L’exil (texte de P. Claudel, installation de B. Toguo)

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Annales corrigées
Classe(s) : 3e | Thème(s) : Agir dans la cité : individu et pouvoir
Type : Sujet complet | Année : 2016 | Académie : Inédit

 

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Sujet inédit • Agir dans la cité : individu et pouvoir

50 points

L’exil

Ce sujet regroupe tous les exercices de français de la 2de épreuve écrite.

1re partie • Analyse et interprétation de textes et de documents (1 heure)

Document A Texte littéraire

Originaire d’un pays ravagé par la guerre, M. Linh débarque un jour de novembre dans « un pays sans odeur », avec une « valise légère » et un bébé dans les bras.

C’est un vieil homme debout à l’arrière d’un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est le seul à savoir qu’il s’appelle ainsi car tous ceux qui le savaient sont morts autour de lui.

Debout à la poupe du bateau, il voit s’éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l’enfant dort. Le pays s’éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l’horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.

Le voyage dure longtemps. Des jours et des jours. Et tout ce temps, le vieil homme le passe à l’arrière du bateau, les yeux dans le sillage blanc qui finit par s’unir au ciel, à fouiller le lointain pour y chercher encore les rivages anéantis.

Quand on veut le faire entrer dans sa cabine, il se laisse guider sans rien dire, mais on le retrouve un peu plus tard, sur le pont arrière, une main tenant le bastingage, l’autre serrant l’enfant, la petite valise de cuir bouilli posée à ses pieds.

Une sangle entoure la valise afin qu’elle ne puisse pas s’ouvrir, comme si à l’intérieur se trouvaient des biens précieux. En vérité, elle ne contient que des vêtements usagés, une photographie que la lumière du soleil a presque entièrement effacée, et un sac de toile dans lequel le vieil homme a glissé une poignée de terre. C’est là tout ce qu’il a pu emporter. Et l’enfant bien sûr.

[…]

Enfin, un jour de novembre, le bateau parvient à sa destination, mais le vieil homme ne veut pas descendre. Quitter le bateau, c’est quitter vraiment ce qui le rattache encore à sa terre. Deux femmes alors le mènent avec des gestes doux vers le quai, comme s’il était malade. Il fait froid, le ciel est couvert. Monsieur Linh respire l’odeur du pays nouveau. Il ne sent rien. Il n’y a aucune odeur. C’est un pays sans odeur. Il serre l’enfant plus encore contre lui, chante la chanson à son oreille. En vérité, c’est aussi pour lui-même qu’il la chante, pour entendre sa propre voix et la musique de sa langue.

Monsieur Linh et l’enfant ne sont pas seuls sur le quai. Ils sont des centaines, comme eux. Vieux et jeunes, attendant docilement, leurs maigres effets à leurs côtés, attendant sous un froid tel qu’ils n’en ont jamais connu qu’on leur dise où aller. Aucun ne se parle. Ce sont de frêles statues aux visages tristes, et qui grelottent dans le plus grand silence.

Philippe Claudel, La Petite Fille de Monsieur Linh, 2005, © Stock.

Document B Barthélémy Toguo, Road to exile (2008)

Né en 1967 au Cameroun, Barthélémy Toguo est un artiste de renommée internationale. Avec cette « barque de l’exode », il explore le thème de l’exil mais aussi, en filigrane, la possibilité d’une autre vie.

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CNHI, Courtesy Galerie Lelong, Paris © ADAGP, Paris 2016.

questions 20 points

Les réponses doivent être entièrement rédigées.

Sur le texte littéraire (document A)

▶ 1. Qui est Monsieur Linh ? Qu’apprend-on sur lui ? (2 points)

▶ 2. Que ressent Monsieur Linh ? Justifiez vos réponses en citant des éléments du texte. (2 points)

▶ 3. Comment Monsieur Linh essaie-t-il de rester en contact avec son pays perdu ? (3 points)

▶ 4. Quelles sont les images employées par Philippe Claudel pour caractériser Monsieur Linh et les autres réfugiés ? (2 points)

▶ 5. Quel est le sens dans le texte du verbe « chahuter » (ligne 10) ? (1 point)

▶ 6. Quels sont les temps utilisés dans cet extrait ? Expliquez leur emploi. (2 points)

▶ 7. Quelle impression ce texte produit-il sur vous ? (2 points)

Sur le texte et l’image (documents A et B)

▶ 8. Observez l’œuvre de Barthélemy Toguo : selon vous, que cherche à exprimer l’artiste ? (2 points)

▶ 9. a) En quoi cette œuvre fait-elle écho au texte de Philippe Claudel ? (2 points)

b) L’impression laissée par l’œuvre de Barthélemy Toguo est-elle tout à fait la même que celle suscitée par la lecture de l’extrait du roman de Philippe Claudel ? (2 points)

2de partie • Rédaction et maîtrise de la langue (2 heures)

dictée 5 points

Le titre et la source de l’extrait, ainsi que le mot « aïeux » sont écrits au tableau au début de la dictée.

Philippe Claudel

La petite fille de Monsieur Linh, 2005

© Stock

Au village

Au village, il n’y avait qu’une rue. Une seule. Le sol était de terre battue. Quand la pluie tombait, violente et droite, la rue devenait un ruisseau furieux dans lequel les enfants nus se coursaient en riant. Lorsqu’il faisait sec, les cochons y dormaient en se vautrant dans la poussière, tandis que les chiens s’y poursuivaient en aboyant. Au village, tout le monde se connaissait, et chacun en se croisant se saluait. Il y avait en tout douze familles, et chacune de ces familles savait l’histoire des autres, pouvait nommer les grands-parents, les aïeux, les cousins, connaissait les biens que les autres possédaient. Le village en somme était comme une grande et unique famille […].

réécriture 5 points

« Quand on veut le faire entrer dans sa cabine, il se laisse guider sans rien dire, mais on le retrouve un peu plus tard, sur le pont arrière, une main tenant le bastingage […]. »

Réécrivez le passage en mettant le pronom « le » au pluriel et en procédant à toutes les modifications nécessaires.

travail d’écriture 20 points

Vous traiterez au choix le sujet A ou le sujet B.

Votre rédaction sera d’une longueur minimale d’une soixantaine de lignes (300 mots environ).

Sujet A

Écrivez une suite immédiate au texte de Philippe Claudel. Vous tiendrez compte des indications apportées par l’extrait et vous respecterez le temps choisi par l’auteur.

Sujet B

Vos parents vous annoncent que vous allez déménager dans une autre ville, loin de l’endroit où vous avez grandi. Vous décidez de leur expliquer ce que ce déménagement signifie pour vous. Vous énoncerez vos arguments de façon claire et organisée.

Les clés du sujet

Les documents

Le texte littéraire (document A)

Il s’agit de l’incipit, les toutes premières lignes, du roman de Philippe Claudel qui relate l’exil d’un vieil homme ayant fui son pays en guerre et dont toute la famille a été massacrée. Seul lui reste le tout jeune enfant qu’il serre dans ses bras et au sujet duquel la fin du roman réserve une surprise poignante.

L’image (document B)

Cette installation artistique de grande taille (220 × 260 × 135 cm), constituée de matériaux divers (bois, bouteilles en plastique, tissus), est exposée au Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, à Paris. L’artiste évoque ainsi les longues et périlleuses migrations de ceux qui doivent quitter leur pays pour un ailleurs qu’ils rêvent meilleur.

Travail d’écriture (Sujet A)

Recherche d’idées

Relis bien le texte pour t’imprégner de l’atmosphère. Essaie d’imaginer l’arrivée de ces migrants. Où va-t-on les emmener ? À quoi va ressembler leur hébergement ?

Interroge-toi sur les réactions potentielles de M. Linh : va-t-il rester passif et continuer à se laisser guider ?

Conseils de rédaction

Comme il s’agit d’une suite de texte, il faut que tu respectes certains éléments du texte de Claudel : il s’agit d’un récit à la troisième personne, au présent (sauf pour les faits antérieurs ou postérieurs).

Sois attentif à toutes les indications apportées par le texte.

Travail d’écriture (Sujet B)

Recherche d’idées

Si tu as vécu cette situation, appuie-toi sur ton expérience. Sinon, pose-toi la question : comment réagirais-tu ? Quels seraient tes sentiments (tristesse, nostalgie, révolte ou, au contraire, enthousiasme et excitation) ? Qu’est-ce qui pourrait te manquer ? Qu’est-ce qui pourrait au contraire t’attirer dans cette nouvelle vie ?

Conseils de rédaction

Tu dois t’adresser à tes parents (ou à l’un des deux) et donc utiliser la deuxième personne.

Il faut que ton texte soit argumenté. Pense à classer tes arguments par ordre d’importance.

Emploie aussi un lexique des sentiments : verbes (ressentir, se sentir…), adjectifs (triste, déchiré, nostalgique, enthousiaste, curieux…), noms (tristesse, souffrance, enthousiasme, impatience…) ou encore expressions (avoir le cœur brisé…).

Corrigé

Corrigé

1re partie • Analyse et interprétation de textes et de documents

questions

▶ 1. Comme son nom le suggère, Monsieur Linh est un réfugié asiatique qui fuit son pays en guerre, où tous les siens sont morts. Il émigre probablement vers la France.

▶ 2. Monsieur Linh est profondément triste, car ce n’est pas seulement son pays qu’il quitte, c’est aussi toute sa vie. Seul l’enfant le rattache encore à l’existence.

▶ 3. Monsieur Linh tente de rester en contact avec son pays perdu, par la vue, l’odorat et l’ouïe. Tout d’abord, il reste à l’arrière du bateau, les yeux rivés sur sa patrie qui s’efface peu à peu ; la photographie qu’il a emportée est elle aussi à moitié effacée. Ensuite, il a dans sa valise un peu de la terre et peut-être, avec elle, un peu des odeurs de son pays ; dans le pays qu’il découvre il ne sent aucune odeur. Enfin, il chante à l’enfant une chanson : il veut entendre la musique de sa langue.

▶ 4. Monsieur Linh est comparé à « une marionnette » qui se laisse chahuter par le vent, guider vers sa cabine ou conduire vers le quai sans aucune réaction. À la fin de l’extrait, les réfugiés sont décrits au moyen d’une métaphore : « frêles statues aux visages tristes, et qui grelottent dans le plus grand silence. » C’est comme s’ils avaient perdu toute attache, toute volonté, tout désir, toute identité, qu’ils n’étaient plus qu’une même et immense tristesse.

▶ 5. Le verbe « chahuter » est ici employé transitivement (COD : « le »). Il signifie « pousser de-ci de-là », « balloter », « bousculer », « malmener ». Le vent bouscule Monsieur Linh, le pousse d’un côté, puis de l’autre. Monsieur Linh n’oppose aucune résistance : il se laisse faire.

▶ 6. Les temps employés sont essentiellement le présent et le passé composé de l’indicatif. Il y a aussi un verbe à l’imparfait.

Le présent est un présent de narration. Si Philippe Claudel a choisi ce temps, c’est sans doute pour rendre son récit plus simple, plus proche et peut-être aussi plus universel. « C’est un vieil homme debout à l’arrière d’un bateau… » : dès les premières lignes, on voit le personnage, il est devant nous, à la fois présent et absent.

Le passé composé est employé pour les actions liées à la vie passée du vieil homme : ainsi, le « sac de toile dans lequel le vieil homme a glissé une poignée de terre ».

▶ 7. Ce texte produit une impression de profonde tristesse, de désespoir infini.

Conseil

N’hésite pas à décrire en détail l’œuvre proposée. Cela te permettra d’en dégager du sens et d’étayer ta réponse.

▶ 8. Il s’agit d’une installation artistique de grande taille, exécutée à partir de matériaux courants : bois, tissus, bouteilles… Elle évoque l’exil, le long voyage vers un ailleurs rêvé, dans l’espoir d’une vie meilleure. Les migrants quittent le pays de leurs aïeux, à leurs risques et périls, prêts à affronter l’océan et ses vagues – représentées par les bouteilles – sur une embarcation de fortune surchargée. Les baluchons d’étoffes aux couleurs vives et chaleureuses, entassés en une pyramide instable et arrimés par des cordages lestés de bouilloires, évoquent les quelques maigres biens qui rattachent les migrants à la terre qu’ils ont quittée.

▶ 9. a) Les ballots font écho à la petite valise de cuir bouilli entourée d’une sangle de Monsieur Linh contenant une photographie à moitié effacée et une poignée de terre, dans le texte de Claudel.

b) Cependant, l’impression laissée par l’installation de Barthélemy Toguo diffère de celle qui se dégage du texte : cette barque, chargée d’étoffes aux couleurs vives, laisse poindre une énergie vitale que n’a plus Monsieur Linh.

2de partie • Rédaction et maîtrise de la langue

dictée

Point méthode

1 Le temps employé dans cet extrait est l’imparfait : certains verbes sont au singulier (-ait), d’autres au pluriel (-aient). Tu dois être attentif et bien identifier le sujet de ces verbes, en posant, par exemple, la question « qu’est-ce qui » ou « qui est-ce qui » devant le verbe.

2 Attention à l’accord avec les sujets « tout le monde », « chacun », « chacune de… » ou encore « il » dans l’expression « il y avait » : il se fait au singulier.

Au village, il n’y avait qu’une rue. Une seule. Le sol était de terre battue. Quand la pluie tombait, violente et droite, la rue devenait un ruisseau furieux dans lequel les enfants nus se coursaient en riant. Lorsqu’il faisait sec, les cochons y dormaient en se vautrant dans la poussière, tandis que les chiens s’y poursuivaient en aboyant. Au village, tout le monde se connaissait, et chacun en se croisant se saluait. Il y avait en tout douze familles, et chacune de ces familles savait l’histoire des autres, pouvait nommer les grands-parents, les aïeux, les cousins, connaissait les biens que les autres possédaient. Le village en somme était comme une grande et unique famille […].

réécriture

Les modifications sont mises en couleur.

Attention !

Il y a deux possibilités pour accorder « leur cabine » : laisser le GN au singulier (ils n’ont chacun qu’une cabine) ou le mettre au pluriel (il y a plusieurs cabines). Mais il ne faut surtout pas mettre l’un des éléments au singulier et l’autre au pluriel.

« Quand on veut les faire entrer dans leur(s) cabine(s), ils se laissent guider sans rien dire, mais on les retrouve un peu plus tard, sur le pont arrière, une main tenant le bastingage. »

travail d’écriture

Voici un exemple de rédaction sur chacun des deux sujets.

Attention les titres en couleur ne doivent pas figurer sur ta copie.

Sujet A

[Transfert en car] Les réfugiés sont dirigés vers un car qui les attend dans une petite rue voisine. Ils ont froid et se recroquevillent dans leurs trop légers vêtements, frissonnant dans l’humidité qui les enveloppe. Un brouillard monte de la mer et les transforme en ombres fantomatiques, en spectres égarés dans un monde qui n’est pas le leur.

Ils montent dans le car, se glissent sur les sièges qu’on leur désigne. Monsieur Linh refuse de déposer sa petite valise dans l’espace destiné aux bagages ; il s’y agrippe comme à une bouée dérisoire. Il fredonne et berce l’enfant. Il aimerait regagner le bateau ou au moins le port pour retrouver le fil ténu qui le relie encore au pays de ses ancêtres. Il a peur de se perdre à jamais.

Conseil

Tu peux reprendre sous d’autres formes les images employées par Claudel lorsqu’il compare les réfugiés à des marionnettes ou des statues (métaphore filée). Tu peux aussi trouver d’autres images pour donner du relief à ton texte (voir passages en gras).

[Premier repas] Le car s’arrête devant un haut bâtiment d’un gris terne. Monsieur Linh entend son nom, se dirige vers la femme qui l’appelle. Elle coche une case sur une feuille de papier puis le confie à une autre femme qui l’emmène doucement vers une porte donnant sur une grande salle meublée de quelques longues tables. Il se laisse faire comme un pantin docile. Elle tend les bras vers l’enfant, s’offre à le porter. Il resserre son étreinte. Il rejoint les autres migrants. On leur sert une assiette dans laquelle il y a des aliments qu’il ne connaît pas, des aliments sans saveurs et sans odeurs. Il n’a pas faim. Il essaie de se remémorer le goût du riz parfumé et des épices qu’il partageait avec les siens. Il a peur d’oublier.

[Première nuit] On les conduit ensuite dans de petites chambres. Il pose délicatement son maigre bagage au pied du lit et s’allonge, tout habillé, serrant contre lui l’enfant, les yeux ouverts fixés au plafond, chantonnant sa petite chanson et il reste ainsi pendant des heures, berçant une tristesse infinie.

Sujet B

[Présentation des faits et premières réactions] Quand vous m’avez appris que nous allions déménager à l’autre bout de la France, je me suis senti très triste. J’ai eu soudain le sentiment d’un grand vide, d’être comme déraciné, condamné à laisser derrière moi tout ce que j’aime.

Attention !

Classe tes arguments en gardant celui qui t’importe le plus pour la fin.

[Arguments contre le déménagement] Tout d’abord, il va falloir quitter l’appartement dont je connais chaque recoin comme ma poche et le quartier qui m’a vu grandir : le square où je jouais près de mon ancienne école, la bibliothèque où j’ai découvert le plaisir de lire, la boulangerie où j’allais acheter des bonbons.

Ensuite, il y a mon club de foot : vous ne pouvez pas me demander d’abandonner mon équipe, mon entraîneur !

Enfin et surtout, je vais devoir laisser mes amis d’enfance – Paul, Ahmed, Marie –, ceux pour qui je n’ai pas de secrets. Je leur ai promis de former un groupe de rock avec eux. C’est moi qui devais être le guitariste. Marie devait être la chanteuse. Je ne peux pas les laisser tomber.

[Arguments pour le déménagement (ici, ceux des parents)] Bien sûr, je connais vos arguments : ce n’est pas la fin du monde ; j’aurai une grande chambre pour moi tout seul ; nous aurons un jardin et le chien dont j’ai toujours rêvé mais dont vous me disiez qu’il n’était pas possible d’en avoir un à Paris… Et je sais aussi que je pourrai inviter mes meilleurs amis pour les vacances.

[Conclusion] Cependant, cela ne me console pas. Rien ne sera plus jamais pareil. Je trouve que c’est difficile d’être un adolescent parce qu’on doit obéir à ses parents, les suivre sans discuter. Je sais bien que papa n’a pas le choix, que c’est pour son travail, néanmoins cela me désespère.