La mondialisation en fonctionnement : processus, acteurs et débats

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : La mondialisation en fonctionnement
Type : Composition | Année : 2014 | Académie : Pondichéry
Corpus Corpus 1
La mondialisation en fonctionnement : processus, acteurs et débats

La mondialisation en fonctionnement

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Géographie

32

Pondichéry • Avril 2014

composition

Les clés du sujet

Analysez le sujet

Les termes du sujet

 

Terme

Définition

mondialisation

Mise en relation des différentes parties du monde par des flux. La mondialisation est inséparable du capitalisme qui l’a mise en place.

processus

Enchaînement ordonné de faits aboutissant à un phénomène spécifique, ici la mondialisation actuelle.

acteurs

Toutes les personnes ou organisations qui jouent un rôle géographique dans la mondialisation.

débats

Parce qu’elle recompose les équilibres existants, la mondialisation provoque des débats, des questionnements sur lesquels il n’y a pas consensus.

 

La problématique

Vous devez montrer comment s’organisent les chaînes d’acteurs, les marchés et les systèmes territoriaux au sein desquels se produisent et se consomment les biens et les services à l’échelle mondiale. Le sujet suggère un plan possible : processus, acteurs, débats. Il est commode et prudent de le suivre. Cette solution permet non seulement de gagner du temps mais surtout de traiter convenablement, dans le corps du devoir, les processus et les acteurs de la mondialisation, puis d’en évaluer les différents aspects – positifs et négatifs – dans la conclusion.

Utilisez les mots clés


 

Évitez les pièges

  • La question des débats liés à la mondialisation est particulièrement sensible. Restez donc dans des considérations très générales, voire consensuelles, sans prendre parti.
  • Il paraît également difficile de traiter des processus de la mondialisation sans en évoquer les flux. Mais contentez-vous d’en faire mention, car leur analyse se traite dans une autre partie du programme et donne parfois lieu à un sujet spécifique.
Corrigé
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Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Accroche] Selon les enquêtes d’opinion, les Français, dans leur majorité, n’aiment pas la mondialisation et l’accusent des plus grands maux, sinon de tous. Et pourtant, quelle alternative ?

[Problématique] Avec la mondialisation, les économies, les sociétés sont désormais interdépendantes à l’échelle de la planète. Comment dès lors s’organisent les chaînes d’acteurs, les marchés et les systèmes territoriaux au sein desquels se produisent et se consomment les biens et les services à l’échelle mondiale ? La mondialisation, par ailleurs, fait débat : les conséquences en sont-elles négatives ?

[Annonce du plan] Comment la nouvelle division internationale du travail construit-elle le monde ? Quels en sont donc les principaux acteurs, et à quelles échelles agissent-ils ? Enfin, quels sont les débats liés à la mondialisation ?

I. Les processus de la mondialisation

1. La construction d’un système-monde

Info

Les logiques libérales sont les logiques de marché qui favorisent la recherche du profit maximum en jouant des avantages comparatifs de chaque territoire.

  • La mondialisation suppose la mise en relation des espaces mondiaux. C’est un phénomène déjà ancien, qui remonte aux Grandes Découvertes. À chaque étape, le capitalisme – marchand à l’origine, industriel ensuite, financier à présent – a déployé ses réseaux, selon des logiques libérales qui s’étendent, depuis la chute de l’URSS, à l’ensemble de la planète.
  • Dans le système-monde, les pays développés – la Triade (États-Unis, Japon, Union européenne) en particulier – détiennent la plus grande partie de la puissance économique, technologique et financière. Les périphéries intégrées sont constituées de pays qui fournissent matières premières mais aussi main-d’œuvre bon marché. À l’écart de ces relations centre-périphéries se trouvent des espaces en marge, dont l’intégration est fragmentaire.

2. Le basculement du monde

  • Dans la division internationale du travail (DIT) mise en place à partir des années 1980, les pays de la Triade conservaient les activités à plus forte valeur ajoutée et les pays périphériques assemblaient à bas prix.
  • Mais ces trente dernières années ont vu les pays émergents bousculer l’ordre économique mondial : les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) représentent aujourd’hui 30 % de la production industrielle mondiale. Les pays du Sud créent à présent plus de richesse que ceux du Nord.

3. La diffusion des processus de la mondialisation à l’ensemble de la planète

  • Les activités industrielles sont aujourd’hui largement redistribuées de par le monde. Les économies les plus développées sont à présent concurrencées par les émergents, alors que de nouveaux pays en développement (NPED) font jouer l’avantage comparatif de leurs bas salaires.
  • L’Afrique s’insère ainsi progressivement dans la mondialisation. Contrairement à certaines idées reçues, la croissance économique y a été vigoureuse depuis vingt ans, même pendant la crise de 2008-2009.

[Transition] La mondialisation n’est pas le fait de processus ex nihilo ; ceux-ci font intervenir quantité d’acteurs, de nature et à des échelles variées.

II. Les acteurs de la mondialisation

1. Les firmes transnationales, acteurs clés de la mondialisation

  • Les principaux acteurs de la mondialisation aujourd’hui sont les firmes transnationales (FTN). 80 000 d’entre elles créent plus du quart du produit mondial brut et réalisent les deux tiers du commerce mondial. À l’échelle de la planète, le stock d’investissements directs étrangers (IDE) est passé de 700 milliards de dollars en 1980 à plus de 20 000 milliards de dollars aujourd’hui.
  • Les logiques de création de valeur des FTN mettent en concurrence les territoires. Les dernières années voient ainsi une forte progression du Sud, preuve des recompositions spatiales issues des processus de mondialisation.

2. Des acteurs publics à différentes échelles de la mondialisation

  • Les États constituent toujours une échelle majeure d’intervention, car c’est dans le cadre national que se développent les logiques territoriales de la mondialisation. Les États se livrent donc une concurrence acharnée pour développer leur attractivité et leur compétitivité.
  • Ce sont encore les États qui participent aux instances internationales régulatrices, comme l’Organisation des Nations unies (ONU) ou l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Et ce sont eux encore qui s’associent au sein de grandes organisations d’échelle continentale ou régionale, telles que l’Union européenne (UE) ou l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Ces organisations créent des espaces d’interdépendance renforcée, dont l’espace Schengen est l’exemple le plus abouti.

3. Une nébuleuse d’autres acteurs

  • À côté des États et des organisations régionales, interviennent des acteurs d’un autre type, qui mettent à profit les mécanismes mondialisés pour faire valoir leurs intérêts ou mener leur combat. Au premier rang de ceux-ci, les organisations non gouvernementales (ONG) œuvrent à contrebalancer les problèmes induits ou laissés de côté par la mondialisation : inégalités sociales, pauvreté, disparités géographiques, dégradations environnementales, etc.
  • Agissant quant à elles dans des buts criminels, les mafias intègrent les mêmes logiques mondialisées.

[Transition] La mondialisation n’est pas, en effet, un processus dépourvu de défauts, d’inégalités, d’effets secondaires, lesquels font débat.

III. Les débats de la mondialisation

1. Une mondialisation génératrice de problèmes

  • Certes, la quasi-totalité des pays ont vu la pauvreté massivement reculer depuis trente ans, et ce d’autant plus qu’ils sont connectés aux processus de mondialisation. Mais la création de richesse s’accompagne d’inégalités croissantes : dans tous les pays les écarts se creusent entre régions, entre villes et campagnes, entre catégories sociales.

Info

Le productivisme vise à l’accroissement systématique de la production.

  • La mondialisation entraîne également de graves problèmes liés au mode de développement productiviste : fortes pressions sur l’environnement et pollutions ; crises sanitaires liées aux mobilités (épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest) ; domination culturelle et résistances identitaires génératrices de conflits.

2. Altermondialisme, démondialisation, décroissance

  • Certains dénoncent cette mondialisation et défendent un modèle opposé au libéralisme, l’altermondialisme. Rassemblement hétérogène de militants anticapitalistes, de syndicalistes, d’écologistes, ce mouvement tient de grands forums sociaux, tel celui de Tunis en 2015.
  • Au sein de l’altermondialisme, certains vont jusqu’à prôner une démondialisation, avec la fin du libre-échange. D’autres, particulièrement dans la mouvance écologiste, insistent davantage sur la décroissance, considérant que la croissance économique détruit la planète.

3. Quelle gouvernance pour une planète mondialisée ?

  • Dans ce monde aux acteurs multiples et aux intérêts contradictoires, se pose un problème capital : celui de la gouvernance. Les États peinent ainsi à imposer, entre eux et à l’égard des FTN – organismes privés sans légitimité démocratique – des règles de bonne conduite, comme le montre l’exemple de la finance mondialisée et des paradis fiscaux.
  • La mondialisation est aussi celle de l’opinion publique, des savoirs, de l’éducation. À travers le monde, les populations demandent une plus grande participation aux décisions, autrement dit un renouvellement de la gouvernance.

Conclusion

[Bilan] La nouvelle division internationale du travail initiée par les FTN a ainsi provoqué de gigantesques recompositions spatiales. Si la mondialisation a permis une amélioration globale du niveau de développement de l’humanité, c’est au prix de crises et de bouleversements qui posent la question de la gouvernance de ce monde.

[Réponse] Le bilan de la mondialisation est positif, mais ses éléments font débat. Vue du Sud, elle produit de la richesse, malgré les inégalités qui en découlent. Vue du Nord, elle consacre la perte d’une position dominante, entraînant notamment la destruction d’emplois pour partie transférés au Sud. Sur le plan de l’environnement, ce développement est fortement consommateur de ressources et porteur de graves dégradations.

[Élargissement] Dans les pays développés, le débat sur la mondialisation est donc biaisé par le sentiment du déclassement, la peur de l’avenir et la crainte de la concurrence internationale. Voilà qui explique certainement les réticences d’une majorité de Français.