lignes, 2 colonnes ;Corps du tableau de 2 lignes ;Ligne 1 : Argument 1; Les conditions d'une croissance soutenable.; Ligne 2 : Argument 2; L'innovation, une solution afin de préserver l'environnement.;

Mobilisation des connaissances

Les titres des parties ne doivent pas figurer sur votre copie.

Introduction

L'engagement politique englobe toutes les formes de participation individuelle et collective à une action politique visant la défense ou la promotion d'une cause dans le but d'influencer les décisions politiques et les règles de fonctionnement de la société. Il peut prendre différentes modalités : le vote, le militantisme, l'engagement associatif ou encore la consommation engagée. Nous allons en développer deux exemples pour illustrer la variété des formes de l'engagement politique.

conseil

Même si le sujet vous invite à ne développer que deux exemples, n'hésitez pas à en citer d'autres en introduction afin de montrer vos connaissances sur le thème.

Développement

Le militantisme dans un parti politique est une forme d'engagement politique qui va au-delà de la simple adhésion. Il s'agit de prendre une part active dans la vie d'un parti, dont l'objectif est de conquérir le pouvoir. Dans le cadre de la compétition politique, les militants d'un parti, qui partagent des valeurs communes, sont invités à participer à des réunions internes, à faire connaître les positions du parti en distribuant des tracts, en collant des affiches, ou encore en participant à des meetings pour soutenir leur candidat. Cette forme d'engagement, essentielle au fonctionnement des partis, est néanmoins peu fréquente : elle concerne moins de 1 % des votants.

à noter

Des consommateurs refusent ainsi d'acheter des produits fabriqués en Chine car le gouvernement y persécute une minorité ethnique, les Ouïghours.

La consommation engagée, autre forme d'engagement politique, consiste à prendre en compte des principes éthiques, sociaux ou politiques dans le cadre de la consommation de biens et de services afin d'influencer les décisions politiques. Par exemple, des individus choisissent de boycotter certains produits, ou en privilégient d'autres qui répondent davantage à leurs préoccupations écologiques ou éthiques. Cette forme d'engagement politique oblige les producteurs à adapter leur offre et incite les pouvoirs publics à établir de nouvelles réglementations.

Conclusion

Les formes d'engagement politique sont variées, mais elles ont toutes en commun d'influencer directement ou indirectement les décisions politiques.

Étude de document

1. En 1982 les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent une part trois fois moins importante (environ 8 %) que celle des ouvriers (30 %), tandis qu'en 2019 leurs parts sont équivalentes (20 %).

2. Les titres des parties ne doivent pas figurer sur votre copie.

Introduction

La population active, c'est-à-dire l'ensemble des personnes occupant ou cherchant un emploi, est marquée en France par un processus de tertiarisation, celui-ci désignant l'augmentation de la part des emplois exercés dans les activités de services, marchands et non marchands. Ce processus s'accompagne d'une transformation de la structure socioprofessionnelle que nous allons expliquer en relation avec l'évolution sectorielle des emplois.

Développement

Le phénomène de tertiarisation de la population active française s'accompagne d'une transformation de la structure socioprofessionnelle. La part des agriculteurs, représentant en 2019 environ 2 % de la population en emploi, a poursuivi son déclin, tandis que les ouvriers ont vu leur poids baisser d'environ 10 points depuis 1982, en raison de la baisse de l'emploi industriel. Parallèlement les catégories socioprofessionnelles (CSP) des cadres et professions intellectuelles supérieures, professions intermédiaires et employés ont vu leur part respective augmenter fortement, égalant ou dépassant le poids des ouvriers.

à noter

Tous les ouvriers n'appartiennent pas au secteur ­industriel, de même que les cadres et les employés n'exercent pas seulement dans le secteur tertiaire.

La tertiarisation de la population active se ­traduit par l'augmentation significative de la part des emplois dans le secteur tertiaire, en raison de l'évolution de la demande, liée à l'élévation du niveau de vie qui a modifié les besoins. Ces emplois représentent aujourd'hui plus de 75 % de la population en emploi, contre 40 % au début des années 1960. Parallèlement les emplois dans l'agriculture puis dans l'industrie ont connu un déclin en raison de forts gains de productivité dus au progrès technique, ainsi qu'à la concurrence accrue de produits étrangers touchant particulièrement le secteur secondaire.

mot clé

Les gains de productivité désignent l'augmentation du rapport production/emploi. S'ils croissent plus fortement que la production dans un secteur, alors l'emploi de ce secteur diminue.

Conclusion

La population active française a profondément évolué depuis le milieu du xxe siècle. Majoritaire dans l'agriculture et surtout dans l'industrie jusqu'aux années 1970, elle est aujourd'hui pour plus des trois quarts dans le secteur tertiaire, du fait de transformations de la production et de la demande.

Raisonnement

Les titres des parties ne doivent pas figurer sur votre copie.

Introduction

La croissance économique, c'est-à-dire l'augmentation des richesses créées, est de plus en plus confrontée au problème de la préservation de l'environnement. L'innovation, définie comme l'application économique et commerciale d'une invention, peut constituer une réponse face aux limites écologiques de la croissance. Pour le montrer, il faut d'abord envisager les conditions d'une croissance soutenable, puis montrer que l'innovation peut être une solution.

mot clé

La croissance soutenable est la croissance qui permet de satisfaire les besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs.

I. Les conditions d'une croissance soutenable

Le secret de fabrication

Commencer par déterminer les conditions d'une croissance soutenable permet de mieux comprendre comment l'innovation peut favoriser cette dernière, et donc contribuer à préserver l'environnement.

La croissance économique peut entraîner une hausse des émissions polluantes, notamment les gaz à effet de serre, et donc participer au réchauffement climatique. La croissance peut également s'accompagner d'une surexploitation des ressources naturelles. Dès lors, la croissance n'est pas soutenable car les générations futures se verraient empêchés de satisfaire leurs besoins.

La soutenabilité de la croissance suppose de maintenir constant le stock de capitaux transmis aux générations futures. Ce stock est composé de capital physique (machines), humain (connaissances, niveau de diplôme des actifs), institutionnel (maintien d'un État de droit) et naturel (ressources naturelles). Les partisans d'une soutenabilité faible considèrent que le capital naturel peut être remplacé par d'autres formes de capitaux.

II. L'innovation, une solution pour préserver l'environnement

L'innovation est l'aboutissement du processus de recherche et développement (R&D). En France, entre 2006 et 2015, la R&D pour l'environnement occupe une place de plus en plus importante dans l'effort d'innovation national : les dépenses de R&D relatives à l'environnement augmentent ainsi de 72 % alors que les dépenses totales de R&D ne progressent que de 38 % environ (document 1).

L'innovation peut permettre de mettre au point de nouvelles technologies plus économes en ressources naturelles. Ainsi, dans le domaine énergétique elle peut développer les énergies renouvelables comme le solaire ou l'éolien, lesquelles se substituent aux énergies non renouvelables qui polluent (document 2). Dans le secteur automobile, l'innovation entraîne une baisse des émissions de CO2 importante : près de 20 % en France métropolitaine (document 3).

conseil

N'hésitez pas à effectuer des calculs à partir des ­données statistiques des documents : vous montrez ainsi que vous maîtrisez ces données.

Conclusion

Une croissance soutenable implique d'utiliser plusieurs types de capitaux : naturel, physique, humain, institutionnel. Le principe de soutenabilité faible défend l'idée qu'au capital naturel on peut substituer du capital physique et humain grâce à l'innovation. Celle-ci favorise le développement d'énergies renouvelables et freine les émissions de CO2.

Accéder à tous les contenus
dès 6,79€/mois

  • Les dernières annales corrigées et expliquées
  • Des fiches de cours et cours vidéo/audio
  • Des conseils et méthodes pour réussir ses examens
  • Pas de publicités
S'abonner