La Fontaine, Fables, "Le Coche et la Mouche"

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Annales corrigées
Classe(s) : 1re Générale - 1re ST2S - 1re STI2D - 1re STL - 1re STMG | Thème(s) : La Fontaine, Fables – Imagination et pensée au XVIIe siècle
Type : Sujet d'oral | Année : 2019 | Académie : Inédit

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Sujet d’oral • Explication & entretien

La Fontaine, Fables, « Le Coche et la Mouche », VII, 8

20 minutes

20 points

1. Lisez le texte à voix haute.

Puis expliquez-le.

DOCUMENT

Le Coche et la Mouche

 

Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,

Et de tous les côtés au soleil exposé,

Six forts chevaux tiraient un Coche1.

Femmes, moine, vieillards, tout était descendu.

L’attelage suait, soufflait, était rendu2.

Une Mouche3 survient, et des chevaux s’approche,

Prétend les animer par son bourdonnement ;

Pique l’un, pique l’autre, et pense à tout moment

Qu’elle fait aller la machine,

S’assied sur le timon4, sur le nez du cocher.

Aussitôt que le char chemine,

Et qu’elle voit les gens marcher,

Elle s’en attribue uniquement la gloire ;

Va, vient, fait l’empressée : il semble que ce soit

Un sergent de bataille allant en chaque endroit

Faire avancer ses gens, et hâter la victoire.

La Mouche en ce commun besoin

Se plaint qu’elle agit seule, et qu’elle a tout le soin ;

Qu’aucun n’aide aux chevaux à se tirer d’affaire.

Le moine disait son bréviaire5 :

Il prenait bien son temps ! Une femme chantait :

C’était bien de chansons qu’alors il s’agissait !

Dame Mouche s’en va chanter à leurs oreilles,

Et fait cent sottises pareilles.

Après bien du travail, le Coche arrive au haut.

« Respirons maintenant, dit la Mouche aussitôt :

J’ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.

Çà, Messieurs les Chevaux, payez-moi de ma peine. »

Ainsi certaines gens, faisant les empressés,

S’introduisent dans les affaires.

Ils font partout les nécessaires,

Et, partout importuns, devraient être chassés.

Jean de La Fontaine, Fables, VII, 8

1. Coche : chariot tiré par des chevaux qui sert au transport de voyageurs.

2. Rendu : épuisé.

3. Mouche : plutôt une sorte de taon.

4. Timon : pièce de bois à l’avant du coche, à laquelle sont attelés les chevaux.

5. Bréviaire : livre de prière.

2. question de grammaire. « Aussitôt que le char chemine,/ Et qu’elle voit les gens marcher » (v. 11-12) : délimitez les propositions, analysez la nature et la fonction de chacune.

Conseils

1. Le texte

Faire une lecture expressive

Vous devez respecter le rythme des vers, en prenant soin de marquer la césure des alexandrins (coupe après la 6e syllabe) et en prononçant bien chaque syllabe, même les e d’ordinaire muets (par exemple « L’atte­lage suait » au vers 5 ou « qu’elle voit » au vers 12), sauf en fin de vers.

Traduisez dans votre ton la difficulté initiale du Coche embourbé par un rythme assez lent ; puis, lorsque la Mouche fait son apparition, utilisez un ton plus vif et léger.

Situer le texte, en dégager l’enjeu

Montrez la difficulté dans laquelle se trouve le Coche au début de la fable.

Étudiez les effets que produit l’irruption soudaine de la Mouche, qui croit prendre les choses en main. Montrez comment cette illusion orgueilleuse s’amplifie.

Intéressez-vous au dénouement de la fable et à sa moralité : comment La Fontaine critique-t-il le comportement de la Mouche ?

2. La question de grammaire

Prenez bien soin de séparer les différentes propositions, qui se construisent généralement autour d’un sujet et d’un groupe verbal.