L'analyse en termes de classes sociales

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Classes, stratification et mobilité sociales
Type : Raisonnement sur un dossier documentaire | Année : 2017 | Académie : Polynésie française


Polynésie française • Juin 2017

raisonnement • 10 points

L’analyse en termes de classes sociales

À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les inégalités peuvent rendre pertinente l’analyse de la structure sociale en termes de classes.

document 1 La distribution du niveau de vie1 en 2014 et du patrimoine2 en 2015 en France

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Source : Insee, 2016.

1. Le niveau de vie d’un ménage correspond au revenu disponible du ménage divisé par un indicateur de la taille du ménage.

2. Le patrimoine correspond notamment aux stocks d’actifs financiers (actions, obligations, comptes bancaires…) et immobiliers (logements, terrains…).

document 2

Si la part de l’industrie a sensiblement diminué parmi les actifs en emploi, et si les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent désormais 16 % de la population active, il reste en 2009 plus de 5,6 millions d’ouvriers, représentant encore 22 % de la population active. Ajoutés aux 7,4 millions d’employés, ils constituent un ensemble de près de 13 millions de salariés occupant des emplois d’exécution. Loin d’avoir disparu, les travailleurs « routiniers » représentent près de 51 % des actifs occupés. Si cette proportion a diminué au cours des vingt dernières années (elle était de 55 % en 1989), le nombre absolu d’ouvriers et d’employés a quant à lui augmenté de 1,1 million, en raison de la hausse de la population active […].

Les considérations quantitatives ne doivent toutefois pas occulter les transformations à l’œuvre dans le bas de la structure sociale. Outre la tertiarisation des emplois, il faut prendre en compte la pertinence croissante du clivage entre non-qualifiés et qualifiés, qui supplante progressivement le clivage entre employés et ouvriers. Des travaux récents ont montré que les non-qualifiés, ouvriers ou employés, étaient de plus en plus un segment à part de la main-d’œuvre, représentant presque une « nouvelle classe sociale». Ces 5,5 millions de non-qualifiés se distinguent objectivement des autres ouvriers et employés, et d’abord du point de vue du salaire et du niveau de vie, sensiblement plus faibles que pour le reste des salariés. Ces métiers […] sont aussi ceux qui imposent des conditions de travail plus pénibles que le reste des emplois d’exécution. […] Sur le marché du travail, l’écart se creuse entre les professions hautement qualifiées et les emplois « peu qualifiés ».

Camille Peugny, Le destin au berceau, 2013.

1. Thomas Amossé et Olivier Chardon, « Les travailleurs non qualifiés : une nouvelle classe sociale ? », Économie et Statistique, 2006.

document 3 Part des jeunes sortis des études supérieures en 2010 qui sont devenus cadres ou professions intermédiaires en 2013 en France (en %)

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Source : Céreq, enquête Génération 2010.

Lecture : près de 60 % des jeunes ayant obtenu une licence professionnelle en 2010 appartiennent trois ans plus tard à la catégorie des professions intermédiaires et environ 17 % deviennent cadres.

Les clés du sujet

Entrer dans le sujet

Les inégalités désignent les différences injustes ou illégitimes dans l’accès à des ressources économiques, sociales ou culturelles.

La structure sociale est la composition d’une société en différents groupes sociaux.

Une analyse en termes de classes sociales se réfère à deux analyses fondatrices : celle de Karl Marx, pour qui la société est structurée en groupes sociaux aux conditions d’existence et aux intérêts antagonistes issus de leur place dans le mode de production capitaliste ; celle de Max Weber, pour lequel la classe sociale relève d’un des trois ordres structurant la société, l’ordre économique. Elle s’appuie aussi sur des analyses contemporaines issues par exemple des travaux de Pierre Bourdieu.

Le sujet invite à penser les inégalités comme liées à une société structurée en classes.

Comprendre les documents

Le graphique du document 1 représente les courbes de Lorenz du niveau de vie et du patrimoine. Il s’interprète de la façon suivante : les 10 % de la population les moins riches (le décile 1) ont perçu en 2014 un peu moins de 5 % du niveau de vie total, et possède une part quasi nulle du patrimoine en 2015. Ce graphique montre l’inégale distribution des revenus et des patrimoines entre les plus pauvres et les plus riches.

Le document 2 évoque la place toujours importante des « salariés d’exécution » (ou « travailleurs routiniers »), occupant encore plus de la moitié de la population active avec 13 millions de personnes, et parmi elles le poids des « travailleurs non qualifiés » qui connaissent des écarts croissants de rémunération et de conditions de vie avec les salariés qualifiés, assimilables à « une nouvelle classe sociale ».

Le diagramme en bâtons du document 3 montre le taux d’accès aux catégories « cadres » et « professions intermédiaires » selon le niveau de diplôme. Par exemple les titulaires d’une licence professionnelle appartenaient pour 60 % d’entre eux à la catégorie « professions intermédiaires » et pour 15 % à la catégorie « cadres », trois ans après leur sortie d’études.

Définir le plan

Nous exposerons successivement les analyses traditionnelles puis contemporaines des classes sociales en les confrontant à la réalité des inégalités aujourd’hui.