L’Etat, l'historien et les mémoires de la guerre d’Algérie

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Les mémoires : lecture historique
Type : Analyse de document | Année : 2016 | Académie : Nouvelle-Calédonie


Nouvelle-Calédonie • Novembre 2016

analyse de document

L’État, l’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie

Vous montrerez en quoi ce texte souligne « le lourd passé » de la guerre d’Algérie, le rôle de l’État dans la construction des mémoires et dans le travail de l’historien.

document La guerre d’Algérie, l’État, l’historien et « l’exigence de vérité »

Au nom de cette même exigence de vérité, il est temps d’éclairer mieux les événements d’Algérie. Il nous a fallu d’abord mettre fin à l’hypocrisie des mots : la loi du 18 octobre 1999, à l’initiative de la majorité parlementaire et votée à l’unanimité, est venue qualifier de « guerre » les tragiques événements d’Algérie […].

La guerre d’Algérie doit pouvoir être, pour les historiens, un objet d’étude. Or, l’accès aux archives est indispensable pour authentifier les faits. C’est pourquoi une circulaire a ouvert aux chercheurs, en 1999, par dérogation, les documents d’archives relatifs aux événements tragiques du 17 octobre 1961. Par une circulaire publiée aujourd’hui même au Journal officiel, le Gouvernement autorise les historiens à accéder aux archives publiques concernant la guerre d’Algérie. Cette ouverture des archives ouvre la voie à un travail historique de qualité, première et nécessaire étape de la compréhension et de l’acceptation par tous de ce lourd passé.

J’ai souhaité permettre aux chercheurs de faire toute la lumière nécessaire sur cette guerre de décolonisation, qui fut aussi une guerre civile, et durant laquelle des atrocités ont été commises de part et d’autre. Aucune victime ne doit être oubliée, ni du côté algérien, ni du côté français. Nous ne pouvons pas non plus ignorer les massacres dont les harkis ont été victimes. Ce travail de vérité constitue un ciment puissant pour notre communauté nationale, car il lui permet d’édifier de plus solides fondations pour son avenir.

Extrait du discours prononcé par le Premier ministre Lionel Jospin à l’occasion de l’inauguration de la plaque en hommage à Georges Morin, résistant de la Seconde Guerre mondiale, Paris, Hôtel des Invalides, 26 avril 2001.

Les clés du sujet

Lire la consigne

La consigne vous invite à prendre en compte différents éléments : la guerre d’Algérie, vécue comme une tragédie (« le lourd passé ») ; le rôle de l’État qui œuvre pour l’élaboration de ses mémoires et qui facilite la recherche historique.

Elle pose la question du rôle des historiens dans l’élaboration des mémoires de ce conflit.

Observer le document

Le document proposé est un discours officiel prononcé par Lionel Jospin, Premier ministre, en 2001, un an et demi après la loi reconnaissant l’existence de la guerre d’Algérie.

Dans ce texte, le chef du gouvernement annonce sa décision de faciliter l’accès aux archives pour les historiens, au nom d’une « exigence de vérité ».

Définir les axes de l’analyse

Une première solution s’offre à vous : suivre les axes donnés par la consigne en rappelant la tragédie algérienne, puis en précisant le rôle de l’État dans la construction d’une mémoire nationale et son action en faveur du travail des historiens.

Une seconde solution, plus complexe, consiste à mettre en évidence les raisons de l’action de l’État puis les mesures qu’il adopte pour favoriser la construction d’une mémoire nationale du conflit algérien.

Ce corrigé opte pour la première solution.