L'hyperpuissance américaine après les attentats du 11 septembre

Merci !

Annales corrigées
Classe(s) : 3e | Thème(s) : Le monde depuis 1945
Type : Analyser et comprendre des documents | Année : 2019 | Académie : Amérique du Nord

HISTOIRE

Le monde depuis 1945

22

hge3_1906_02_00C

Amérique du Nord • Juin 2019

analyser des documents • 20 points

L’hyperpuissance américaine après les attentats du 11 septembre

document 1  Les conséquences des attentats du 11 septembre 2001

En montrant la vulnérabilité de l’hyperpuissance américaine et la nécessité de faire front face à la menace terroriste internationale, les attentats du 11 septembre ont changé pour un temps l’attitude américaine.

Rompant avec l’unilatéralisme1, les États-Unis ont cherché […] à former une coalition2 avec pour objectif la lutte contre le terrorisme érigé en pilier3 de la politique étrangère. Cette alliance incluait des ennemis d’hier dont la Chine et la Russie, désormais considérées comme des alliés, quitte à passer sous silence les violations des droits de l’Homme en Chine ou la guerre en Tchétchénie4. Les États-Unis ont également été amenés à s’impliquer davantage dans le conflit israélo-palestinien, et à s’engager militairement dans de nouvelles zones, principalement en Asie centrale et en Asie du Sud et de l’Est, mais aussi dans le Caucase. […]

La coalition qui est intervenue en Afghanistan contre le régime des talibans et Oussama Ben Laden était fort réduite. L’effort de guerre a été supporté exclusivement par les Américains. Britanniques et Français ne sont entrés en scène que tardivement dans ce conflit, avec des moyens militaires limités.

Le Monde, 20 mars 2005.

1. Unilatéralisme : attitude qui consiste, pour une puissance, à décider seule d’une politique étrangère, sans tenir compte de l’avis d’autres pays.

2. Coalition : union momentanée d’États en vue d’une intervention politique ou militaire.

3. Érigé en pilier : devenue centrale.

4. Tchétchénie : région russe située dans le Caucase.

Document 2 La puissance américaine

hge3_1906_02_00C_01

© Le Point, 10 novembre 2016.

Document 1

1. Expliquez pourquoi l’auteur de ce texte évoque la Russie parmi « les ennemis d’hier » des États-Unis. (4 points)

2. Montrez comment les attentats du 11 septembre 2001 ont bouleversé les relations des États-Unis avec les autres États. (3 points)

Document 2

3. Relevez trois éléments illustrant la puissance militaire des États-Unis au début des années 2000. (3 points)

Documents 1 et 2

4. Pourquoi peut-on toujours, au début du xxie siècle, qualifier les États-Unis d’hyperpuissance ? (6 points)

5. Relevez deux éléments montrant les limites de l’hyperpuissance américaine (4 points).

Les clés du sujet

Comprendre les documents

Le document 1 est extrait d’un article du Monde du 20 mars 2005, soit quatre ans après les attentats de 2001. L’auteur donne son avis sur ceux-ci, et il dispose d’un peu de recul pour évaluer leurs conséquences.

Le document 2 présente une série d’informations statistiques et cartographiques permettant de mesurer la puissance des États-Unis et de la comparer avec celle de la Chine et de la Russie. Elles ont été publiées dans un hebdomadaire français en 2016, soit quinze ans après les attentats.

La confrontation des deux documents permet d’évaluer les conséquences des attentats et l’évolution de la puissance américaine en matière militaire, financière, géopolitique ou diplomatique.

Répondre aux questions

 1. Pense à une époque où la Russie était désignée par un autre nom. Appuie-toi sur tes connaissances pour rappeler le contexte de cette époque, la manière de la désigner, puis de la caractériser.

 2. Après les attentats, qui sont les alliés des États-Unis ? Quelles actions engagent ces derniers, et à quel prix concernant leurs traditions ou valeurs ?

 3. Comment qualifier la présence militaire américaine dans le monde d’après la carte ? Fais des calculs à partir des données statistiques pour mieux évaluer la puissance américaine par rapport à ses concurrents.

 4. Utilise les réponses données à la question 3, mais veille à ne pas les répéter. Des informations que tu as recensées, déduis des éléments de force.

5. Évalue l’évolution des écarts entre les États-Unis et ses concurrents. Que révèle les attentats de 2001 concernant la sécurité d’une puissance ?

Corrigé

Corrigé

1. L’auteur du document 1 classe la Russie parmi « les ennemis d’hier ». En effet, de 1947 à 1991, la Russie (dite URSS) était la puissance rivale des États-Unis et de leurs alliés du bloc de l’Ouest. Elle-même leader des États communistes, elle était l’adversaire des États-Unis dans le cadre de la guerre froide, conflit qui n’opposait pas directement les deux puissances sur le plan militaire, mais qui nourrit de nombreuses crises internationales.

2. Les attentats du 11 septembre 2001 ont produit une refonte des alliances : les anciennes puissances communistes (Russie et Chine) sont devenues des alliés des États-Unis. La guerre au terrorisme a justifié de nouvelles interventions militaires américaines en Asie centrale (Afghanistan), au Moyen-Orient (Irak) et dans l’ensemble du monde musulman. Les nouvelles priorités ont conduit les Américains à minimiser la défense de leurs valeurs.

conseil

Pour bien exploiter le document, ne recopie pas les chiffres. Utilise-les pour calculer des différences, des évolutions ou des taux qui seront plus percutants.

3. La carte du document 2 montre une présence militaire américaine planétaire. Leurs 800 bases sont distribuées sur tous les continents et contrôlent tous les points stratégiques du globe. Le budget militaire américain est de trois à six fois plus important que celui de ses rivaux (Chine, Russie). De même, leur équipement aérien est supérieur à celui de la Chine (+ 28 %) et de la Russie (2,5 fois plus).

rappel

L’Otan (traité de l’Atlantique nord) et l’Otase (traité de l’Asie du Sud-Est) sont des alliances militaires entre les États-Unis et d’autres pays. Leurs forces sont sous commandement intégré.

▶ 4. Les États-Unis sont toujours, au début du xxie siècle, une hyperpuissance. Ils sont le pays leader d’une grande coalition d’États. Par le biais de traités militaires, tels l’Otan ou l’Otase, ils peuvent compter sur le soutien de nombreux alliés, dont le Royaume-Uni et la France qui sont des puissances nucléaires.

info +

La marine de guerre américaine compte sept flottes, et onze porte-avions en service contre deux porte-avions pour la Chine et un pour la Russie.

Les 800 bases qu’ils contrôlent dans le monde et leurs flottes de guerre leur donnent une capacité d’intervention rapide dans toutes les régions ; ils sont les seuls à détenir une telle force. Avec près de 600 millions de dollars, le budget alloué à l’armée est le premier au monde. Il est surtout trois fois plus important que celui de la Chine et six fois plus important que celui de la Russie. Cette énorme différence établie sur la longue durée leur permet de disposer d’une forte supériorité matérielle et technologique.

5. L’hyperpuissance américaine rencontre quelques limites. Les États-Unis ne sont plus assez dominants pour imposer leurs valeurs aux États auxquels ils demandent un soutien. Face à des forces non conventionnelles comme les organisations terroristes, ils ne peuvent pas assurer leur totale sécurité. Les attentats de 2001 en ont fait la démonstration. Sur la durée, la montée en puissance de la Chine quand les États-Unis peinent sur le plan économique ne permet pas à ces derniers d’imposer leur loi à l’ensemble du monde. Les progrès chinois sont le signe d’un rééquilibrage en cours.