Kant, Leçons d'Éthique

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle Générale | Thème(s) : Le devoir
Type : Explication de texte | Année : 2020 | Académie : Inédit


Explication de texte

Kant, Leçons d’éthique

4 heures

20 points

Intérêt du sujet • Socrate, qui exalte la vertu, était-il irréprochable dans sa vie ? Certains moquent ces philosophes qui voudraient que nous soyons tous vertueux, alors qu’ils sont des hommes, et non des saints. Mais les lois morales doivent-elles être relatives, souples, et admettre des exceptions ?

 

Expliquer le texte suivant :

Il suffit par exemple qu’un malheureux nous aborde pour que nous ressentions de la compassion pour lui et lui venions en aide, ce qui toutefois ne se serait pas produit s’il nous avait implorés par écrit. De même un voyageur de passage qui aperçoit des miséreux étendus sur son chemin et leur porte secours, n’est pas poussé à agir ainsi pour en retirer des honneurs ou un avantage personnel, car bientôt il aura quitté ces lieux, mais parce que cette action est bonne en elle-même. Il y a donc dans notre cœur quelque chose de moralement pur, bien que sa force d’impulsion ne suffise pas complètement pour faire contrepoids à nos impulsions sensibles. Mais le jugement sur la pureté morale attire à lui, par association, de nombreux motifs de pureté, aiguillonnant ainsi nos actions, jusqu’au point où cela devient chez nous une habitude. On ne doit donc pas persister à chercher les taches et les faiblesses chez les hommes, ou dans la vie d’un Socrate par exemple, car cela n’est d’aucune utilité, plus encore, c’est là une pratique nuisible. En accumulant ainsi les exemples d’imperfection morale, on finit par se flatter soi-même de sa propre imperfection. Cette avidité à trouver des défauts chez les autres trahit une forme de méchanceté, mais aussi d’envie devant la moralité que l’on voit briller chez autrui, et dont on est soi-même dépourvu. Le principe que nous tirons de la faiblesse de la nature humaine est le suivant : les lois morales ne doivent jamais s’ajuster aux faiblesses de l’homme, mais doivent être présentées dans leur sainteté et dans leur pureté parfaites, quelle que soit la constitution de la nature humaine.

Emmanuel Kant, Leçons d’éthique, 1780.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

 

Les clés du sujet

Repérer le thème et la thèse

Kant se demande si la morale doit tenir compte de l’imperfection de la nature humaine.

Il démontre ici qu’il existe en nous une aptitude au désintéressement, et que partir de nos imperfections pour définir les lois morales ruinerait la morale : on doit donc définir les lois morales sans se demander s’il nous est possible de leur obéir.

Dégager la problématique

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Repérer les étapes de l’argumentation

Tableau de 3 lignes, 2 colonnes ;Corps du tableau de 3 lignes ;Ligne 1 : 1. Il y a en nous des indices d’une pureté morale (l. 1 à l. 7); Le texte s’ouvre sur deux exemples montrant notre capacité à agir de façon désintéressée : il y a en nous des indices de pureté morale.; Ligne 2 : 2. Nous résistons à nos penchants grâce à notre raison (l. 7 à l. 12); Mais nous résistons à nos impulsions sensibles plus sûrement par notre raison : Kant distingue alors cette bonté spontanée du jugement moral par lequel notre raison résiste à nos penchants.; Ligne 3 : 3. De notre faiblesse, il faut conclure à la nécessité de lois morales rigoureuses (l. 12 à l. 23); De notre faiblesse, il ne faut donc pas conclure à l’inutilité des lois morales parfaites : le constat de notre faiblesse doit déboucher sur une éthique rigoureuse, qui ne prend pas pour point de départ ce qu’il nous est possible de faire.;