Freud, Malaise dans la civilisation

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle Générale | Thème(s) : Le travail
Type : Explication de texte | Année : 2020 | Académie : Inédit


Explication de texte

Freud, Malaise dans la civilisation

4 heures

20 points

Intérêt du sujet • Qui ne rêve pas parfois d’une vie d’oisiveté, loin des contraintes qu’inflige le travail ? Mais travail et bonheur s’opposent-ils systématiquement ? Freud vous invite à penser le contraire… et à préparer avec ardeur votre baccalauréat !

 

Expliquez le texte suivant :

En l’absence de dons spéciaux de nature à orienter les intérêts vitaux dans une direction donnée, le simple travail professionnel, tel qu’il est accessible à chacun, peut jouer le rôle attribué dans Candide à la culture de notre jardin, culture que Voltaire nous conseille si sagement. Il ne m’est pas loisible dans une vue d’ensemble aussi succincte, de m’étendre suffisamment sur la grande valeur du travail au point de vue de l’économie de la libido1. Aucune autre technique de conduite vitale n’attache l’individu plus solidement à la réalité, ou tout au moins à cette fraction de la réalité que constitue la société, et à laquelle une disposition à démontrer l’importance du travail vous incorpore fatalement. La possibilité de transférer les composantes narcissiques, agressives, voire érotiques de la libido dans le travail professionnel et les relations sociales qu’il implique, donne à ce dernier une valeur qui ne le cède en rien à celle que lui confère le fait d’être indispensable à l’individu pour maintenir et justifier son existence au sein de la société. S’il est librement choisi, tout métier devient source de joies particulières, en tant qu’il permet de tirer profit, sous leurs formes sublimées, de penchants affectifs et d’énergies instinctives évoluées ou renforcées déjà par le facteur constitutionnel. Et malgré tout cela, le travail ne jouit que d’une faible considération dès qu’il s’offre comme moyen de parvenir au bonheur. C’est une voie dans laquelle on est loin de se précipiter avec l’élan qui nous entraîne vers d’autres satisfactions. La grande majorité des hommes ne travaillent que sous la contrainte de la nécessité, et de cette aversion naturelle pour le travail naissent les problèmes sociaux les plus ardus.

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation, 1930, trad. C. et J. Odier.

1. Libido : utilisation de l’énergie des pulsions sexuelles à des fins socialement utiles.

 

Les clés du sujet

Définir le thème et la thèse

D’après l’auteur, que peuvent faire les hommes qui n’ont pas de « dons spéciaux » pour mener une vie meilleure ?

Quels sont les bénéfices du travail pour l’homme ?

Dégager la problématique

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Repérer les étapes de l’argumentation

Tableau de 3 lignes, 2 colonnes ;Corps du tableau de 3 lignes ;Ligne 1 : 1. Le travail intègre l’individu à la société (l. 1 à l. 10); Dans quelles circonstances le travail peut-il jouer un rôle analogue à celui de la culture de son jardin, préconisée dans Candide ?Pourquoi Freud ne développe-t-il pas davantage dans cet ouvrage l’idée de l’importance du travail ?Quel effet a le travail sur l’individu ?; Ligne 2 : 2. Des pulsions libidinales transférées dans le travail (l. 10 à l. 18); Expliquez les raisons qui fondent la valeur du travail pour l’individu.À quelle(s) condition(s) un métier peut-il être source de joie ?; Ligne 3 : 3. L’aversion pour le travail (l. 18 à l. 24); Comment le travail est-il considéré par la majorité des hommes ?Expliquez quelles sont les conséquences de l’aversion au travail.;