Hobbes, Léviathan

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : La liberté
Type : Explication de texte | Année : 2017 | Académie : France métropolitaine

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France métropolitaine • Juin 2017

explication de texte • Série ES

Hobbes

Expliquer le texte suivant :

 

Étant donné […] qu’il n’existe pas au monde de République où l’on ait établi suffisamment de règles pour présider à toutes les actions et paroles des hommes (car cela serait impossible), il s’ensuit nécessairement que, dans tous les domaines d’activité que les lois ont passés sous silence, les gens ont la liberté de faire ce que leur propre raison leur indique comme étant le plus profitable. Car si nous prenons la liberté au sens propre de liberté corporelle, c’est-à-dire le fait de ne pas être enchaîné, ni emprisonné, il serait tout à fait absurde, de la part des hommes, de crier comme ils le font pour obtenir cette liberté dont ils jouissent si manifestement. D’autre part, si nous entendons par liberté le fait d’être soustrait aux lois, il n’est pas moins absurde de la part des hommes de réclamer comme ils le font cette liberté qui permettrait à tous les autres hommes de se rendre maîtres de leurs vies. Et cependant, aussi absurde que ce soit, c’est bien ce qu’ils réclament ; ne sachant pas que les lois sont sans pouvoir pour les protéger s’il n’est pas un glaive entre les mains d’un homme (ou de plusieurs), pour faire exécuter ces lois. La liberté des sujets ne réside par conséquent que dans les choses que le souverain, en réglementant les actions des hommes, a passées sous silence, par exemple la liberté d’acheter, de vendre, et de conclure d’autres contrats les uns avec les autres ; de choisir leur résidence, leur genre de nourriture, leur métier, d’éduquer leurs enfants comme ils le jugent convenable et ainsi de suite.

 

Thomas Hobbes, Léviathan, 1651.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Les clés du sujet

Dégager la problématique du texte

Hobbes se pose la question suivante : quelle liberté nous reste-t-il dans le cadre d’un État ? En effet, l’État apparaît comme un cadre contraignant qui limite nos actions par ses lois. Or, qu’est-ce qu’une liberté limitée par des lois ?

A priori, on pourrait penser que les lois s’opposent à notre liberté en ce qu’elles nous apparaissent contraignantes. Mais l’État nous ôte-t-il vraiment, par ses lois, toute forme de liberté ?

Hobbes nous invite dans ce texte à reconsidérer le rapport de la liberté aux lois, en interrogeant notre aspiration commune à la liberté. Quelle liberté revendiquons-nous ? Est-ce la seule liberté de mouvement ? Est-ce celle qui consisterait à faire ce que nous voulons au mépris des lois ? La question est alors de savoir si enfreindre la loi nous permet d’être libres, et, en somme, quelle liberté est possible pour nous. S’il est nécessaire que des lois régissent nos rapports en limitant nos volontés, cela signifie-t-il que nous n’avons plus aucune liberté ? Mais alors, comment définir notre liberté ? Comment circonscrire le domaine dans lequel elle peut se déployer ?

Repérer la structure du texte et les procédés d’argumentation

Dans un premier temps, Hobbes circonscrit d’emblée la liberté dont dispose le citoyen d’une République : le citoyen, dit-il, est libre de faire tout ce sur quoi la loi ne se prononce pas.

Dans un second temps de l’argumentation, il écarte deux représentations possibles de la liberté, en mettant en évidence leur caractère contradictoire.

Enfin, Hobbes tire les conséquences de son raisonnement : la seule liberté dont il nous est possible de jouir est circonscrite par la loi. En somme, le domaine de notre liberté correspond à la limite du pouvoir du souverain.

Éviter les erreurs

Pour expliquer ce texte, vous devrez d’abord relever les distinctions et définitions qui soutiennent l’argumentation : « si nous prenons la liberté au sens propre de liberté corporelle, c’est-à-dire le fait de ne pas être enchaîné, ni emprisonné »/« si nous entendons par liberté le fait d’être soustrait aux lois »/« la liberté des sujets ne réside par conséquent que dans les choses que le souverain, en réglementant les actions des hommes, a passées sous silence » ; « sujets »/« souverains ».