La liberté

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ST2S - Tle STI2D - Tle STL - Tle STMG | Thème(s) : La liberté
 

Sujet de type bac – Dissertation

Autrui est-il nécessairement un obstacle à ma liberté ?

Corrigé

Analyse du sujet : La formulation du sujet vous invite à dépasser l’idée courante selon laquelle autrui fait obstacle à ma liberté. Le sujet reconnaît pourtant que cela peut-être le cas, puisqu’il demande si autrui est nécessairement un obstacle. Il est donc souhaitable de montrer dans une première partie dans quelle mesure autrui nuit à ma liberté pour dépasser cette idée trop simple. C’est à cette analyse qu’il faudra ensuite consacrer la majorité du devoir, donc deux parties.

Remarquez que tout en examinant les deux aspects du problème, le plan proposé évite la forme simpliste du plan en deux temps Oui/Non.

Première partie : Autrui s’oppose à la libre réalisation de mes désirs.

Lorsque l’on définit la liberté comme libre puissance d’agir, on doit observer que la puissance d’agir d’autrui vient nécessairement s’opposer par moments à la mienne. La réalisation de nos désirs différents ou identiques n’est pas toujours compatible. C’est parce que l’on assimile souvent liberté à bonheur qu’autrui nous semble souvent une contrainte. C’est par exemple ce que suggère Thomas Hobbes (1588-1679) dans son Léviathan, lorsqu’il affirme que si les hommes vivaient à l’état de nature, ils passeraient leur temps à s’opposer aux désirs des autres et à assurer leur propre sécurité, de sorte qu’ils n’auraient jamais la possibilité effective de réaliser une part suffisante de leurs désirs.

Deuxième partie : Autrui ne fait pas obstacle à la liberté politique.

Les rapports sociaux sont souvent perçus comme un ensemble de renoncements collatéraux à nos libertés individuelles. Cela n’est vrai que dans une situation de rapports de force, selon Rousseau et Montesquieu. Dans un État de droit, où c’est la loi qui domine et non pas tel ou tel maître, les libertés politiques d’autrui ne sont nullement une menace pour ma liberté. Mais c’est à condition que ces lois ne soient pas au service des intérêts particuliers des hommes qui font les lois. Ici, les droits dont disposent les autres ne nuisent pas à ma liberté, puisque c’est l’existence de lois générales, et donc de droits identiques pour tous les hommes, qui est reconnue comme le meilleur moyen pour chaque homme d’étendre au maximum sa liberté.

Troisième partie : La liberté ne se joue peut-être pas dans les rapports sociaux.

Les deux parties précédentes reposent sur une définition de la liberté comme puissance d’agir. Mais la définition kantienne ou stoïcienne de la liberté comme indépendance de la volonté par rapport aux désirs ôte toute influence à autrui, et la possibilité de ma liberté se joue seulement en moi-même. Selon ce sens de la notion de liberté, la vraie menace pour ma liberté n’est pas la force d’autrui, mais la force de mes propres désirs, capables d’empêcher ma volonté. Dans ce cas, il faut et il suffit pour être libre que je parvienne à échapper à la contrainte que mes désirs font peser sur ma volonté. La réalisation de la liberté est ici une affaire privée, que Kant dirait morale.