L’iPad, un produit mondialisé

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : La mondialisation, fonctionnement et territoires
Type : Analyse de document | Année : 2014 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
L’iPad, un produit mondialisé
 
 

La mondialisation, fonctionnement et territoires

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Géographie

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CORRIGE

 

Sujet inédit

analyse de document

> D’après l’analyse de ce document, montrez en quoi l’iPad est représentatif de la mondialisation, en termes de production, d’acteurs économiques et d’organisation des réseaux de circulation.

document

La route de l’iPad


 

D’après Alternatives internationales, n°14, janvier 2014.

Lire la consigne

  • Le sujet correspond à l’étude de cas portant sur un produit mondialisé dans la question intitulée La mondialisation, fonctionnement et territoires.
  • La consigne vous invite à mettre en relation un produit (la tablette tactile iPad, conçue et produite par la FTN américaine Apple) avec le phénomène de mondialisation, c’est-à-dire la progressive intégration des territoires et des sociétés à l’échelle mondiale. Vous devez prendre en compte les différentes étapes de l’élaboration de ce produit (conception, fabrication, exportation) en identifiant différents acteurs (États, FTN) et en décrivant des réseaux, c’est-à-dire l’ensemble organisé de flux.
  • S’agissant d’une étude de cas, il vous faudra préciser dans quelle mesure ce produit est typique de la mondialisation, en apportant une réponse nuancée.

Observer le document

  • Le document proposé est un planisphère à projection polaire centré sur l’Europe, inspiré d’un document extrait du mensuel Alternatives internationales de janvier 2014.
  • Il met en évidence le fonctionnement du système mis en place par la firme transnationale états-unienne Apple pour fabriquer et vendre sa tablette numérique iPad à l’échelle planétaire.

Définir les axes de l’analyse

  • La problématique à laquelle votre analyse répondra est largement suggérée par le libellé du sujet : en quoi l’iPad est-il un produit mondialisé, tant par sa production que sa distribution ?
  • Le plan de votre analyse est lui aussi indiqué par le libellé : dans une première partie, vous présenterez le processus de fabrication de ce produit ; dans une seconde partie, les différents acteurs économiques qui y interviennent ; dans une dernière partie, l’organisation des réseaux de circulation de l’iPad.
Corrigé

Les titres en couleur servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

 

Info

En 2013 a été lancée la cinquième génération d’iPad.170 millions d’exemplaires de ce produit ont déjà été vendus dans le monde.

[Présentation du document] Le document proposé porte sur un produit phare de la mondialisation contemporaine : la tablette tactile iPad, mise au point depuis 2010 par la firme transnationale américaine (FTN) Apple. Il s’agit d’un planisphère en projection polaire intitulé La route de l’iPad, qui présente l’organisation spatiale de la production et de la commercialisation de ce produit ; il est inspiré d’une carte réalisée par les infographistes du magazine Alternatives internationales de janvier 2014.

[Problématique et annonce du plan] L’analyse que nous en ferons, en réponse à la consigne, nous permettra de montrer en quoi l’iPad est un produit mondialisé. Pour ce faire, nous présenterons d’abord son processus de fabrication, puis les acteurs économiques qui interviennent dans ce dernier, avant de décrire les réseaux de transport et de commercialisation de l’iPad.

I. Une production planétaire

1. La mise en œuvre de la division internationale du travail

 

Info

Apple a été fondé en 1976 par Steve Jobs, décédé en 2011.

  • La conception de l’iPad est le monopole d’Apple, firme transnationale américaine dont le siège est situé dans la Silicon Valley, en Californie. On y trouve la direction de l’entreprise et ses activités de recherche.
  • La fabrication du produit mobilise de nombreux États de la planète : des fournisseurs de métaux rares comme le coltan et l’étain (ex. : République démocratique du Congo, Australie) ; des fournisseurs des composants électroniques (ex. : Allemagne, Taïwan) ; un pays-atelier (la Chine).
  • La production de l’iPad se fait donc dans au moins six pays différents et sur cinq continents : on parle d’espace productif mondialisé.

2. Les raisons de cette stratégie

  • L’objectif principal de la division internationale du travail est la recherche de la rentabilité maximale, sur un marché très concurrentiel.
  • La localisation des activités de conception aux États-Unis repose sur la nécessité d’une main-d’œuvre hautement qualifiée (ingénieurs venus du monde entier) et la mobilisation de capitaux considérables.
  • Le choix de la Chine comme pays-atelier s’explique par la présence d’une main-d’œuvre abondante et bon marché ; le site de Shenzen, zone franche littorale, permet d’exporter facilement les tablettes assemblées dans le monde entier.

II. De multiples acteurs économiques

1. Des FTN puissantes

  • Apple, un des leaders mondiaux de l’industrie high-tech, est au centre du dispositif de fabrication de l’iPad (concepteur, donneur d’ordres) et de sa commercialisation (réseau des Apple Stores).
  • D’autres FTN interviennent dans la fabrication de composants électroniques ; parmi elles, de prestigieuses entreprises, comme Texas Instrument (américain), Panasonic (japonais) ou Samsung (sud-coréen, principal concurrent d’Apple sur le marché des tablettes).
 

Définition

Apple est un modèle d’entreprise fabless, c’est-à-dire « sans usine ».

  • La carte ne mentionne pas les nombreuses entreprises chinoises sous-traitantes qui assurent l’assemblage du produit fini.

2. Le rôle des États

 

Gagnez des points !

Montrez les limites de la carte : ici ce que l’on ne voit pas.

  • Le planisphère ne met pas en évidence le rôle des États dans le système mis en place par Apple. Cependant, ils contribuent largement à son fonctionnement. Ainsi, certains États très industrialisés (Japon, Corée du Sud) soutiennent l’activité de leurs entreprises par une politique commerciale avantageuse (ex. : réglementations protectionnistes).
  • En Chine, l’État attire les investissements étrangers dans les zones économiques spéciales, avec une règlementation et une fiscalité allégées (ex. : Shenzen).

III. Des flux et réseaux planétaires

1. Des flux internationaux

  • Les flux de composants relient les zones productrices (Amérique du Nord, Europe occidentale, Asie orientale) à la zone d’assemblage (Shenzen).
  • Les flux de produits finis (les tablettes numériques) relient le littoral chinois aux États-Unis. Ils s’effectuent majoritairement par voie maritime (transport par porte-conteneurs) : ceci est caractéristique de la mondialisation (80 % des échanges commerciaux emprunte cette voie).
  • La carte ne mentionne pas les flux d’information que supposent les accords commerciaux entre Apple, les fournisseurs de composants et les assembleurs. Elle n’indique pas non plus les flux d’exportation des tablettes, qui partent des États-Unis vers le reste du monde.

2. Un réseau de commercialisation mondial

 

Info

La stratégie marketing d’Apple est de donner à ses clients l’illusion de faire partie d’une même communauté.

  • Le marché de l’iPad est un marché mondial. Apple répond à cette demande en s’appuyant notamment sur un réseau de points de vente spécialisés, les Apple Stores. Leur implantation est planétaire (Amérique du Nord, Europe occidentale, Asie orientale, Australie).
  • Néanmoins, ce réseau est peu présent en Amérique latine, en Afrique et dans le reste de l’Asie. En effet, en raison d’un niveau de développement inférieur, le marché de consommation y est plus restreint. Le prix reste un obstacle et les flux illicites y sont plus élevés (trafic d’Ipad).

Conclusion

[Réponse à la problématique] Ainsi, à bien des égards, l’iPad est un produit représentatif de la mondialisation : fabriqué dans le monde entier par de multiples acteurs, il s’appuie sur un réseau de distribution planétaire.

[Intérêt et critique du document] L’intérêt géographique de ce document est de mettre en évidence, au travers de cette étude de cas, les liens et les discontinuités inhérentes au processus de mondialisation. Cependant, il manque sans doute de données chiffrées qui auraient permis de quantifier certaines informations comme l’importance des flux.