La gouvernance économique mondiale depuis le sommet du G6 de 1975

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Gouverner à l'échelle mondiale : une gouvernance économique depuis 1975
Année : 2016 | Académie : Afrique


Afrique • Juin 2016

analyse de documents

La gouvernance économique mondiale depuis le sommet du G6 de 1975

En analysant les deux documents, dégagez les acteurs de la gouvernance économique mondiale puis montrez que cette gouvernance est remise en cause.

Document 1 Caricature du dessinateur de presse Plantu parue en 2002

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© Plantu

Journal Le Monde, 20 janvier 2002, www.lemonde.fr, site consulté le 5 septembre 2015.

Document 2 Les BRICS ont lancé leur banque de développement

Cette fois, ça y est. Réunis pour leur 6e sommet annuel à ­Fortaleza, au Brésil, les cinq grands pays émergents, Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud (les « BRICS »), ont signé, mardi 15 juillet, un accord actant la création d’une banque de développement et d’une réserve de change commune. « C’est une contribution importante pour la reconfiguration de la gouvernance économique mondiale », s’est félicitée la présidente brésilienne, Dilma Rousseff. […] La banque de développement, qui sera basée à Shanghai, aura pour objectif de financer de grands projets d’infrastructures dans les pays concernés et, à terme, dans d’autres émergents. […] Surtout, elle n’assortira pas ses prêts de conditionnalités contraignantes. « En cela, elle différerait du FMI, qui exige des réformes structurelles et une ingérence politique intolérable en échange de son aide », a expliqué Anton Silouanov, le ministre des Finances russes. Une option qui pourrait séduire nombre de pays émergents qui, comme l’Argentine, estiment que les conditionnalités du FMI ont causé de sérieux dommages à leurs économies […].

Marie Charrel, Le Monde, 16 juillet 2014, www.lemonde.fr, site consulté le 20 septembre 2015.

Les clés du sujet

Lire la consigne

La consigne est centrée sur la notion de gouvernance économique mondiale : celle-ci désigne la façon dont sont élaborées des règles communes destinées à résoudre les problèmes économiques à l’échelle planétaire.

Cette gouvernance remonte à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle est le fait d’acteurs nationaux, comme les États-Unis, et d’acteurs internationaux comme le FMI (Fonds monétaire international). Depuis le début du xxie siècle, elle est contestée par de nouveaux acteurs.

Observer les documents

Les deux documents ont la même source : le site du quotidien Le Monde, consulté en septembre 2015.

Le premier est un dessin satirique du dessinateur Plantu, paru le 20 janvier 2002, peu avant la réunion du Forum économique mondial à New York et celle du Forum social mondial à Porto Alegre (Brésil). Il souligne l’opposition entre deux modes de gouvernance économique mondiale.

Le second est un article de la journaliste Marie Charrel, paru le 16 juillet 2014, au moment de la réunion du sommet des BRICS à Fortaleza (Brésil). Elle y présente la création d’institutions propres aux pays émergents.

Définir les axes de l’analyse

La consigne vous suggère un plan en deux parties : dans la première, vous présenterez les acteurs de la gouvernance économique mondiale traditionnelle ; dans la seconde, la remise en cause de cette gouvernance.

Corrigé

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Introduction

[Présentation des documents] Les deux documents qui sont proposés ont la même source : le site Internet du journal Le Monde. Le premier est une caricature du dessinateur Plantu parue le 20 janvier 2002, au moment de la réunion du Forum économique mondial à New York et du Forum social mondial à Porto Alegre, au Brésil. Le second est un article de la journaliste Marie Charrel paru le 16 juillet 2014, lors du sommet des BRICS. Ils abordent tous deux les critiques à l’égard de la gouvernance économique mondiale actuelle.

[Problématique et annonce du plan] Comment cette dernière est-elle remise en cause ? Pour répondre à cette question en analysant ces documents, nous présenterons d’abord les acteurs de cette gouvernance puis sa contestation.

I. Les acteurs de la gouvernance économique mondiale

1. Les pays industrialisés

Le document 1 évoque la réunion du Forum économique mondial à New York. Organisation à but non lucratif financée par des firmes transnationales du Nord, il regroupe notamment des responsables politiques, des dirigeants d’entreprise et des intellectuels. Son objectif est de débattre des grandes questions planétaires.

Info

Fondée en 1971, cette organisation se réunit habituellement à Davos (Suisse).

Le Forum économique mondial préconise une mondialisation libérale. Il est dominé par les États-Unis, comme le suggère l’image du drapeau américain dont les étoiles ont été remplacées par le symbole du dollar.

2. Le FMI (Fonds monétaire international)

Le document 2 fait référence à un autre acteur : le FMI. Il s’agit d’une institution internationale siégeant à Washington dont le but est de veiller à la stabilité monétaire et d’aider les États en difficulté financière.

Info

Les réformes économiques consistent en des plans d’ajustement structurel.

Comme l’évoque la citation d’Anton Silouanov, le FMI conditionne l’obtention de prêts à la mise en place de réformes économiques destinées à assainir la situation financière du pays aidé. Durant les années 1990, l’Argentine est soutenue par le FMI.

II. La remise en cause de la gouvernance économique mondiale

1. L’essor de l’altermondialisme

Le document 1 fait référence au Forum social mondial qui réunit l’ensemble des organisations altermondialistes. Plantu a représenté ses participants sous la table du Forum économique mondial pour souligner l’influence modeste des altermondialistes mais aussi l’alternative sociale qu’ils incarnent.

Gagnez des points !

Privilégiez l’interprétation du document à sa simple description.

L’altermondialisme préconise une gouvernance économique fondée sur la participation citoyenne (symbolisée par le nombre de personnages) et l’implication des pays du Sud.

2. L’affirmation des pays émergents

Comme le rappelle le document 2, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) entendent œuvrer pour « reconfigurer la gouvernance économique mondiale ». C’est pourquoi ils organisent des sommets annuels depuis 2009.

Lors du sommet de Fortaleza (2014), ils fondent leur propre banque de développement. Destinée à financer de grands projets d’infrastructures, celle-ci n’impose pas de conditions contraignantes aux pays créanciers.

Conclusion

[Réponse à la problématique] Ainsi, ces deux documents présentent deux acteurs majeurs de la gouvernance économique mondiale actuelle : les pays industrialisés et le FMI. Ils nous rappellent également que cette gouvernance est contestée par le mouvement altermondialiste et les pays émergents.

[Critique des documents] L’intérêt de ces documents est de nous montrer qu’en ce début de xxie siècle, la gouvernance économique mondiale doit s’adapter à un monde multipolaire. Cependant, extraits de la même source, ils n’en donnent qu’une vision négative.