La mobilité sociale

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Classes, stratification et mobilité sociales
Type : Raisonnement sur un dossier documentaire | Année : 2018 | Académie : France métropolitaine


France métropolitaine • Septembre 2018

raisonnement • 10 points

La mobilité sociale

À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que l’évolution de la structure par catégories socioprofessionnelles constitue un déterminant de la mobilité sociale.

document 1 Catégorie socioprofessionnelle du fils en fonction de celle du père en 2003

Catégorie socio-profession­nelle du fils

Catégorie socioprofessionnelle du père

Agri­culteur

ACCE1

CPIS2

Prof. intermédiaire

Employé

Ouvrier

Ensemble

Agriculteur

88

2

1

1

1

7

100

22

1

0

0

0

1

4

ACCE1

12

29

6

10

7

36

100

6

21

6

8

7

8

9

CPIS2

8

14

24

20

11

23

100

9

22

52

33

22

10

19

Prof. intermédiaire

11

12

9

16

11

41

100

17

24

26

33

28

23

24

Employé

13

10

5

9

14

49

100

9

9

6

9

17

12

11

Ouvrier

18

9

2

6

7

58

100

37

24

9

17

26

46

34

Ensemble

16

12

8

11

9

43

100

100

100

100

100

100

100

100

Source : d’après l’Insee, 2003.

Champ : hommes actifs ayant un emploi ou anciens actifs ayant eu un emploi, âgés de 40 à 59 ans, en 2003. La table de recrutement est en gras et celle de destinée en italique.

1. Artisan, commerçant, chef d’entreprise.

2. Cadre et profession intellectuelle supérieure.

document 2 Évolution de la composition de l’emploi selon les catégories socioprofessionnelles

sesT_1809_07_02C_01

Source : Insee, 2014.

Champ : France métropolitaine, personnes de 15 ans ou plus.

document 3

En 2003, 65 % des hommes âgés de 40 à 59 ans exercent un métier dans une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur père. Cette mobilité dépend en partie de l’évolution de la structure de l’économie et des dynamismes démographiques des différents groupes sociaux. Entre les années soixante-dix et aujourd’hui, l’agriculture a poursuivi son déclin séculaire1. L’industrie a marqué le pas avant de décliner à son tour, provoquant une forte diminution du nombre d’ouvriers. […]

À l’inverse, la part des cadres et des professions intermédiaires dans la population active est passée de 21 % en 1977 à 38 % en 2003, accompagnant le développement des activités tertiaires2. Les classes moyennes et supérieures du salariat sont donc forcément constituées de membres d’origines diverses. Les fils d’ouvriers et d’agriculteurs accèdent aux catégories supérieures du salariat en raison de ce formidable appel d’air et non pas d’une réelle évolution de l’égalité des chances. […]

En 1977, 57 % des fils occupaient une position différente de celle de leur père, contre 65 % en 1993 et en 2003. Cependant, l’écart entre la structure sociale des pères et la structure sociale des fils était moindre en 1977 qu’en 1993 ou aujourd’hui. Du fait de l’évolution économique, occasionnant des échanges de plus en plus nombreux entre groupes sociaux pour s’adapter au marché de l’emploi, la mobilité structurelle a constamment augmenté entre 1977 et 2003.

Stéphanie Dupays, « En un quart de siècle, la mobilité sociale a peu évolué », Données sociales, 2006.

1. Déclin s’étalant sur une longue période.

2. Activités de services.

Les clés du sujet

Entrer dans le sujet

La mobilité sociale désigne le changement de position sociale d’un individu au cours de sa vie (intragénérationnelle) ou par rapport à ses parents (intergénérationnelle).

Les catégories socioprofessionnelles sont des ensembles statistiques construits par l’Insee pour décrire la structure sociale. Les individus y sont classés dans des ensembles relativement homogènes à partir de différents critères tels que la profession ou le statut.

Le sujet posé invite à étudier le rôle des évolutions de la structure socioprofessionnelle, marquée par le déclin et l’expansion de certaines catégories sur l’acquisition de positions sociales qui permettent aux individus de connaître une mobilité sociale ascendante ou descendante.

Comprendre les documents

Le document 1 présente en un seul tableau les deux tables de mobilité en pourcentage en 2003. Sur 100 agriculteurs de 40 à 59 ans en 2003, 88 sont fils d’agriculteurs (recrutements), tandis que 22 % des fils d’agriculteurs sont agriculteurs eux-mêmes (destinées). La diagonale du tableau indique le poids de l’immobilité sociale. La comparaison de la colonne « ensemble » avec la ligne « ensemble » montre l’évolution de la structure socioprofessionnelle entre la génération des pères et celle des fils.

Le document 2 met en évidence l’évolution de la structure socioprofessionnelle en France depuis 1982. Celle-ci est marquée par le développement des catégories « cadres et professions intellectuelles supérieures » et le déclin des agriculteurs et des ouvriers, particulièrement des ouvriers non qualifiés.

Le document 3 met en relation l’évolution de la structure socioprofessionnelle avec les transformations de l’économie et de l’emploi, caractérisées par la tertiarisation des activités au détriment des activités agricoles et industrielles et le développement d’un salariat qualifié. Ces changements favorisent la mobilité sociale.

Définir le plan

On montrera successivement comment le déclin de certaines catégories sociales et l’expansion d’autres catégories favorisent une forme de mobilité sociale dite structurelle.