Fluctuations économiques, mobilité sociale, politiques pour l’emploi

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Travail, emploi, chômage - Croissance, fluctuations et crises - Classes, stratification et mobilité sociales
Type : Sujet complet | Année : 2016 | Académie : France métropolitaine

 

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France métropolitaine • Juin 2016

épreuve composée • 20 points

Fluctuations économiques, mobilité sociale, politiques pour l’emploi

Mobilisation des connaissances

 1. Présentez un des mécanismes expliquant les fluctuations économiques. (3 points)

 2. Distinguez, à partir d’un exemple, la mobilité observée de la fluidité sociale. (3 points)

Étude d’un document

 Vous présenterez le document, puis vous montrerez les ­évolutions qu’il met en évidence en matière d’obtention du baccalauréat. (4 points)

Document Taux d’obtention du baccalauréat selon la génération et l’origine sociale

sesT_1606_07_05C_01

Source : Ministère de l’Éducation nationale, L’état de l’école, 2014.

1. 1987-1991p : données provisoires.

Lecture : parmi les jeunes nés de 1987 à 1991, 85 % de ceux dont le père est cadre ou profession intermédiaire sont bacheliers, contre 57 % des jeunes de père ouvrier ou employé.

Champ : France métropolitaine.

Raisonnement

À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les évolutions de l’emploi fragilisent le lien entre travail et intégration sociale. (10 points)

DOCUMENT 1 Part des formes particulières d’emploi dans l’emploi salarié du privé (en %)

sesT_1606_07_05C_02

Source : Insee, Enquêtes Emploi, 2014.

Champ : France métropolitaine, salariés du privé.

1. Contrat à durée déterminée.

2. Contrats aidés : contrats de travail pour lesquels les employeurs bénéficient d’aides qui peuvent prendre la forme de subventions à l’embauche, de suppressions de certaines cotisations sociales, d’aides à la formation.

DOCUMENT 2 Taux de chômage et part des emplois à temps partiel (en %)

 

1983

1993

2003

2013

Taux de chômage (en %)

       

Hommes

5,5

8,5

7,4

10,0

Femmes

8,8

11,1

9,0

9,7

Ensemble

6,9

9,6

8,1

9,8

Part des emplois à temps partiel (en %)

       

Hommes

3,0

4,6

5,6

7,2

Femmes

19,8

26,1

29,9

30,6

Ensemble

9,9

14,1

16,8

18,4

Source : Insee, 2015.

Champ : France métropolitaine, personnes de 15 ans et plus.

DOCUMENT 3

En termes […] d’embauches réalisées au cours d’une année, les contrats dits « atypiques» sont aujourd’hui largement dominants. En fait, non seulement le volume d’emploi par rapport à la population active a changé mais aussi – et peut-être surtout – la forme de la relation d’emploi – plus flexible et plus précaire – et le rapport au travail exigent plus d’autonomie, d’adaptabilité et de mobilité des salariés. Le développement de la concurrence internationale et les externalisations2 au sein des grands groupes ont conduit à un appauvrissement de la condition des salariés peu ou pas qualifiés, en volume d’emploi mais aussi du point de vue des conditions de travail. […] Trois facteurs principaux peuvent être dégagés pour expliquer le développement et la persistance de cette pauvreté laborieuse : le développement des bas salaires horaires, les faibles durées du travail et les emplois instables. […]

Le nombre de travailleurs pauvres augmente désormais très rapidement. Leur nombre est passé de 1,55 million en 2003 à 1,89 million en 2006, sans doute plus de 2 millions aujourd’hui. Les travailleurs pauvres [proviennent], pour l’essentiel, de l’augmentation de la pauvreté depuis 2004 (de 12,7 % à 13,2 % de la population). Ils sont concentrés dans certains secteurs : hôtellerie, restauration, commerce, nettoyage. Ils sont beaucoup plus significativement embauchés par le biais des agences d’intérim que les autres salariés et sont, en grande majorité, dans des emplois à temps partiel ou dans des emplois de courte durée, ou les deux. […] Les femmes […] occupent la plupart des emplois offrant de faibles rémunérations.

Nicolas Duvoux, « Nouveaux pauvres, nouvelles politiques », Politiques sociales et familiales, juin 2011.

1. Contrats atypiques : toutes les formes de contrats de travail qui ne correspondent pas à un emploi à durée indéterminée à temps plein (par exemple : temps partiel, intérim, etc.).

2. L’externalisation consiste, pour une entreprise, à transférer une partie de ses activités vers une autre entreprise.

Les clés du sujet

Mobilisation des connaissances

Définir les mots clés

1. Les fluctuations économiques désignent les mouvements de baisse (récession/dépression) et de hausse (expansion/croissance) de l’activité économique, mesurés à l’aide du taux de croissance en volume du PIB. Celles-ci peuvent avoir un caractère cyclique.

2. La mobilité sociale désigne les changements de position sociale au cours de sa vie (intragénérationnelle) ou par rapport à la position sociale de ses parents (intergénérationnelle). Cette dernière est observée grâce aux tables de mobilité qui classent les individus en fonction de leur catégorie socioprofessionnelle et celle de leur père. La fluidité sociale mesure la probabilité d’accès à une position sociale en fonction de son origine sociale. Plus le lien entre origine sociale et position sociale se réduit, plus la fluidité est grande.

Structurer sa réponse

1. Après avoir expliqué ce qu’est un choc macroéconomique, nous allons montrer par quels enchaînements un choc d’offre négatif, tel qu’une augmentation de forte ampleur du prix du baril de pétrole, peut entraîner un ralentissement de l’activité économique.

2. Après avoir montré que la mobilité observée des ouvriers et des cadres est marquée par le poids de l’immobilité, une analyse en termes de fluidité sociale permettra de relativiser ce constat.

Étude d’un document

Définir les mots clés

Le baccalauréat (bac) est un diplôme délivré par le ministère de l’Éducation nationale à la fin des études secondaires. Il existe trois types de baccalauréat correspondant aux trois filières de l’enseignement secondaire : général, technologique, professionnel. Le bac permet d’accéder aux études supérieures.

Comprendre le document

Le document est un histogramme publié en 2014 dont la source est le ministère de l’Éducation nationale. Il indique la part des bacheliers nés entre 1967 et 1991 selon leur origine sociale. Ce document nous permet d’étudier l’évolution de la part des bacheliers dans une génération. Il nous permet de comparer la part des bacheliers enfants de cadres ou professions intermédiaires à la part des bacheliers enfants d’ouvriers ou d’employés.

Structurer sa réponse

Dans la réponse, après avoir présenté le document, nous étudierons l’évolution du taux d’obtention du baccalauréat puis nous comparerons ces taux suivant l’origine sociale.

Raisonnement

Entrer dans le sujet

L’emploi désigne une forme de travail définie par des normes sociales et juridiques. On peut ainsi mettre en évidence plusieurs types d’emploi : des emplois stables ou au contraire précaires, des emplois à plein temps ou à temps partiel, des emplois qualifiés ou non qualifiés.

L’intégration peut être définie comme le processus par lequel un individu se sent appartenir à une société. La famille, l’école et précisément le travail sont considérés comme des instances d’intégration essentielles dans notre société.

Comprendre les documents

Le document 1 est un graphique, issu des enquêtes emploi de l’Insee, qui présente l’évolution de 1982 à 2011 des formes particulières d’emploi, c’est-à-dire des emplois précaires, en pourcentage de l’emploi salarié privé. Sur la période, la part de ces emplois a plus que doublé, en lien avec la progression des contrats à durée déterminée et de l’intérim.

Le document 2, un tableau de l’Insee, présente les évolutions entre 1983 et 2013 du taux de chômage et de la part des emplois à temps partiel, données exprimées en pourcentage, pour les hommes, les femmes et l’ensemble de la population. En trente ans, le taux de chômage augmente de trois points pour atteindre 10 %, tandis que la proportion d’emplois partiels a presque doublé.

Le document 3 est un texte publié en 2011 qui relie l’augmentation du nombre de travailleurs pauvres depuis une dizaine d’années à la dégradation du marché du travail. Le développement des emplois atypiques, c’est-à-dire à temps partiel et/ou précaires, rémunérés à des taux horaires faibles, a pour conséquence la progression de la « pauvreté laborieuse » qui touche plus fréquemment les femmes travaillant dans le secteur des services.

Définir le plan

On montrera que la progression du chômage remet en cause le rôle intégrateur du travail dans notre société, puis nous expliquerons que les emplois précaires et à temps partiel, en nette augmentation depuis les années 1980, ne garantissent pas l’intégration des actifs occupant ces types d’emplois.

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