La compétitivité des FMN

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Mondialisation et intégration européenne
Type : Dissertation | Année : 2013 | Académie : Amérique du Nord
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
La compétitivité des FMN
 
 

Mondialisation, finance internationale et intégration européenne

Corrigé

12

Ens. spécifique

sesT_1305_02_00C

 

Amérique du Nord • Mai 2013

dissertation • 20 points

> Par quelles stratégies les firmes multinationales cherchent-elles à accroître leur compétitivité ?

Document 1

Évolution du coût salarial unitaire1 dans différents pays et dans la zone euro (en indices)


 

Source : Conseil d’analyse économique, 2011.

1. Coût salarial par unité produite.

Document 2

Importance des facteurs déterminant la compétitivité sur les marchés étrangers (proportion d’entreprises considérant le facteur comme « très important »)


 

Source : INSEE, 2008.

Champ : enquête d’opinion réalisée en France auprès de chefs d’entreprises industrielles exportatrices de 20 salariés ou plus.

Note de lecture : sur 100 chefs d’entreprises industrielles fortement exportatrices interrogés, 85 jugent que la qualité des produits est un facteur déterminant la compétitivité sur les marchés étrangers.

Note : une entreprise exportatrice est une entreprise qui réalise au moins 5 % de son chiffre d’affaires à l’exportation. Une entreprise fortement exportatrice est une entreprise qui réalise au moins 35 % de son chiffre d’affaires à l’exportation.

Document 3

Flux entrants et sortants d’IDE1 (en millions de dollars courants et en %)

 

Flux entrants

Flux sortants

2000

2011

2000

2011

En millions de dollars

Part en %

En millions de dollars

Part en %

En millions de dollars

Part en %

En millions de dollars

Part en %

Chine

40 714,8

2,9

123 985,0

8,1

915,8

0,1

65 117,0

3,8

France

43 252,3

3,1

40 945,0

2,7

177 448,9

14,5

90 146,0

5,3

Allemagne

198 276,5

14,2

40 402,1

2,7

56 557,0

4,6

54 368,4

3,2

États-Unis

313 997,2

22,4

226 937,0

14,9

142 626,0

11,6

396 656,0

23,4

Monde

1 400 540,6

100,0

1 524 422,2

100,0

1 226 632,8

100,0

1 694 396,1

100,0

dont

Économies en développement

255 506,0

18,2

684 399,3

44,9

135 116,4

11,0

383 753,7

22,6

Économies développées

1 137 996,2

81,3

747 860,0

49,1

1 088 321,3

88,7

1 237 507,6

73,0

Pays les moins avancé

4 133,3

0,3

15 010,9

1,0

792,3

0,1

3 270,0

0,2

 

Source : Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), 2012.

1. Investissement directs à l’étranger (IDE) : création d’une unité de production à l’étranger ou acquisition d’au moins 10 % du capital d’une entreprise.

Définir les mots clés

  • Les firmes multinationales sont des entreprises ayant des activités en dehors de leur pays d’origine. Ces firmes détiennent des filiales dans plusieurs pays.
  • La compétitivité, capacité d’une entreprise ou d’une économie nationale à résister à la concurrence, est mesurée par les parts de marché détenues par une entreprise ou une économie nationale sur le marché mondial. On distingue la compétitivité-prix de la compétitivité-hors prix. La première implique des prix moins élevés que les concurrents, la seconde est liée à une meilleure qualité des produits ou à l’innovation.

Dégager la problématique

Une stratégie représente l’ensemble des actions mises en œuvre pour atteindre des objectifs. Pour une multinationale, l’objectif est de constituer un avantage concurrentiel sur un marché mondialisé, ce qui suppose d’améliorer la compétitivité-prix et hors-prix. La question que pose le sujet est donc de savoir comment les multinationales décident de localiser leur production au niveau mondial afin d’accroître leur compétitivité.

Analyser les documents

  • Le document 1 permet de comparer l’évolution du coût salarial unitaire dans différents pays. Ce sont des indices, le coût aux États-Unis constituant la référence. Il montre que le coût salarial reste nettement moins élevé en Chine qu’en France et dans les pays de la zone euro, mais que cet écart tend légèrement à se réduire depuis 2008 (un peu plus de 60 points de pourcentage de différence avec la zone euro en 2008, 55 points en 2011).
  • Le document 2 permet de connaître les facteurs de compétitivité mis en avant par les chefs d’entreprises industrielles exportatrices. On constate qu’ils considèrent la qualité, c’est-à-dire la compétitivité-hors prix, comme le facteur le plus important (85 % des chefs d’entreprises fortement exportatrices), le facteur prix ne venant qu’en deuxième position (67 % environ).
  • Le document 3 sur les investissements directs à l’étranger (IDE) montre qu’entre 2000 et 2011, les IDE entrants dans les économies en développement voient leur part fortement augmenter (plus 26,7 points de pourcentage) au détriment des flux dans les pays développés (moins 32,2 points de pourcentage). Mais au cours de cette même période on constate également que la part des IDE provenant des pays en développement (flux sortants) a plus que doublé.

Définir le plan

La réponse à la problématique comportera deux parties. La première portera sur les stratégies favorisant la compétitivité-prix, la seconde sur celles améliorant la compétitivité hors-prix.

Corrigé

Introduction

  • Dans une économie de marché devenue mondiale, les entreprises ont un impératif de compétitivité pour faire face à une concurrence de plus en plus vive. La compétitivité va mesurer la capacité des entreprises ou d’une économie nationale à résister à la concurrence.
  • Le nombre de firmes multinationales (FMN), entreprises ayant des activités en dehors de leur pays d’origine et détenant des filiales dans plusieurs pays, a fortement augmenté dans ce contexte mondialisé. On peut donc se demander quelles sont les stratégies des FMN pour accroître leur compétitivité.
  • Les stratégies des FMN couvrent l’ensemble des actions mises en œuvre pour accroître leur compétitivité. Comment les multinationales décident-elles de localiser leur production au niveau mondial afin d’accroître leur compétitivité ? On peut distinguer deux stratégies de localisation des FMN, destinées à améliorer d’une part la compétitivité-prix, et d’autre part la compétitivité hors-prix.

I. L’accroissement de la compétitivité-prix

Comme toutes les entreprises dans une économie de marché, les FMN cherchent à réduire leurs coûts de production, ce qui se traduit par des délocalisations vers les pays à bas coûts.

1. Une stratégie de réduction des coûts

  • Le coût de production représente l’ensemble des dépenses réalisées par les entreprises pour produire un bien ou service. Le coût principal est le coût salarial unitaire, c’est-à-dire le coût salarial par unité produite, qui dépend à la fois des salaires versés et de la productivité du travail. À ce coût salarial viennent s’ajouter les coûts de transfert, de transport et les coûts des matières premières.
  • La réduction des coûts de production permet à l’entreprise à la fois d’augmenter ses profits et de baisser son prix de vente. Cette amélioration de sa compétitivité-prix lui procure un avantage concurrentiel. Ainsi, 68 % des chefs d’entreprises industrielles fortement exportatrices considèrent que le prix des produits est un facteur « très important » de la compétitivité sur les marchés étrangers (document 2).

2. Les délocalisations vers les pays à bas coûts

  • Les délocalisations sont un phénomène complexe. Au sens large, elles consistent à remplacer la production dans un pays par celle d’un autre pays sans l’ouverture d’un lieu de production nouveau. Ce type de délocalisation correspond à l’externalisation d’une partie de la production de la firme à l’étranger. Il permet de réduire les coûts en profitant d’économies d’échelle car la production des entreprises sous-traitantes s’accroît ou en bénéficiant de la faiblesse du coût de la main-d’œuvre.
  • Au sens strict, les délocalisations supposent la fermeture d’une unité de production dans le pays d’origine de la FMN et le transfert de l’activité de production en créant une filiale dans le pays d’accueil. Ces délocalisations impliquent des investissements directs à l’étranger (IDE) via l’acquisition d’au moins 10 % d’une entreprise située à l’étranger. Ainsi, la part des flux d’IDE entrants en Chine en 2011 représente 8,1 % des flux d’IDE totaux, soit une multiplication par trois approximativement depuis 2000 (document 3), alors que les écarts d’évolution du coût salarialunitaire sont restés à peu près constants entre la zone euro et la Chine depuis l’année 2000 (document 1).

Les FMN cherchent à améliorer leur compétitivité-prix en délocalisant une partie de leur production vers des pays où les coûts de production sont moins élevés que dans les pays d’origine. Mais les stratégies des FMN ne se limitent pas à cette volonté d’améliorer leur compétitivité-prix.

II. L’amélioration de la compétitivité hors-prix

La compétitivité d’une entreprise ne se limite pas aux prix mais également à la qualité des produits et à sa capacité à répondre à la demande des consommateurs.

1. Les stratégies pour améliorer la qualité

  • Si la part des pays en développement dans les flux d’IDE entrants a fortement augmenté au cours des années 2000, celle des pays développés reste élevée, environ la moitié de la totalité des flux entrants en 2011 (document 3). En effet, pour une entreprise, l’avantage concurrentiel ne tient pas seulement au prix mais également à la qualité des produits. Ainsi, plus de 80 % des chefs d’entreprises industrielles exportatrices considèrent que la qualité des produits est un facteur déterminant de la compétitivité (document 2).
  • Le développement de pôles de compétitivité en France ou de la Silicon Valley aux États-Unis illustre cette volonté des FMN de localiser leur production dans des pays ou des régions qui favorisent l’innovation. Au sein de ces pôles, les filiales des FMN se constituent en réseaux favorisant la diffusion de l’innovation et la maîtrise des nouvelles technologies.

2. La volonté de mieux répondre à la demande

  • Les délocalisations peuvent répondre à une volonté de mieux répondre à l’évolution des goûts des consommateurs. Ainsi, même si les coûts de production sont plus élevés, certaines FMN préfèrent rechercher des « zones géographiques stratégiques » afin de rester proches des consommateurs ayant un pouvoir d’achat élevé. Pour cette raison, on constate que la part des flux entrants d’IDE aux États-Unis, premier marché mondial, reste élevée en 2011, 14,9 % (document 3).
  • Cette stratégie que l’on peut qualifier de « stratégie de débouchés » est favorisée par la qualité de l’environnement économique et social des pays, ce qui est surtout vrai pour les pays développés. Ainsi, des infrastructures économiques de qualité, un système éducatif performant, la stabilité politique et une réglementation économique plutôt libérale sont autant de facteurs qui favorisent l’implantation des filiales des FMN. De plus, malgré un discours libre-échangiste des États, le recours aux pratiques protectionnistes n’a pas disparu et produire sur place est un moyen de contourner les mesures protectionnistes.

Dans leur stratégie de localisation, les FMN prennent en compte la nécessité d’accéder le plus rapidement possible aux nouvelles technologies afin d’améliorer la qualité des produits. Elles cherchent également à contourner d’éventuelles barrières protectionnistes.

Conclusion

  • Les stratégies de localisation des FMN sont diverses afin de maximiser leurs profits dans un environnement caractérisé par la mondialisation de la concurrence. Elles peuvent avoir comme objectifs d’accroître leur compétitivité-prix ou d’améliorer leur compétitivité hors-prix. Dans le premier cas, les FMN chercheront à s’implanter dans les pays où les coûts sont les moins élevés, le plus souvent les pays émergents. Dans le second cas, la destination des IDE est plutôt les pays développés car il s’agit alors de bénéficier du progrès technique et se rapprocher de consommateurs au pouvoir d’achat élevé.
  • Si les stratégies de délocalisation des FMN ont été un instrument puissant de la mondialisation économique, on peut se demander quels sont les effets économiques et sociaux de ces stratégies.