L'homme de Flores : un mystère

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Génétique et évolution
Type : Pratique du raisonnement scientifique 2 | Année : 2015 | Académie : Asie

Asie • Juin 2015

pratique du raisonnement scientifique

Exercice 2 • 5 points

L’homme de Flores : un mystère

À partir de septembre 2003, les restes de douze individus ont été mis à jour dans une grotte de l’île de Flores en Indonésie. Ces fossiles baptisés Homo floresiensis se caractérisent par leur très petite taille. Leur place dans l’arbre phylogénétique des hominidés fait débat. Les scientifiques ont émis deux hypothèses :

Homo floresiensis serait une nouvelle espèce d’hominidés et non un homme moderne (Homo sapiens

Homo floresiensis serait un Homo sapiens souffrant d’une maladie.

 À partir de l’exploitation des documents mise en relation avec vos connaissances, justifiez la place d’Homo floresiensis dans le genre Homo et relevez les arguments en faveur de chacune des deux hypothèses.

DOCUMENT 1 Données relatives aux Australopithèques, à Homo sapiens et au fossile d’Homo floresiensis trouvé sur l’île de Flores

Australopithecus sediba

Homo sapiens

Homo floresiensis

Période

– 1,95 à – 1,78 million d’années

– 200 000 ans à l’actuel

– 95 000 à – 12 000 ans

Capacité crânienne

400 à 500 cm3

1 300 à 1 500 cm3

380 à 430 cm3

Trou occipital

Avancé

Avancé

Avancé

Face

L’échelle n’est pas respectée

ph © Le R. Berger / University of the WitwatersrandsvtT_1506_05_00C_01

Cleveland Museum of Natural HistorysvtT_1506_05_00C_02

ph © Javier Trueba / MSF / SPL / BiosphotosvtT_1506_05_00C_03

Taille

1,05 à 1,30 m

1,60 à 1,80 m

1 à 1,26 m

Outils

Aucune fabrication d’outils de pierre n’est avérée

Très finement taillés, outils et matériaux diversifiés

Très finement taillés, outils et matériaux diversifiés

Maîtrise du feu

Non

Oui

Des restes d’animaux carbonisés ont été retrouvés près du fossile

DOCUMENT 2 La forme des os du poignet d’Homo floresiensis

a. Les différents os du poignet

svtT_1506_05_00C_04

Des scientifiques se sont intéressés au squelette le plus complet des douze individus retrouvés. Des petits os du poignet ont été étudiés, et notamment le trapézoïde et le grand os.

b. Reconstitution 3D des os du poignet chez le Chimpanzé, Homo floresiensis et Homo sapiens

Les chercheurs sont partis du constat qu’Homo sapiens et son proche cousin Homo neanderthalensis avaient en commun des os du poignet semblables, et que cette partie du corps était très différente de celle des grands singes actuels ou d’ancêtres tels que les Australopithèques.

svtT_1506_05_00C_05

D’après M. W. Tocheri et al., Science, 2007.

DOCUMENT 3 Une polémique relancée par deux articles publiés en août 2014

Dès leur découverte, des chercheurs ont proposé que les Homo floresiensis soient en fait des Homo sapiens souffrant de trisomie 21. Mais les fossiles trouvés étaient trop petits pour que cette idée soit acceptée.

a. Réévaluation des données

Un premier article publié en août 2014 souligne les failles dans les rapports de recherche originaux, notamment sur la taille du squelette qui a été sous-estimée de presque 20 % : de 1,06 mètre, la nouvelle étude arrive à 1,26 mètre. De la même façon, la taille du cerveau a été revue à la hausse : de 380 cm3, les nouvelles études estiment en fait le volume crânien à 430 cm3. « La différence est significative et les chiffres révisés tombent dans la fourchette prévue pour un homme moderne avec le syndrome de Down (trisomie 21) de la même région géographique », déclare le Dr Eckhardt, professeur de génétique du développement et de l’évolution.

b. Données crâniennes

Dans le deuxième article, les scientifiques ont souligné l’asymétrie du crâne, caractéristique des personnes atteintes du syndrome de Down, l’un des troubles du développement les plus courants chez l’Homme (cela représente une naissance humaine sur 1 000).

svtT_1506_05_00C_06_legende

ph © E. Indriati, D. W. Frayer

Le crâne d’Homo floresiensis est représenté de trois façons différentes pour illustrer l’asymétrie faciale. A (à gauche) est le spécimen réel, B (au centre) correspond au côté droit doublé sur la ligne médiane et en miroir, et C (à droite) correspond au côté gauche doublé et en miroir.

D’après R. Eckhardt, PNAS, 2014.

Les clés du sujet

Comprendre le sujet

Le libellé du sujet vous indique le plan à suivre. L’exploitation du document 1 doit permettre de relever les données justifiant le placement de l’homme de Flores dans le genre Homo. Les documents 2 et 3 sont ensuite à exploiter, sachant que l’un apporte des arguments en faveur de l’idée d’un fossile représentatif d’une nouvelle espèce d’Homo (document 2), alors que l’autre fournit des indices laissant à penser que l’homme de Flores est un Homo sapiens atteint du syndrome de Down et appartenant à une population d’Homo sapiens de très petite taille de la région indo-mélanésienne (document 3).

La conclusion devra mettre en évidence le fait que la controverse repose sur les données (l’absence d’accord sur les caractères d’un fossile conduisant à des interprétations différentes), et que celle-ci pourrait être résolue par la découverte d’autres fossiles sur l’île de Flores. En effet, si les caractères du fossile définissant l’homme de Flores se retrouvaient chez ces autres fossiles, il serait alors peu probable qu’il s’agisse d’individus tous atteints du syndrome de Down.

Mobiliser ses connaissances

Le genre Homo regroupe l’Homme actuel et quelques fossiles qui se caractérisent notamment par une face réduite, un style de bipédie lié à un trou occipital avancé et l’aptitude à la course à pied, une mandibule parabolique, la production d’outils complexes et une variété des pratiques culturelles.

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