La gouvernance économique mondiale au début du XXIe siècle

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Gouverner à l'échelle mondiale : une gouvernance économique depuis 1975
Année : 2016 | Académie : Amérique du Nord

Amérique du Nord • Mai 2016

analyse de document

La gouvernance économique mondiale au début du xxie siècle

Après avoir identifié le document, vous présenterez et expliquerez le point de vue de l’auteur sur les liens entre la mondialisation et la gouvernance économique mondiale.

Document Extraits de l’intervention de Pascal Lamy, ancien président de l’OMC, prononcée le 28 octobre 2013

La mondialisation est indéniablement la grande transformation à l’œuvre dans le monde actuel. […] Nous n’avons jamais, au cours des dernières décennies, assisté à des changements si radicaux et, peut-être plus important, si rapides. Il en résulte un niveau d’interconnexion et d’interdépendance dont nombre d’implications nous sont encore inconnues. […] Les faits et les chiffres indiquent que la mondialisation s’est traduite à la fois par un recul immense de la pauvreté et un creusement marqué des inégalités. La volatilité1 est plus forte, la contagion2 plus fréquente et la nature est endommagée.

Or, ces questions ne sont plus locales mais mondiales, comme l’a montré la crise financière, puis économique et sociale apparue ici, aux États-Unis, en 2007 avant de se propager à de nombreuses régions du monde. La réduction des émissions de carbone et la lutte contre l’épuisement des ressources halieutiques, la volatilité des monnaies, le protectionnisme, la cybercriminalité, l’évasion fiscale ou les migrations contraintes ne sont pas d’abord des affaires locales. Elles ne peuvent pas être conduites dans le seul cadre national  une forme de gouvernance mondiale s’impose.

Disposons-nous d’un système de gouvernance mondial adéquat pour résoudre ces problèmes ? À mon sens, non. Un coup d’œil aux récentes publications sur le sujet, donc Gridlock de David Held, ­Divided Nations de Ian Goldin, The Great Convergence de Kishore Mahbubani ou Le Grand Basculement de Jean-Michel Severino, conduit à une conclusion préoccupante : nous souffrons d’un déficit de gouvernance globale. Ce n’est pas faute d’avoir un système international. Nous en avons bien un, mais son édification, très difficile, a sérieusement ralenti depuis une dizaine d’années. […] Le système actuel reste plus international que mondial, ce qui implique qu’il appartient toujours aux États de décider de prendre ou non des engagements contraignants. C’est un phénomène surprenant à l’heure où certaines organisations, entreprises multinationales ou ONG mondiales, sont plus puissantes et influentes que nombre des deux cents États-nations du monde. Elles ont surfé sur la vague de la mondialisation pour devenir des acteurs mondiaux et se faire reconnaître comme tels.

Source : www.institutdelors.eu/media/mondialisationgouvernancelamyne-ijdjan14.pdf

1. La volatilité désigne ici l’instabilité financière.

2. L’auteur évoque la diffusion des crises économiques.

Les clés du sujet

Lire la consigne

La consigne est centrée sur deux notions : la mondialisation et la gouvernance économique. Elle vous invite à les mettre en relation en vous appuyant sur le raisonnement de l’auteur. Vous ne devez pas vous contenter de présenter le point de vue de ce dernier  vous devez aussi l’analyser.

Observer le document

Le document proposé est l’extrait d’un discours de Pascal Lamy, ancien président de l’Organisation mondiale du commerce, prononcé en 2013, à l’occasion d’un colloque organisé par l’Institut Delors. S’adressant à des experts, l’auteur défend l’idée d’une nouvelle gouvernance économique mondiale, adaptée à la mondialisation actuelle.

Définir les axes de l’analyse

Une première possibilité s’offre à vous : consacrer une partie à chacun des paragraphes du texte. En effet, ce discours est une démonstration dont chacune des étapes correspond à un paragraphe. L’inconvénient de ce choix est de dissocier des informations complémentaires.

La seconde consiste à consacrer une première partie aux manifestations d’une mondialisation qui s’accélère  une seconde à la nécessité d’une gouvernance économique mondiale.