La modernisation de l'agriculture française

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Annales corrigées
Classe(s) : 3e | Thème(s) : Dynamiques territoriales de la France contemporaine
Type : Analyser et comprendre des documents | Année : 2018 | Académie : France métropolitaine


France métropolitaine • Septembre 2018

analyser des documents • 20 points

La modernisation de l’agriculture française

document 1 La modernisation de l’agriculture française

La modernisation concerne en premier l’organisation des terres agricoles. Les modifications que connaît l’Ouest illustrent parfaitement la dynamique générale. Jusqu’en 1950, la petite propriété reste majoritaire de la Normandie jusqu’à la frontière espagnole. À partir de cette date, les exploitations se concentrent rapidement sous l’effet de l’exode rural et des politiques de remembrement1. Les paysans qui restent achètent ou louent massivement les nombreuses terres laissées libres. Les parcelles sont redécoupées, les haies sont arrachées. En France métropolitaine, la taille moyenne des exploitations triple en 50 ans. […]

Parallèlement, l’autoconsommation diminue, la polyculture traditionnelle décline et la spécialisation s’affirme : production laitière en Normandie ou élevage hors-sol en Bretagne.

La modernisation concerne aussi les techniques agricoles. Le tracteur se généralise à partir des années 1950 (60 000 en 1946, 1 500 000 en 1979), les engrais chimiques sont couramment utilisés. De nouvelles semences plus productives voient le jour et il devient possible de sélectionner scientifiquement les races de l’élevage. […]

Mais depuis plusieurs années, la course aux rendements2 montre ses limites. Le revenu paysan stagne, et de nombreuses exploitations sont surendettées. […] Les conséquences écologiques du modèle agricole intensif paraissent aussi de plus en plus dommageables. L’utilisation massive d’engrais et de pesticides contribue ainsi à la pollution des eaux de surface, des nappes phréatiques et du bord de mer.

D’après V. Adoumié, Géographie de la France, Hachette 2015.

1. Remembrement : redistribution spatiale des terres entre les paysans, ce qui entraîne l’agrandissement des champs.

2. Rendement : quantité de produit récolté sur une surface cultivée.

document 2 Un paysage agricole de Bretagne (commune de Naizin, Morbihan)

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ph© Atlas des paysages du Morbihan (DR)

Site Internet sur l’atlas des paysages, Morbihan.

document 1

1. Citez trois progrès techniques qui ont permis d’augmenter les productions agricoles. (3 points)

2. Relevez deux conséquences de la modernisation de l’agriculture pour les agriculteurs. (4 points)

3. Reproduisez le tableau et complétez-le sur votre copie ; associez les mots soulignés à la définition qui convient. (3 points)

1. …………………

Élevage en milieu artificiel

2. …………………

Production de plusieurs cultures au sein d’une exploitation

3. …………………

Production d’une seule catégorie de plante ou d’une seule espèce animale

documents 1 et 2

4. Décrivez et expliquez les transformations récentes des paysages agricoles. (5 points)

5. Quels sont les risques liés à la modernisation de l’agriculture et les solutions adoptées pour réduire ces risques ? (5 points)

Les clés du sujet

Comprendre les documents

Le document 1 est un texte tiré d’un manuel universitaire. Il synthétise les principaux éléments de la modernisation de l’agriculture française que l’on peut repérer à l’échelle locale sur le document 2.

Répondre aux questions

1. Cherche le mot-clé « technique » dans le texte.

2. Attention : la question concerne les agriculteurs et non les espaces agricoles.

4. Prends soin de bien centrer le propos sur les paysages et d’utiliser les deux documents.

5. La partie sur les solutions nécessite des connaissances tirées du cours de ton professeur.

Corrigé

Corrigé

1. Les trois progrès techniques qui ont permis d’augmenter les productions agricoles sont :

la généralisation du tracteur, c’est-à-dire la mécanisation ;

l’utilisation croissante des engrais chimiques (chimisation) ;

l’utilisation de nouvelles semences et la sélection de nouvelles races d’élevage plus productives.

2. La modernisation de l’agriculture a eu deux conséquences pour les agriculteurs : la diminution de leur nombre et leur endettement. La baisse du nombre des agriculteurs est liée à la nécessité d’acquérir des exploitations de plus grandes dimensions pour que la mécanisation soit rentable. Leur endettement résulte de l’augmentation des investissements nécessaires (machines, engrais, semences).

3.

1. élevage hors-sol

Élevage en milieu artificiel

2. polyculture

Production de plusieurs cultures au sein d’une exploitation

3. spécialisation

Production d’une seule catégorie de plante ou d’une seule espèce animale

4. Les paysages agricoles se sont profondément transformés depuis 1950. Les parcelles ont été redécoupées, les haies arrachées. C’est la fin du bocage traditionnel en Bretagne. Le document 2 montre la prédominance de champs de grandes dimensions aux formes géométriques. Les haies ne sont que des survivances. Les bâtiments agricoles modernes, de type silos ou bâtiments d’élevage hors-sol, se sont multipliés. Parallèlement, à côté des anciennes fermes sont apparues des habitations récentes, pourvues de tout le confort moderne.

Ces transformations des paysages sont liées à la modernisation des systèmes productifs agricoles depuis 1950. La mécanisation et la chimisation ont nécessité des exploitations plus grandes, obtenues par remembrement au profit de formes géométriques, et une spécialisation poussée des cultures ou élevages, au détriment de la polyculture traditionnelle, afin de rentabiliser les investissements consentis.

gagne des points

Fais deux paragraphes : un sur les risques et un sur les solutions.

5. La modernisation de l’agriculture ne va pas sans risques. Les investissements nécessaires ont conduit à l’endettement massif de la profession, étranglée entre le secteur amont (matériel, banque) et aval (agroalimentaire, distribution). Les conséquences écologiques sont également de plus en plus sensibles : pollutions des sols et des nappes phréatiques, crises alimentaires (maladie de la vache folle).

La réduction de ces risques passe par une aide accrue aux agriculteurs, notamment dans la cadre de la Politique agricole commune de l’Union européenne, voire le contrôle des prix imposés par la grande distribution aux producteurs. Sur le plan environnemental, une agriculture raisonnée, voire biologique, permettrait une plus grande maîtrise des produits phytosanitaires et donc de la pollution qu’ils entraînent.