États-Unis – Brésil : rôle mondial

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : L'Amérique : puissance du Nord, affirmation du Sud
Type : Composition | Année : 2015 | Académie : Inédit
Corpus Corpus 1
États-Unis – Brésil : rôle mondial

L’Amérique : puissance du Nord, affirmation du Sud

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Géographie

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Pondichéry • Avril 2015

composition

Les clés du sujet

Entrer dans le sujet

  • Le sujet est centré sur la notion, implicite dans le libellé, de puissance. Il s’agit de la capacité d’un État à exercer une influence (économique, politique, militaire, culturelle) en dehors de son territoire. L’échelle ici retenue est l’échelle mondiale.
  • Le sujet porte sur deux puissances mondiales : les États-Unis et le Brésil. Bien entendu, vous devez éviter de dissocier ces deux entités car la logique du programme est comparative.
  • A priori, les dynamiques territoriales de ces deux États ne font pas partie du sujet. Cependant, elles peuvent être rapidement évoquées en relation avec lui (exemple : les métropoles mondiales).

Dégager la problématique

Comme le Brésil n’est pas une puissance complète, vous devez formuler votre problématique de façon nuancée : dans quelle mesure peut-on dire que les États-Unis et le Brésil sont des puissances mondiales ?

Définir le plan

  • Vous adopterez un plan permettant de comparer la puissance mondiale des États-Unis à celle du Brésil : un plan thématique est donc le plus adapté.
  • Vous pouvez vous inspirer des notions de hard power (puissance dure) et de soft power (puissance douce) pour l’élaborer. Ainsi, une première partie peut porter sur le domaine économique, une deuxième sur le domaine géopolitique et militaire, une troisième sur le domaine culturel.
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Les titres en couleur servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Accroche et présentation du sujet] Le second mandat de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, réélue en 2014, est marquée par un net ralentissement de la croissance économique du pays (0,3 % en 2014) ; au contraire, la fin de mandat du président des États-Unis Barack Obama par une vive reprise (2,2 % en 2014). Ces évolutions sont cruciales car elles concernent deux États exerçant, dans différents domaines, une influence mondiale.

[Problématique et annonce du plan] Pour les comparer, nous tenterons de répondre à la question suivante : dans quelle mesure les États-Unis et le Brésil sont-ils des puissances mondiales ? Nous aborderons en premier lieu le domaine économique ; en second lieu, le domaine géopolitique et militaire ; enfin, nous terminerons par le domaine culturel.

I. Deux grandes puissances économiques mondiales

1. Des performances économiques impressionnantes

Info

Depuis 2015, le PIB de la Chine est supérieur à celui des États-Unis.

  • Les États-Unis se placent au deuxième rang mondial pour la valeur de leur PIB. Ils sont les deuxièmes exportateurs mondiaux grâce à la production agricole (céréales, bovins) et industrielle (automobile, produits agroalimentaires). Grâce au dollar et à la bourse de New York, ce sont aussi une puissance financièremajeure.
  • Le Brésil est la septième puissance économique mondiale. Il est placé seulement au 22e rang mondial pour la valeur de ses exportations, mais ces dernières sont en forte croissance (céréales, bovins). Le pays joue un rôle financier secondaire à l’échelle mondiale malgré la bourse de São Paulo.

2. De puissantes firmes transnationales

Info

Le critère de classement retenu est le chiffre d’affaires, c’est-à-dire la valeur totale des ventes réalisées par l’entreprise.

  • Les firmes transnationales américaines se hissent depuis longtemps aux premiers rangs dans de nombreux secteurs d’activité : Boeing (aéronautique, 1er rang), Wall-Mart (grande distribution, 1er rang), Exxon-Mobil (pétrole 4e rang), General Motors (automobile, 4e rang).
  • Depuis une quinzaine d’années, les firmes transnationales brésiliennes affirment leur puissance mondiale : JBS (viande, 1er rang), Vale (exploitation de fer, 1er rang ; nickel, 2e rang), Embraer (3e avionneur civil du monde), Petrobras (pétrole, 10e rang).

3. De solides atouts

  • Les États-Unis (9,6 millions km2) et le Brésil (8,5 millions km2) sont des États-continents disposant d’abondantes ressources du sol et du sous-sol.
  • Leur population nombreuse (respectivement 320 millions d’habitants et 203 millions) constitue un marché deconsommation important. Si le niveau de vie de la population brésilienne est inférieur à celui des États-Unis, il progresse rapidement, comme l’atteste l’essor d’une classe moyenne.

II. Des puissances géopolitiques et militaires inégales

1. Une influence géopolitique disproportionnée

Définition

Selon le Français Hubert Védrine, l’hyperpuissance désigne la puissance complète et sans concurrence des États-Unis après la guerre froide.

  • Les États-Unis sont une hyperpuissance : disposant d’un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU et du premier réseau d’ambassades mondial, ils continuent à exercer une influence diplomatique considérable.
  • Le Brésil pâtit de son absence de siège au Conseil de sécurité et d’un réseau d’ambassades encore modeste. Cependant, au sein de l’OMC ou du G20, il tente de s’affirmer comme un leader des Suds.

2. Des moyens militaires sans commune mesure

Attention !

C’est davantage le niveau technologique que les moyens d’une armée qui est déterminant.

  • Avec le premier budget militaire, la possession d’armes de haute technologie (arme nucléaire, porte-avions, drones) et une présence mondiale (bases, flottes), les États-Unis jouent toujours le rôle de « gendarmes du monde ».
  • Doté d’un budget 20 fois inférieur et de moyens limités, le Brésil n’est qu’une puissance militaire régionale. Cependant, il participe activement aux opérations onusiennes (exemple : envoi du principal contingent de Casques bleus à Haïti en 2010).

III. Des puissances culturelles déséquilibrées

1. L’influence planétaire du mode de vie américain

Gagnez des points !

Des données chiffrées précises permettent de justifier votre propos.

  • Grâce à l’anglais (parlé par 27 % de la population mondiale), les médias (télévision, cinéma, NTIC) et leurs firmes transnationales (restauration rapide, centres commerciaux), les États-Unis diffusent leur mode de vie dans le monde.
  • Premier foyer d’immigration mondial, les États-Unis accueillent tous ceux qui sont attirés par leur modèle politique (démocratie libérale), économique (capitalisme) et social (société de consommation).

2. L’influence limitée du Brésil

  • Parlé par seulement 4 % de la population mondiale, le portugais ne permet pas d’assurer au Brésil un rayonnement mondial. Cependant, le groupe de médias Globo (télévision, cinéma, édition) exerce une influence dans toute l’Amérique latine.

Info

Coupes du monde de football et Jeux olympiques ont également une dimension économique et géopolitique.

  • L’organisation de grands événements sportifs (Coupe du monde de football en 2014, Jeux olympiques de Rio en 2016) donne au pays une plus grande visibilité mondiale.

Conclusion

[Réponse à la problématique] Ainsi, les États-Unis et le Brésil sont deux puissances économiques mondiales dont les performances traduisent l’efficacité de leurs firmes transnationales et la valorisation de leurs atouts. Cependant, dans les domaines géopolitique et culturel, la situation est beaucoup plus déséquilibrée : alors que les États-Unis exercent une influence planétaire, le Brésil n’a qu’une influence régionale. Les États-Unis sont une puissance établie alors que le Brésil est une puissance émergente.

[Ouverture] Le basculement du monde au profit du Sud, entamé depuis le début du xxie siècle, doit permettre au Brésil, comme à d’autres puissances émergentes, de développer ses ambitions mondiales.