Handicap visuel et école

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re ES - 1re L | Thème(s) : De l’œil au cerveau
Type : Partie 1 | Année : 2014 | Académie : Moyen-Orient
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
Handicap visuel et école
 
 

Représentation visuelle

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Thèmes communs

5

CORRIGE

 

Liban • Mai 2014

Représentation visuelle • 8 points

Philippe M., jeune porte-parole de la Fondation des maladies de l’œil :

« J’ai 19 ans et je suis atteint de la maladie de Stargardt. Cette maladie dégénérative affecte la macula, une région située au centre de la rétine. Il en résulte donc une baisse progressive de la vision centrale. J’ai reçu ce diagnostic à l’âge de 13 ans.

La baisse de ma vision a affecté mes résultats scolaires, jusqu’à ce que j’aie accès à des ressources adaptées, comme des manuels agrandis ou un portable pour la prise de notes. Avec ces outils, j’ai enfin pu suivre le même parcours scolaire que tous les jeunes de mon âge. »

DOCUMENT 1

 

a. Vision normale (photo A) et vision avec la maladie de Stargardt (photo B)

Photo A

 

b. Trajet des rayons lumineux lors de la vision de loin (œil sain)


 

Schéma (en coupe) de l’œil

Remarque : le trajet des rayons lumineux entre la cornée et le cristallin n’est pas schématisé.

DOCUMENT 2

L’origine de la maladie

La maladie de Stargardt est une maladie génétique qui entraîne une perte de vision progressive.


 

 

Les cellules pigmentaires apportent des éléments vitaux aux photorécepteurs.

Photos extraites de www.oct-optovue.com, Dr Jean-Michel Muratet.

DOCUMENT 3

La prise en charge pour l’amélioration du confort visuel

Les personnes malades gardent une vision partielle qui peut être améliorée par des aides optiques comme des lunettes grossissantes, des loupes, des écritures avec de gros caractères (livres, revues, cartes à jouer, cadrans, écrans…).

Un traitement a été envisagé en novembre 2010 par une société américaine. Elle a reçu une autorisation pour entreprendre des essais cliniques utilisant des cellules souches embryonnaires humaines dans le but de traiter la maladie de Stargardt.

Lors d’études précliniques, les chercheurs de cette société ont d’abord conduit leurs travaux sur des rats atteints de cette maladie en injectant des cellules pigmentaires dans les yeux. Les résultats se sont révélés encourageants : leur vision s’est améliorée de façon significative et ils n’ont subi aucun effet indésirable.

En 2012, une autre société a expérimenté la greffe de cellules souches pigmentaires humaines sous la rétine, sur des patientes atteintes de la maladie de Stargardt. Quatre mois plus tard, leur vision a connu une amélioration.

Lors d’une séance de vie de classe, vous avez été sensibilisé(e) à la question de l’accueil des élèves en situation de handicap.

À la demande de vos camarades de classe, vous souhaitez proposer des explications scientifiques concernant la formation des images sur la rétine et l’origine des problèmes de vision d’un camarade atteint de la maladie de Stargardt.

Vous souhaitez également préciser la nécessité des mesures d’accompagnement scolaire pour lui permettre de réussir malgré sa maladie, et l’espoir apporté par la recherche.

> Rédigez le texte sur lequel s’appuiera votre intervention devant la classe.

Vous développerez votre argumentation en vous appuyant sur les documents et sur vos connaissances (qui intègrent, entre autres, les connaissances acquises dans les différents champs disciplinaires).

Interpréter la question

  • Il s’agit dans un premier temps d’utiliser les documents que vous associerez à vos connaissances afin d’expliquer les symptômes de la maladie visuelle de Stargardt.
  • Dans un deuxième temps, le sujet demande de montrer qu’il y a des espoirs de guérison (document 3). Il faut donc au préalable avoir indiqué la cause de la maladie.
  • Enfin, il faut souligner l’importance de l’accompagnement éducatif (ressources adaptées, personnes formées) pour permettre aux personnes déficientes visuelles de réussir leur parcours scolaire.

Comprendre les documents

  • Document 1 : il présente les symptômes de la maladie. Les deux documents 1a et 1b vont ensemble, il faut utiliser vos connaissances sur la rétine et sur la formation des images pour les exploiter correctement.
  • Document 2 : il permet de comparer la macula d’une rétine atteinte et d’une rétine non atteinte. Il permet d’identifier la cause des symptômes.
  • Document 3 : il présente les aides et les thérapies cellulaires qui sont l’espoir des personnes atteintes.

Organiser la réponse

On peut traiter les trois parties demandées dans le sujet dans l’ordre que l’on veut. L’important est de suivre un fil conducteur logique. Nous avons choisi de présenter et expliquer les symptômes (document 1) puis de montrer comment on peut, en les connaissant, créer des ressources adaptées (document 3). Enfin, nous exposons la cause de la maladie (document 2) afin de déterminer la façon dont on peut espérer la guérir (document 3).

Corrigé

Bonjour à tous,

Je vais vous parler aujourd’hui du handicap visuel et pour cela, avec son accord, je vais commencer par vous présenter la maladie dont souffre ­Thomas. Comme vous le savez peut-être, ses troubles ont commencé à apparaître lors de son arrivée au collège. En effet, la maladie de Stargardt est une maladie neurodégénérative : le système nerveux visuel ne se dégrade pas d’un seul coup, mais progressivement.

Les cellules photoréceptrices de la rétine, une fine membrane nerveuse qui tapisse le fond de l’œil, sont peu à peu détruites. Or, ces cellules sont responsables de la conversion des images lumineuses en messages nerveux visuels. J’ai préparé ces documents afin que vous puissiez mieux vous mettre à la place de Thomas et comprendre sa maladie. Comme vous pouvez le voir sur ce document 1a, ce n’est pas tout le champ visuel qui est atteint, mais le champ visuel central correspondant aux images qui se forment sur la macula. Celles-ci ne sont donc pas détectées (document 1b).

C’est-à-dire qu’enfixant les objets, il ne les voit pas, contrairement à ceux qu’il ne fixe pas. Or la rétine centrale, et plus particulièrement la fovéa, est la zone d’acuité visuelle maximale : c’est là que les images sont le mieux discriminées par les photorécepteurs (chaque cône donne naissance à un message sur une fibre du nerf optique : le cerveau reçoit de nombreux messages sur l’image « décodée point par point ») alors qu’en périphérie, la vision est floue (plusieurs photorécepteurs donnent un message unique sur une seule fibre du nerf optique : le cerveau reçoit peu de messages distincts sur l’image).

L’école doit prendre en compte cette maladie et ses symptômes pour adapter les ressources qu’elle propose aux personnes atteintes de ce type de handicap : en offrant des ressources avec des caractères agrandis, en proposant des séances de suivi avec des personnes formées au handicap, elle leur permet de suivre le même parcours scolaire que nous. Puisqu’on sait que c’est possible, c’est à nous de nous assurer que ces aides sont bien proposées.

Enfin, vous devez vous demander s’il est possible de guérir de telles maladies rétiniennes ? Pour cela, il faut déjà en connaître la cause. Dans le cas de la maladie de Thomas, le problème vient de cellules situées dans la couche de cellules pigmentaires accolée à la rétine. Sur ce deuxième document, on peut voir qu’elle est particulièrement fine par rapport à celle qui existe dans un œil non atteint. Cela signifie que ces cellules, normalement présentes, ne le sont pas. Or, elles apportent des éléments vitaux aux photorécepteurs. C’est pourquoi ceux-ci dégénèrent peu à peu. Dans le cas de la maladie de Stargardt, le problème est localisé en dessous de la macula, la zone qui dégénère dans la maladie de Thomas ! Actuellement, des essais très encourageants basés sur la thérapie génique visent à remplacer les cellules défectueuses par des cellules souches embryonnaires. Chez les rats, cela fonctionne. Chez les humains, les premiers essais montrent des résultats encourageants. Thomas et d’autres peuvent ainsi avoir l’espoir de guérir, même s’il ne s’agit pas d’une récupération totale. Mais, d’ici là, il faut être vigilant afin qu’ils disposent des mêmes conditions de réussite que nous à l’école.