La libéralisation des échanges : une chance ou une menace ?

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : L'épreuve orale
Type : Sujet d'oral | Année : 2014 | Académie : Inédit
 
Unit 1 - | Corpus Sujets - 1 Sujet
 
La libéralisation des échanges : une chance ou une menace ?
 
 

Oral • Géographie

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ORAL

49

CORRIGE

 

Sujet d’oral no 6

avec document

document

La mondialisation commerciale en débat

[…] Comment répondre politiquement aux problèmes sociaux que pose l’intensification de la globalisation ? […] Aujourd’hui, dans la plupart des pays occidentaux, la préférence pour le libre-échange est extrêmement faible, contrastant avec sa singulière expansion dans les pays en développement pour qui commerce et développement ne sont que les deux faces d’une même réalité. Comment donc expliquer cette défiance ? Trois facteurs jouent.

Le premier résulte du fait que les avantages indiscutables de la libéralisation des échanges sont lents et diffus, tandis que ses coûts sont immédiats et visibles. Personne ne s’extasie de la baisse des prix des produits de consommation courante qui découle pourtant de la mondialisation. En revanche, tout le monde est spontanément porté à incriminer la mondialisation lorsqu’une usine ferme ses portes au prétexte qu’elle ne peut plus supporter la concurrence étrangère.

La seconde raison tient au fait que l’ouverture des marchés n’est pas socialement neutre. Elle crée des gagnants et des perdants ; les gagnants, ce sont évidemment les consommateurs, c’est-à-dire nous tous, ainsi que les personnes qualifiées travaillant sur des créneaux spécialisés, tandis que les perdants sont souvent les travailleurs non qualifiés des secteurs à faible valeur ajoutée faisant appel à une forte main-d’œuvre substituable. […]

La troisième explication réside dans le fait que, au sein même des gagnants, la répartition des gains de la mondialisation demeure très inégale. Les multinationales en profitent plus que les petites entreprises et les actionnaires bien davantage que les salariés. Mais pourquoi, en dépit de tous ces éléments, la libéralisation des échanges s’intensifie-t-elle ? D’abord parce que, plus le commerce mondial s’intensifie, plus la croissance mondiale s’intensifie. Ce fait historique est attesté et personne ne le conteste.

La démondialisation, c’est la thèse de la préférence nationale appliquée à l’économie. Elle est économiquement inefficace et politiquement effrayante.

Zaki Laïdi, directeur de recherches à Sciences Po, « Absurde démondialisation », Le Monde, 30 juin 2011.

préparation

Entrer dans le sujet

  • Le sujet porte sur les débatsà propos de lamondialisation qui s’insèrent dans la question du programme intitulée La mondialisation, fonctionnement et territoires.
  • Le sujet porte sur la libéralisation des échanges, c’est-à-dire le processus de diminution des obstacles (taxes douanières, réglementations) à la libre circulationdesmarchandises dans le monde. Ce processus est piloté par l’OMC (Organisation mondiale du commerce).
  • Sa logique est explicitement dialectique : vous devez montrer dans quelle mesure l’extension du libre-échange est une opportunité et dans quelle mesure elle constitue un danger pour les États et les sociétés.
  • Vous veillerez à présenter les termes de ce débat de façon claire maisnuancée, en illustrant, le cas échéant, les propos de l’auteur du texte (que vous citerez) par des exemples tirés de vos connaissances.

Organiser l’exposé

  • Deux options s’offrent à vous pour analyser ce document en réponse à la question posée.
  • La première consiste présenter d’abord les arguments des partisans du libre-échange avant d’exposer ceux de ses opposants.
  • La seconde, plus proche de la construction du texte, consiste à opposer point par point (voir 2e, 3e et 4e paragraphes) les arguments des défenseurs et ceux des détracteurs de cette pratique. Le corrigé proposé retient la seconde option.

présentation

Introduction

La crise mondiale de 2008 a relancé les débats sur la mondialisation. Celle-ci s’est d’abord traduite par l’extension des flux commerciaux à l’échelle planétaire, favorisée par la réduction des obstacles (douaniers et réglementaires) à leur circulation ; ce processus est piloté par l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Nous pouvons ainsi nous demander si la libéralisation des échanges est une chance ou une menace pour les États et les sociétés. Pour répondre à cette question, nous aborderons successivement trois questions : celle du coût de ce processus ; puis celle de ses effets sociaux ; enfin celle de ses effets sur les entreprises.

I. Des profits ou des pertes ? (2e paragraphe)

1. Les bénéfices de la libéralisation

  • La diminution des taxes douanières sur les produits importés les rend moins chers pour les consommateurs (ex. : produits high-tech) ; de plus, elle favorise la croissance à l’échelle mondiale (fin du 4e paragraphe).
  • Cependant, cette diminution est lente et diffuse, ce qui la rend difficilement perceptible par les intéressés.

2. Le coût de la libéralisation

  • La mise en concurrence des entreprises du monde entier entraîne des fermetures d’usines dans les pays du Nord (ex. : site breton du groupe agroalimentaire Doux) et des délocalisations dans ceux du Sud (ex. : en Chine).
  • Ces phénomènes très médiatisés entraînent la remise en cause de la mondialisation et la diffusion des valeurs altermondialistes (ex. : commerce équitable). Certains mêmes envisagent le retour au protectionnisme comme les adeptes de la démondialisation.

II. Des sociétés gagnantes ou perdantes ? (3e paragraphe)

1. Des gagnants

  • L’ouverture des marchés profite aux consommateurs en raison de la baisse des prix de vente des produits.
  • Elle profite aussi aux actifs les plus qualifiés travaillant dans des secteurs porteurs (ex. : industries de pointe).

2. Des perdants

  • L’ouverture des marchés nuit aux petits producteurs qui vendent à prix bas leurs produits (ex. : petits exploitants agricoles du Sud).
  • Elle pénalise aussi les travailleurs les moins qualifiés dans les industries de main-d’œuvre (ex. : ouvrières chinoises du textile), qui doivent se contenter de modestes salaires.

III. Des entreprises gagnantes ou perdantes ? (4e paragraphe)

1. Des entreprises gagnantes

  • Les firmes transnationales qui définissent leur stratégie en fonction de l’avantage comparatif entre les territoires sont les principales gagnantes du processus (ex. : Apple).
  • Avec elles, les actionnaires qui tirent profit de la baisse des coûts (ex. : de main-d’œuvre) générée par l’ouverture des marchés.

2. Des entreprises perdantes

  • Les petites entreprises, souvent sous-traitantes des firmes transnationales, doivent accepter la réduction de leurs marges financières pour pouvoir subsister.
  • Leurs salariés sont associés à leur destin et, pour sauver leur emploi, doivent parfois subir le gel ou la diminution des salaires (ex. : salariés de l’industrie en Allemagne).

Conclusion

En somme, comme le rappelle l’auteur au début de son texte, les arguments utilisés dans ce débat varient selon le point de vue retenu. Pour les populations des pays développés, la libéralisation des échanges est perçue comme une menace ; pour celle des pays en développement, il s’agit davantage d’une chance.