L’Asie du Sud et de l’Est : les défis de la population et de la croissance

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : L'Asie du Sud et de l'Est : les enjeux de la croissance
Type : Composition | Année : 2014 | Académie : Pondichéry
Corpus Corpus 1
L’Asie du Sud et de l’Est : les défis de la population et de la croissance

France métropolitaine 2015

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1

France métropolitaine • Juin 2015

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Asie du Sud et de l’Est

L’Asie du Sud correspond au monde indien, l’Asie de l’Est au monde chinois. Entre les deux, l’Asie du Sud-Est, à ne pas oublier, est un mélange des deux.

défis de la population et de la croissance

La croissance démographique lance aux États asiatiques un défi : sauront-ils favoriser la croissance économique et, plus encore, le développement nécessaires à la vie de populations numériquement très importantes ?

 

La problématique

Quelle relation existe-t-il entre croissance démographique et croissance économique en Asie du Sud et de l’Est ? La croissance démographique est-elle un potentiel ou un frein pour l’essor économique des pays asiatiques ? Comment mettre la croissance économique de cet espace au service de son développement ?

Utilisez les mots clés


 

Évitez les pièges

  • Il ne s’agit pas ici d’étudier tous les aspects de cette aire continentale : on ne vous demande pas un catalogue ! Centrez votre réflexion sur la problématique induite par ce sujet.
  • Attention à ne pas présenter la très forte population de cet espace uniquement comme un poids. Ce facteur a en effet pu être un réel atout, par exemple pour l’évolution économique récente de la Chine.
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Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Accroche] À la mort de Mao Zedong, en 1976, la Chine a une population massivement rurale et connaît une pauvreté endémique. Quarante ans plus tard, elle est la première économie mondiale en parité de pouvoir d’achat. Que s’est-il passé ?

[Problématique] En Asie du Sud et de l’Est, comme en Chine, l’évolution de la population a été très vive depuis 1945. Pourtant production et richesse ont connu une forte augmentation. Comment ces pays ont-ils pu promouvoir une croissance économique suffisante pour leur masse démographique ? Et passer de la croissance au développement ?

Conseil

Pour rendre la lecture du plan plus aisée au correcteur, il peut être astucieux d’en souligner les idées essentielles (ici en rouge).

[Annonce du plan] Sa masse démographique n’a pas empêché l’Asie du Sud et de l’Est de parvenir à un certain degré de développement. La mondialisation a impulsé une puissante croissance économique. Mais si cette croissance a permis le développement, celui-ci connaît de nombreux impondérables.

I. La loi des grands nombres

1. La moitié du monde

  • La masse démographique concernée est colossale : 1,8 milliard d’habitants en Asie du Sud, 1,6 milliard en Asie de l’Est. Chine et Inde sont les pays les plus peuplés de la planète. Avec l’Asie du Sud-Est, on arrive à 4 milliards, soit plus de la moitié du monde.
  • Les pays les plus développés ont un comportement démographique avancé – le solde naturel est négatif au Japon –, et la Chine a freiné sa croissance démographique. Mais l’Inde ne ralentit que lentement et comptera 1,7 milliard d’habitants en 2050.
  • Plaines et deltas rizicoles concentrent des densités phénoménales. L’Asie reste très rurale : l’Inde l’est à 70 % et la Chine n’est majoritairement urbaine que depuis 2011.

2. De grandes aires de civilisation

  • L’Asie de l’Est est le berceau d’une des plus grandes civilisations de l’histoire : la civilisation chinoise, qui remonte à 35 siècles.
  • L’Asie du Sud est marquée par la civilisation indienne, également héritière d’une longue histoire : l’hindouisme est vieux de 35 siècles.
  • L’Asie du Sud-Est est un assemblage complexe, héritière d’influences à la fois chinoises et indiennes.

3. Démographie et développement

  • Les niveaux de vie sont très différents. Face à un Japon très riche, l’Asie du Sud reste marquée par une grande pauvreté, néanmoins en voie de réduction.
  • L’Asie de l’Est est cependant en plein dans une fenêtre démographique exceptionnelle, avec une majorité de classes d’âge adultes.
  • L’avenir est en revanche lourd d’incertitudes : le Japon et la Corée du Sud sont en stagnation démographique, et la Chine vieillit de façon vertigineuse.

[Transition] De telles masses démographiques ont-elles permis, freiné ou interdit la croissance économique ?

II. Des Asies en croissance économique

1. Les vagues de la croissance asiatique

  • La croissance asiatique a été inégale dans le temps et dans l’espace : elle s’est réalisée par vagues. Le Japon a connu la « haute croissance » (1955-1973) qui en a fait la deuxième économie mondiale à partir de 1968.
  • Dès les années 1960, les quatre « Dragons » (Hong Kong, Corée du Sud, Taïwan, Singapour) ont suivi l’exemple japonais. Dans les années 1970, ce fut le tour des « Tigres » (Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Philippines).

Info

La théorie du « vol d’oies sauvages » est un modèle de développement illustrant l’interaction entre un pays en développement et des pays plus avancés.

  • Les années 1980 virent la diffusion de la croissance en Chine et dans les pays de troisième génération. L’Asie du Sud décolle depuis les années 1990. C’est le développement en « vol d’oiessauvages ».

2. Pays dominants, pays émergents

  • Le résultat de cette croissance décalée est que les niveaux de développement sont très différents. Le Japon et les quatre Dragons apparaissent comme des pays dominants. De leur côté, en raison de leur taille, Chine et Inde sont des émergents à part.
  • L’ouverture de la Chine au capitalisme fait exploser son taux de croissance : 10 % en moyenne par an depuis 1980 – avec un ralentissement récent néanmoins. La Chine devient l’« usine du monde ». Ses exportations de produits manufacturés à bas coût inondent la planète.
  • L’Inde libéralise son économie plus tard, à partir de 1991. Le taux de croissance tourne autour de 7 % par an depuis son insertion dans la mondialisation. Spécialisée dans les services informatiques, c’est le « bureau du monde ».

3. Les modalités spatiales de la croissance asiatique

  • La croissance asiatique s’est partout réalisée grâce à une insertion réussie dans la mondialisation. Chaque pays a pris sa place dans une division internationale du travail (DIT) impulsée par les firmes transnationales (FTN).
  • Les échanges ont explosé au rythme des taux de croissance. Les économies se sont rapidement littoralisées, avec 9 des 10 premiers ports mondiaux. Les façades maritimes constituent les interfaces de la mondialisation.
  • Les grandes métropoles sont devenues d’importants centres d’impulsion de l’économie mondiale, concentrant les fonctions de commandement.

[Transition] Cette incontestable croissance économique permet-elle le développement ? Et est-elle durable ?

III. Des Asies en développement ?

1. La croissance asiatique à l’épreuve du temps

  • Une telle croissance est-elle durable ? Elle consomme en effet main-d’œuvre et matières premières à un rythme difficilement soutenable.

Info

Un pays pratique le dumping monétaire quand il sous-évalue sa monnaie nationale par rapport aux autres devises, favorisant ainsi ses exportations.

  • Elle est aussi partiellement artificielle : la moitié de la croissance chinoise est ainsi fondée sur le déficit commercial des pays occidentaux, le dumping monétaire et l’utilisation de technologies étrangères.
  • La convergence des pays émergents d’Asie avec la Triade (États-Unis, Japon, Union européenne) est réelle, mais les délocalisations se dirigent à présent vers l’Asie méridionale ou le Vietnam.

2. Une croissance inégale ?

  • Le développement est réel : l’indice de développement humain (IDH) de l’Asie de l’Est est passé de 0,383 en 1980 à 0,643 en 2010 ; celui de l’Asie du Sud de 0,315 à 0,516. La pauvreté s’est réduite massivement. Les classes moyennes se développent : elles seraient 300 millions en Chine.
  • Ce développement est encore spatialement assez inégal : la puissance des processus maritimes privilégie nettement les littoraux par rapport aux espaces intérieurs. Et les campagnes restent souvent en retard face à l’essor urbain.
  • Mais surtout la montée des inégalités sociales accompagne aussi le développement. Les contrastes s’en trouvent accrus.

3. Une croissance au prix de l’environnement ?

  • La Chine est le premier émetteur mondial en volume de gaz à effet de serre depuis 2006. Un « nuage brun » de pollution plane sur l’Asie orientale.
  • La littoralisation des économies asiatiques et les fortes densités entraînent un accroissement des risques naturels et industriels, comme le montre le tsunami suivi de l’accident nucléaire de Fukushima au Japon en 2011.
  • La prise en compte des questions environnementales est toutefois encore très inégale. Priorité est donnée au développement.

Conclusion

[Reprise] L’Asie du Sud et de l’Est représente plus de la moitié du monde. Cette explosion démographique, aujourd’hui ralentie, n’a cependant pas empêché une forte croissance économique liée à l’insertion de la région dans la mondialisation. Et cette croissance a permis un réel développement, quoiqu’incomplet et menacé dans sa pérennité.

[Réponse] L’évolution démographique n’a donc pas empêché la croissance économique et le développement, même si son rythme, parfois très élevé, a pu freiner l’une et l’autre. Les modalités de la croissance par insertion dans la mondialisation ont débouché sur le développement, mais induisent également des inégalités très marquées.

[Remise en perspective] L’avenir n’est d’ailleurs pas exempt de menaces. Les risques environnementaux sont encore assez négligés, et la région connaît nombre de tensions géopolitiques entre des pays que la croissance économique a transformés en puissances régionales, voire mondiales.