L’élevage d’insectes : une solution durable pour la planète

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re L - 1re ES | Thème(s) : Vers une agriculture durable
Type : Partie 3 | Année : 2012 | Académie : Amérique du Sud
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet & Corrigé
 
L’élevage d’insectes : une solution durable pour la planète

Nourrir l’humanité

SVT

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Amérique du Sud • Novembre 2012

Nourrir l’humanité • 6 points

Pour nourrir une population mondiale croissante évaluée à neuf milliards d’humains à l’horizon 2050, la production alimentaire devra être augmentée et, selon la FAO1, la demande mondiale en animaux d’élevage devrait alors plus que doubler.

1 FAO : Food and Agriculture Organization, Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Document 1

Surface du sol et volume d’eau nécessaires pour produire un kilogramme de matière animale


Document 2

Équivalent, en kilomètres parcourus en voiture, des émissions de gaz à effet de serre1 pour la production d’un kilogramme de matière animale


1 Gaz à effet de serre : gaz présent dans l’atmosphère et dont les propriétés contribuent à augmenter la température de l’atmosphère et donc celle de la surface planétaire.

Document 3

Quelques données sur les insectes comestibles

a. Les insectes, bifteck de l’avenir

Substituer des insectes à la viande ou au poisson est l’une des pistes envisagées par les Nations unies pour nourrir 9 milliards de personnes à l’horizon 2050.

Brochette de sauterelles, criquets sauce piquante, purée de punaises d’eau géantes […]. L’entomophagie1 présente, selon ses promoteurs, de multiples avantages. Les qualités nutritionnelles des insectes sont grandes. Ils contiennent des protéines, des lipides, des minéraux (zinc, fer), des vitamines, parfois plus que la viande ou le poisson. Et ils ont un bien meilleur rendement que le bétail traditionnel. Il faut environ 10 kg de nourriture végétale pour produire 1 kg de bœuf, explique Arnold Van Huis, entomologiste à l’université de Wageningen (Pays-Bas) alors qu’il en faut seulement un ou deux pour les insectes comestibles. Ils ont également besoin de beaucoup moins d’eau.

Le Monde, 1er juin 2010.

Il est possible d’envisager cette activité comme mini-élevage. Par exemple, aux Pays-Bas, trois producteurs d’insectes ont mis en place une production spéciale d’insectes pour la consommation humaine.

b. Les insectes comestibles et l’environnement

Les insectes émettent-ils moins de gaz à effet de serre que le bétail traditionnel. Dans de nombreux cas, les insectes peuvent être élevés à partir de déchets organiques (par exemple des aliments, ou restes d’aliments, d’origine végétale, non consommés par l’Homme).

1 Entomophagie : action de se nourrir d’insectes.

> À partir des documents et de vos connaissances, montrez que l’élevage d’insectes comestibles pourrait être une alternative intéressante aux élevages traditionnels (bœuf, porc, poulet…) dans une perspective d’agriculture durable, limitant les nuisances pour l’environnement.

Interpréter la question

  • Il s’agit de démontrer, à l’aide des deux premiers documents, que l’élevage animal est coûteux en ressources, particulièrement si l’on considère la perspective des 9 milliards d’humains en 2050. Puis, par opposition, de démontrer avec le dernier document que l’élevage des insectes représente une solution durable pour la planète.
  • Vos connaissances vous permettent d’approfondir l’exploitation des documents. Par exemple, en expliquant pourquoi l’élevage animal est aussi coûteux en sol, eau, énergie ou pourquoi les insectes consomment aussi peu de ressources végétales par rapport à ces élevages traditionnels.

Comprendre les documents

  • Le document 1 donne des chiffres liés à la consommation des ressources naturelles pour l’élevage, chiffres liés indirectement à la production agricole qui permet de nourrir les animaux.
  • Le document 2 donne les chiffres liés à la pollution engendrée par les mêmes élevages. Citez ces chiffres, puis interprétez-les avec vos connaissances.
  • Le document 3 présente les mêmes critères que ceux étudiés dans les deux documents précédents, dans le cas de l’élevage d’insectes. Il faut l’exploiter en se référant aux deux premiers documents.

Organiser les réponses

  • Le plus simple (solution que nous avons privilégiée ici) est d’étudier les documents dans l’ordre, d’écrire une conclusion partielle après avoir étudié les deux premiers documents sur l’élevage animal puis de passer à l’étude du document 3, en utilisant vos analyses précédentes comme point de comparaison avant de conclure.
  • Autre possibilité : vous pouvez comparer point par point (consommation de terres, consommation d’eau, impact sur le réchauffement climatique, déchets générés…) l’élevage d’insectes et l’élevage animal, puis conclure.
Corrigé

Document 1

L’élevage animal est coûteux en terres : il faut 320 m2 de sol pour produire 1 kg de bœuf, environ 5 fois moins pour produire 1 kg de poulet ou de porc. Cela implique les terres nécessaires pour les élevages entreposer eux-mêmes, mais aussi pour la production de la nourriture végétale nécessaire aux élevages (10 kg de végétaux nécessaires pour produire 1 kg de viande bovine). L’élevage bovin est le plus coûteux en eau : il faut 13 000 L d’eau pour produire 1 kg de viande bovine (irrigation nécessaire aux cultures d’une part et à l’abreuvement des animaux d’autre part), 4 000 L pour produire 1 kg de poulet ou de porc, ce qui reste très élevé.

Document 2

L’élevage des animaux contribue fortement au réchauffement climatique : produire 1 kg de poulet ou de porc revient à libérer dans l’atmosphère autant de gaz à effet de serre qu’un parcours en voiture de 30 km. Ce chiffre double quand on considère l’élevage bovin (70 km) et décuple presque quand il s’agit de produire des veaux (220 km). Ce chiffre est lié en partie à la combustion des énergies fossiles (mécanisation et production des intrants) utilisées pour produire les cultures, combustion qui libère du CO2, un gaz à effet de serre. Mais il est aussi lié aux animaux eux-mêmes dans le cas de l’élevage bovin, du fait de leur digestion qui libère du méthane (autre gaz à effet de serre).

En résumé, l’élevage animal, particulièrement l’élevage des bovins (bœufs, veaux), contribue fortement à l’épuisement et à la pollution des ressources naturelles (sols, eau) ainsi qu’à la pollution de l’air, responsable du réchauffement climatique.

Il est important de réduire notre consommation de viande et de trouver des alternatives. L’une d’entre elles est la production d’insectes comestibles, à condition que cette solution puisse convaincre les consommateurs.

Document 3

Trois entreprises aux Pays-Bas se sont déjà lancées. En effet, la viande issue des insectes est tout aussi riche du point de vue nutritif, voire plus, que celles des élevages traditionnels ou que celle des poissons. Elle apporte des protéines variées et est très riche en vitamines.

Mais surtout, elle engendre bien moins de nuisances pour l’environnement : il faut produire 10 fois moins de végétaux pour produire 1 kg d’insectes que pour produire 1 kg de bœuf ;: leurs besoins énergétiques étant plus faibles, les insectes dégradent moins de matière pour respirer. « Last but not least », leur nourriture végétale peut très bien être constituée par le recyclage des restes végétaux jetés par les humains.

Tout étant lié, produire des insectes comestibles nécessite beaucoup moins d’eau et libère beaucoup moins de gaz à effet de serre.

Produire des insectes comestibles est donc une solution durable pour nourrir 9 milliards d’hommes à l’horizon 2050.