L’intégration régionale du continent américain

Merci !

Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : L'épreuve orale
Type : Sujet d'oral | Année : 2016 | Académie : Inédit

 

52

Sujet d’oral no 6

avec document

Document Les relations continentales aujourd’hui

hgeT_1600_00_02C_01

Atlas des Amériques, Les Atlas de L’Histoire, mai 2012.

Corrigé

 

Préparation

Entrer dans le sujet

Le sujet porte sur l’ensemble du continent américain (Amérique du Nord et Amérique du Sud). Vous devez en décrire l’intégration régionale, c’est-à-dire le processus par lequel les différents États forment peu à peu un ensemble homogène, en particulier sur le plan économique.

À l’aide du document, vous pourrez en déterminer les modalités mais égale­ment les limites.

Si l’échelle retenue est l’échelle continentale, vous pouvez envisager d’autres échelles (subcontinentale, régionale), ce qui valorisera votre exposé.

Organiser l’exposé

Le document proposé est une carte de synthèse qui présente l’intégration économique du continent américain, les tentatives d’organisation des États d’Amérique latine et les tensions affectant le continent. L’ensemble de ces informations sont utilisables pour nourrir votre propos.

Votre exposé peut être structuré en deux parties : la première présentera les formes d’intégration régionale à différentes échelles ; la seconde les obstacles à ce processus.

Vous veillerez à vous appuyer le plus possible sur le document proposé car il est riche d’informations ; cependant vos connaissances personnelles permettront de les préciser.

Présentation

Introduction

Le document proposé est une carte de synthèse présentant l’intégration régionale en cours sur le continent américain. Elle est extraite de l’Atlas des Amériques, issu de la collection des atlas du magazine L’Histoire, paru en 2012. En analysant ce document, nous montrerons dans quelle mesure on peut parler d’intégration régionale en Amérique. En premier lieu, nous en préciserons les modalités ; en second lieu, les limites.

I. Une intégration régionale à différentes échelles

1. À l’échelle continentale

Les États-Unis, première puissance économique du continent, génèrent de nombreux flux avec le reste du continent : flux commerciaux et financiers (dans les deux sens) ; flux de travailleurs (vers les États-Unis) ; flux de drogue (vers les États-Unis).

La signature d’accords bilatéraux entre les États-Unis et de nombreux États d’Amérique latine intensifie ces échanges. Il s’agit d’accords commerciaux sectoriels (produits agricoles, produits manufacturés).

2. À l’échelle subcontinentale

En Amérique du Nord et centrale, l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) associe les États-Unis, le Canada et le Mexique. L’ALENA constitue une zone de libre-échange favorisant les flux commerciaux et financiers.

En Amérique du Sud, le MERCOSUR (Marché commun du Sud) réunit le Brésil, le Venezuela, l’Uruguay, le Paraguay et l’Argentine. D’autres associations, moins poussées coexistent (ex. : l’Union des nations sud-américaines ; la Communauté andine des nations).

3. À l’échelle régionale

En Amérique du Nord, un espace métropolitain intégré se développe dans la région des Grands Lacs, à cheval sur le Canada et les États-Unis. Il associe des métropoles comme Détroit (États-Unis) et Toronto (Canada).

En Amérique du Sud, les régions frontalières des États membres du ­MERCOSUR sont d’actives interfaces (ex. : frontière entre le Brésil et ­l’Uruguay). Elles sont animées par d’intenses échanges commerciaux.

II. Des obstacles à l’intégration régionale

1. La rivalité entre les États-Unis et le Brésil

Les États-Unis (première puissance économique mondiale) et le Brésil (sixième puissance économique mondiale) sont autant des concurrents économiques que des partenaires. L’ALENA et le MERCOSUR contribuent à leur influence respective à l’échelle de chacune des deux Amériques.

Ainsi, le projet de ZLEA (Zone de libre-échange des Amériques), défendu par les États-Unis, est resté lettre morte. En effet, le Brésil s’oppose à la constitution d’une vaste zone de libre-échange dans laquelle il subirait de plein fouet la concurrence états-unienne.

2. Le rejet de l’impérialisme américain

Depuis la fin du xixe siècle, les États-Unis ont considéré l’Amérique latine comme leur « chasse gardée », n’hésitant pas à intervenir militairement partout où leurs intérêts vitaux étaient en péril. Cependant, depuis le 11 septembre 2001, l’Amérique latine ne constitue plus un enjeu majeur pour les États-Unis.

Depuis 2005, l’ALBA (Alliance bolivarienne des Amériques), organisée autour du Venezuela, s’oppose aux initiatives libérales de Washington. Cependant, après la mort du président vénézuélien Hugo Chavez en 2013, cette organisation perd de son influence.

Les États latino-américains défendent leur spécificité et leurs intérêts économiques à travers différentes organisations comme la CELAC (Communauté des États latino-américains) ou l’UNASUR (Union des nations sud-américaines).

3. Des obstacles aux flux

La frontière entre les États-Unis et le Mexique est sévèrement contrôlée (mur, vidéosurveillance, patrouilles) pour empêcher l’immigration clandestine vers les États-Unis.

Jusqu’en 2014, Cuba a souffert d’un sévère embargo imposé par les États-Unis. Cependant, avec le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, ce dernier est assoupli.

Conclusion

Le continent américain est donc bien en voie d’intégration. Ce processus se manifeste à différentes échelles : continentale, subcontinentale et régionale. Cependant, la rivalité entre les États-Unis et le Brésil, le rejet de l’impérialisme américain et différents obstacles aux flux freinent ce processus.