La Bruyère, Les Caractères, livre V, 9

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re Générale | Thème(s) : La Bruyère, Les Caractères – La comédie sociale
Type : Sujet d'oral | Année : 2021 | Académie : Inédit

La Bruyère, Les Caractères

oral

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42

Sujet d’oral • Explication & entretien

La Bruyère, Les Caractères, livre V, 9

20 minutes

20 points

1. Lisez le texte à voix haute.

Puis expliquez-le.

Document 

9 (VIII)

Arrias a tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi ; c’est un homme universel1, et il se donne pour tel : il aime mieux mentir que de se taire ou de paraître ignorer quelque chose. On parle à la table d’un grand2 d’une cour du Nord : il prend la parole, et l’ôte à ceux qui allaient dire ce qu’ils en savent ; il s’oriente dans cette région lointaine comme s’il en était originaire ; il discourt des mœurs de cette cour, des femmes du pays, de ses lois et de ses coutumes ; il récite des historiettes qui y sont arrivées ; il les trouve plaisantes, et il en rit le premier jusqu’à éclater3. Quelqu’un se hasarde de le contredire, et lui prouve nettement qu’il dit des choses qui ne sont pas vraies. Arrias ne se trouble point, prend feu au contraire contre l’interrupteur : « Je n’avance, lui dit-il, je ne raconte rien que je ne sache d’original4 : je l’ai appris de Sethon, ambassadeur de France dans cette cour, revenu à Paris depuis quelques jours, que je connais familièrement, que j’ai fort interrogé, et qui ne m’a caché aucune circonstance. » Il reprenait le fil de sa narration avec plus de confiance qu’il ne l’avait commencée, lorsque l’un des conviés lui dit : « C’est Sethon à qui vous parlez, lui-même, et qui arrive de son ambassade. »

La Bruyère, Les Caractères, livre V, 1696.

1. Un homme universel : un homme qui sait tout.

2. Un grand : un prince.

3. Jusqu’à éclater : jusqu’à éclater d’un rire retentissant.

4. Que je ne sache d’original : que je ne sache de source sûre.

2. question de grammaire.

Étudiez l’expression de la négation dans la phrase suivante : « Je n’avance, lui dit-il, je ne raconte rien que je ne sache d’original : je l’ai appris de Sethon, ambassadeur de France dans cette cour, revenu à Paris depuis quelques jours, que je connais familièrement, que j’ai fort interrogé, et qui ne m’a caché aucune circonstance. » (l. 13-17)

 

Conseils

1. Le texte

Faire une lecture expressive

Dans la deuxième phrase, rendez perceptible la vivacité de la scène traduite par la juxtaposition des propositions.

Faites sentir la pédanterie d’Arrias dans le passage au discours direct : « Je n’avance […] aucune circonstance. » (l. 13-17).

Ralentissez la lecture à la dernière phrase pour souligner l’effet de chute.

Situer le texte, en dégager l’enjeu

Il s’agit d’un portrait satirique, qui utilise la caricature : étudiez les moyens employés par La Bruyère pour créer cet effet.

La Bruyère utilise ici l’anecdote : montrez comment cette saynète illustre la pédanterie d’Arrias et constitue un portrait en action.

2. La question de grammaire

Vous devez relever quatre formes négatives. Pour chacune, identifiez la nature des mots de négation utilisés.

Analysez la portée de chaque négation : est-elle totale ou partielle ?

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