L'étalement urbain et l'usage de l'automobile

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Annales corrigées
Classe(s) : 3e | Thème(s) : Dynamiques territoriales de la France contemporaine
Type : Analyser et comprendre des documents | Année : 2018 | Académie : Asie


Asie • Juin 2018

analyser des documents • 20 points

L’étalement urbain et l’usage de l’automobile

document 1 L’étalement urbain

La croissance urbaine est tout d’abord liée à la fois à l’afflux de population […] et au solde naturel1 des villes. Deux processus s’enclenchent alors : la métropolisation, c’est-à-dire la surconcentration des hommes et des activités sur une portion réduite du territoire et la raréfaction des espaces constructibles au sein des espaces urbains. Sous cette pression et le besoin de constructions nouvelles, les tissus bâtis s’étendent à travers l’espace […]. D’une part la hausse du prix des logements entraîne le départ des populations modestes en périphérie. D’autre part, les activités qui exigent de très grandes surfaces bâties telles que les super et hypermarchés sont obligées de s’installer en marge des villes […].

Il faut ajouter les mécanismes liés à la mobilité des personnes. En effet, le progrès des transports, ainsi que la baisse importante des coûts qui leur sont liés, ont eu un impact prépondérant sur l’étalement urbain. L’augmentation des vitesses de déplacement a permis aux populations de s’affranchir2 des distances, et de fait de se loger de plus en plus loin des centres urbains.

Les enjeux territoriaux de la Côte d’Azur, Université de Nice Sophia Antipolis, Université ouverte des Humanités, novembre 2015.

1. Solde naturel : différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès.

2. S’affranchir : se libérer.

document 2 Les différents modes de transport utilisés par les navetteurs1 en France

Modes de transport

Ensemble des navetteurs1

À pied

4 %

Voiture

80 %

Transports en commun

15 %

Insee, Recensement de la population de 2013, exploitation complémentaire, www.insee.fr.

1. Navetteur : actif qui ne travaille pas dans sa commune de résidence.

document 1

1. Recopiez la phrase du document 1 qui, selon vous, donne une définition de l’étalement urbain. (4 points)

▶ 2. Dans le premier paragraphe du document 1, identifiez trois causes différentes de l’étalement urbain. (6 points)

▶ 3. À l’aide de la phrase soulignée dans le texte, montrez que l’étalement urbain a des conséquences sur la vie quotidienne des populations. (4 points)

documents 1 et 2

▶ 4. À l’aide des documents 1 et 2, expliquez pourquoi l’étalement urbain est fortement lié à l’usage de l’automobile. (6 points)

Les clés du sujet

Comprendre les documents

Le document 1 présente les composantes de l’étalement urbain : facteurs, modalités, conséquences, dont les mobilités, que le document 2 détaille ensuite selon les modes de transport.

Répondre aux questions

 1. Comme la question est sur 4 points, essaie de développer un peu, même si la consigne ne demande que de recopier.

 2. La première partie du paragraphe explique la croissance urbaine et non l’étalement. C’est donc dans la seconde partie de ce paragraphe qu’il faut chercher.

 3. Attention à ne pas répéter la phrase : il faut l’expliquer et la compléter par des connaissances tirées de ton cours. Pense aux aspects positifs comme négatifs.

 4. Commence par établir l’importance de l’automobile dans les mobilités urbaines, puis donne quelques facteurs explicatifs étudiés en cours.

Corrigé

Corrigé

▶ 1. La phrase du document 1 qui donne une définition de l’étalement urbain est : « Sous cette pression et le besoin de constructions nouvelles, les tissus bâtis s’étendent à travers l’espace […] » Cette définition inclut les facteurs qui sont à l’origine de l’étalement urbain : la pression foncière liée à la métropolisation.

gagne des points

Pour chaque phrase, il est important de développer l’explication en utilisant autant que possible le vocabulaire géographique adapté que ton professeur t’a enseigné.

▶ 2. Les trois causes de l’étalement urbain sont :

« la raréfaction des espaces constructibles au sein des espaces urbains » : en raison de la métropolisation, la ville-centre voit sa densité de bâti augmenter. Les espaces disponibles deviennent plus rares : il faut donc construire plus loin.

« la hausse du prix des logements entraîne le départ des populations modestes en périphérie » : c’est le phénomène appelé « gentrification », lui aussi lié à la métropolisation. Le marché immobilier du centre-ville est de plus en plus inaccessible et les prix repoussent les catégories les plus modestes vers la couronne périurbaine.

« les activités qui exigent de très grandes surfaces bâties telles que les super et hypermarchés sont obligées de s’installer en marge des villes » : les hypermarchés, par exemple, exigent des milliers de m² au sol pour les surfaces commerciales et autant pour les parkings, que leur éloignement rend nécessaires.

▶ 3. L’étalement urbain rendu possible par la généralisation de l’automobile depuis les années 1960 entraîne la dissociation des lieux de travail, de résidence, de loisirs, de ravitaillement. Certains aspects sont positifs : la résidence hors du pôle urbain est moins chère (logement plus grand, jardin) et plus agréable (contact avec la nature, diminution de la pollution). D’autres le sont moins : la dissociation spatiale entraîne l’explosion des mobilités, notamment aux heures de pointe des migrations pendulaires, ce qui génère pertes de temps et pollution.

▶ 4. L’automobile, dont l’usage s’est généralisé depuis les années 1960, est la grande gagnante des mobilités urbaines : selon le document 2, 80 % des navetteurs utilisent ce mode de transport pour se rendre sur leur lieu de travail et en revenir.

L’usage de l’automobile s’est si largement répandu parce qu’il s’agit d’un moyen très pratique, individuel, confortable et rapide de se déplacer de porte-à-porte sur des distances qui peuvent être importantes (souvent plusieurs dizaines de kilomètres, parfois au-delà de la centaine).

Les transports en commun sont privilégiés depuis quelques années pour décongestionner les axes de communication au moment des heures de pointe, mais ils sont moins pratiques (pas de trajet porte-à-porte) et surtout ne desservent pas toutes les communes concernées : en effet, l’étalement urbain produit des espaces de moins en moins denses à mesure que l’on s’éloigne du centre-ville. Les lignes de transport collectif ne peuvent pas couvrir la totalité de la couronne périurbaine. Cela explique la résistance de l’automobile face aux politiques urbaines de transport collectif.