L’entomophagie au cœur de l’alimentation humaine du xxie siècle

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re ES - 1re L | Thème(s) : Qualité et innocuité des aliments : le contenu de nos assiettes
Type : Partie 1 | Année : 2015 | Académie : Amérique du Nord
Corpus Corpus 1
L’entomophagie au cœur de l’alimentation humaine du xxie siècle

Nourrir l’humanité

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Thèmes communs

10

Amérique du Nord • juin 2015

Nourrir l’humanité • 8 points

La croissance démographique, l’urbanisation et la montée des classes moyennes ont fait augmenter la demande mondiale en aliments, notamment en protéines d’origine animale. […] D’ici 2030, plus de neuf milliards de personnes devront être nourries, tout comme les milliards d’animaux élevés chaque année, entre autres, pour l’alimentation. La production animale intensive conduit à des effets néfastes sur l’environnement. De nouvelles solutions doivent être recherchées. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture s’intéresse à l’entomophagie, c’est-à-dire la consommation d’insectes par les humains.

D’après la FAO, Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, mai 2013

 DOCUMENT 1 Élevage de grillons domestiques : mode d’emploi


 DOCUMENT 2 Méthodes de conservation des insectes et sécurité alimentaire

Dans les pays qui en consomment actuellement le plus (Afrique, Asie du Sud-Est), plusieurs méthodes permettant la conservation des insectes existent : les sécher au soleil, les faire bouillir, frire ou rôtir, voire les traiter au vinaigre.

Les vers de Buffalo : un exemple de conservation par ébouillantage1et séchage


Ces méthodes de conservation sont déjà utilisées par l’homme pour réduire le risque de pathogènes2 alimentaires dans la viande. Pour la FAO, le risque pourrait être bien moindre qu’avec des animaux plus proches du point de vue évolutif, comme le bœuf qui héberge entre autres des Escherichia coli et des salmonelles (bactéries) : « De manière générale, les pathogènes des insectes sont différents de ceux présents chez les mammifères, et peuvent être considérés comme sans danger pour l’homme. » Il n’y a aucun cas connu de transmission de maladies ou de parasites aux humains par la consommation d’insectes manipulés dans les mêmes conditions d’hygiène que tout autre aliment. Il peut y avoir des cas d’allergies, comparables aux allergies aux crustacés, qui sont également des invertébrés.

1. Ébouillantage : action de faire bouillir.

2. Pathogène : micro-organisme responsable de maladies.

 DOCUMENT 3 Valeurs nutritionnelles de différents insectes et d’aliments plus « traditionnels »

Animaux


Insectes


Autres animaux


Fourmi rouge


Grillon


Criquet


Sauterelle


Chenille


Bœuf


Poisson (cabillaud)


Teneur en protéines (g) pour 100 g d’animal


13,9


19,8


12,9


20,6


6,7


27,4


28,5

Chez l’être humain, l’apport journalier de protéines recommandé est de 0,8 g par kg de masse corporelle et par jour. Pour une personne de 75 kg, cela correspond à 60 g de protéines par jour.

> Un responsable d’une entreprise européenne élevant des insectes souhaite développer un site Internet pour vendre les produits transformés issus de ses élevages.

Rédigez, pour ce site, un article présentant les arguments en faveur de l’entomophagie par rapport à une alimentation riche en viande bovine.

Vous développerez votre argumentation en vous appuyant sur les documents et vos connaissances (qui intègrent entre autres les connaissances acquises dans différents champs disciplinaires).

Les clés du sujet

Interpréter la question

Vous devez lister l’ensemble des raisons qui font du grillon un excellent aliment pour l’homme : sain, riche, facile à produire et avec une empreinte écologique faible.

Comprendre les documents

  • Le document 1 présente les avantages écologiques de l’élevage de grillons comparés à ceux d’un élevage de vertébrés (besoins en nourriture, place et énergie, production de gaz à effet de serre : CO2) ainsi que ses avantages économiques (rendement de l’élevage).
  • Le document 2 aborde la question du respect des normes sanitaires de production et de conservation des grillons alimentaires : il s’agit de sélectionner quelques arguments qui montrent que c’est un aliment particulièrement sûr et hygiénique, facile à conserver, bien plus que la viande traditionnelle. Ce document aborde aussi la question de l’allergie à ne pas oublier.
  • Le document 3 traite des qualités nutritionnelles du grillon : il faut exploiter les données chiffrées pour démontrer que c’est un aliment très riche en protéines, qui permet de répondre à une grande partie de nos besoins. Vous pourrez ajouter que c’est un aliment pauvre en graisses, contrairement aux viandes de vertébrés (ce qui préserve le système ­cardio-vasculaire).

Organiser la réponse

  • Beaucoup d’éléments (exceptés ceux liés au goût) se trouvent dans les documents, qui sont nombreux. Vous pouvez ajouter quelques connaissances quand cela vous semble nécessaire mais, le temps vous étant compté, étudiez en priorité les documents, dans l’ordre dans lequel ils vous sont proposés : cela vous fera gagner un temps précieux. Plutôt que de faire un brouillon détaillé, mieux vaut annoter directement le sujet (surligner d’une même couleur les arguments de même nature, par exemple) puis passer à la rédaction au propre.
  • Nous avons choisi de rédiger un corrigé sous forme de liste : intérêts écologique, économique, gustatif, sanitaire et nutritif, puisqu’il s’agit d’un article sur un site Internet visant à démontrer les mérites de la viande de grillon.
Corrigé
Corrigé

Grillonphagie.com

Le grillon, pour une nutrition de qualité et durable !

Les cinq raisons pour lesquelles nous avons choisi l’élevage de grillon :

1.Le respect de l’environnement. Actuellement, l’environnement est fragilisé : l’agriculture intensive, qui dégrade les sols et entraîne une grande perte de biodiversité, sert en grande partie à nourrir les animaux d’élevage. Ainsi, pour 10 kg de nourriture végétale ingérée, un bœuf ne grossit que d’1 kg et une volaille de 5 kg. Nos grillons, eux, conservent 90 % de la masse de la nourriture que nous leur fournissons ! Leurs besoins énergétiques sont en effet bien moins importants que ceux des vertébrés. C’est aussi ce qui explique qu’ils produisent, à masses égales, beaucoup moins de CO2 par respiration : un grillon en produit 80 fois moins qu’un bœuf. Autant dire que, pour limiter l’effet de serre, l’élevage de grillons est bien plus conseillé que celui des bovidés !

2.Un très fort rendement. Les grillons nécessitent une faible surface d’élevage : quelques aquariums (appelés vivariums) suffisent. Ils souffrent moins du confinement que les animaux d’élevage. La seule contrainte pour que nos insectes aient les conditions optimales pour grandir et se reproduire, est de maintenir une température de 30 °C et une quantité de lumière de 12 à 14 heures par jour à l’aide d’ampoules et de plaques chauffantes. Il faut aussi veiller à ce que l’élevage reste humide. Lorsque ces conditions sont satisfaites, il suffit de 10 semaines pour que la centaine d’œufs pondus par une femelle se transforme en adultes.

Cet élevage au rendement exceptionnel permet d’assurer un produit final moins coûteux pour l’environnement (moins de surface agricole dédiée à son alimentation, moins d’énergie dépensée, moins d’eau prélevée), et moins cher également pour le consommateur que la viande traditionnelle.

3. Un goût délicat qui se rapproche étonnamment de celui de l’amande et de la noisette. Vous n’êtes pas (encore) convaincu(e) ? Sachez qu’oser l’entomophagie, c’est aussi préserver sa santé !

4.Une facilité de conservation, ne présentant aucun risque sanitaire. Le grillon est un insecte herbivore, qui fréquente les endroits propres (comme le sont nos vivariums) et dont l’organisme ne contient pas de pathogènes pour l’homme. Le seul risque lié à sa consommation serait celui de développer une allergie, comme on peut en développer pour certains crustacés. Il est donc bien plus facile à conserver que la viande, notamment lorsqu’il est déshydraté et séché.

5.Des qualités nutritionnelles incontestées. La « viande de grillon » est très riche en protéines : 100 g de grillon apportent presque 20 g de protéines, ce qui est un peu moins que le bœuf ou le poisson, mais beaucoup plus que la plupart des autres insectes.

Le grillon est riche en éléments minéraux et pauvre en matière grasse : c’est un aliment très sain qui préserve le cœur et les vaisseaux !

N’ayez pas peur de goûter des grillons : crus, séchés, salés, sucrés, frits, ou marinés, ils sont un vrai régal, pour le palais et pour le corps.