La mondialisation : mobilités, flux et réseaux

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Annales corrigées
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : La mondialisation en fonctionnement
Type : Composition | Année : 2014 | Académie : Inédit
Corpus Corpus 1
La mondialisation : mobilités, flux et réseaux

La mondialisation en fonctionnement

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Géographie

33

Liban • Mai 2015

composition

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Terme

Définition

mondialisation

Mise en relation des différentes parties du monde par des flux. La mondialisation est inséparable du capitalisme qui l’a mise en place.

mobilités

Déplacements, transferts d’un lieu à un autre. Les mobilités concernent uniquement les personnes, à la différence des flux.

flux

Déplacement d’un lieu de départ à un lieu d’arrivée. Les flux peuvent être matériels ou immatériels.

réseaux

Les flux et mobilités s’organisent en réseaux, connectant différents points de l’espace. Les réseaux sont aussi les supports matériels des flux (par exemple, train à grande vitesse ou Internet).

 

La problématique

Quel rôle jouent les mobilités, les flux, les systèmes de communication matériels et les réseaux numériques dans le fonctionnement de la mondialisation ?

Notez que les réseaux peuvent aussi être pris dans leur dimension humaine et transnationale : c’est le cas des diasporas ou encore des mafias.

Utilisez les mots clés


 

Évitez les pièges

  • Ne restez pas au niveau global de l’analyse, mais détaillez des exemples précis.
  • Reliez bien les flux au fonctionnement de la mondialisation : gardez la problématique à l’esprit.
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Les titres en couleurs servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

Info

La première mondialisation est celle des Grandes Découvertes aux xve et xvie siècles, la deuxième correspond à la révolution industrielle au xixe siècle.

[Présentation] Nous en sommes déjà à la troisième mondialisation. À chacune d’entre elles, l’espace s’est davantage livré, ouvert, unifié. Mise en relation des différentes parties du monde permettant à ce dernier de fonctionner comme un système, la mondialisation est réalisée par des flux.

[Problématique] Les flux, les mobilités, les réseaux sont donc à la base de la mondialisation. Ils font la mondialisation. Étudier leur fonctionnement, c’est donc étudier le fonctionnement de la mondialisation. Quel rôle jouent ces mobilités, ces flux, ces réseaux dans le fonctionnement de la mondialisation ?

[Plan]Les mobilités ont explosé, quels qu’en soient le type ou l’échelle. Les flux de toute nature s’effectuent désormais au niveau mondial à une vitesse et une fréquence jamais atteintes. Des réseaux à hautes performances rendent possibles ces migrations et ces échanges.

I. Le développement planétaire des mobilités

1. Les migrations économiques

  • On compte plus de 230 millions de migrants dans le monde. Ce sont des migrations de travail, légales ou clandestines.

Info

Le brain drain, littéralement la « fuite des cerveaux », désigne la migration de personnes diplômées et qualifiées.

  • Si les migrations Sud-Nord mais aussi Sud-Sud sont les plus importantes, existent également des mobilités Nord-Nord (brain drain) et Nord-Sud.
  • Ces migrations génèrent souvent des flux de retour, mais aussi des flux financiers (remises), qui sont d’une grande importance pour certains pays.

2. Les autres migrations de nécessité

  • Les migrations politiques, liées à un conflit, entraînent le déplacement de populations à l’intérieur (déplacés) ou à l’extérieur de leur pays (réfugiés).
  • On compte 60 millions de réfugiés et déplacés dans le monde, venant de pays en guerre – notamment la Syrie aujourd’hui.
  • Les migrations peuvent également être liées à des catastrophes naturelles ou climatiques : 20 millions de personnes pourraient être concernées.

3. Des migrations touristiques en plein essor

  • Les migrations sont aussi celles de plus d’un milliard de touristes internationaux : un nombre qui ne cesse d’augmenter, malgré la crise.
  • Cette hausse est liée au fait que ces touristes ne viennent plus seulement des pays riches, mais aussi des pays émergents (Chine, Brésil, Russie).
  • Le tourisme est essentiellement balnéaire, en Méditerranée et dans les Caraïbes notamment, et culturel, en France et en Italie en particulier.

[Transition] Mais la mondialisation, ce sont aussi des flux de marchandises qui irriguent la planète, témoins de faits géo-économiques d’échelle mondiale.

II. L’explosion des flux de toute nature

1. Les flux matériels, système circulatoire de la mondialisation

  • Les flux de produits manufacturés représentent plus de 70 % des échanges en valeur. Les firmes transnationales (FTN) jouent de la division internationale du travail (DIT).
  • Les flux de matières premières énergétiques et minières alimentent la croissance économique des pays émergents.
  • Les flux de produits agricoles viennent des zones excédentaires (États-Unis, Brésil « ferme du monde », Europe) vers celles déficitaires (Chine, Japon).

2. Les flux financiers, système nerveux de la mondialisation

  • Les flux financiers transitent par les grandes bourses mondiales. S’y ajoutent les flux de gré à gré (shadow banking).
  • Les FTN génèrent des flux de capitaux directs colossaux, les investissements directs étrangers (IDE) : près de 1 500 milliards de dollars en 2014.

3. Les flux d’information, système sensoriel de la mondialisation

  • Les réseaux d’information peuvent être appréhendés à travers les grandes chaînes d’informations généralistes (CNN, Al Jazeera).
  • Les flux qui transitent par le réseau internet sont encore essentiellement centrés sur la Triade (États-Unis, Japon, Union européenne), malgré leur développement dans les grands pays émergents.

[Transition] Mobilités et flux à l’échelle planétaire ne sont possibles que grâce à la mise au point de réseaux à hautes performances.

III. Le développement des réseaux mondialisés

1. Les réseaux matériels

  • Les réseaux terrestres ont fait d’immenses progrès (lignes à grande vitesse et autoroutes), dans les pays développés mais aussi, et de plus en plus, dans les pays émergents.
  • Les réseaux portuaires (pour les marchandises) et aéroportuaires (pour les personnes) relient des points d’accès à hautes performances multimodales.
  • Les réseaux immatériels sont en pleine croissance : c’est le cas des réseaux satellites de transmission téléphonique, de vidéo ou des systèmes de localisation (GPS) par exemple.

2. Les réseaux comme solidarités

  • Les réseaux peuvent également désigner des groupes humains présents à l’échelle mondiale.
  • C’est le cas des diasporas, à l’instar de celle de la communauté chinoise, visible en particulier dans les grandes métropoles.
  • Les organisations non gouvernementales (ONG) tendent aussi à former des réseaux de solidarité planétaire.

3. Les réseaux informels

  • Certains réseaux sont plus informels encore, donc difficiles à appréhender. Les réseaux sociaux mettent ainsi en relation des millions de personnes : plus d’un milliard même pour Facebook, sans compter ses équivalents russe (VKontakte) ou chinois (Weibo).
  • Les mafias constituent également des réseaux organisés, quoique de façon clandestine. Leurs activités illicites se déploient à l’échelle mondiale : c’est le cas du trafic de drogue.

Conclusion

[Reprise] Les flux de marchandises, de capitaux, d’informations et les mobilités de personnes, profitant de réseaux ultra-modernes, mettent ainsi en relation presque tous les lieux de la planète.

[Réponse] Les flux de la mondialisation intègrent des parties sans cesse croissantes de l’espace terrestre. Jamais comme aujourd’hui l’expression « village global » (MacLuhan) n’a pris tout son sens. Réseaux et flux ont provoqué un changement dans la perception de l’espace, lequel est davantage un espace-temps.

[Remise en perspective] Cette accessibilité renforcée des différents lieux du monde ne signifie pas pour autant une uniformisation de celui-ci : chacun reste soi, mais désormais plus connecté à l’autre que jamais dans l’histoire.